Un jeune homme de 23 ans,dadaïste…. Aragon…

Un jeune homme de 23 ans, récemment démobilisé en 1919, médecin- auxiliaire  dans les garnisons dans les villes de l’est, Oberhoffen Ludwigsfeste,  Sarrebruck (il a même   dirigé l’ hôpital de Boppard-am-Rhein) noircit les pages d’un texte qui s’appellera « Anicet ou le panorama. » Il confiera le tout  à Gide qui le publiera, enthousiaste, en 1921.  Qu’est-ce qu’il raconte donc  ce « roman » qui a épaté le patron de la NRF  ?

Un jeune homme, Anicet  rompt avec sa famille .Il erre dans le monde. Il rencontre dans une auberge  un certain Arthur ,poète, qui partit pour le Harrar. Curieux non ? Il est attiré par la belle  Mirabelle, autour de laquelle gravitent sept membres d’une société secrète prête à accomplir mille  exploits, mille fantaisies pour  satisfaire aux caprices de cette  belle Mirabelle. Anicet évidemment, amoureux fou,  se met de la partie et   vole des tableaux célèbres pour les faires bruler  un soir à l‘arc de triomphe. Dada est là. Un siècle plus tard, les gilets jaunes se montreront dadaïstes avec des marteaux contre les sculptures du même arc de triomphe..

 Mais Mirabelle   chasse  ce club de  soupirants et épouse un sale type riche, le banquier  Pedro Gonzales. Colère des sept et dAnicet. Un de leurs membres projette  l’assassinat du banquier mais Anicet le tue presque par hasard.  à partir de ce moment les péripéties tres feuilletonesques se multiplient, et s’accélèrent. d’autres membres de cette société ,en particulier le Marquis della Robbia, chef de bande, décident de s’en débarrasser, etc. etc.  Ainsi ce qui commençait comme un banal récit de formation d’un jeune homme dévie en feuilleton loufoque  populaire et entre Mack Sennett, Fantômas,pearl White  :on y rencontre Nick Carter , allusions aux exploits de la bande à Bonnot, à  Lautréamont,  récit  à tirois et rebondissements surréalistes, interaction et irruption de  reves où, volntaireent  mutiplie les invraisemblances, les coupures, les court-circuits d’images, avec un personnage de Bapiste Ajamais,ami d’Anicet  qui ressemble fort au jeune  André Breton.

 »Au rebut, les vieilles psychologies, les remords, les consciences, les absences de préjugés d’un seul bloc .Dans ce monde neuf, où je marche avec naïveté ,personne n’a jamais entendu parler de tout cela. Au Japon le prêtres honorent les morales et les sentiment. Ce sont sans doute des bêtes à laine. »

 Les gags, les épisodes  rocambolesques, une enfilade de fauts divers pris dans les journaux,  se chevauchent sur  un rythme saccadé  de burlesque muet : « le traitre a volé le diamant pour la centième fois. Pearl lui arrache le joyau sous la menace d’un revolver. Elle monte en a.la voiture était truquées. On jette Pearl dans un souterrain. pendant ce temps le voleur volé cherche à pénétrer chez elle ; surpris par le journaliste, il se sauve par les toits ; le publiciste le poursuit, le perd et rencontre fortuitement dans le quartier chinois le borgne qui a joué un rôle louche au cours des incidents antérieurs. »

