Scott Fitzgerald avec vue sur Hollywood

Le 20 décembre 1940, Scott Fitzgerald succombait en moins de dix minutes à une crise cardiaque. La veille, il avait  écrit la première partie du chapitre VI de son roman « le dernier Nabab », qui reste inachevé.

4 ans auparavant il avait tenté de se suicider deux fois après des  cures de désintoxication alcoolique. Mais en 1937, il  quitte la clinique et travaille comme scénariste à Hollywood. Il raconte  les mœurs d’ Hollywood dans une  série de nouvelles  avec pour personnage principal « Pat Hobby »  qui mêle drôlerie, autodérision,  raillerie mais décrit déjà avec une  précision professionnelle, comment  ça marche l’industrie cinématographique  et ses  grands studios.

Le meilleur  de son expérience reste à venir : ce « Dernier Nabab ». Ce roman nous fait découvrir avec davantage de complexité et de nuances, la vie de Monroe Stahr ,  directeur de production de l’un des plus importants studios de cinéma, directement inspiré de  Irving Thalberg, un des patrons d’Hollywood les plus  doués , parti de rien,  acharné  de travail, veuf encore jeune,  homme austère, et se sachant  menacé par une faiblesse cardiaque.

Le producteur est  le rouage essentiel, le Jupiter tonnant  dans  ses studios ,l’oracle et le génie industriel. « L’oracle avait parlé.Il n’y avait pas à mettre sa parole en doute ni à discuter.il fallait que Stahr eût toujours raison-non pas le plus souvent, mais toujours- sans quoi toute la structure aurait fondu comme du beurre, de proche en proche. »

Scott Fitzgerald à la fin de sa vie



Quand le roman commence,  l’histoire  est racontée par Cecilia Brady, fille d’un producteur  associé à Stahr, et amoureuse de Stahr. «  Je n’ai jamais paru à l’écran, mais j’ai été élevée dans le cinéma.  Rudolph Valentino vint célébrer l’anniversaire de mes cinq ans- en tout cas c’est ce qu’on m’a raconté..Si je  le mentionne, c’est simplement pour montrer qu’avant même avoir atteint l’âge de raison, j’étais bien placée pour voir tourner les rouages. »

Effectivement, on est frappé  par   l’exactitude  de Fitzgerald  pour démonter  les rouages  de la machine industrielle implacable. ., l’élégance, la fluidité volubile, et la rapidité avec lesquelles  le roman  donne à voir les rôles des producteurs  , des metteurs en scène, des financiers, des scénaristes qui travaillent en bande,(les débutants, les confirmés, les égarés, les fumistes,  ceux qui passent mal du théâtre au cinéma) tous   interchangeables au gré des caprices des producteurs.  On  découvre l’importance du chef-opérateur(le meilleur est Pete Zavras, nom à consonance  centre-européenne)   le  monde des figurants, la docilité obligatoire des décorateurs,  des monteurs, les  visionnages quotidiens des bouts de film(les « rushes »)  tournés le matin même , les contraintes financières, le choix  délibéré de perdre de l’agent sur un « film de prestige » , le ballet des courtisans autour  de Monroe Stahr ; ne pas oublier non plus   ceux qu’ un réalisateur appelle « les sales cons de la publicité », le filtrage des casse-pieds par la secrétaire personnelle toute puissante  de Monroe. Les  certitudes impitoyables de Stahr sur  ce qu’il convient de tourner.

Irving Thalberg,le modèle de Monroe Stahr

 A cet égard le meilleur est dans la scène   du metteur en scène tâcheron qu’on vire, car  il  est mené par le bout du nez  par  la comédiennes-vedette, une « garce »,  dont  on précise « elle était  un mal nécessaire, empruntée pour un seule film à une autre compagnie ».

