Flaubert offre ses vœux…

 Pour finir l’année 2019, je vous offre de lire  une lettre de Gustave Flaubert à sa nièce  Caroline Commanville, qu’il chérissait ,et avec laquelle il correspondait régulièrement. Cette lettre date  du 31 décembre 1876,Gustave a 55 ans , il mourra en 1880. En cette fin décembre il est en train d’achever de rédiger son conte  « Hérodias ». On notera son intérêt pour  Balzac, qui l’influença à ses débuts.

                                                                          ***

« Croisset, dimanche, 3 heures, 31 décembre 1876.
      Allons ! Ma pauvre fille, que 1877 vous soit léger. Vous savez ce que je souhaite, c’est-à-dire ce que je me souhaite, car votre bonheur est le mien !
      Autrefois, ce jour-là (le jour de l’an), Julie nous ayant pris par la main, moi et ta mère, nous allions d’abord chez Mme Lenôtre, qui nous engouffrait dans son bonnet, en nous embrassant ; puis chez le père Langlois, chez M. et Mme Bapeaume, chez Mme Lormier, chez Mme Énault, et chez la mère Legras, pour finir par Mme Le Poittevin. Autant d’intérieurs différents et de figures que je revois nettement ! La longueur des boulevards m’ennuie encore ! Nous avions nos quatre petites fesses coupées par le froid et nos dents tenaient dans les morceaux de sucre de pomme à ne pouvoir les en retirer ! Quel tapage chez ton grand-père ! La porte ouverte à deux battants dès 7 heures du matin ! Des cartes plein un saladier, des embrassades tout le long de la journée, etc. Et demain zéro, solitude absolue ! C’est comme ça !
      Je passerai mon temps à préparer la fin de ma seconde partie, qui sera ratée ou sublime. Je ne suis pas sans grandes inquiétudes sur Hérodias. Il y manque je ne sais quoi. Il est vrai que je n’y vois plus goutte ! Mais pourquoi n’en suis-je pas sûr, comme je l’étais de mes deux autres contes ? Quel mal je me donne !
      Hier, pour rafraîchir ma pauvre caboche, j’ai fait une promenade à Canteleu. Après avoir marché pendant deux heures de suite, monsieur a pris une chope chez Pasquet où on récurait tout, pour le jour de l’an. Pasquet a témoigné une grande joie en me voyant, parce que je lui rappelle « ce pauvre M. Bouilhet », et il a gémi plusieurs fois. Le temps était si beau, le soir, la lune brillait si bien qu’à 10 heures je me suis re-promené dans le jardin « à la lueur de l’astre des nuits ». Tu n’imagines pas comme je deviens « amant de la nature ». Je regarde le ciel, les arbres et la verdure avec un plaisir que je n’ai jamais eu. Je voudrais être vache pour manger de l’herbe.
      J’ai lu la Correspondance de Balzac. Eh bien, c’est pour moi une lecture édifiante. Pauvre homme ! Quelle vie ! Comme il a souffert et travaillé ! Quel exemple ! Il n’est plus permis de se plaindre quand on connaît les tortures par où il a passé, – et on l’aime. Mais quelle préoccupation de l’argent ! Et comme il s’inquiète peu de l’Art ! pas une fois il n’en parle ! Il ambitionnait la Gloire, mais non le Beau. D’ailleurs que d’étroitesses ! Légitimiste, catholique, collectivement rêvant la députation et l’Académie française ! Avec tout cela, ignorant comme un pot et provincial jusque dans les moelles : le luxe l’épate. Sa plus grande admiration littéraire est pour Walter Scott.
      J’aime mieux la Correspondance de Voltaire. L’ouverture du compas y est autrement large !
      Je suis bien aise que tu te plaises au cours de Claude-Bernard. Quand tu voudras faire sa connaissance, rien de plus facile. En te recommandant de mon nom, je suis sûr qu’il t’accueillera très bien.


