La mort à Venise,Mann ou l’enchanteur pourrissant…

photo auteur
Description : AVT_Thomas-Mann_4739
thomas mann

J’ai  passé quelques jours à Venise,il y a deux ans.  Journées d’hiver et de brume : quais à la lumière rasante , matinées ouateuses et brouillées, tombées de nuit brutales qui transforment les étroits canaux en coupe gorge, aux lumières incertaines ; on avance dans un labyrinthe inquiétant, envahi d’eau presque immobile aux remous gras et funèbres comme si une inondation insidieuse était en train de s ‘étendre entre palais, courettes, hospices, cloitres, casa ceci casa cela, ou demeures vides aux ornements gothiques en train de se délabrer. Toutes ces lentes ondulations noires en train de clapoter le long de portails de bois en train de moisir font penser à une agonie architecturale au ralenti.
J’étais surpris de l’extraordinaire acuité de thomas Mann pour capter ce caractère funèbre de la ville, comme si la thématique de sa nouvelle « la mort à Venise » émanait du décor, car dés qu’on quitte le grand canal et sa circulation incessante, ce sont remous gras, maisons aux volets clos avec un air d’abandon,, palais déserts, fenêtres vides, ambiance couvée. On suit des ondulations douceâtres qui viennent léchouiller des escaliers de pierre érodés, portails vermoulus protégés par de lourdes grilles de prison, et cette mouillure perpétuelle charriant des pourrissements, ces franges d’écume le long d’embarcations bâchées avec des toiles aux auréoles jaunes pisse, tout ça laisse une impression de fermentation malsaine , domaine de lourds secrets, avec l’odeur rance que soulève soudain une barque à moteur.


La nouvelle de Mann s’inscrit admirablement cet enchantement pourrissant, car nous sommes pris dans une ambiance de lente putréfaction. Cela est d’autant plus évident que le texte explore avec une intelligence insinuante, un sentiment de vieillissement, de naufrage, de décrépitude physique, de l’écrivain célèbre -et las- Gustav  Aschenbach. Il est seul, devenu « le grand écrivain officiel « qu’on étudie en classe » en Allemagne, manière d’être coincé dans le sarcophage de la culture officielle. Et si on parcourt toute la correspondance de thomas Mann suinte ce sentiment d’etre asphyxié dans la feutrine de la célébrité , les hommages et les récompenses.

La rencontre avec le bel adolescent polonais Tadzio, sorte d’archange blond entouré et gardé par sa famille polonaise pépiante, va secouer, happer, bouleverser notre écrivain .on a tout dit de ce chavirement d’un écrivain si bourgeois qui découvre, le trouble, l’obsession de la Beauté et de la jeunesse, ce qui ébranle tout son psychisme. Aschenbach prend conscience que son œuvre, si bourgeoise, n’a pas pris en compte l’Eros, la panique,découverte de la part inquiétante et dionysiaque de toute vie,comme un abime qui s’ouvre. . La lagune, lieu de fermentation, de touffeur, de moiteur, d’imminence de catastrophe est la magnifique métaphore de la part morbide qui se révèle à Aschenbach en quelques jours .
Je n’avais pas bien compris dans mes précédentes lectures de cette nouvelle , combien il y a un parallélisme étonnant entre la décomposition morale d’une ville (les notables, les commerçants, et la municipalité cachent le cholera pour ne pas faire fuir les touristes et faire marcher le tiroir- caisse..), la moisissure de ses murs avec la décomposition accélérée des certitudes d’un écrivain bourgeois devenu l’esclave de ses sens face au jeune Tadzio .Aschenbach découvre que sa dignité sociale devient un leurre avec une libido en ébullition. La fièvre malsaine qui s’ empare de Venise ,ce choléra, répond exactement à la fièvre d’Aschenbach . au marécage d’une ville, cette serre chaude pleine de germes mortels répond le marécage libidinal dans lequel s’enfonce Aschenbach . au secret d’une ville répond le secret de l’écrivain et la découverte de son homosexualité.
Ces deux secrets morbides sont extraordinairement entrelacés par thomas Mann. Et l’ironie des phrases n allège pas l’atmosphère mais ajoute un glacis chirurgical au récit de la connaissance de soi.. La tragédie d’Aschenbach se joue dans une prose à reflets aquatiques sombres comme si Mann voulait it nous plonger dans ce qu’il a appelé «  « l’aristocratique morbidité de la littérature » dans sa nouvelle « Tonio Kröger » rédigée en 1903, donc neuf ans avant « La mort à Venise »  puisant  dans les mêmes sources de la morbidité et   d’un érotisme  à tendance pédophile qui ressemble,pour le bourgeois  Mann, à une  brulure et à une culpabilité.
De plus son itinéraire est subtilement ponctué de personnages (ca fait penser à un jeu d’échecs) qui annoncent la Mort :le promeneur du cimetière de Munich, le gondolier muet, sorte de Charon qui mène l’écrivain au pays des morts, les musiciens grimaçants, ricanant, railleurs, qui jouent d’ d’une inquiétante obséquiosité et de contorsions douteuses devant ce parterre de grands bourgeois mondains, parfumés, proustiens, à la terrasse du grand hôtel.

