Le Feu follet de Drieu la Rochelle

 « Le feu follet » est  un grand livre coupant, net comme une lame. Un homme, Alain Leroy, décide de se tuer.  On suit  ses dernières heures d’errance dans Paris comme on suit  le chemin de croix d’un homme qui ne croit plus à lui, mais, croit encore moins  aux raisons qui font vivre les autres, ses  amis ou  femmes aimées.

 Publié en 1931 par Pierre Drieu La Rochelle, dont le nom resté lié à celui de la Collaboration. On a souvent   expliqué dans  les journaux et dans la critique littéraire  qu’en se tuant le 15 mars 1945, Drieu   a tiré les conséquences de son choix pro- nazi. C’est réduire le suicide du directeur de la NRF collabo  à une seule  dimension  politique. Est-on sûr que ce suicide annoncé dans un récit 14 ans avant le passage à l’acte  soit uniquement lié  à  une erreur de parcours politique ? Pas sûr.

En 1931, Drieu, ancien combattant des tranchées et des Dardanelles,   décide d’analyser  le  vertigineux  sentiment de futilité qui le ronge, face à la société dans laquelle il vit. J’ai l’impression que l’expérience dadaïste, que la désillusion du soldat de 1918  et que le dandysme de son ami ,le dandy Jacques Rigaut, qui se tue  en novembre 1929, ont joué un rôle. Le redoutable  sentiment de décadence de son pays, exprimé dans l’essai Mesure de la France, publié en décembre 1922,  dénonçant  les faux semblants d’une victoire militaire  est  aussi à prendre en compte.

Pour Drieu,  affaiblie par plus d’un siècle de malthusianisme et saignée par la Grande Guerre, la France n’est plus, selon lui,  qu’une puissance déclinante, au milieu  d’un continent fatigué .Ce qui expliquerait les rêves d’Alain  de  s’exiler    aux Etats-Unis. On se demande d’ailleurs  si, en parlant de la France, Drieu  n’était pas, au fond, en train  de s’abandonner à un exercice auto- psychanalytique.

Le cinéaste Louis Malle , en 1963,a donné un visage à Alain Leroy, le héros de Drieu,  c’est celui de l’acteur   Maurice Ronet . Difficile de voir Alain sous des traits différents et c’est avec splendeur que le film reprend les scènes du récit.

Notons que le film de Louis Malle  a tiré le livre du purgatoire car le seul roman qui continuait à être lu de cet auteur « sulfureux »  était « Gilles ».

Alain  achève donc  une cure de désintoxication (la drogue a été remplacée par l’alcool dans le film de Malle)  dans une maison santé de la région parisienne. Les pensionnaires sont des grotesques marionnettes neurasthénique »Mademoiselle Farnoux souriait à Alain ave une maigre convoitise (..) C’était une petite fille entre quarante et soixante ans, chauve et portant sur son crane exsangue une perruque noire. »

Je connais  peu de  récits  qui commencent par la description si lucide d’un coït   entre un homme et une femme.  Les mots d’une tendresse féminine de Lydia  qui accompagnent cette scène  sont bouleversants dans leur simplicité  »Pauvre Alain, comme vous êtes mal, dit-elle. » Puis «   Il vous faut une femme qui ne vous quitte pas d’une semelle ; sans cela vous êtes trop triste et vous êtes prêt à faire n’importe quoi. » Drieu les saisit dans  ce moment de nudité lasse  entre deux êtres, quand la chair faiblit, chacun au  bord du lit.. Mais nul cynisme entre Lydia et Alain, ils ont du respect l’un pour l’autre. En quittant la maison de passe,  Alain raccompagne  Lydia en taxi à son hôtel, puis erre dans paris. Rue Blanche, Trinité, Tuileries, Saint Germain- des -près, Montmartre, Place des Vosges, les rues vides autour  de l‘Opera,  Champs- Elysées « Il acheva son verre. Il paya .Il sortit. dehors c’étaient les Champs-Elysées, les flaques de lumière, les glaces infinies. Des autos, des femmes, des fortunes. Il n’avait rien, il avait tout. » .Ce style annonce celui de Camus dans « l’Étranger. »Paris avec ses bars « remplis de brillantes épaves ».