      C’est une joie profonde pour moi, mon pauvre loulou, que de t’avoir donné le goût des occupations intellectuelles. Que d’ennui et de sottises il vous épargne ! Chez toi d’ailleurs le terrain était propice et la culture a été facile. Pauvre chat ! Comme je t’aime et que j’ai envie de t’embrasser ! Quelles bavettes nous taillerons quand nous nous reverrons !
      Je viens de recevoir le divin gingembre. Ça c’est une attention ! Et de plus, un bon paquet de tabac, autre douceur. Donc double remerciement. À 6 heures et demie je vais voir arriver ce bon Valère. Julie me charge de te souhaiter la bonne année.
      Tu devrais bien prendre du papier plus grand.
      Adieu. Je vous embrasse tous les deux et toi cent fois, ma pauvre chère fille.
      Ta vieille nounou.

                                                             ***

Caroline Commanville nièce de Flaubert

Dans son délicat et émouvant  livre de « souvenirs sur Flaubert »,  sa nièce Caroline écrit :

« C’était un fanatique que Gustave Flaubert ; il avait pris l’art pour son Dieu, et comme un dévot, il a connu toutes les tortures et tous les enivrements de l’amour qui se sacrifie. Après les heures passées en communion avec la forme abstraite, le mystique redevenait homme, était bon vivant, riait d’un franc rire, débordant de verve et mettant un entrain charmant à raconter une anecdote plaisante, un souvenir personnel. Un de ses plus grands plaisirs était d’amuser ceux qui l’entouraient. Pour m’égayer quand j’étais triste ou malade, que n’eût-il pas fait ? »

Bonne année 2020 aux amoureux de la littérature.


 

14 commentaires sur “Flaubert offre ses vœux…

  1. « Sa plus grande admiration littéraire était Walter Scott ».
    Il n’évoque pas Fénimore Cooper dont les Indiens passent, à peine modifiés, dans les Chouans . Le personnage de Mes Bottes par exemple. Il est vrai qu’il n’aime pas le Cooper gothique du Bourreau de Berne etc.
    Je pense que Scott a suscité une sorte d’hallucination collective qui renvoyait de la Restauration un miroir flatteur, celle-ci cherchant son salut dans une sorte de calque de la Monarchie Anglaise et de ses institutions, perçues comme une continuation intelligente du Moyen-Age. Les rapports du Baron Cottu pour créer une méritocratie Monarchique, Le Voyage de Nodier de Dieppe en Ecosse, s’inspirent explicitement de ce modèle là quant ils ne le prônent pas pour le patrimoine, ça c’est Nodier. L’iconographie suit cette pente, avec le portrait du Comte de Quatrebarbes, au demeurant estimable historien, en Godefroy de Bouillon, et sous Louis Philippe , La Salle des Croisades, à Versailles, qui recueille un mouvement troubadour de vingt ans antérieur.

    Les premiers livres de Balzac sont quelque part entre le Roman Gothique et Scott (Clotilde de Lusignan). Il gardera de l’Ecossais la tentation du Roman Historique mais ira plus loin: La Recherche de l’Absolu, les Proscrits, bien d’autres,manipulent des idées ésotériques dont Scott, homme des Lumières, n’a que faire puisqu’il condamne explicitement le fantastique, je crois dans la préface au Miroir de Ma Tante Marguerite, et Hoffmann , bien qu’auteur lui-même d’une bonne « Histoire de la Sorcellerie ». L ‘autre différence, c’est qu’il a lu sinon Rabelais, au moins les conteurs du seizième siècle, dont les Contes Drolatiques tenteront d’être le laborieux équivalent.