Description : 038


La vraie nature érotique  du « bourgeois » Aschenbach-si bien cachée  dans le mensonge de sa prose académique-  est   brutalement révélée dans le formidable rêve d’une nuit, cette orgie qui semble sortie du « Salammbô, » de Flaubert. ( ce que Thomas Mann appelle joliment « les privilèges du chaos »).. A la découverte de sa vraie nature trouble et de sa décrépitude de vieillard libidineux,  « vieux beau » tourmenté par une jeunesse, s’ ajoute la perversité du jeune Tadzio qui, dans ses promenades dans le dédale de  ruelles empestées,  jouit et savoure  son ascendant sur le  vieil homme.
 Aschenbach, lorsqu’il est mis au courant de l’épidémie cachée ( ô ironie par un employé anglais d’une agence et non pas par un italien), éprouve  un  premier geste charitable admirable que le Aschenbach grand bourgeois vénéré  aurait pu revendiquer face à ses lecteurs, mais dans un retournement faustien,  si  brutal, Aschenbach  prend  la résolution  plus excitante et cruelle de se taire.   Il ne va pas  avertir la famille de Tadzio de la maladie qui s’étend sur la lagune et les menace. comme si  l’homme profond,  voulait  exercer sa nature criminelle et devenir une figure du Mal ou  son zélé collaborateur. Le docteur Faustus est déjà là.  . Le vieillard désirant ne veut pas lâcher sa jeune proie. Ambiance de morbidité absolue.
la part cachée, tyrannique,érotique, dionysiaque, avide, féroce, de l’écrivain atteint là  un sommer de perversité. : j’entraine tout le monde dans la Mort ce qui e donne l’ullsion den être le maitre.. Point ultime.
les visites chez le barbier de l’hotel pour se faire teindre les cheveux et mettre du rouge aux joues pour mimer une jeunesse perdue, et masquer sa déchéance physique ont sans doute eu pour conséquence de multiplier rancœur, amertume et désir de vengeance métamorphosée en jubilation d’imaginer la destruction des autres .
Enfin, thomas Mann  cultive la métaphore d’une ville qui s’enfonce dans la vase,pour nous  révéler  le fond pessimiste  de  sa vraie nature d’écrivain.  Il pose clairement une équivalence entre pulsion érotique et source d’énergie pour écrire. Dans  pas mal de lettres et  confidences à ses proches,  il ne cache pas  le fonds trouble et libidinal, le « fumier » ou le « compost », sur lequel fleurit une œuvre.

***


Il écrit tranquillement : « laisser le style suivre les lignes du corps ».c’est déjà tout le programme que va développer « la montagne magique », qu’il commencera à écrire un an plus tard.. car il y a non seulement la fascination pour corps parfait, en pleine éclat(Tadzio) mais fascination aussi forte pour le corps malade et en constant déséquilibre qui fascine tout autant Mann .A cet égard il faut savoir que toute sa vie Thomas Mann a souffert de migraines, de nausées, de fièvres, de coups de fatigue ,d’insomnies, de vertiges, de mauvaise digestion, de malaises soudains..Ses lettres, ses journaux forment la grande litanie d’un homme qui ne cesse de somatiser. Et de consulter des médecins. ***

Chez lui le culte de la Forme prend sa source dans les couches explorées par Freud… Le récit parabole de « La mort à Venise » annonce la « maladie » et les pathologies d’un Occident tout entier (nous sommes en 1912, n’oublions pas…) Mann, déjà marqué par le Nietzsche dionysiaque, et le pessimisme de Schopenhauer devait lire deux ans plus tard le livre de Spengler « déclin de l’Occident » dont il a dit : »c’est un essai qui rejoint tout ce que je pensais déjà, une des lectures capitales de ma vie ! » .
L’Europe, chez lui, devient un sanatorium. En sommes nous sortis

26 commentaires sur “La mort à Venise,Mann ou l’enchanteur pourrissant…

  1. Très beau papier. Pas indifférent que la nouvelle ait été mise en opéra par Benjamin Britten . Un regret: pas de place pour la Venise des Histoires Incertaines d’Henri de Régnier?