 Les metteurs en scène sont de   simples exécutants des désirs de Stahr. on  les  remplace en plein milieu du tournage devant  l’équipe stupéfaite :« -Vous avez filmé de la merde. Vous savez à quoi elle e fait penser (la comédienne) dans les rushes ? A une réclame de charcuterie ! » Fitzgerald est virtuose quand il fait donner une leçon de cinéma par Monro Stahr à un scénariste  désemparé ou quand il explique le système  des « transparences » en trois lignes. Il y a aussi  les « invités de marque,  hommes politiques et VIP qui viennent visiter la « Mecque du cinéma » et qu’il faut ménager, parce que la communication, les services de presse, les échotiers sont les rouages de la machine.

Irving Thalberg et son épouse Nora Shearer

 Le roman   ne cache pas  les rapports  brutaux qui sont en train de s’installer à cette époque entre producteurs et  syndicats .Dans cet ultime chapitre VI Monroe demande à Cecilia « je voudrais que vous m’arrangiez quelque chose Celia :je veux rencontrer un membre de Parti communiste »  et le moins qu’on puisse dire , c’est que la rencontre entre Stahr et un syndicaliste de New-York prendra une tournure psychologique et sportive inattendue. Catch entre deux pointures.  Et cette relation   annonce la « chasse aux sorcières » et le Maccarthysme  galopant dans les milieux d’Hollywood qui prendra dans  ces années 40 une tournure tragique avec dénonciations entre metteurs en scène, entre comédiens, mises à l’index, scénaristes « blacklistés »  virés, ou obligés de travailler avec prête-nom.

Le roman ne cache pas non plus  la réalité du commerce  sexuel avec  « tapées de filles » derrière les canapés. Une seule scène, cruelle, résume tout quand Cécilia, poussant  la porte du bureau de son père, producteur,   et le découvre mal à l‘aise,  en sueur, congestionné,  chemise mal reboutonnée  et qu’elle entend gémir  dans un placard une pauvre fille qui en sort  nue…

   Les lieux sont parfaitement présents , de la salle à manger privée du producteur jusqu’à la cantine des figurants, grands plateaux,  salles de montage, salles de projection pour les rushes, également  traversée  d’Hollywood, avec les hiérarchies des quartiers à la mode ,les banlieues avec bungalows pour les techniciens,  quartiers à l’abandon,villas décaties, drugstores,  plages, les restaurants où il faut être vu, c’est toujours   croqué en trois traits d’une grande justesse   avec un  côté mi- sombre ,mi bouffon, mi -désenchanté, mi-burlesque qui  fait merveille.

Enfin, arrivons à cette histoire d’amour qui charpente l’intrigue. C’est d’abord une enquête lancée par Stahr  qui  a assisté au sauvetage de deux promeneuses égarées, aperçues le soir  de l’inondation dans les studiosIl faut retrouver  l’insaisissable Kathleen, qui  ressemble étrangement à l’ épouse disparue de  Stahr. Monroe cherche à la revoir, puis à la séduire, dans l’espoir de vivre avec elle le bonheur qui lui a échappé avec sn épouse  Minna. C’est le cœur battant,passionné, frémissant,  réussi du texte.

De Niro dans l’ adaptattion d’Elia Kazan

Notons que la rencontre entre Stahr et Kathleen n’a lieu qu’au milieu du manuscrit de Scott. Vers la page cent qui en compte deux cents environ. Mais là, entre la jeune fille et le roi d’Hollywood, les pages flambent.

Sous ces faux airs d’histoire prévisible et facile, Scott  nous entraine dans la complexité des rapports amoureux, du sacrifice de soi et presque d’une mystique de la vie , avec ce processus du Temps  inéluctable, destructeur au milieu duquel  la grâce et le salut   viennent de l’amour.

 Le coup de foudre initial, les différentes rencontres, les intermittences du cœur,  sont exprimées avec un génie de l’instant. Conversations difficiles, caudes et froides,  dans une voiture, approches en prudence, puis audaces,  regards absolus, confiance, l’histoire s’accélère, ralentit, s’accélère à nouveau, se déchire, se recolle, avec fugues  fuites et reprises des sentiments, tout ça est  si musicale et naturelle avec cette touche d’ironie noire qui  offre  à cette   histoire d’amour  sa splendeur tragique.