«Fuir, fuir», voilà l’obsession. «L’ivresse, c’est le mouvement» même si, nul n’est dupe et certainement pas la lucidité faite homme qu’était Drieu la Rochelle, «on reste sur place» .C’est ce mouvement d’errance sans issue que nous fit partager Drieu sur un ton impeccable, glacé, dans la lumière blanche de la lucidité.
Alain reste sur place, Alain  attend «comme en ce moment, pendant des heures, des années, toute sa jeunesse». Attente  mystérieuse sans consolation dans ce monde ni dans l’autre. Au fil des heures, dans le passage du Paris diurne au Paris nocturne,  se mesure  l’écart  avec la vie, déjà dans  le dégoût de ses voisins de  maison de santé. Alain se moque  des raisons banales et des consolations  données par le docteur la Barbinais.

Alain  revoit  donc d’anciens amis, écumeurs de bars. Il y a Dubourg. Son ami, ancien compagnon de beuveries ;il est rangé, marié, deux  enfants, a  une passion pour l’Egypte. Il s’indigne qu’Alain « n’eût aucune idées des puissances de la vie intérieure ».

. Dubourg : »  Tu es fait pour être tendrement servi par une jolie femme. » Alain répond : » Pourquoi tu fais semblant de ne pas savoir ? Je n’ai aucune sensualité.

-Tu t’es mis ça dans la tête. » 

 Plus tard dans la nuit, sur un banc, un autre ami lui reparlera de ses liens avec les femmes. Alain : « Tu as raison Milou, je n’ai pas aimé les gens, je n’ai jamais pu les aimer que de loin ; c’est pourquoi, pour rendre le recul nécessaire, je les ai toujours quittés, ou je les ai amenés à me quitter.

-Mai non, je t’ai vu avec les femmes, et avec tes plus grand amis :tu es aux petits soins, tu les serres de très près.

-J’essaie de donner le change, mais ça ne prend pas … oui, tu vois il ne faut pas se bourrer le crâne, je regrette affreusement d’être seul, de n’avoir personne. Mais je n’ai que ce que je mérite. Je  ne peux pas toucher, je ne peux pas prendre, et au fond, ça vient du cœur ».

Alain  revoit  les compagnons du temps où il se droguait. il y a un vide, entre eux. Les uns sont  réfugiés dans la bourgeoisie, les autres  vivotent mal sur des illusions  politiques qu’Alain  ne partage plus. Le héros se promène  parmi des marionnettes d’une  comédie snob parisienne qui n’a plus aucun intérêt pour lui. Société qui n’a pas plus d’âme que les petits objets fétiches qui meublent la chambre d’Alain, comme cette « statuette de plâtre coloriée  d’une vulgarité atroce ». C’est bien le sentiment qu’on a :Alain se promène dans Paris  dans un monde de statues de  plâtre , monde vulgaire ,époque sans consistance. Alain arpente  le « stérile promontoire » dont Shakespeare parle dans « Hamlet ». Alain p ressemble  à un  mystique au désert.(le mot est prononcé à propos des drogués)  .

« Il acheva son verre. Il paya. Il sortit. »

 « Le whisky et la drogue se poursuivaient et se chevauchaient en vagues brûlantes et froides, mais régulières. L’habitude. Au fond, un rythme tranquille. »

L’impuissance d’Alain, charnelle mais pas que ,  cette défaillance mise en évidence dans les toutes premières pages du livre   nous introduit  égalelent, pus tard, à  une impuissance plus  ontologique et à  une détresse affective bien réelle. Drieu le suggère dans les rencontres avec les femmes, qui , on le remarquera sont toutes sous son charme , fidèles à leur manière. Comme Lydia en ouverture du livre et  comme Solange, à la fin,elles    tentent de le retenir avec délicatesse , et font l’objet d’admirables brefs portraits . Mais cela ne  suffit pas à l’arrêter dans sa chute. Il y a  aussi la tentation décrire qui est là, tapie chez Alain, avec son beau stylo et son papier épais mais cela s’achève par une boule froissée dans la corbeille:« Il y avait dans cet homme perdu un ancien désir d’exceller dans une certaine région de la vie, que l’applaudissement aurait pu redresser… ».Cela laisse rêveur , Drieu connut la célébrité littéraire  de son vivant.

Alain achèvera sa ronde de nuit parisienne, après l’amie Praline, après l’ami Milou, au cours d’un diner avec l’intellectuel Brancion , sûr de lui et donneur de leçon.  Il songe que les femmes autour de la table le quitteront sans beaucoup de ménagement pour d’autres hommes, qui ne le valent pas, ou au contraire le dépassent comme ce  Brancion . Là encore, les invités qu’il connait bien  sont devenus des figures de plâtre, des bavards creux, pesamment, bêtement présents  tandis qu’Alain est mélancoliquement absent. Ses souvenirs personnels sont devenus « de faibles évocations volatiles. »Les invités aussi.

