Relire la Montagne Magique (2)

 C’est dans ce chapitre V que Settembrini joue à plein son rôle de pédagogue avec  sa faconde  méridionale. Il est  professeur du Progrès rationaliste, franc-maçon défenseur  des Lumières. Il  met  en garde  Hans  contre les séductions  de la luxure  et de la paresse qui règnent  parmi   les  malades fortunés du sanatorium.   Settembrini, précisons-le,  est un des rares  malades pauvres  et loue une petite pièce dans le village de Davos.  Il est en lutte ouverte  contre Naphta  pour s’emparer de  l‘esprit  de Castorp, et Mann précise comme  le Diable et le Bon Dieu  au Moyen Age   luttaient pour gagner une âme .C’est un combat  assez faustien.

Settembrini possède un avantage c’est que Castorp a une formation d’ingénieur  , donc  un  esprit scientifique . Naphta penche pour des fanatismes et des extrémismes , ce qui nous renvoie  aux luttes politiques qui finiront par détruire la République de Weimar. L’idéologie de Naphta cultive des radicalités qui peuvent aussi bien mener  à un état fasciste qu’à un communiste. Ce Jésuite  à la logique froide, aux calculs inquiétants, plaide pour  la mystique politique  la plus totale ,.Il  incarne un mode de pensée anti-humain(Nietzschéen ?)  opposé aux Lumières. Ce jésuite  est de la race de ceux qui permettent les inquisitions. Il  défend également l’idée de  la transfiguration naïve de la maladie : dans la maladie reposent la dignité de l’homme et sa noblesse ; plus il est malade, plus il accède, en à un degré supérieur de l’humanité. Tout progrès ne peut être dû qu’à la maladie. C’est une idée répandue dans le sanatorium . un sentiment aristocratique(dû aussi à l’argent)   règne sur l‘ensemble des tuberculeux qui méprisent « ceux d’en bas » .
Castorp  ne s’en laisse pas compter. avec ce mélange de bon sens et d’ironie  débonnaire il fuit  souvent  les  interminables  discussions et  les labyrinthiques raisonnements et  les « pinaillages » de ces deux intellectuels enfermés dans leurs  certitudes. Ça se terminera par un grotesque duel au pistolet.

C’est aussi dans ce chapitre V qu’a lieu l’aveu d’amour fou de Hans à Clavdia Chauchat après sept mois  de rencontres muettes faites de regards croisés ou évités, entre les salons les  repas ,le sous-sol aux inspections médicales. Long temps  d’effleurements  dans un couloir, tout un manège muet avec une prolifération de détails bouffons.

“Je t’aime, je t’ai aimé de tout temps…”C’est l’une des déclarations d’amour les plus surprenantes dans l‘œuvre: imprévue, fracassante, formulée dans l’urgence. Castorp, depuis plus de trois cents pages, observait donc Clawdia Chauchat, cette femme slave délurée  qui claque les portes quand elle entre dans la salle à manger. Lui : jeune  puceau  qui ne connaît rien des femmes. Elle : femme qui, comme on dit, a « vécu ». Femme énigmatique venue du Caucase, elle a un « visage kirghize ». Castorp avoue à son cousin avoir abjuré sa « rigueur morale » et, dans ce chapitre intitulé « Nuit de Walpurgis », il bascule, et ose le tutoiement.Clavdia Chauchat, femme fatale et allumeuse de première, se moque de lui dans un marivaudage cruel.  Cependant elle  éprouve assez de trouble ( compassion ?  pure curiosité ? amusement sadique ? )  pour se laisser toucher. Mann laisse les hypothèses ouvertes.  Maladresse  adolescente et honnêteté contre maitrise et jeu. Jeunesse fougueuse d’un puceau petit-bourgeois  contre maturité matoise d’une femme émancipée..  Ce décalage rend  la scène   grandiose. De plus elle  est rédigée par Mann en français. Le lecteur de langue allemande est donc  obligé de s’en remettre à la traduction  enfin de volume.. Mann   sous- entend  sans doute que le français reste  la langue naturelle de la   séducation galante, ou de  passion amoureuse, langue romane, la seule  naturelle pour exprimer  l’Amour Courtois,  la  galanterie et le chevaleresque. Pour comprendre la nature de  leur rapport, ce  bref dialogue, plus tard. Castorp demande à Chauchat « Dis donc qu’est-ce que tu penses de moi ? Elle :tu es un petit bonhomme convenable, de bonne famille, d’une tenue appétissante, disciple docile de ses précepteurs. » Castorp  réplique : « je t’aime, balbutia-t-il,  je t’ai aimée de tout temps, car tu es le Toi de ma vie, mon rêve, mon sort, mon envie, mon éternel désir.. » 

