Le catholique Claudel admire le communiste Aragon

 C’est un épisode   de la critique littéraire un peu oublié, mais passionnant. Deux écrivains que tout oppose idéologiquement, le catholique et le communistes  se  reconnaissent sur un thème : l’amour comme  absolu et tragédie.  

Quand Aragon fit paraitre en 1944 une première version de son roman « Aurélien », il y eut un  flottement, beaucoup de gêne, dans la presse communiste.  Notamment dans « l’Humanité »  .Le roman « Aurélien »  ne correspondait pas au   poète officiel  engagé  dans la Résistance. On attendait de celui qui avait écrit  dans  son massif  romanesque  du « monde réel » (« les cloches de Bâle »1934, et « Les beaux quartiers »1936) une  continuité  dans son  écriture réaliste socialiste.   Le PCF   attendait  des héros positifs  pour cette époque de reconstruction du pays ou, tout au moins,  attendait d’Aragon  une virulente critique de la bourgeoisie française des années 20, cadre du roman.

 On attendait de  ce camarade du Parti autre chose qu’une histoire d’amour avec  pour personnage central  un Aurélien, soldat démobilisé dans les années 20 , dépressif,  dépersonnalisé par l’expérience des tranchées de 14 . Aurélien, s’égare dans un labyrinthe amoureux, oublieux  des problèmes de la classe ouvrière, Aurélien    « errant dans Césarée »,c’est- à-dire un Paris,  court  d’un  vernissages à minuit,  à de bars américains, fréquente  des dancings ,les premières boites de jazz , s’attarde  dans  soirées alcoolisées qui se terminent au commissariat de Pigalle.

Le roman  se tisse de  personnages velléitaires, d’anciens combattants de rencontres fugitives et ratées, de dragues désaccordées,   de vagabondages   entre bords de Seine, tout un monde parfumé entre Picasso et Diaghilev. Un monde  bourgeois,  et couples en parfait désordre intérieur.  Tous, provinciaux ou parisiens, n’ont aucune conscience collective.  Aurélien  dérive dans un Paris plus baudelairien que nature. Et, pire,  le livre  semblait  être  marqué  par la  nostalgie du mouvement surréaliste  avec sa vie de cafés, ses intrigues, ses scandales. Il était évident   que l’Aragon caché avec Elsa Triolet  dans une ferme  des environs du village de Dieulefit, dans la Drome, en 1942, dans ces hivers de désespoir, revivait sa jeunesse en s’attachant  à retrouver , les voix, les échos, les libertinages disparus et les peintures de Zamora.                                                                                                                                                                                                                                                                                                 Dans ce roman, la touche  tragique l’emporte.  Incandescence amoureuse sans issue ,illusions sentimentales perdues .  Ajoutez  le désastre  final  d’une nation avec l’évocation les terribles journées de Juin 4O,   un pays effondré.  L’épilogue est d’une tristesse insondable qui rappelle la fin de « l’éducation sentimentale » :

 « Bérénice… »

Que pouvait-il bien dire au-delà de ce nom qui résumait tant de choses informulables ? Elle le comprit et elle eut un sourire pâle : »Eh bien, oui…Aurélien…cela devait être ainsi.. »

 Dans la France  de 45 cette  représentation du couple  représenté comme une guerre  interminable déconcerte. La gêne et le silence accueillent ce livre déconnecté des espoirs de la Libération. Un seul critique communiste  dans « la voix ouvrière », de février 1945,  voit dans ce roman un roman d’amour  en même temps qu’une satire de la société. Max -pol Fouchet trouve que la peinture de cette société  tombe bien mal dans le climat d’optimisme .Si on lit  la presse non communiste de l’époque, la gêne est également  sensible. Claude Roy ne s’attache pas au roman d’amour mais souligne le coté impitoyable d’une société « dégénérée ».Curieux constat. Henriot dans « Le monde »(3 janvier 1945)  note que l’ironie pour peindre  la bourgeoisie décadente, était déjà présente dans « les beaux quartiers » comme si chaque critique s’efforçait de  gommer les nouveautés stylistiques,   les dérives flottantes ,les digressions  aragoniennes  .symphonie  sombre des  subjectivités  désamarrées.  Ce roman-là  ouvre une brèche dans l’optimisme révolutionnaire d de 1945    et dévoile le camarade Aragon comme un malade qu’on hésite à réveiller.

.»Il n’y  a rien de drôle dans tout ça », affirme Bérénice. C’est vrai  Il n’y a rien de drôle dans ce texte.