J’ai trouvé à cette relecture que le  suicide d’Alain n’a rien du  moment mélo vertigineux de désespoir, mais l’aboutissement d’une prise de conscience  logique, presque sereine : un être né pour l’action, mais empêché de pouvoir la mener, de pouvoir en vivre, se retrouve contraint d’exprimer de tout son être l’ultime frustration de ne pas se sentir à sa place. Plus de  nécessaire accord entre un être et une société. C’est le  récit non pas d’une descente en enfer, mais d’une  le théorème  de l’inéquation entre  un homme et son époque. Le curé de Bernanos, danse journal d’un curé de campagne » avait aussi ce sentiment  d’être chrétien dans un monde sans Christ. Mais la différence c’est que Bernanos  « fait face », et retrouve les valeurs fondamentales du christianisme ( alors même que son Europe se déchristianise et se  robotise) et  Drieu ? Rien. Il ne fait pas face. Il constate. S’en va. .Il traverse la ville en taxi, le monde n’a plus de réalité physique.

« Je ne connais que moi. La vie, c’est moi. Après ça, c’est la mort. Moi, ce n’est rien ; et la mort, c’est deux fois rien. « 


 « Étapes abstraites : ayant repris un taxi, il ne regardait rien, ni à droite ni à gauche. De la ville qui se levait et s’abaissait à droite et à gauche il ne sortait pour lui que de faibles évocations volatiles, quelques souvenirs personnels Alain n’avait jamais regardé le ciel ni la façade des maisons, ni les pavés de bois, les choses palpitantes ; il n’avait jamais regardé une rivière ni une forêt ;il vivait dans les chambres vides de la morale : »Le monde est imparfait, le monde est mauvais. Je réprouve ; je condamne, j’anéantis le monde. »

41 commentaires sur “Le Feu follet de Drieu la Rochelle

  1. Ça semble en effet extrêmement compliqué — belle machine en période de rodage.
    Facile à dire qd on n’a pas les mains dans le cambouis : j’espère que la bête finira par être maîtrisée & que la conversation pourra reprendre.

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  2. Louis Malle. ? L’Alain du film se tue pour ne pas vieillir, Louis Malle déclarait en 1964 :

    A la fin du Feu follet, le personnage se tue. Mais moi, j’ai été très frappé par le roman de Drieu La Rochelle et l’ai suivi naturellement et c’était le récit d’un suicide. Mais ce qui m’a intéressé ce n’était pas tellement ça. C’est quelqu’un qui faisait le bilan de sa jeunesse et qui savait très bien que, finalement dans une vie d’homme, ce qui est important, ce qui est grave et ce qui est beau, c’est la jeunesse. Et que, pour le reste, on va vers sa fin. Apres la jeunesse, on va se dégrader, s’abîmer et de devenir une chose d’un peu dégoûtant. Ce qui est important, ce n’est pas tant que l’on se mette une balle dans la tête ou le cœur. Ce qui est important, c’est cet accès de lucidité que quelque chose est passé qui ne se passera plus, qui est le phénomène flamboyant de la jeunesse. Et qu’il ne faut pas essayer de la perpétuer ou de croire que ce qui est important est ce qui arrive aux adultes après, parce que, à mon avis, ce n’est pas vrai ».

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      1. Heureuse de voir le commentaire apparaître .( plus besoin d’en mettre la copie sur la RDL ! )Je note dans votre analyse ce vide qu’il ressent : « Le héros se promène parmi des marionnettes d’une comédie snob parisienne qui n’a plus aucun intérêt pour lui. ». Dans le film, quand il déambule dans Paris, seul, une musique semble l’envelopper de douceur, celle d’Erik Satie.
        Il me reste à lire le roman. Vous en donnez envie.

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  3. Et donc vous commencez votre blog, Paul Edel, par une figure littéraire qui se détache sur un fond historique et des engagements politiques précis (Drieu la Rochelle fut un notoire collaborateur des nazis, par exemple) sans en dire un seul mot ? Comment expliquez-vous ce silence ?