    J'aime

  2. Magnifique billet de l’Oncle Paul qui décrit à merveille tout ce que nous avons ressenti, sans être capable de le traduire pertinemment, lors de la première lecture de cette Mort à Venise, il y a bien longtemps déjà. Remerciements sincères… !

    J'aime

  3. Que penser de ce passage de la nouvelle de Thomas Mann ? Qui est Narcisse ? Aschenbach ? Tadzio ?
    « […] à cette seconde même Tadzio lui sourit, lui sourit à lui, d’un sourire expressif, familier, charmeur et plein d’abandon, dans lequel ses lèvres lentement s’entrouvrirent. C’était le sourire de Narcisse penché sur le miroir de la source, ce sourire profond, enchanté, prolongé, avec lequel il tend les bras au reflet de sa propre beauté, sourire nuancé d’un très léger mouvement d’humeur, à cause de la vanité de ses efforts pour baiser les séduisantes lèvres de son image, sourire plein de coquetterie, de curiosité, de légère souffrance, fasciné et fascinateur.[…] » ?

    Billet magnifique ondulant entre beauté vénéneuse et mort, entre désir et culpabilité.

    Je n’oublie pas l’Adagietto de la Cinquième symphonie de Mahler (parfait lien entre l’image et le son dans le film).
    Visconti accentua la ressemblance physique entre Gustav Mahler et l’acteur Dirk Bogarde dans le rôle d’Aschenbach.
    « L’écriture de mon roman a été influencée, au début de l’été 1911, par l’annonce de la mort de Gustav Mahler. J’avais eu la chance de le rencontrer précédemment à Munich, et sa forte et intense personnalité m’avait fait grande impression. Sur l’île de Brioni où je résidais lors de sa mort, j’ai suivi ses dernières heures dans la presse vénitienne et donné ainsi à mon protagoniste, non seulement le prénom de ce grand musicien, mais j’ai également laissé apparaître le masque de Mahler en y décrivant son apparence ». (Jean Matter. Mahler – éd. L’Âge d’Homme.)

    J'aime

  4. Remarquable billet, en tous points. A la hauteur de la nouvelle et du film. Photos qui sont « des états d’yeux, mais aussi des reflets d’âme ». Olga avait cherché et recherché ce billet, sans succès. Elle le trouvera à son retour.
    -son jardinier, fidèle transcripteur.

    J'aime

  5. VENISE
    Un purgatoire paradisiaque pour les amoureux de pourriture noble, dont je suis depuis mes tous premiers rêves d’étrangeté. Aucune ville au monde n’est aussi démesurée, oubliée, inutile, présente, malade, séduisante, victime de viols collectifs impunis, mais aussi secrète, aussi distante, aussi brillante qu’une étoile éternelle.
    Une création géographique et humaine certainement impérissable !

    Cet escogriffe de Mann a su le traduire dans des mots car elle lui parlait.