    Mais là aussi, il se peut que ce soit une manière de se poser en s’opposant, plaçant cette fois contre le Moyen Age poétique de l’Ecossais (Dame Du Lac, Lai du Dernier Ménestrel, Marmion, Vision de Don Rodrick) Présenter une sorte de contrepoids bien français après la réhabilitation de Rabelais par Doré et le Bibliophile Jacob dont il ne faut pas ici sous-estimer l’influence. l’é.o doit être vers 1840. L’amusant, c’est que Jacob lui-même a été dans les « Scottomanes » en publiant dés 1831 les Soirées de Walter Scott, recueil apocryphe assumé de contes prêtés à l’Ecossais pendant son Séjour à Paris. Il écrira d’ailleurs quelques romans façon Scott à la française avant de lacher Les aventures du Grand Balzac, sous-titré Histoire du temps e Louis XIII mais dont une longue tradition veut qu’elle soit un règlement de comptes. Quelque chose sur Jacob reste à faire! En fait, la question reste: Balzac pouvait-il éviter Walter Scott? Et la réponse, probablement pas. Il n’en a lu en tous cas ni les travaux historiques dont un , La Vie de Napoléon, a été très mal accueilli en France alors qu’il represente un sérieux effort d’objectivité, ni les travaux poétiques, or la Dame du Lac, de Rossini à Nodier en passant par le Jules Verne des Indes Noires, traverse tout le siècle. Il a vu l’essentiel, le Roman Historique. Il n’a pas négligé le seul roman « contemporain » , les Eaux de St Ronan », village qui perd son âme suite à la présence d’une source. Ce n’est pas tout, mais ce n’estpas rien.
    Bien à vous, Paul Edel, et bonne année à tous.
    MC

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  2. Bonne année à toi, Paul.
    Elle était bien jolie Caroline !
    N’empêche, elle a précipité son vieil oncle dans la ruine, si mes souvenirs sont bons…

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  3. Merci de cette belle lettre de tte fin d’année.

    Mon (triple) cadeau sera en partie épistolaire & destiné aux amoureux de la littérature, mais tt particulièrement aux lecteurs passés, présents et futurs d’Audiberti :

    « Je me demande ce que c’est exactement qu’un homme de lettres, et, spécialement, celui que je suis, et si c’est une créature chargée — par qui? — de pressurer les paysages de sa vie, d’en tirer une farine de mots, un élixir de phrases, une moûture transposée destinée à reconstituer les lignes et, les masses, entrevues et entendues, desquelles elle émane et qui, faute de cette opération de captage et de pétrissement, courraient le risque de n’avoir jamais eu d’âme […]
    Torture de l’artiste […] Il faut, coûte que coûte, que l’arbre et que l’herbe et que la mauvaise haleine, même des receveurs d’autobus lui disent quelque chose, afin qu’il le redise… […] Le pauvre ! Il entrecroise en tout sens l’écheveau dérisoire de ses pas quotidiens, il mélange […] les butins de ses promenades […] et de ces dosages […] il prétend qu’ils enflamment ou adoucissent l’appétit, sentimental et intellectuel à la fois, des lecteurs !
    Car il y a des lecteurs, ou, du moins, nous le supposons, car les lecteurs, eux, plus nuageux et incolores que des démons sans feu ni lieu, […] intemporels des pieds à la tête, hypothétiques, inaccessibles, […] Et tenir compte des lecteurs, s’astreindre à mettre en paroles la sourde et triste musique des décors ressassés de Bagneux et du monde, sentir que, si ce n’était la présence, un jour, d’un lecteur, oui, même d’un seul, au-dessus d’un texte qu’on sua, on n’écrirait rien […] En dehors de la complicité d’un lecteur, de lecteurs humains, authentiques ou imaginaires, mais obligatoirement désirés et recherchés, une œuvre écrite est une conception quasiment impensable […] » ( Lettre de juin 1935, n°42 à Jean Paulhan, 79-81)