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  4. A celui qui demandait si Jacques Rigaut était la clé d’un des personnages de « l’Aurélien » d’Aragon, la réponse est non ; en revanche, le personnage d’ Aurélien emprunte beaucoup à Drieu la rochelle, en analysant cette homme mal revenu des tranchées de 14-18 et qui erre ans son costume de civil… … il faut bien préciser rappeler que Drieu et Aragon furent intimes dans les années 2O,soirées et sans doute femmes partagées, et pas que dans les bordels…et que le personnage de Rigaut fascinait les dadaïstes, puis les surréalistes et bien sur Drieu et Aragon… car Rigaut exprime une dérive et une irréalité de dandy(le dadaïsme en est une facette) qui est une maladie qui frappe ceux qui, retour à la vie civile après les tranchées d’argonne , ne peuvent oublier la boucherie de la guerre et restent dans un intervalle d’irréalité.. Et, pour être plus précis, Drieu, comme Aragon,comme Rigaut, restent des « intrus » démobilisés, errant dans Paris- Césarée.. cette fêlure identitaire qui ronge le Alain du « feu follet « de Drieu, de 1931 anti-heros, et le » Aurélien, écrit en partie en 1942.. Alain et Aurelien, personnages imaginaires sont proches en sensibilité comme Aragon et Drieu le furent dans la vie réelle ; et les deux romanciers ont pratiqué, chacun a sa manière une « fiction autobiographique »,genre miroir à plusieurs faces.. et mentir-vrai tous deux. .. En 1922 Aragon tomba amoureux d’Elizabeth de Lanux, dont Drieu fut tres brièvement l’amant deux ans auparavant. Au cours de l’été 1924, Aragon , à Guetary, est tres épris de Denise Kahn, cousine de Simone Breton, la femme d’André Breton. Cette Denise avait le don de séduire. Eluard, Breton et René Char la draguèrent en vain..- ils écrivirent des poèmes sur elle et pour elle.. Et cette Denise est l’un des modèles de cette merveilleuse Berenice. Denise ne cédera jamais à Aragon et s’éprendra de Pierre Naville. Drieu essaya, je crois, de jouer l’entremetteur entre Aragon et Denise, en pure perte, Denise restera indifférente à l’auteur du « paysan de paris » .. et c’est de cette « chose non accomplie »( ce sont les mots d’Aragon) que naitra cette Bérénice idéalisée. « cristallisation » littéraire magnifique.
    Dans cette amitié passionnelle entre Aragon et Drieu, c’est Drieu qui devint assez jaloux du succès littéraire d’Aragon, et puis, bien sur les divergences politiques devinrent énormes au fil du temps.. dans « Gilles » de Drieu, on trouve un portrait d’Aragon sous les traits de Cyrille Galant . Dans « Aurélien », c’est Aurélien lui-même, mélange bien dosé d’Aragon et de Drieu qui est un portrait délicat et même tendre, écho à cette amitié des années 20..

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  5. Ne pourrait-on imaginer que le personnage d’Aurélien ait été constitué aussi par morceaux rares et épars de Jacques Rigaut, ce jumeau dada de Drieu la Rochelle ? Il se ressemblaient tellement. C’était des frères en Nietzsche, Dostoïevski et le suicide, et ils ont tellement bien gâché leur vie pour n’avoir pas assez cru en Dieu.

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  6. Dites-nous, geehrter Pauledel, cette amitié passionnelle entre Aragon et Drieu n’a-t-elle pas été un moment, une fois, très « étroite » ? (très à droite aussi. A cette époque, Aragon avait l’oeil plutôt sur l’héritière Cunard que sur Moscou)

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  7. oui, dans les bordels, ils partageaient les mêmes femmes.. on ne put pas avancer grand chose de lus.. on raconte qu’ils ont eu les mêes passions pour les mêmes femmes, vrai,mais pas au même moment..

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  8. Comme je n’ai tjs pas rattrapé mon retard (de lecture de livres de Drieu), je demande la permission de faire un hors-sujet (du jour, mais pas des intérêts de ce blog ds la continuité de Près, loin…)
    Ce sera aussi l’occasion de voir si la v. o. est mieux tolérée que chez l’hébergeur précédent.

    « Questa luce, questa gente, mi mettono in fermento. La bruttificazione delle masse femminili a Roma non ha avuto successo, le donne nelle strade sono belle. Sono belle già di lontano, nell’andatura, lo sono persino nell’ombra così calda, densa, che le precede sul selciato ».

    Un indice : le texte n’est PAS signé Opitz.
    (Pour les non-italophones, non-italianisants, le recours à DeepL Traducteur rendra service.)