Aragon- première période dada, tourne  donc en dérision le romans sérieux. Il turne en dérision les conventions des romans de l’époque. Tout cela ne relèverait de la simple pochade si on n’y retrouvait pas déjà en germe, les thèmes, obsessions et hantises  que Aragon déploiera tout dans tout le reste de son œuvre. Thème de l’amour  fou, de  la Femme Unique, gout  de l’errance dans les villes boite à merveilles, thème grandiose  des miroirs et de l’identité en fuite,  abondance de longues phrases surchargées de subordonnées  qui sèment surprises et harmoniques jamais entendues, dignes de chateaubriand.. carambolages d’images, thème des  sociétés  secrètes et des scandales financiers (affaire staviski, scandale de panama ) du dessous des cartes, des complots politiques , gout pour les descriptions ironiques des milieux mondains, retour au thème  de la perversité masochiste  masculine   inhérente  au lien amoureux dans toute l’œuvre d’Aragon , ce  qui donne l’impression que les amants chez Aragon  sont tenus en laisse par la femme aimée. Le roman jette les bases d’une conception de l’amour à laquelle Aragon restera fidèle toute sa vie: l’amour, marqué d’une jalousie permanente,totale, destructce  implique (ou se définit par) l’abandon total du « moi » masculin , dilué dans la volonté de la femme aimée. Tout ce qu’on retrouvera dans les deux sommets  d’Aragon :« Aurelien » et « Blanche ou l’oubli »..Ce qui se vérifiera dans sa vie réelle, avec  son lien avec Elsa Triolet ; il ira  jusqu’à ligoter son œuvre à celle de cette  romancière, chantée sur tous les tons avec une lassante  et douteuse conviction.

  Ajoutez  les incrustations d’épisodes arrachés à des souvenirs  autobiographiques,   des phrases  préciesues  comme jaillies dans un demi- sommeil et développement de harmonies, des couleurs, des bifurcagtions,   qui font jongleries et prestidigitation.. art des digressions sur l’art, la beauté.   Bien sûr il invente s » le mentir- vrai. »

« Ce qui est menti dans le roman est l’ombre sans quoi vous ne verriez pas la lumière. » écrit-il ,façon Hugo..

 Mais dans cet « Anicet » de débutant, on voit aussi l’ébauche d’une critique de l’art  sinueux d’aragon. Son ami  Ajamais   reproche déjà à Anicet   d’être  sans charpente morale solide, sans colonne vertébrale idéologique , simple rossignol qui s’enchante de ses chants, quelque qu’en soit les retombées politiques..  poésie courtoise,   collage cubiste , tract stalinien,  tout est bon pour chanter.

(Original Caption) Film still from an unidentified silent movie. Depicts a man and woman on a railroad track. He is gripping her arm from behind; she is looking ahead with a fearful expression. Typical « Pearl White » scene, named for the early movie star who worked on many melodramatic serials. Undated photograph.

 Ce  déprimant caméléonisme d’Aragon est déjà, à l’intérieur d d’Anicet, dénoncé. Ca fait songer que l’Aragon ami de Thorez et chantre du stalinisme, a soigneusement caché à ses amis communistes ce « Con d’Irène «(1928)  formidable   texte érotique soigneusement caché pendant des décennies . On y lit ceci :« La province française. La laideur des Françaises. La stupidité de leurs corps, leurs cheveux. Petites rinçures. Bon ».

Enfin Anicet  présente déjà cette vitesse d’écriture parlée, rapide, cascadante, si caractéristique  de cette impatience d’Aragon à se délivrer en phrases  ébouriffantes et haletantes.

 « Nous étions trois ou quatre au bout du jour assis

A marier les sons pour rebâtir les choses

Sans cesse procédant à des métamorphoses

Et nous faisions surgir d’étranges animaux

Car l’un de nous avait inventé  pour les mot

Le piège à loup de la vitesse »

Plus tard  d’andré Breton à Francois Nourissier, ses proches, amis ou simles témoins  avoueront tous   leur stupeur  devant la rapidité d’écriture d’aragon , son aisance, sur n’importe quel coin de table de bistrot , pour rédiger un article des » lettres françaises », un poème,  ou un  article de « l’humanité «  d’un trait rapide et sans rature.

                               **

Les clés du roman ?