Difficile de ne pas faire coïncider  le personnage de Stahr à l’auteur lui-même En effet, Stahr, veuf, meurtri si mal consolé de  la mort de sa femme, et si seul au milieu d’une gloire dont il connait si bien  la fragilité ,ressemble au  Scott dans Hollywood,  lié une femme enfermée dans un asile parce qu’elle  souffre de schizophrénie.

Le personnage du producteur  est aussi complexe que le Dick de « Tendre et la nuit » .Ce qui frappe c’est que cette histoire, sur quelques jours et si peu de nuits, dans sa discrétion, son vif-argent,  se déroule au bord de l’abîme .Les moments  éphémères de ce couple comme volés à la machine hollywoodienne sont imprégnés d’une urgence  qui mène  au tragique.

Le paradoxe, c’est que ce livre, inachevé, avec des notes qui nous restent (données en fin de volume)  prouve que Scott  avait  acquis sa pleine maturité.  sa prose est  nimbée de sa douceur typique, touche si personnelle. On sent le  naturel à l’abandon   du grand Fitzgerald. Il avait trouvé   les solutions artistiques et techniques  qu’il cherchait confusément depuis L’Envers du paradis », publié en 1920.

  Son Hollywood, c’est l’envers du paradis  du cinéma , sans acrimonie, mais sans complaisance, c’est aussi  l‘envers de la propre vie du romancier orphelin de sa gloire, pénible survivant d’un époque joyeuse disparue(ces années folles et radieuses » avant la Grande Dépression..) quand on lui payait une fortune  ses nouvelles dans les grands journaux

Le glorieux  jeune écrivain à la plume facile et superficielle s’était métamorphosé  en écrivain à l’écart, travailleur acharné-voir la minutie de ses notes et carnets- mais   comptant sa monnaie pour se payer un whisky.

 Quand le roman est publié dans son état inachevé   en 1941 ,je crois,   il n’attire plus  de  lecteurs que de monde  à son enterrement.

Depuis il est devenu un classique.

Il   a bénéficié  d’adaptations télévisées et cinématographiques  nombreuses qui sont  répertoriées sur Wikipedia .Celle d Elia Kazan, avec Robert de Niro, sur un scénario de Pinter est intéressante bien qu’un peu académique..    Cette version de déploie pas   l’histoire d’amour dans son irradiation ,ses moments impalpables d’émotion, et sa   fraicheur .C’est une   de ses œuvres les plus denses, les plus dépouillées .

Enfin les amateurs de techniques de narration admireront la manière dont Fitzgerald  raconte   son  histoire  avec deux points de vue en alternance. Le  point de vue d’une jeune fille enfant gâtée charmante , décontractée, mais vulnérable, amoureuse de Stahr sans trop d’illusion, cette Cecilia Brady, avec sa subjectivité  de fille riche, intelligente, primesautière , serviable, qui traine dans le milieu avec son statut  privilégié de » fille de producteur » et ses  pudiques soucis sentimentaux, et  puis on a le point de vue   d’ un narrateur plus  omniscient mais intermittent qui relaie Cecilia , et nous rapproche des sentiments  intimes du couple, leurs pulsions , et surtout le décentrement affectif, les désarrois    de Stahr, ses timidités face  de cette jeune inconnue au teint  lumineux.  Cette alternance, cette bi-focalisation  créent une variété de couleurs, d’ambiances, des changements de perspectives qui fouettent le récit.  