Le critique Gaétan Picon voit bien que  cet « Aurélien »  reste   dans le prolongement des grands réalistes, Balzac et Flaubert, mais remarque  aussi, finement,  que la pente  lyrique , les  dérives oniriques et surréalistes   de certaines pages perturbe la structure du roman et fait éclater les structures classiques, ça annonce, « la mise à mort » et  « Blanche ou l’oubli » des années 60.

 Le paradoxe, c’est que celui qui comprend le mieux la déflagration du roman, sa  haute combustion  dans la passion, c’est le catholique Claudel. L’auteur du « partage de Midi » reconnait dans le roman le même cataclysme de la passion de Midi que celui qu’il a  vécu à Fou tcheou avec Rose Vetch. « Aurélien » ranimait ce qu’il avait  vécu.

Paul Claudel (1868-1955) ecrivain et diplomate francais, ici lors de son voyage en Orient (Syrie, Palestine, Bethleem) en novembre-decembre 1899 —

Tout pourtant  les opposait .Claudel avait qualifié le mouvement surréaliste de « pédérastique » .Claudel avait écrit une ode au Maréchal Pétain !-il faut dire qu’il en écrira une à De Gaulle, plus tard-  mais de son côté, Aragon, surréaliste  avait ridiculisé le catholicisme.Il n’en avait pas moins  apprécié  le théâtre de Claudel, et ses bourrasques verbales et ses images rimbaldiennes.

En septembre 1943, à l’initiative de la revue « Confluences » il y eut un déjeuner entre Aragon et Claudel. Et une estime réciproque naquit. Enfin, voici ce qu’écrivait Claudel dans une revue.

«  Le thème d’«Aurélien», c’est un peu celui d’«Hamlet». En pleine jeunesse, à l’époque où l’âme pétrit et façonne tous les éléments de son destin, voici un homme brûlé, comme une lampe par un courant trop fort, et qui ne sait plus que faire de lui-même. Pour Hamlet, le flambage, ç’a été l’apparition du spectre et la révélation du crime maternel. Pour Aurélien, ç’a été ces huit ans de service et de guerre. Les paroxysmes du combat, la présence continuelle de la mort, le long ennui de la caserne et de la tranchée, la résignation au destin, la suppression de l’initiative, l’éradication de l’avenir et le rétrécissement de la vision à l’immédiat, la mainmise du groupe, l’ascendant suppléant à tout de la camaraderie, tout cela, quand la paix survient, livre à la société un homme inadapté, opéré, si je peux dire, de sa raison d’être. Il ne lui reste plus qu’à faire la noce, à s’évader de la réalité par le chemin de l’agitation et de l’alcool, parmi les soins de créatures dont l’artifice ne sert qu’à explorer le néant .

Cet homme, Aragon a l’idée géniale de le planter comme un témoin transpercé à la proue d’une île au fil de ce fleuve inépuisable qui traverse Paris. Epave consolidée au milieu de la dérive incessante! Tout s’écoule autour de lui, à droite comme à gauche, ses mains et ses yeux sont incapables de s’approprier rien de subsistant. Du fleuve fatidique émerge simplement un visage anonyme, une morte, «L’inconnue de la Seine», un masque aux yeux fermés qu’il a suspendu au mur de sa chambre.

Mais un jour les yeux sont ouverts, et il les reconnaît peu à peu chez une femme vivante, elle aussi émergée, comme on dit, de la vie courante, qui le distinguent et qui le regardent, hélas! et qui l’interrogent! Qui l’interrogent d’une question essentielle à laquelle il se découvre incapable de répondre. La scène centrale est ce déjeuner chez un bistrot de l’île Saint-Louis. Il y a conduit sa fée, mais bon gré, mal gré deux anciens compagnons d’armes l’y rencontrent et s’emparent de lui. Ah, l’amour d’une femme est peu de chose auprès de cette résurrection du drame suprême, auprès de cette poignante étreinte avec la mort qui pour toujours, il comprend! l’a désapproprié de la vie, auprès de ces heures où l’on donne tout! Un tout que l’on ne peut reprendre. Bérénice n’a devant elle qu’un fantôme.

Elle-même est à la dérive. Elle est «L’inconnue de la Seine». C’est en vain qu’elle cherche un point d’appui, quelque chose de persistant à quoi elle puisse s’amarrer. Le visage de la vivante avec ses gros yeux avides, sans cesse, le masque de l’élusif et de l’insaisissable, le masque fondant de la morte vient s’y substituer. Le peintre Zamora a essayé en vain de réaliser sur une toile ce complexe confus. C’est en vain qu’elle a demandé à l’amour le secret de l’unité.