  Thomas Mann et  la sorcellerie du Temps..…

Au début du chapitre VII le narrateur de Thomas Mann revient une fois de plus  sur l’expérience du Temps. Celui des horloges qui ,ne coïncide  jamais à celui de la conscience.  De plus le temps de  la narration –que Mann   compare  au temps musical-  peut s’étirer,  ou se raccourcir à volonté. Mann rappelle que ,dans un moment de conscience exceptionnel,  cinq minutes du temps objectif des montres   peut s’étendre , enjamber des mois en deux lignes..  Cette élasticité  du temps du récit, Mann en use ; qu’on en juge. 

Chapitre 1)Temps du voyage et première soirée au sanatorium.Rcnté par le menu. Chapitre 2) Retour sur l’enfance de Castorp avec le trouble homosexuel devant l’élève Hippe. A la fin du  chapitre 3) à la 88eme  page, nous n’en sommes qu’au premier jour de Castorp au Sanatorium ! Le chapitre 4 nous fait avancer de 16 jours tandis que le chapitre 5  nous propulse de sept mois, avec le sommet de la grande déclaration d’amour de Castorp à Madame Chauchat .  Nous sommes presque à la moitié du roman qui couvre 7 années…Mais le tempo s’accélère car le chapitre 6 de 157 pages couvre une année et sept mois. Enfin l’ultime chapitre 7  englobe 4 années et huit mois…Cette question du Temps « intérieur », si différent du temps des calendriers, obsède tellement Thomas Mann  qu’il consacre plusieurs pages de méditation hors intrigue. Mann  évoque le temps des rêves, le temps  des fumeurs d’opium, le temps de gens enfermés dans le noir, etc. Quand il s’agit de Castorp, il souligne la confusion dans l‘esprit de Castorp, souvent due au fait que chaque journée est fractionnée par un emploi du temps  rigoureux : visites médicales, siestes obligatoires,  repas à heures fixes, soins réguliers, prises de température,  tourniquet  habituel des ntrées et sorties  des malades ils meurent, enterrés à la va vite , des nouveaux arrivent.

Castorp et madame Chauchat(mari- france pisier) version cinéma

Pendant des années, c’est la même journée qui recommence, le vertige.  La même foutue  journée   reflétée à l’infini ..Mais le temps  intérieur change tout. Temps des somnolences et  des rêveries infinies,  temps des promenades selon le  « beau » ou le « mauvais » temps,  temps si dissemblables  des attentes multiples (quand Castorp attend Madame Chauchat ),  temps des ragots à table,  temps ralenti  pédagogique sinueux  de Settembrini avec la scansion des surprises .ça  se forme et se déforme  selon des   durées d’une souplesse infinie comme des tempi dans une symphonie . « Combien de fois Hans Castorp s’était-il entretenu avec feu Joachim de cette grande confusion qui mélangeait les saisons, qui les confondait, qui  privait l’année de ses divisions et la faisait paraitre brève avec lenteur, ou longue dans sa rapidité, de sorte  que selon  une parole de Joachim avait prononcé voici fort longtemps avec dégout, il ne pouvait plus du tout être question de temps. Ce qui en réalité était mélangé et confondu dans cette grande confusion, c’étaient les impressions ou les consciences successives d’un « encore » ou d’un « déjà nouveau » , et cette expérience compliquée était une véritable sorcellerie par laquelle Castorp ait été séduit … »   Sans cesse des distorsions.   « La sorcellerie du temps »  Mann l’analyse avec son ironie  dialectique  quand il présente  son héros en train de se couper les ongles. Il  découvre que ceux-ci, comme ses cheveux, continuerons  à pousser après sa   mort. Il est pris d’un sentiment mêlé d’effroi, de plaisir, et de vertige, puisque, se dit-il, «  le mort, lui, passe à l’éternité. Il a beaucoup de temps, c’est-à-dire qu’il n’en a pas du tout.. »