 Extrait du roman :

« Les gens passent leur temps à tomber amoureux et à en sortir, non ?
– Tous les trois ans à peu près, selon Fanny Brice. Je viens de le lire dans le journal.
– Je me demande comment ils font. Je sais que c’est vrai puisque je les vois. Ils ont l’air très convaincus chaque fois. Puis tout d’un coup ils n’ont plus l’air convaincus. Et les voilà qui retrouvent de nouveau toute leur conviction.
– Vous faites trop de films.
– Je me demande si cette conviction est la même la deuxième fois, la troisième ou la quatrième, insista-t-il.
– Elle est de plus en plus forte. Surtout la dernière fois. »

Confession de Scott Fitzgerald : « On dit des cicatrices qu’elles se referment, en les comparant plus au moins aux comportements de la peau. Il ne passe rien de tel dans la vie affective d’un être humain. Les cicatrices  sont toujours ouvertes. Elles peuvent diminuer, jusqu’à n’être qu’un pointe d’épingle Mais elles demeurent toujours des blessures » (Citations de Dick dans Tendre est la nuit).

88 commentaires sur “Scott Fitzgerald avec vue sur Hollywood

  1. lieutenant Auligny…probablement une allusion à Deligny, la piscine.
    Les journaux de Montherlant peuvent agacer par cette impression de réécriture qu’ils donnent parfois. tout le contraire de Léautaud. Bon souvenir de la Reine Morte vue jouée à Paris et « La ville dont le Prince.. » vue jouée à …Bruxelles, impensable à Paris aujourd’hui où la pièce fût aussitôt « matzneffée ».
    Matzneff, encore lui, parle souvent de Montherlant dans ses journaux, nombreux sujets d’entente, les Romains, la décadence, etc…Montherlant, très entiché, à juste titre si l’on peut dire de son nom. Un jour un photographe vient faire de lui un portrait planté au milieu de ses bustes d’empereurs romains : « un peu à gauche, M’sieur Montrelant, plus à droite M’sieur Montrelant.. » paraît que l’écrivain a failli gifler le photographe. « buste à pattes », bien trouvé.
    Souvenir de la lecture du « Songe », pour les descriptions des fresques grecques. que regardent les personnages ? un personnage, un seul, regarde toujours le spectateur plutôt que la scène. Montherlant s’est pris pour celui-là.

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  2. De tous les romans de Montherlant, Phil, mon préféré reste « Le chaos et la nuit ». Avec le personnage central du réfugié espagnol à Paris, qui a combattu côté républicain et ne vit que pour sa fille, et revoir « son » Espagne. Ce personnage Don Celestino Marcilla Hernandez nous fait comprendre avec finesse la torture de l’exil, mais aussi burlesque. Suffit de le voir commenter la lecture des journaux espagnols.. . La scène au cours de laquelle, ce réfugié irascible (Montherlant est excellent pour montrer des célibataires irascibles et tres droles–autoportrait ? ) finit autour d’un banc par toréer des pigeons bien parisiens comme si c’était des taureaux ,c’est superbe !! Très grand plaisir à le lire deux fois ce roman qui est amour de l’Espagne sans mièvrerie. Evidemment, quand cet exilé va retourner en Espagne, il ne retrouvera rien de son Espagne aimée . Avec Montherlant, on a le type même d’un grand écrivain écrabouillé par les révélations de son biographe –homosexualité cachée etc..
    Ici Pierre Sipriot,( « Montherlant sans masque, » tome 1 et 2, chez Robert Laffont ).La bio comme nouveau pilori!… est celui qui lui a jeté la pierre .. Sopriot est entré « dans ce mort comme dans un moulin »(citation de Sartre) ..et régala les lecteurs qui cherchent surtout des détails sexuels croustillants, plutôt que de lire les œuvres.. On aboutit comme ce fut le cas ici à une mise à l’écart de Montherlant. Avec la pancarte « Homo honteux ».. Rappelons que Malraux et Bernanos avaient admiration et grand respect pour l’œuvre de Montherlant .Amen.

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  3. Commentaire disparu ou jouant à cache-cache? Il n’était pourtant guère question que de Montherlant , et un peu de Geneviève Gennari…
    Crash d’avion: renvoie à un Icare moderne? cf la carrière du « modèle ».