Pour ceux que ça intéresse ,quelques-uns des personnages principaux d’anicet  ont pour modèle des personnalités réelles de la scène littéraire et artistique de Paris. Ainsi Ange Miracle est le poète Jean Cocteau, Jean Chipre (« l’Homme Pauvre ») le poète Max Jacob, le professor Omme est le poète Paul Valéry, Harry James (« l’homme moderne »), qui jadis avait fait un enfant à Mirabelle et qui met un terme à ses jours en se suicidant, est Jacques Vaché, Baptiste Ajamais, l’ami d’Anicet (et son traitre !!),c’est   André Breton. Des traits d’Aragon lui-même marquent le personnage d’Anicet. Pablo Picasso se retrouve sous la figure du peintre Bleu, allusion évidente à la période bleue de Picasso (« l’Homme Arrivé »), et Charlie Chaplin apparaît sous celle du garçon de café Pol. Quant à Pedro Gonzalès, il ressemble physiquement au peintre mexicain Diego Rivera. Arthur est bien sûr  Arthur Rimbaud.




19 commentaires sur “Un jeune homme de 23 ans,dadaïste…. Aragon…

  1. Hugo pense en effet par complémentarité Lumière Ténèbre. Il dit quelque part que l’antithèse est la seule figure qui permette de concilier les deux aspects du monde. Mais si le Mensonge fait partie du Mal Hugolien, le Menti du roman lui est je crois étranger. Le pastiche ne masque pas une différence d’univers. Foi romantique contemplative d’un coté, Virtuosité pure de l’autre? Les choses sont sans doute moins simples mais il y a de ça.

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    1. Peut-être le dit-il dans la préface de La Légendes des Siècles, MCourt.
      Hugo, fou d’Histoire, refuse de faire la part entre l’élément légendaire et la composante historique attestée, vous le dites bien, ou le laissez entendre.
      Le canon classique mis soigneusement de côté, il en appelle en toute liberté à Isaac, à Moïse lui-même, le grand souffle qui l’anime se retrouve dans la bouche du Gauvain de Quatrevingt-treize qui, alors qu’il lui faut mourir, n’hésite pas à prédire, en plein dans les gencives de Cimourdain, le vent purificateur qui viendra soulever les forêts de l’humaine condition.
      Comment s’étonner que l’auteur des Antimémoires fasse grand cas de cette voix-là après cela ?
      Un Hugo au faîte de ses proclamations et témoignages, qui fichera les pétoches à Lamartine (pourtant pas avare de violence rentrée envers ses « Girondins »), mais qui saura toujours faire retour sur lui-même, sur ses positions révolutionnaires (je pense à son action barricadiste pendant le juin 48), déclarer nul le versement du sang, au mépris de la doxa bolchévique qui prônera le foulage au pied de toute éthique, contraire à l’avancement robotique du Parti.
      Hugo ne donna jamais dans la « lutte des classes », terme qu’il réfutera malgré ses protestations de « vieux socialiste » répétées, et laissera le toujours bourgeois monsieur Marx faire ses choux gras de la lecture d’Augustin Thierry.
      Hugo préféra s’adresser à Dieu (la fonction du poète d’après lui) plutôt qu’à Staline et ses saints, comme feront d’autres confrères, pourtant pas plus idiots que lui (ou aussi bêtes, dirait Baudelaire, je plaisante).
      J’approuve le rapprochement de Paul Edel, c’est d’ailleurs amusant de se souvenir que le père H. aimait se voir en « Olympio », alors qu’André Breton, un jour de 1930, tança dans son Manifeste MK2 l’Eluard s’offrant corps et âme au communisme, soudaine conversion qui semblait à ses yeux s’apparenter à l’exacerbation « d’un sentiment olympien de lui-même. »
      Le Guernesey desnosien partait en fumée. Treizième à table, l’homme de la curie-curée communiste pouvait commencer à rire.

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      1. Aragon a souvent parle de Hugo et il fut tres marqué par sa poesie; il a même publié des articles sur lui dans « les lettres francaises »..En 1952, pour le cent cinquantième anniversaire de sa naissance, Aragon célèbre Victor Hugo. Il publie » Avez-vous lu Victor Hugo ? »que des articles parus tout au long de l’été 1951 dans les Lettres françaises ont préparé. Les éditions sociales donnent à lire Hugo, poète réaliste,la revue  » Europe » : »Hugo vivant ».