    « Au fond, pour qui écrit-on ? Ce n’est pas pour les autres […] TOUS les autres […] Ce n’est pas non plus pour soi que l’on écrit […] Au fond, on écrit pour une couronne déviée, souriante, bienveillante et tutélaire, de reflets de soi […] On écrit pour trouver sa famille, oui, voilà. Le poète, c’est l’homme qui met les annonces dans le Times ? Eh! oui ! Cher Monsieur John Smith, autrefois, nous avons été élevés dans le même jardin! Oh! comme la vie est drôle ! […] j’ai lu votre annonce, votre poème. […] Je suis donc votre cousin. […] Vous êtes tout de même épatant, vous savez, d’avoir mis cette annonce dans les feuilles. On aurait pu mourir, tous, sans plus se rencontrer jamais… On mourra tout de même, naturellement, mais ça me fait plaisir d’entendre parler du vieux jardin […] Nous aimions l’odeur du matin ténébreux, et les prestiges de quatre heures, […] alors que la journée d’enfance n’en peut plus à force de monter, de grandir, de s’embellir […]
    Oui, ô John Smith, nous avons connu tout cela aussi bien que vous, eh ! ficelle ! eh ! flanelle, mais, enfin, c’est vous qui avez mis l’annonce dans le Times, qui avez jeté le poème dans le temps, et maintenant, tous les cousins, tous les amis de la pure et divine fête du monde, nous sommes là, et nous vous considérons un peu comme l’inventeur du jardin, et des pivoines, et des fondations subtiles du mystère de vivre. Remarquez, d’ailleurs, ô John Smith, ô poète, ô faiseur d’annonces, que vous n’étiez pas le plus distingué d’entre nous, et que, même, cette idée […] (celle de l’attendrissement rétrospectif ou hypothétique) elle se réclame d’un penchant un peu vulgaire […] : il faut courir, aller au guichet du Times, supputer la gloire d’être le premier de la famille dispersée à sonner le rassemblement, non, peut-être pour la joie de rassembler la famille […] » (Lettre de 1935 sans autre précision, n°64 à Jean Paulhan, 115-116)

    Enfin, dans Le Maître de Milan, considérations d’une lectrice (Mathilde, aux prises avec un livre très particulier, car il lui est réellement destiné) :
    « Il ne lui restait plus que dix pages. Certains écrivent des livres, beau travail. D’autres les lisent, leur travail non plus n’est pas négligeable.
    Lisant ce petit livre, il semblait s’allonger à mesure, elle avait conscience d’agir, d’y mettre du sien. Elle mettait, à poursuivre sa lecture, une intensité créatrice analogue, supposait-elle, à celle de l’auteur. »
     » Lui avait fini de l’écrire, elle allait finir de le lire, leurs coulées coïncidaient. Écrit par lui, lu par elle, le livre avait ses parents. Il continuerait en elle, autour d’elle, à vivre, à résonner, tout comme, c’était sûr, il persistait à vivre et à compter dans la vie de l’auteur. »

    Déclaration du personnage auteur de ce livre qu’il ne peut avouer (il s’est dissimulé sous un « pseudonyme vivant » — un faux nom & un homme de paille, à la Paul Pavlowitch/Émile Ajar) à propos de la rubrique des Fatti di cronaca / Faits divers (à la rédaction desquels Audiberti, en « bon ouvrier », puisqu’ « il faut, évidemment, gagner sa vie ») apportait « les mêmes soins, et peut-être la même pulsation ») :

    « De même que la pensée inépuisable des écrivains et des philosophes perpétrait des variations à la fois tendues, inquiètes et satisfaites sur les facettes pittoresques du monde, de même les humbles personnes vivantes d’une manières non moins géniale et inépuisable, s’arrangeaient pour fabriquer, au moyen de leurs souffrances, tribulations et bizarreries, une œuvre immense et collective au jour le jour. »
    Tt cela finira mal, bien entendu.

    Un salut amical à ts les autres cousins & cousines pour terminer cette année & commencer la suivante..

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    1. Très bonne année elena et…. des lectures « de dingue.. » et aussi cette phrase d’Audiberti pour ouvrir l’année: »un léopard de parfums rôde aux limites de lamer ».

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      1. Merci. Il est vrai qu’avec Savinio et Audiberti une lecture frénétique trouve des répondants merveilleux.
        Pardon si je prends cette « dinguerie » comme prétexte à citer encore :

        « J’ai les mains pleines de rythmes, la couleur me sort des pores. Je voudrais peindre sur des murailles blanches, sculpter des dieux dans des morceaux de bois énormes et cylindriques, et j’ai peur, quand je dis cela, que ce ne soit pas vrai, que ce ne soit plus vrai, que je ne le veuille pas vraiment, que ma vieille folie s’en aille de moi, soit prête à s’en aller de moi, que ma croyance dans l’efficace ténébreux de mes vers doive bientôt, décroître et ne laisser, dans mon âme de sommeil et de bazar, que la petite mare des dégonflages. Désir et folie sont, non pas, bien entendu, les mamelles de la France, mais les pôles de toute grandiose activité. […]