    J'aime

  6. L’édition allemande du Journal de Mann, une dizaine de volumes, propose une photographie de l’auteur qui varie selon son âge au moment de la rédaction des occurrences du volume.
    Il avait moins de quarante ans en rédigeant « la Mort à Venise, » donc bien plus jeune que la photographie ici. Au mitan de sa vie, loin d’avoir renoncé à ses tentations, il s’accommode probablement de tourments intimes dont les fantasmes sont exsudés dans « Sang mêlé » dès 1900 et repris dans le récit des rêves de « Mort à Venise », rêves absents du film, cinéma impuissant à ce niveau.
    En 1912 l’Europe de Mann vivait ses deux dernières années, Aschenbach (« rivière de cendres ») se rend à Venise en passant par Fiume, considérable et unique port de la Hongrie d’empire, qui disparaitra en 1918, puis en 1920 en perdant son nom, après une éphémère et séduisante république dirigée par un poète aux tentations fascisantes. A bord du navire qui le conduit à Venise en contournant l’Istrie, un grimaçant vieillard déjà masqué lui jouera la comédie affreuse d’une société travestie, exsangue et saisie dans son dernier sursaut ridicule avant de mourir, fulgurante prémonition du monde à venir. C’est le vieillard dansant macabre du film d’Ophüls, austro-hongrois aux mêmes regrets que Mann, dans son film « Le plaisir », tiré de Maupassant. La Pologne aussi était loin de son destin terni par le communisme, elle avait la réputation de « vatenguerre », menée par des aristocrates aux grandes manières descendus des teutoniques. Tadzio est élevé en conquérant.
    Relisant Mann, journaux, romans et les multiples déclinaisons sur son oeuvre, l’on se dit qu’un jour viendra où l’examen de sa prose passera enfin par le truchement organique, celui de la race, l’origine, de sa vision sans concession des tropismes de la judéité, aiguisée par son alliance, de sa part brésilienne récessive et contrariée par sa germanité, grille de lecture qui va au delà de celle tolérée aujourd’hui, des nationalités toujours montrées à l’excès teintées d’un vague sentimentalisme qui n’explique rien, seules ouvertures permises dans notre société niaise d’aujourd’hui.
    Remarquable contribution de Pauledel pour remettre une pièce dans la machine à causer de bons sujets de littérature.

    J'aime

  7. Je crois que le titre de la séquence concernée du Plaisir est Le Masque, précisément, Phil.
    Malher, sans être nommé est aussi une des clés d’un des principaux personnages de Doktor Faustus, Christiane. Et Visconti le savait surement.
    Bien à vous.
    MC

    J'aime

    1. Oui M. Court, « le masque », j’avais oublié le sous-titre de ce film. Inoubliable scène de cinéma de faux ralenti où le jeune homme masqué peine à danser sous le poids de la mort qui l’habite déjà. Bogarde/Aschenbach eût pu danser de cette manière à Venise autour de ses chimères.
      Rappelons que Visonti a transformé l’écrivain de Mann en musicien, Venise transfigure;
      je n’ai pas lu la Venise de Régnier, à découvrir, mais je connais celle(s) de Morand.

      J'aime

  8. Il y a en deux volumes l’Altana ou la Vie Vénitienne, mais surtout dans les Histoires Incertaines un conte ou l’auteur vit dans un palais vénitien et se trouve l’objet d’un bien étrange face à face. Cependant, je n’oublierais pas Barrès, qui, dans in Amori et Dolori via sacrum a écrit quelques pages bien puissantes que vous connaissez surement.
    Bien à vous.
    MCourt

    J'aime

    1. merci du bon rappel, M. Court. les stimulantes notules de Pauledel dépoussièrent les volumes en rayon depuis trop longtemps; Barrès bien sûr qui se trouvait à Venise les mêmes années que… Mann.
      j’ai plus de mal avec Régnier, ne sais par où commencer. débuté par son fils, dit « Tigre », un recueil de ses chroniques. par hasard, vu un film récent sur..Pierre Louÿs, oublié le titre, (bien) joué par un certain Niel Schneider. Régner y tient un rôle central, évidement, le film porte sur la relation des trois avec Marie de Hérédia. remarquable qu’on l’on finance aujourd’hui un film sur ce sujet. je ne pense pas que la production soit « rentrée dans ses fonds » comme ils disent. peut-être y-avait-il un idée militante dans ce projet…
      « La mort à Venise » est la réflexion d’un homme jeune qui vécut dans l’Europe des empires, nationaux et familiaux.

      J'aime

  9. Dans « La vie vénitienne », Henri de Régnier, avoue : « Car je fréquente le café, moi qui, à Paris, n’entre jamais dans ces établissements ; mais à Venise il y a le Florian ! Nous nous installons dans une de ses petites salles peintes à fresque, dans celle où est représenté un Chinois, et le temps passe agréablement. » Devenu citoyen d’adoption de Venise, il y tiendra même salon durant le premier quart du XXe siècle, en compagnie de ses jeunes confrères : Claude Farrère, Abel Bonnard, Edmond Jaloux, Jean-Louis Vaudoyer et Emile Henriot.