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  2. Drôle de type, ce français d’Aragon !
    Passant du Con d’Irène -sublime- à l’éloge de la Guépéou -ignoble- avec la nonchalance du gars pour qui rien ne compte, sauf lui-même le déjanté papillon …
    Dada, ou gaga ?

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  3.  » l’amour, marqué d’une jalousie permanente,totale, destructrice implique (ou se définit par) l’abandon total du « moi » masculin , dilué dans la volonté de la femme aimée. Tout ce qu’on retrouvera dans les deux sommets d’Aragon :« Aurelien » et « Blanche ou l’oubli »..Ce qui se vérifiera dans sa vie réelle, avec son lien avec Elsa Triolet ; il ira jusqu’à ligoter son œuvre à celle de cette romancière, chantée sur tous les tons avec une lassante et douteuse conviction. »

     » l’abandon total du « moi » masculin, » comme c’est exactement dit, Paul Edel! C’est comme cela, string de cuir rouge et rouge aux lèvres qu’il apparaîtra à la fin de sa vie! 😉

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    1. Tout à fait d’accord, Pat V !

      Il sera resté rouge tendre, communiste de boudoir, stalinien du déni de goût, le malheureux gamin Aragon, l’indéterminé, perdu dans son surréalisme de pacotille, bien inférieur à la réalité qu’il était incapable de vivre !

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    2. Non. pas que … comment pouvez-vous aussi betement ressasser des trucs (vrais, certes) qui trainent depuis des années à la RDL sans renouvellement ni nouveau souffle ?

      A la fin de sa vie, Aragon fait don de LHOQ au PCF. qui le détient toujours.
      à la fin de sa vie il fait publier « Théatre-roman » pas son meilleur mais excellente et touchante réflexion sur la vieillesse, la solitude, le rapport au souvenir et la venue de la mort. grande liberté de forme et de ton.
      A la fin de sa vie, comme bien des gens (et sans doute n’y couperez-vous pas), il est très vieux. parle mal. est parfois dans ses songes. coincé dans de longues parenthèses de torpeur stupide. assis par terre. les yeux dans un vague qu’on saurait dire. justement à le fete de l’Huma. et cela serre le coeur à bien des gens qui l’ont connu autrement plus alerte. Mais voilà, la vieillesse inéluctablement et très humainement le bouffe.

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  4. reste à savoir s’il n’était pas assez lucide pour le comprendre. Le sabordage des Lettres Françaises a pu jouer. Avant de juger, regarder la biographie de Philippe Fourest, sauf erreur sur le patronyme. On trouve cette lucidité chez des proches comme Daix, ou meme Desanti.

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  5. L’ extrait de la transformation de l’un en l’autre…par Daniel Bougnoux :

     » Car soudain dans la chambre il m’avait tutoyé, tout en piochant parmi les feuillets qu’il battait comme un jeu de cartes – pour anticiper sur l’image que répéteront tous les commentateurs de Théâtre/roman. Puis, dans un grand geste théâtral le poète rejeta impatiemment le manuscrit et se dressa vivement. Le peignoir s’ouvrit sur le slip de bain. Castille nageait chaque jour en mer, assez souvent seul et droit vers le large, et je vis que le grand âge n’avait pas ruiné son corps bronzé, à la stature athlétique. Il me tourna le dos et disparut sans un mot dans la salle de bains.

    Plusieurs minutes s’écoulèrent, avec des bruits d’eau. Une bouffée de parfum envahit la pièce, d’un musc lourd dominé par la rose. Quand Castille regagna son siège pour reprendre sans autre explication le fil de sa lecture, j’eus du mal à contenir ma stupéfaction: le Vieux s’était fardé et fait les yeux en y collant, par un détail de coquetterie inconcevable, des faux-cils dégoulinant de rimmel. Il avait abandonné le peignoir et troqué son slip pour un cache-sexe rouge vif. J’avais à présent devant moi une drag queen qui se mit à rythmer de plus belle les propos d’Eurianthe ou de quelque Lélio, tout en se caressant la poitrine et la toison ventrale. Le parfum, un gel plutôt, n’avait pas été appliqué au hasard et il était facile, à la courte distance où j’étais, de deviner de quel orifice copieusement enduit émanait l’entêtante invite. Dans mon dos, le grand lit blanc à la courte-pointe impeccablement tirée se chargea soudain d’une présence redoutable ; en quelques minutes, la confusion des genres avait changé de caractère.