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  4. merci Paul Edel pour cette motivante recension du « Chaos et la nuit ». je crois bien avoir le livre mais bibliothèques déconfinées inaccessibles pour le moment. je cherchais une bonne raison de lire Montherlant au delà des bribes de journaux et pièces qui parfois sont données. Sa prose romaine et grécophile semble riche de jouissances littéraires mais difficiles à saisir à la première lecture.
    vous rappelez justement l’admiration dont il jouissait de la part de ses contemporains, tout de même l’un des quatre « M » de la littérature française. Sipriot, oui bio fleuve, ne l’ai pas lue mais pas bien connue. ont suivi des volumes de sa correspondance avec Peyrefitte, pour achever sa réputation. est-ce la fin années 70 ? le public mal instruit commence à préférer les histoires d’alcôves aux classiques. peut-être Gide et son Journal a-t-il aussi contribué à flétrir sa postérité. qu’est-ce que le style Montherlant ? il nous faudrait quelques lignes

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  5. merci Paul Edel pour cette motivante recension du « Chaos et la nuit ». je crois bien avoir le livre mais bibliothèques déconfinées inaccessibles pour le moment. je cherchais une bonne raison de lire Montherlant au delà des bribes de journaux et pièces qui parfois sont données. Sa prose romaine et grécophile semble riche de jouissances littéraires mais difficiles à saisir à la première lecture.
    vous rappelez justement l’admiration dont il jouissait de la part de ses contemporains, tout de même l’un des quatre « M » de la littérature française. Sipriot, oui bio fleuve, ne l’ai pas lue mais pas bien connue. ont suivi des volumes de sa correspondance avec Peyrefitte, pour achever sa réputation. est-ce la fin années 70 ? le public mal instruit commence à préférer les histoires d’alcôves aux classiques. peut-être Gide et son Journal a-t-il aussi contribué à flétrir sa postérité. qu’est-ce que le style Montherlant ? il nous faudrait quelques lignes

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  6. Phil Quel est le style de Montherlant ?
    Impossible de répondre.
    Il n’y a jamais « un style »,mais il en a plusieurs.des styles. Comme les grands écrivains. regardez, Le Chateaubriand d »’Atala » n’a rien à voir avec celui des « mémoires d’outre-tombe ». L’Aragon surréaliste du »Paysan de Paris » n’a rien à voir avec celui de « la diane française » ou celui de « Blanche ou l’oubli ». Le Stendhal de « Rome Naples et florence » n’a rien à voir avec celui de « le rouge et le noir ». le Le clézio du procès verbal, voyant schizophrène,et en panique n’a rien à voir avec celui apaisé de « Désert ».Le rythme des phrases change… vous voyez ce que je veux dire.. bon laibteant saade de haricots rouges à l’oignons. (insalata di borlotti) et grappa pour regarder un film avec louis Jouvet.

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  7. certes Paul Edel, les styles peuvent varier d’un livre à l’autre, mais voyez-vous, celui de Gide par exemple, ne me semble pas varier d’un iota, repérable au débotté ! n’ai pas le goût de disserter à cette heure et partage bien votre enthousiasme pour un Jouvet de derrière les fagots (lequel ? ) à la grappa. j’ai décidé de désintoxiquer du cinéma (par la force des choses, because pas de beamer en confinement), hier ai feuilleté une biographie de Bouvier (Nicolas), pour constater une fois de plus qu’il faut se contenter de l’oeuvre; nous ne savons pas toujours pas si vous consommez de l’huître en confinement et surtout de quel calibre.

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    1. Pour les huitres,oui,Phil je choisis les pleine mer du Cap Frehel, N° 3. On les trouve sur le marché de Saint Servan resté ouvert pendant le confinement.Je n’ai pas toujours été enthousiasmé par les creuses de Cancale, avec parfois dans quelques unes un petit gout de vase. Les plates, c’est mieux.