Extrait, à propos d’un échange de regards entre Madame Chauchat et Hans Castorp

« A chaque heure de la journée fractionnée, il avait pensé à la bouche de Clavdia , à ses pommettes, à ses yeux d’une couleur, d’une forme et d’une position saisissante, à son dos relâché, à son port de tête, à ses bras sublimés par une gaze ultra fine. Voilà pourquoi les heures s’étaient écoulées si facilement pour lui, et si nous l’avons tu, c’est parce que nous partageons, par sympathie, les émois de sa conscience morale qui se mêlaient à l‘effrayant bonheur de ces image et de ces visions. Et, de fait,  ceci allait de pair avec un effroi,un ébranlement, un espoir fait de joie et d’angoisse qui, indicible, s’égarait vers l’incertain, l’illimité et le comble de l’aventure, mais qui contracta si brusquement le cœur du jeune homme-son cœur au sens propre  et physiologique du terme-  qu’il porta la main aux alentours de cet organe,l ’autre au front, posée comme un écran sur ses yeux et murmura :

« Mon Dieu ! »

C  ‘est qu’il y avait, derrière ce front, ces pensées ou des demi-pensées qui, à vrai dire, étaient les seules à conférer une suavité excessive à ces images et à ces visions ; elles avaient trait à la nonchalance et au sans-gêne de Mme Chauchat, au fait qu’elle était souffrante, à son corps exacerbé, mis en évidence  par la maladie qui rendait tout son être plus physique(..) Derrière ce front, il comprenait l’aventureuse liberté de Mme Chauchat  qui, en se retournant pour lui sourire, avait fait fi de l’absence de toute relation sociale entre eux deux, à croire qu’ils n’étaient nullement des êtres sociaux et n’avaient même pas besoin de se parler.. »

Traduction de Claire Oliveira.

   (à suivre..)

14 commentaires sur “Relire la Montagne Magique (2)

  1. Robert Musil s’opposait à Thomas Mann. Dans une lettre du 15 mars 1931 à Johannes von Allesch, il écrit que La montagne magique ne parvient pas à concilier « la vieille naïveté de la narration » romanesque et les exigences de l’intelligence théorique, de telle sorte que le roman de Thomas Mann, dans ses parties intellectuelles, ressemble à « un ventre de requin » rempli de pièces et de morceaux avalés tout crus mais non digérés. À première vue, Musil et Mann ont beaucoup de points communs : leurs personnages incarnent des positions intellectuelles caractéristiques de leur époque. les conversations ressemblent à un montage de citations. Chez l’un comme chez l’autre, la société du roman constitue le microcosme dans lequel se reflète le macrocosme de la vieille civilisation qui s’apprête à basculer dans la barbarie de la Grande Guerre. Mais alors que, dans L’homme sans qualités, le romancier finit par perdre le fil de son récit et entraîne le lecteur dans un labyrinthe, La montagne magique est une construction parfaitement maîtrisée, où les débats d’idées s’enchaînent sans que la narration se relâche.

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  2. Jamais réussi à aller jusqu’au bout de « L’homme sans qualité », alors que la lecture de « La montagne magique » fut un réel enchantement !

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  3. jazzi, de l ‘homme sans qualité je n’ai aimé que le volume 2 surtout les liens entre Urich et agathe,Mais l ‘ensemble du livre m’a échappé.En revanche « les désarrois de l ‘élève Törless » ,je le lis régulièrement avec toujours autant de plaisir en même temps que « Tonka », une nouvelle de Musil..enfin, merci de ta fidélité ainsi que celle de Mr Court. En pensant à lui, je rappelle que vers la fin de la Montagne magique, hans castorp a une immense consolation et une pasion soudaine lorsque le sanatorium met à la disposition des malades un phonographe.là, coup de foudre, castorp plonge dans la musique, de Aida à Carmen mais c’est dans le5eme lied  » du « Voyage d’hiver » de Schubert » que notre jeune héros, si aimé de Mann, comprend ce qui se passe en lui, entre le sentiment amoureux et la mort. là, Mann entre dans les détails de la partition comme il le fera , et avec quelle ampleur dans « Docteur faustus » .