J’attendais pour dénouement une espèce de noyade générale. Aragon a choisi un autre flux, la débâcle commençant de cette affreuse guerre. Les deux amants se retrouvent sous les ténèbres surplombantes de la déroute énorme qui va les engloutir. Ne se retrouvent que pour se constater, définitivement l’un à l’autre inaccessibles. Bérénice, j’allais dire Ophélie, se dissout dans la nuit. «Nymphe, ne m’oublie pas dans tes prières».

Poème, «Aurélien» l’est non seulement par la composition, mais par le style. Je n’ai qu’une chose à en dire: c’est qu’Aragon parle vraiment le français comme sa langue naturelle et l’oreille se prête avec délice à cet idiome enchanteur. J’ai été hanté toute une après-midi par cette petite phrase, que je gardais comme un bonbon dans le coin de la joue: «L’écho trompeur l’affaiblit à plaisir.» Et comme notre ami a eu raison de profiter de l’indisponibilité de ce pauvre M. Lancelot désormais immunisé derrière des barreaux plus rigoureux que ceux de la grammaire, pour se payer gaiement des «pas plutôt», «des de façon à ce que», etc.

Mon cher Aragon, quel dommage qu’à deux reprises l’Académie française se soit montrée insensible à mes modestes ambitions! Avec quel plaisir j’aurais saisi la première occasion de vous donner ma voix! »

PAUL CLAUDEL

  • janvier 1945

 Extrait d’ »Aurelien » .Comment Aurélien voit Bérénice :

« La seule chose qu’il aima d’elle tout de suite, ce fut la voix. Une voix de contralto chaude, profonde, nocturne. Aussi mystérieuse que les yeux de biche sous cette chevelure d’institutrice. Bérénice parlait avec une certaine lenteur. Avec de brusques emballements, vite réprimés qu’accompagnaient des lueurs dans les yeux comme des feux d’onyx. Puis soudain, il semblait, très vite, que la jeune femme eût le sentiment de s’être trahie, les coins de la bouche s’abaissaient, les lèvres devenaient tremblantes, enfin tout cela s’achevait par un sourire, et la phrase commencée s’interrompait, laissant à un geste gauche de la main le soin de terminer une pensée audacieuse, dont tout dans ce maintien s’excusait maintenant. C’est alors qu’on voyait se baisser les paupières mauves, et si fines qu’on craignait vraiment qu’elles ne se déchirassent. »

18 commentaires sur “Le catholique Claudel admire le communiste Aragon

  1. Pour ne rien vous cacher, cet extrait d »Aurelien » n’a pas réussi à déchirasser le rideau d’ennui qui me sépare depuis longtemps de cette littérature aragonesque… Est ce grave Docteur Edel ?

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  2. Grave? non JC L’anti-aragonite est une maladie tres répandue en toute saison, tres contagieuse et qui prend diverses formes. .Ma salle d’attente est pleine de gens qui ne supportent pas1) son surrealisme,,2) d autre son communisme,3) la préciosité de son prose 4)d’autres encore font une grave allergie à sa poésie patriotique genre,La Diane francaise, 5)d’autres sont pris de vomissements devant le fou d’Elsa Triolet, 6) un grand nombre ne supporte pas les jeux de l’imaginaire, de l’identité et du mentir vrai de « Blanche ou l’oubli », enfin presque tous les patients refusent le vieillard en costume blanc et panama qui fréquente les piscines emplies de jeunes éphèbes. Si vous prononcez le mot « Aragon » dans une librairie vous obtenez un silence consterné des uns, et un interminable réquisitoire des autres, c’est comparable aux réactions que vous obtenez si vous prononcez le mot « Celine ». Mais je vois aussi entrer dans mon cabinet des cas de plus en plus nombreux de malades atteints d’un anti sartrisme aigu alors que la Simone -de -Beauvoirite passe pour un remède miracle ..

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    1. A choisir, j’aurai pour la Beauvoir le regard photographique de Nelson plutôt que celui, torve, du petit Jean Paul…

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  3. Parmi les textes que je préfère, c’est le roman d’ un comédien vieillissant et décrit comme un Mounet Sully cabotin et shakespearien.Là on découvre l’homme seul, qui ne supporte plus son déclin, ses rides, son corps usé, la proximité de la mort. Relisez « Théatre/Roman » ,écrit après la mort d’Elsa Triolet, publié en 74.Ça secoue :
    « « Dans ce monde où je ne supporte plus la fréquentation des autres, retourne comme un gant à la solitude des jours premiers, je t’invente et te multiplie, autre moi-même, je te mets ma clameur dans la bouche, ma colère dans tes oreilles, et je t’appelle comme une immense dénégation de l’irréversible cours du temps… Va, fais n’importe quoi d’insensé, renverse les autels des dieux et des philosophes, foule aux pieds tout ce qui n’est pas notre folie, ah ! jette à bas les barrières sacrées, la sagesse dans ses haillons d’or, et les vieilles lois de vivre à tout instant repeintes aux frontières de la peur ! »