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    2. Mon film préféré avec Louis Jouvet,c ‘est « Un revenant » (1946) tourné par un Christian Jaque de 42 ans .Dialogues de Henri Jeanson,parfaits,vachards sur la bourgeoisie Lyonnaise .Il y a aussi l apparition d’un jeune comédien fringant François Perier . On découvre aussi la ballerine pulpeuse Ludmilla Tcherina en parfaite jeune femme fatale desinvolte .
      Mais la critique sociale du film, le côté poisseux d’une certaine bourgeoisie ne prive pas le film, dans sa noirceur, d’avoir un rythme allègre .Les traits d’ humour noir sont portés par un Jouvet (dans le rôle d’un directeur de troupe ) en très grande forme. Le film s’inspire d’un fait divers dans le milieu des soyeux lyonnais,l’affaire Gillet.je ne dévoile rien de l’histoire.

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  8. je disais que des choses de Montherlant me tombaient des mains, et pas d’autres. Majoritairement certains ratages théâtraux comme La Guerre Civile, sorte de Sertorius en prose, se souvenir que l’ancetre Millon de Montherlant a illustré Le Corneille des Grands Ecrivains de La France, ou Port-Royal. Mais qu’en, revanche Le Maitre de Santiago, Pasiphaé, et Le Cardinal d’Espagne, alors oui. Je n’ai je crois jamais vu la Reine Morte au théatre, peut-etre à la télévision. Souvenir d’un beau texte, mais à morceaux de bravoures plus ou moins bien enchainés.
    Je m’interrogeais aussi sur la postérité des essais, qui semblent retrouver un jeune public. Pas tout le monde, mais un certain public. (Moi pas! Mais je peux me tromper)
    Je pensais que les romans sont bien plus complexes que ce à quoi les réduit la misérable lecture de Sipriot.
    Mais Montherlant lui-même s’expliquant , lisant un long texte à la télévision, pour dire que certaines de ses oeuvres représentent je cite ma pensée, d’autres une partie de ma pensée, et d’autres pas du tout, ça ne passerait plus aujourd’hui.
    Le reste à propos de la photo de Langoncet montrant une Place St Pierre Vide me faisait penser à une nouvelle de Geneviève Gennari ou un Pape dénué de tout faste, prend le train avec sa modeste valise dans l’indifférence générale. On en est pas là.
    Bien à vous.
    MC

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    1. Court, on est loin du dépouillement de tout faste dans ce cliché de la place Saint-Pierre. Elle illustre au contraire la vacuité d’une opération de communication pur sucre et en mondiovision.

      Evocation de la scène de la messe dans La Pornographie, par Gombrowicz himself :

      « Une des scènes clés de l’œuvre est celle de l’église, quand, sous la pression de la conscience de Frédéric, la Messe s’effondre et avec elle le Dieu Absolu. Alors surgit des ténèbres et du vide du cosmos une nouvelle divinité, terrestre, sensuelle, mineure, composée de deux êtres pas encore développés formant un monde clos – car ils s’attirent mutuellement.
      Autre scène clé : les délibérations qui précèdent l’assassinat de Siemian – quand les Adultes ne sont pas capables d’accomplir le meurtre, sachant trop bien ce qu’il est, quel est son poids, et qu’ils doivent le faire exécuter par les mains des mineurs. Ce meurtre doit donc être transféré dans la sphère de la légèreté, de l’irresponsabilité – ce n’est que là-bas qu’il sera possible. »
      Journal, 1960

      On n’en est pas encore là.

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      1. S’agissant du procédé : « [Les funérailles du général de Gaulle] C’est, après le débarquement sur la Lune, et avec les Jeux olympiques, l’une des Mondovisions les plus importantes jamais réalisées (L’Express,16 nov. 1970, p.75, col.1). »

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  9. Adolescent, j’avais beaucoup aimé Malatesta. Cela pourrait-il toujours intéresser les ados d’aujourd’hui, âge où l’on se voit volontiers prince ?

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  10. Retour à Fitzgerald.
    On retrouve dans une nouvelle écrite en 1932, « Crazy sunday », la figure du scénariste alcoolique et celle du grnd patron de studio , Thalberg, avec détail fascinant, une tentative de drague de la femme de Thalberg.. Plusieurs critiques littéraires et biographes soutiennent que Scott Fitzgerald n’était pas insensible au charme de Norma Shearer et reciproquement. Autre détail troublant. la nouvelle se termine sur un crash d’avion.