        Michelet, Balzac, Goethe, tous ces types-là, leurs livres, ces montagnes de cuir et de carton, ces pyramides de sédiments, on croit qu’ils firent ça pour… au fait, que croit-on ? Un type, un matin, s’éveille, dit : “Je suis Balzac, mon front est balzacien, ma main est balzacisante, ma pantoufle balzaque, et mes brettelles balzaquent! Allons-y donc… Faisons du Balzac. Suspendons la pierre Balzac au figuier de l’humanité. Il y a un certain aspect balzaciforme ou balzacinien de la conscience générale qu’il fallait établir, fixer, magnifier, faute de quoi, cette conscience se fût mal portée, eût gémi, s’en serait allée. J’achèverai l’œuvre de Dieu et celle de Napoléon !” N’est-ce, plutôt, un gros rat, prisonnier d’un chapeau castor, qui tourne en rond dans sa propre odeur de solitude. Il veut, il doit se prouver qu’il vit, autrement, il se mêle à fond à l’Obscure Absence. Sa conscience, son moua, il ne les ressent guère. Ce sont des pancréas flottants, des cornemuses à zéro. Il faut qu’il sorte de lui-même, qu’il se fasse manger par les noix, par les grains de blé, par les quadrilatères du Roquefort, par tout ce qu’il rencontre. Oui, il faut qu’il se donne en pâture à un tas de choses et de gens et que, de les remplir, il se remplisse, donateur avaricieux, généreuse chair avide d’être, enfin enceinte de Balzac. Et, tout cela, pour passer le temps, le temps de la terre. »

        (Lettre n°29 d’Audiberti à Jean Paulhan, en 1934)

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  4. Merci pour vos vœux de Bonne Année 2020 adressés, en particulier, aux amoureux de la littérature. Les miens adressés à tous, sans exception. Un premier janvier, on peut afficher une ambition humaniste …démesurée !

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  5. Merci pour vos vœux de Bonne Année 2020 adressés, en particulier, aux amoureux de la littérature. Les miens adressés à tous, sans exception. Un premier janvier, on peut afficher une ambition humaniste …démesurée, on verra demain pour la suite !

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  6. Ce matin, premier janvier 2O20 j’ai quitté l’appartement pour gagner l’estuaire de la Rance. Ciel ouateux gris comme un jour de neige. Il y a sur l’étendue des eaux une translucidité de nacre et quelques clartés d’une nuance d’un vert amande : c’est épais de silence, laiteux avec des reflets sur certaines vaguelettes. Une famille de canards avance en ligne entre les voiliers. Je prends le sentier qui monte vers la cité d’Alet et m’installe sur un de ces bancs au bois verdi souvent humide. De là se découvre la rive de Dinard et ses touches blanches de quelques villas. Eau calme et lisse ,léger bruissement du ressac, torpeur de l’endroit avec, à dix mètres l’inquiétante coupole massive couleur rouille que l’organisation Todt avait installé en 1942 dans le cadre du Mur de L’Atlantique. Immense panorama de la mer figée, d’une beauté stupéfiante dans ce milieu de matinée. Odeur de terreau fraichement retourné du jardin voisin. Lente descente glissée de quelques goélands, partant des hautes cheminées d’un ancien pensionnat religieux vers la mer. Sur l’autre rive de la Rance, hôtels blancs, stores tirés, immeubles éteints, brumeux. L’estuaire, la baie, s’emplissent de milliers de vagues lentes, régulières, argentées, vers la pointe du Moulinet et ses villas anglo-normandes.
    A rester figé on s’aperçoit que l’eau devient sommeil, elle nous hypnose et nous entraine en délicieuse dérive, vers les couches profondes de nos îles intérieures.

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  7. « Elle nous hypnotise « ? Notez qu’elle nous hypnose, c’est bien joli…
    On nous a sorti ailleurs le réquisitoire anti-Flaubertien, il est regrettable qu’on ait oublié le réquisitoire anti_Balzacien , tout aussi convenu que peu convaincant, et prospère, disons de Sainte Beuve à Faguet!
    Bien à vous.
    MC

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