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  9. Malheureusement, deux phrases en italien ont entraîné la disparition de mon message (qui s’était pourtant affiché pendant quelque tps) — pas mieux que l’hébergeur précédent, donc.
    La barbe !
    (Si un jour je franchis le pas, ne serait-ce que pour comprendre « de l’intérieur » ce que subissent Paul Edel & qq autres (& pas seulement sur le plan « technique »), ce ne sera donc pas avec Word Press…)

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  10. Dear Pauledel, viens de relire la critique de votre confrère Nourissier à l’occasion de la sortie du film (1963). il note des allusions à Fitzgerald éparses dans le film de Malle et que personne n’auraient remarquées, bienvenues selon lui car les deux écrivains participent du même genre de sacrifice ou excès. quelles sont ces « touches » de Fitzgerald dans le film ?

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    1. c’est ,en choisissant l’alcool, et pas la drogue,déjà un signe,de Louis Malle, ensuite la traversée de bars de paris avec les amis disparus ressemble de tres pres à « Babylon revisited » la superbe nouvelle de Fitzgerald.c’est le constat d’une génération qui a disparu des bars et se cache dans l bourgeoisie et la désillusion.Alain et le narrareur de Scott se ressemblant par un dandysme mélancolique.et puis le mythe de la riche americaine. Le rapport à l’argent..qu’on « jette par les fenêtres ». un geste tres Fitzgerald dans le film…la montre qu’Alain donne à la femme de ménage de l’hôtel de passe au début du film.geste à la Fitzgerald!

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      1. indeed, pauledel. voici d’intéressantes révisions du film, pas lu un seul critique qui mentionne Fitzgerald. La drogue remplacée par l’alcool serait dû à la censure, écrivent-ils, souvenir aussi d' »Opium » de Cocteau, autre source d’inspiration de Malle

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  11. Phil, dans un billet du 12/11/2015 (« Un jeune romancier en bataille,François Nourissier »), Paul Edel écrivait :
     » Chez ce François Nourissier là, on côtoie un romanesque années 5O, « hussards », ces jeunes gens en flanelle grise, avec une élégance lasse à la Maurice Ronet,du rebelle dans les bars acajou, ce Gilles déambule de bar en bar dans les beaux quartiers. A l’aube, ça finit dans un lit d’hôtel proche de l’Etoile avec une inconnue à franges.. Le nonchalant suicidaire du « feu follet », de Louis Malle -Drieu la Rochelle, n’est pas loin.. »
    Une touche « Fitzgerald » ?

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  12. oui Christiane mais il faut poursuivre la lecture de l’article de Nourissier. Plus bas, il parle de touches « Fitzgerald » bien présentes dans le film de Malle et que personne n’aurait remarquées (j’en profite pour corriger cette belle faute qui fait tache sur les cuirs à pauledel).

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  13. relu le texte de Nourissier. Effectivement Malle aurait inséré dans son film des scènes tirées de Fitzgerald. Nourissier ajoute que Drieu fit songer en son temps à Constant et..Stendahl. C’est paraît-il Fabre-Luce qui le premier le nota. imaginez aujourd’hui, qui oserait citer Fabre-Luce..

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  14. Frederic Dufoing, un blogueur, va assez loin dans la comparaison Fitzgerad-Drieu…
     » Il m’a toujours semblé que Drieu était le Scott Fitzgerald français et qu’il n’avait pas plus à envier le portrait critique de son époque à Céline que Scott n’avait à envier la construction romanesque à Hemingway. Quand on écarte les très médiocres L’homme de paille, Rêveuse bourgeoisie (que Frédéric Saenen considère davantage que moi) et quelques autres, on trouve des textes magistraux comme Etat civil, réflexion biographique sur l’enfance et la formation d’une personnalité, La Comédie de Charleroi, qui met en scène son expérience de la première guerre mondiale, Le Feu Follet, sorte de chronique impitoyable d’un suicide annoncé, Gilles, qui détisse avec lucidité et sarcasmes la France du début des années 1930, ou son dernier ouvrage, le magnifique Mémoires de Dirk Raspe, inspiré par la vie de Van Gogh et dans lequel, comme emporté par les peintures de son modèle, il déploie avec succès un style plus flamboyant et plus descriptif qu’à son habitude. Ce dernier roman – inachevé – de Drieu est – me semble-t-il – comparable au dernier roman – lui aussi inachevé – de Scott Fitzgerald, même si le génie du second n’avait déjà plus à être démontré.  » Frederic Saenen a écrit une bio de Drieu que je n’ai pas lu.

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  15. c’est bien vu. il me semble que Nourissier en 1963 écrit de même. oui vous avez raison, un livre de Fitzgerald trône à côté du miroir dans la chambre d’Alain..oublié le titre. maintenant je lirais volontiers un livre de Fitzgerald mais en vo, est-ce accessible sans « faire péter » le dictionnaire tous les deux paragraphes…

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