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    1. Je n’ai pas lu cette nouvelle.
      Cela dit, je suppose que c’est une autre œuvre, un autre système, une autre construction à partir de la même boîte de briques Lego — éléments communs, projet & « sens » qui peuvent être complètement différents, non ?
      Qu’il y ait des aspects autobiographiques, sans nul doute, mais transposition de gros « blocs » tels quels ?

      Je ne connais peut-être pas suffisamment bien l’œuvre (ni la vie) de Fitzgerald pour être capable d’en juger & par ailleurs je ne me suis intéressée à Thalberg qu’après & à cause de The last Tycoon. Pour moi c’est le personnage qui a été 1er (chronologiquement) & qui a « déteint » sur l’homme réel qui lui a, en tr grande partie, servi de modèle — au point que j’ai sursauté en lisant ds sa biographie que Norma Shearer lui avait survécu aussi longtemps ; comment, mais elle n’était pas censée être morte ?
      En revanche, ds The last Tycoon on est tt de même « avec » le producteur, ds son travail & accessoirement ds son histoire d’amour qui commence bizarrement (en faisant penser à Vertigo sans la machination & le crime : il s’agit qd même au départ de retrouver la morte aimée à travers une femme qui le séduit sans le vouloir, sans le chercher, par sa seule ressemblance avec l’épouse disparue)
      & peu importe sur ce plan que l’on « voie » une grande partie de l’histoire avec les yeux de Cecelia, puisque c’est un regard admiratif & aimant (& assez discret pour être au service du portrait & de l’histoire de Stahr, même si le personnage me semble plus élaboré & présenter davantage d’intérêt par elle-même que Nick Carraway ds The Great Gatsby).

      « Avec » aussi ds la mesure où Fitzgerald a mis de lui-même ds le personnage de Stahr en attribuant au producteur de son roman un type de relation qui était « ds la vraie vie » le sien avec sa dernière compagne, Sheila Graham, « pilotis » ou modèle ou ce que vs voulez de Kathleen, choisie pour sa ressemblance avec Zelda jeune… (Zelda encore bien vivante, évidemment, mais altérée & éloignée).
      & c’est ainsi que le roman de Scott est gd — sans cette grandeur littéraire (ni les qualités cinématographiques de Norma Shearer & de son sweetheart pour les cinéphiles ?), les potins hollywoodiens d’avant-guerre n’intéresseraient plus grand monde, je présume.

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      1. Si j’avais relu l’article de Paul Edel avant de répondre à son commentaire du 4 avril à 10:04, je n’aurais pas répété (ds le dernier § de mon commentaire précédent) ce qu’il disait tr clairement de la complexité de la construction du personnage de Stahr & du caractère autobiographique, remanié, transposé, « prêté » à la relation du protagoniste avec Kathleen (ds la partie sous la photo du jeune De Niro) …Désolée.
        Si ces qq lignes-là ne font pas avancer le schmilblic, restent les principes généraux — on ne s’intéresse à la biographie qu’en raison de l’existence & de la qualité des textes & les textes, comme constructions & totalités distinctes, comptent bien davantage que la provenance des éléments qu’ils s’incorporent.

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    1. Jazzi, j’ai vécu toute mon enfance à Caen. Ville très cultivée depuis Jo Trehard, dans la lignée JeanVIlar.. et le théâtre maison de la culture -merci Malraux!- jusqu’à Antoine VItez..

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  11. voilà pourquoi ce site « cineclubdecaen » livre de brillantes recensions. A Paris les « spéciales » ont le bon goût vanillé, mais ne sais de quelles côtes la provenance. Pas vu ce Jouvet, à retenir. Etonnante chevalière à l’auriculaire du jeune Thalberg.

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  12. Je laisserai le dernier mot à F.S. Fitzgerald :
    « There never was a good biography of a good novelist. There couldn’t be. He is too many people, if he’s any good. »

    (« L — Literary, « The Notebooks in The Crack-up)

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