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  4. Mann connaissais la musique, Paul. Jusqu’à l’obsession !
    C’est l’impression que j’en garde de ma lointaine lecture.
    Je n’ai jamais vu le film qui en a été tiré.
    Il me semble que les critiques étaient mauvaises à l’époque : ai-je craint d’être déçu ?
    Il me faudrait relire « La Montagne magique », et de même toute « La Recherche… », dévorée un peu avant (pendant mon service militaire).
    Mais ce faisant, il ne me resterait plus assez de temps libre pour vivre ma propre vie !
    Lire, n’est-ce pas s’absenter du monde ?

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  5. 7 minutes..c’est l’indication donnée à droite en bas de votre notule sur « la montagne magique », dear PaulEdel..pour une lecture d’une durée de 30 ans et ce n’est pas fini, l’indication donne la température de notre époque comme celle des tuberculeux dans leur sanatorium.
    évidement, stimulantes analyses, explications, ajouts de vos commentateurs, etc…
    avant d’y replonger, j’aimerais trouver ces critiques en livre de poche, format et matière bien plus adaptée à Mann que n’importe quelle liseuse smartphonée.
    une prime aussi pour les illustrations des salles à manger stuckeuses, qui donnent le goût des hôtels en Suisse, sans tuberculose bien que les malades semblent riches et intelligents et mieux portants que ceux d’en bas;
    j’ai voulu gravir la montagne montagne en allemand mais suis resté bloqué dans la tempête de neige. depuis, le volume énorme, de chez Fischer Verlag of course, attend d’être relevé comme un aristocrate déchu. Mann en vo nous désarçonne aussi dans ses petits volumes, « mort à Venise » convoque son grec mythologique, pas donné au premier venu. aujourd’hui plus qu’hier sans doute, grande séduction de lire cet opus de la fin programmée de Weimar.

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  6. Je suis toujours un peu surpris, Phil, de voir que -études universitaires en revues difficiles à consulter mises à part- il y a peu d’analyses, de préfaces, pour introduire le lecteur à cette « Montagne Magique » si impressionnante à escalader puisqu’elle combine à la fois philosophie, médecine, occultismes, politique, psychologie, métaphysique, etc.. .Faites la comparaison du peu d’études disponibles en librairie concernant Mann , face aux rayons entiers études sur Proust !!.Une étude vraiment éclairante est la postface (d’environ 17 pages serrées) de la traductrice Claire de Oliviera qui suit sa traduction chez Fayard, avec ses notes parfaites .Cette traductrice met bien en évidence ce double plan qui structure et fait décoller tout le roman: le plan individuel et réaliste des personnages, et en même temps le plan métaphorique et historique du sanatorium comme image de l’Europe écartelée, déchirée dans les années 20 entre les tentations fascistes ,les tentations communistes face aux démocrates.

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  7. ça doit bien faire dix minutes désormais.j’aime le mot « Désormais » ça me rappelle un soir de pleine lune tres doux sur la Montagne noire dans le Tarn,pas loin de Soreze…

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  8. vous donnez envie d’acquérir cette traduction, Paul Edel.
    effectivement peu d’études sur Mann en regard de celles sur Proust, vu de France. C’est un Allemand…peut-être la raison, insuffisante, de ce désintérêt calculé des spécialistes contemporains. la montagne Mann est également bien difficile à gravir car il faut maîtriser plusieurs techniques comme vous l’écrivez. En plus d’être germaniste, il faut accepter de ne pas s’occuper de l’Allemagne seulement à partir de 33.
    Récemment j’ai repris un poche, période âge d’or années 70, de « Mort à Venise », simplement pour sa préface par érudite écrite par Geneviève Bianchi sur l’oeuvre de Mann. Lumineuse éude écrite il y a cinquante ans.
    Nous parlions ce soir de votre notule, un ami me disait que cette « Chawchat » à l’orthographe peu orthodoxe pourrait trouver son origine dans la Suzanne hébraïque, « Chochana », corruptrice de vieillards, que Mann dans son goût de l’inversion a rendu séductrice du jeune Castorp…gute Nacht !