    J'aime

  10. Tigre de Régnier, élégamment légitimé par son père, a laissé une Vie de Patachon, c’est à peu près le titre. Il est bien trouvé. Si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’avais commencé l’oeuvre du papa par la Cité des Eaux, puis avait rebondi sur sa seule pièce, les scrupules de Sganarelle. Une bonne entrée peut être les trois volumes dits autobiographiques dont Proses Datées. Une autre, le Mariage de Pausole, sérieux travail autobiographique contemporain autour du monde de Régnier et de son mariage. Ne pas négliger non plus cette lecture d’Honnête homme qu’est le Regnier de Bernard Quiriny. La thèse québecoise de 1970, Les Carrefours du Labyrinthe, m’a hélas glissé entre les doigts.
    Il est certain que sa focalisation sur le Dix-Huitième siècle et son absence de problématique socilale le rend un peu loin du roman contemporain. Restent tout de meme les Contes, dont Amercoeur et les Incertaines, dont Baronian, à juste titre, dit beaucoup de bien.
    Bien à vous.
    MC

    J'aime

  11. Merci M. Court. Le père fait figure d’imprécateur auprès de ce fils adultérin (Louÿs) qui oubliera sa naissance dans les nuits des années folles à Paris puis celles de l’avant guerre dépressive. Son journal intime révèle qu’il prenait une « cuite » chaque soir. La seule photographie conservée de lui est celle de ses…poumons (détruits à quarante ans), pieusement déposée par sa mère très aimante, Marie de Hérédia aux archives (son père, José, fut nommé directeur de celle de la bibliothèque de l’Arsenal par le truchement de Henri de Regnier, très incestueusement professionnelle, la famille Herédia a tout pour plaire à Mann). voyez ce film, dear M. Court, « Curiosa » en est bien une dans la production maigrichonne du cinéma d’aujourd’hui. (Curiosa..j’y appris que Louÿs fut bibliophile de références pour les chercheurs de l’époque).

    J'aime

  12. On ne peut la rater, elle participe régulièrement à Champerret et y vend aussi des opéras en CD, Jacques Barozzi. Mais que n’écrivez-vous un gout du Curiosa? Moi, je ne l’ai guère.
    Je crois ne leur avoir acheté que le traité de Démonologie de Sinistrari, et une tragédie attribuée à Théophile de Viau, une Pasiphaé publiée vers 1860 en tirage très réduit. C’est probablement un faux, très au dessous de Pyrame et Thisbé, mais il est exact que les autres tragédies de Théophile furent perdues dans de sombres circonstances.
    Bien à vous.
    MC

    J'aime

  13. Thomas Mann tendance Bundenbrook ou Félix Krull, Phil. Heredia jouait comme un damné, d’où la vente de sa fille à Henri de Régnier, et la sinécure de l’Arsenal. Et tout ce monde versifie: Pierre Louys, son ami Valéry, Gérard d’Houville alias Marie de R, Henri, José ne sera « que » le poète des Trophées, ce qui n’est déjà pas mal. Il vaut mieux oublier les vers commis pour la visite du Tsar et de la Tsarine à Versailles, c’est digne d’Henri de Bornier, ou ses Conquérants de l’Or. Hors du sonnet, il est perdu, dans le sonnet, il reste un maitre. Oui, Tigre avait des raisons de procéder à son autodestruction, n’ayant jamais trouvé sa place ni son équilibre dans cette famille faussement unie, entre deux gloires comme Heredia et Régnier.
    Louys s’est en effet le premier intéressé, avec plus de bonheur que pour Molière sensé etre Corneille, à la sous-production curiosesque. on lui doit l’exhumation du manuscrit dont Foucault a publié une partie,in le Cercle amoureux d’Henry Legrand ou on apprend qu’il s’en passait de belles au chateau de Valençay. Ce n’est pas une oeuvre de fiction, ce qui contribue à son intérêt. Depuis, il y eut Pascal Pia pour cette littérature.
    Je note le titre du film. Bien à vous. MCourt

    J'aime

  14. Bon, la suite de cet envoi a atterri sur la page Le Blog de Paul Edel.J’y donne quelques recueils de contes intéressants, je crois.
    Bien à vous.
    MCourt