    Que faire? Je jugeai prudent de ne rien laisser paraître, me levai dès la fin de la lecture, remerciai et cherchai l’air au dehors, en tirant la porte sur les vociférations du baroque opéra dont, par une chaude après-midi de juillet, Castille m’avait fait l’unique spectateur. Ses lèvres aux accents rugissants et suaves avaient déployé pour moi l’éventail du désir amoureux sans lésiner sur l’orchestre, ponctuant par les clochettes de la douleur le largo langoureux des stances, tressant ses trilles au frémissement des cordes, ça me remettait quatre vers en mémoire, «Dites flûte ou violoncelle / Le double amour qui brûla / L’alouette et l’hirondelle / La rose et le réséda», amour double en effet puisque par derrière… Comment jamais te dire Je t’aime? modulait de mille façons le poème, tandis que le colimaçon parfumé de la rose implorait Défonce-moi! Ou, dit avec plus d’emphase dans Le Paysan de Paris: «Bats-moi, effondre-moi (…). Saccage enfin, beau monstre, une venaison de clartés».

    L’abîme ouvert par Castille ne me détourna pas de le revoir, et je me mis à fréquenter davantage ses livres. «Sexuellement je l’avais percé à jour et il ne me le pardonnait pas», écrivit Drieu la Rochelle de son ancien ami; pour moi au contraire, le mélodieux frelon me parut plus proche, et presque fraternel, du jour où il me révéla sa fêlure. En ce temps-là, le veuvage de Castille était récent, et le plus exposé des secrets mondains n’était pas encore devenu le Polichinelle de Paris; la fable pourtant s’en répandait, et le poète ne fit rien pour la démentir; il s’affichait au contraire en diverses mondanités avec son secrétaire ou d’autres garçons de moindre calibre, semant chez les vieux grognards d’un réalisme qu’ils appelaient toujours socialiste l’embarras de ne plus savoir, devant le nouveau couple, sur quel pied danser. »

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  6. « Le parfum, un gel plutôt, n’avait pas été appliqué au hasard et il était facile, à la courte distance où j’étais, de deviner de quel orifice copieusement enduit émanait l’entêtante invite. »

    Là, Bougnoux fait de la littérature.
    Le gel ne sent strictement rien !

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  7. Xlew Je vais essayer de répondre en plusieurs fois, le texte ne passant pas depuis trois jours.
    Moise est une figure des Mages et des Tables dans une séance perdue, je ne me souviens pas d’y avoir vu Isaac.
    La phrase sur l’antithèse come figure pour rendre compte du monde est prononcée dans le Journal d’Adèle II vers 1855, mai vous avez raison, xlew d’invoquer la Préface de la Légende qui en est quasiment dés la première page une mise e pratique. Cela étant, le binôme « Hérodote fait l’Histoire, Homère le chant » et ce qui suit indique un glissement de l’historique vers le poétique pleinement revendiqué.
    Pour ce qui est de l’Avant dernier chapitre de Quatre-Vingt Treize et la stichomythie Gauvain Cimourdain, République réelle, république rêvée, oui encore . Le retour sur les positions révolutionnaires a lieu en effet chez Hugo en 1848 ou il prêche non sans courage la Régence de la Duchesse de Berry. Les barricades, c’est surtout en 1851 me semble-t-il.
    En fait, c’est toute cette génération qui refuse de faire la part entre Légende et Histoire. J’ai évoqué l’article d’Augustin Thierry comprenant la Conquête de l’Angleterre à partir de l’Ivanohé de Walter Scott. Il y a alors de 1820 à disons 1880 un bardisme historique qui transcende les clivages politiques ou l’on trouve pêle-mêle Scott, Hugo, Thierry, Henri Martin,La Villemarqué, qu’Hugo épingle d’ailleurs dans deux vers de « :Boite aux Lettres »:
    « Si le Vicomte Hersart de la Villemarqué
    Conte, plus ou moins bie, des légendes bretonnes. »