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  9. Chochana, si j’osais je dirais que cela correspond bien avec la tournure d’esprit que Mann avait à un certain moment, peut-être est-ce aussi une allusion à la rivière Schoscha qui se jette dans la Volga, il y a beaucoup de CH dans ce nom, image du Corps Hélvétique, le personnage féminin attire à soi la Tchatche française, les chuchotements vaudois, le « chiacchiere » des Grisons, le « chatten » du canton de Berne, quant au Rumantsch…
    Elle s’alluvionne tous les éclairs des yeux de Castorp.
    Le nombre de regards décrits dans ce roman est impressionnant, il n’y a pas que l’étrangeté des sifflements pulmonaires qui flottent dans l’air.
    Particulièrement fines aussi sont les nuances des situations, rapprochées, quelquefois contiguës, où le fou rire prend le jeune Castorp, plaisir et dégoût, « Lachen et Grimasse », pour reprendre les termes de Mann, se succèdent, sans que le romancier ne ricane sur leur dos à aucun moment.
    Je suis d’accord avec Phil, ne rendons rien au César-Führer de l’époque puisque le roman s’écrivit en amont, mais rien n’empêche quiconque aujourd’hui de le lire à l’ombre des longs faits portés par l’Histoire.
    Sans prendre un forfait pour un permis de godiller comme une brute ou un dandy d’hier, hors-pistes ou sur ses boulevards damés.
    Il y a un réel magnifique dans cette oeuvre, la neige est constamment discutée, pas seulement dans le chapitre presque final de la Tempête, dès le premier entretien d’Hans avec son oncle Joachim, elle est personnage principal.
    « Observe la neige, sois toujours en éveil, recherche le bleuté du glacier, lui dit-il, _ Le bleu, subtile marque de la neige éternelle, comme certain timbre en musique. »
    Etudiée jusque sur le balcon, « Bei Nacht und Nebel » (les mots de Mann encore ici), ce qui fait éclater de rire Hans à l’intérieur de soi, il faut se laisser envelopper par la brise du soir qui possède ce goût de neige sur la langue – du quasi-Kawabata ici, même en souriant.
    « Wir alle hier oben », cette constatation sèche prendra de plus en plus de chair chez Castorp junior, le texte de Paul Edel le note, la notion de haut, si vite remise en cause par les bons offices d’un bobsleigh qui expédie, âme rendue, les patients dans la vallée.
    Louis XIV était fasciné par ces « Hautes Allemagnes », sur le chemin des anciennes ligues.
    Et la façon dont l’auteur amène le lecteur à rencontrer Clawdia – scène toujours différée, reportée, bien d’autres visages féminins apparaissent en paravent, la suspendent -, sans montrer le travail, son métier, est superbe.
    Comme Castorp devait avoir l’intuition qu’il tomberait amoureux – sensation que l’on a tous connue en septembre au lycée, ou lors d’un long séjour quelque part – dès le portail franchi, Mann dut savoir qu’il composerait quelque chose la première fois qu’il pénétra le cercle de craie de cette unité de lieu, ce Haut où la neige brûle (« Schneeverbrennung », verbatim).
    Nabokov n’aimait pas Mann qu’il considérait écrivain mineur, incapable de marier le réel et la vision, s’il faut en croire son biographe américain Boyd.

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  10. L’insistance avec laquelle Thomas Mann décrit le visage et le yeux obliques de Clavdia la slave a toujours quelque chose de félin dans les multiples descriptions si fines .. et j’entends le très français « chaud » chat » qui semble assez bien coller avec les visages de cette femme… Mann aime les sens multiples

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    1. (Le fusil-mitrailleur Chauchat est l’appellation commune du fusil-mitrailleur Mle 1915 CSRG. Sous l’impulsion du général Joffre, il a été mis en service dans l’infanterie française en 1916, durant la Première Guerre mondiale. 250 coups par minute : honorable pour l’époque.)

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  11. Il y a une conception du Moyen age chez Mann qui s’exprime dans l’Elu. et qui serait à creuser ici. D’où tenez-vous, Xlew un Louis XIV « fasciné par les Hautes Allemagnes »? Il est vrai que les cols, donc les montagnes faisaient l’objet d’âpres négociations depuis Richelieu;
    Paul Edel, c’est très aimable à vous, mais, sans avoir rien contre Schubertn je suis plutôt de tendance Nuits d’Ete
    Bien à vous.
    MC

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