    J'aime

  15. où peut-on lire ce manuscrit à propos de Valençay, dear Mr Court ? cela concerne-t-il les gambades puissamment déséquilibrées de Talleyrand ?
    La relecture de Mort à Venise par le considérable Paul Edel semble attirer peu de monde, ou le public gradé de ce blog reste-t-il calfeutré à maugréer sur les goûts et dédains de Mann ?
    Riche idée pourtant de hisser Mann au niveau du Vicomte enchanteur, « voir Venise et mourir », les deux l’ont vécu après l’indispensable étape romaine où Mann a rédigé une bonne partie des Buddenbrock en vue du Panthéon. mais les conquêtes de l’un ne ressemblent pas aux cauchemars de l’autre; seuls les miasmes qui traverseront leur vie, la tuberculose de Mme de Beaumont et le choléra à Venise, trouvent une souche commune en italie.
    aujourd’hui la postérité de Mort à Venise doit largement à ce film (qui fit le malheur de l’acteur Björn Andersen, suédois d’un seul rôle) où seule une partie du livre est portée à l’écran, le reste, les rêves, essentiels pour prendre la mesure des désirs de Mann, sont absents du film de Visconti. C’est le récit de ces rêves qui donne d’ailleurs la principale difficulté de lecture du livre en allemand, tout un lexique germano-grec est convoqué pour goûter ces histoires d’érynies dévoreuses de jeunes enfants. je ne sais pas avec quelle qualité de précision le traducteur français s’en est acquitté mais il m’a toujours semblé que la traduction devait être redoutable pour rendre la force des sentiments de Mann.
    Il a détruit les carnets intimes de ses jeunes années, par crainte qu’ils soient pris par les nazis, son journal publié ne débute qu’en 1918, soit 6 ans après « Mort à Venise ».

    J'aime

  16. Quatrième tentative.
    Phil, le ms presque complet a été découvert crypté à la BN par Pierre Louys qui en a percé le code. En 1979, Gallimard en publie un petit choix sous le titre Le Cercle Amoureux d’Henri Legrand. Des recherches des préfaciers, il suit que ce nom n’est pas un pseudonyme, et que la localisation à Valençay est prouvée par l’existence d’un escalier dérobé mentionné dans le texte et existant bien, oublié de tous, dans la batisse.
    Aucun nom n’apparait soit parce que, comme disait le bon maitre Fumaroli ‘les gens qui savent ne parlent pas », soit qu’on ait voulu ménager encore d’illustres susceptibilités ( Le dernier Talleyrand-Périgord, Madame Palewski…). L’ensemble est assez proche de l’esprit d’un curiosa, mais nous ne disposons pas d’une édition intégrale.
    Bien à vous, en souhaitant que cette fois le message passe.
    MC

    J'aime

  17. Passé!
    Pour Tod im Venedig, rien d’autre que la traduction du livre de poche, mais je vous crois sur parole. Il y aurait quelque chose à faire sur les conséquences du resourcement dans la grécité de nos amis d’Outre Rhin, depuis Winckelmann jusqu’à Arno B via Thomas M.

    J'aime

  18. Pour répondre à Phil, en ce cinquième essai, le Ms est conservé complet et crypté à la BN ou Pierre Louys l’a décrypté. Ce qui en est paru date de 1979 et s’intitule Le Cercle Amoureux d’Henri Legrand. On ne peut savoir, faute d’édition du tout, si des personnages sont nommés, fors ledit Legrand. La situation à Valençay est prouvée par le texte et des éléments internes à la bâtisse dont un escalier dérobé.
    Bien à vous.
    MC

    J'aime

    1. aujourd’hui le 24 aout, un cerftain x nous interroge sur Mr OUine de bernanos. sur la RDL . que repondre? je n’aime pas cette œuvre est déconcertante qui mélange les genres et se prend les pieds dans le tapis..tit récit sociologique? pas credible.., roman policier? mal fichu. conte avec invraisemblances et personnages lourdement symboliques et peu crédibles.. pour moi le naufrage..… Bernanos ouve des pistes mais laisse tout en plan.. visiblment il y a un retour maurassien sur une idée du village francais envahi par le cosmopolite et corrupteur Ouine-Gide.. dommage que ‘homme du « journal d’un curé de campagne » achève l’oeuvre romanesque par ça..

      J'aime

  19. Merci cher M. Court. suis passé aussi et vous ai lu. Je prends note, je ne connaissais pas l’existence de ce manuscrit, à lire en déjeunant face au château de Valençay. A ma dernière visite, impressionné par la taille de la botte armée du Prince.

    J'aime

Répondre à JC..... Annuler la réponse.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s