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  8. Olympio, lui, est un texte carrefour. Pas tellement d’antithèses dans cette déploration si on le compare au Lac, et un statut imprécis des vivants, qui fait qu’ils sont à à la fois des Morts, des Ombres et un « Sacré Souvenir », le tout en puissance! La cosmologie hugolienne n’est pas encore construite et ne dépasse pas au mieux le mystico-biedermaier .il faut attendre les Orientales pour voir les choses changer (3a voyez-vous passer, la Nuée au flanc noir, c’est déjà la construction d’Expiation). Puis l’exil pour carrément halluciner avec une écriture de la pluralité suggérée par les Tables., qui est en plus, Charles aidant, un écho direct de l’écriture hugolienne, et l’occasion de commander au Père les poèmes rêvés par le fils sur la Souffrance Animale ou Le Lion d’Androclès de l Legende des Siècles.
    Qui Breton n’a-t-il pas tancé? Au demeurant, n’a-t-il pas écrit « Victor Hugo est surréaliste quand il n’est pas bête », Ce qui n’est pas toujours faux. A titre d’exercice spirituel,Lire la Bossue!
    Bien cordialement.
    MC

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  9. Salut à toi, tous, et salut à toi Paul Edel (ça, en ce WE de fete de l’Huma, c’est pour faire Aragon, période communiste !)

    Ayant déjà maintes fois afficher ici mon grand intéret passionné pour les romans d’Aragon et leurs exégèses, je me contente de glisser ici mes livres de l’été.

    Alexis Jenni, « La conquete des iles de la terre ferme »
    avec pour miroir JMG Le Clézio « le Mexique ou la pensée interrompue »

    Heinrich Heine, « Narcisse et Goldmund » qui m’a fait penser à « l’oeuvre au noir » de Yourcenar

    Marguerite (justement !) Yourcenar, « Feux »

    Edmonde Charle-Roux « L’Irrégulière » (moi qui ignorais tout de la vie de Gabrielle Chanel et jusque là m’en contre-fichait comme de l’an 40 ai été contre toute attente totalement happée par ce récit rud’ment bien écrit et mené)

    Tomas Eloy Martinez « Le chanteur de tango » (une déambulation dans Buenos Aires assez benjaminesque) et « Santa Evita » (entre Histoire et polar. où comment le cadavre d’Evita Peron se multiplie, fugue, est passionnément aimé, disparait, réapparait. c’est parfois d’un comique …). des romans qui pourraient plaire à Jacques Chesnel.

    Je passe sur une espèce d’Harlequin ++ à la noix … Me suis fait eue. croyant avoir affaire à un roman anglais gothique …

    Mais bon, tout cela révèle le charme qu’il y a à déambuler dans les rayons des librairies et des bibliothèques. parfois on se plante …

    A bientot, peut-etre.
    (toujours pas de circonflexe potable sur mon clavier)

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    1. Il y a peut-être une erreur camarade Margotte à propos de « Narcisse et Goldmund » je ne connais que ce roman excellent- de H. Hesse.qui se passe à Maulbronn,lieu monastique qu’on peut visiter en Souabe.***

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      1. En effet, on voit mal le sceptique Heine, informateur occasionnel de Louis-Philippe, écrire Narcisse et Goldmund . Reste après Lutèce, Intermezzo, Ata-Troll, lu, sinon impérissable, et le Tambour Legrand. Les impressions parisiennes, les musicales notamment, ne manquent pas d’acidité: « Mais qui donc s’occupera de la Gloire de Meyerbeer quand il sera mort?! » C’est une figure curieuse et tourmentée que Heine. Quelque chose comme l’incarnation du juif romantique et sceptique, que son époque a pris comme tel, mettant l’accent selon les cas sur l’un ou l’autre aspect.

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