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  4. La chronique d’Emile Henriot – drôle de nom, cinq heures et quart après 1945 à l’horloge de la Libération – est vive et précise, sur le pas de tir, premier étage d’une fusée critique qui amènera son récipiendaire vers les sommets, son aura culminant dans les années septante, pas seulement dans les classes de Français.
    Aurélien marque les esprits de ses confrères en littérature, je lis l’auteur des Deux Etendards comme une antimémoire de ce roman.
    C’est bien sûr quantité d’autres choses mais Rebatet en mettait un petit coup sur le romancier-artiste par excellence, un bon gros carreau depuis l’arbalète toujours saillante de son Michel dans l’enluminure de la fenêtre du Grand Louis fantôme d’Espagne.
    Lui et Brasillach, c’est écrit noir sur blanc dans leurs oeuvres, étaient des lecteurs de La Révolution Surréaliste, même s’ils la moquent gentiment, ils constatent la casse systématique de la société qu’entreprirent ces faux-non-romanciers, et la ré-embrassent.
    « Le Père Villard était franchement vieux », écrit-il pour désigner le géniteur d’Anne-Marie, l’anti-Bérénice par l’excellence de sa pratique du sexe, la pire des faims.
    On jurerait une compétition dans l’amour du Beau Texte entre Aragon et le critique musical Vinteuil.
    Claudel ne s’en tire pas si mal chez les deux, au contraire de Gide, bien qu’emblématique parpaillot, image cathole par paradoxale essence, déviée.
    La première fois que Croz – Michel de la Croz, s’auto-interprète-t-il, les bras en croix dans l’amour, crucifixion d’Eros sur l’autel – aperçoit son Anne-Marie, celle-ci surgit par derrière, comme l’haleine du rire des fleurs de la nuit.
    Dans le cou des deux hommes qui l’attendent, Régis et Michel qui est comme Le Narrateur, selon la lettre étymologique du récit hébraïque.
    Il l’a immédiatement dans le coeur, comme balle s’y loge, dit explicitement que l’enfin d’Aragon est une facilité, la laideur, un confort, dans la vie comme en littérature.
    Allez vers l’Enfin n’est pas un voyage, tout juste une attitude.
    Je suis certain qu’il y a tout un réseau de correspondances cachées, son Corneille à lui est un Suétone, qui renvoie l’amour, malgré elle, malgré lui.
    Avant Nice, le Lulli’s ches Aragon, le Lugdunum chez Rebatet, Lyon vs Paris et retour par le tunnel sous Sainte-Geneviève, you name it.
    Toute la construction des Deux Etendards semble se jouer de la douce symétrie du roman Aurélien, elle la transperce, la double par les côtés, comme un tigre silencieux, souvent majestueux, vulgarité des griffes comprises, avec une telle élasticité que les expressions humaines finissent par se lire sur les maques, par peur de manquer pouvoir dire les choses – proclamation de foi typiquement surréaliste, entre nous.
    Magnifiques derniers chapitres et ultimes lignes dans le Gadenne et sa Plage, presque l’impression d’un scène visible par transparence dans le livre Crozien, l’exact revers de la vraie vie introuvable chez le Grand Louis du manque de spames.
    Peut-être me suis-je fourvoyé.

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    1. Chez xlew le fond est tout à fait inintéressant, comme souvent chez cet artiste du pensum, pardon, du penser ! Par bonheur, la forme est comme toujours raffinée, décorative, bref magnifique…

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  5. Michel en Hébreu: « qui est comme Dieu », selon Crouzet, donc un narrateur omniscient? Mais faut-il évacuer les autres connotations, vu la personnalité des deux écrivains cités, de protecteur du Royaume de France, ou, corrélées à la première, de « gardien et de juge » ?
    Le parallèle est intéressant, il n’est pas sans exemple. j’ai relevé ici que le Théâtre de Maeterlinck n’avait pas été pour autant condamné par les Surréalistes! On peut aimer quelqu’un sans le dire.
    JC nous sommes encore quelques uns à savoir qui est Emile Henriot . Pour le reste , pas de difficultés.
    MC

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    1. Bonjour MC, comme beaucoup, je m’inscrit dans l’anniversaire des 80 ans de juin 40, le nom m’aura un peu troublé.
      Je remets maintenant le critique Henriot à sa grande place, bien que n’ayant rien lu de lui véritablement, au beau milieu de l’escalier je ne vais pas faire le malin, c’est d’ailleurs pour ça que je viens sur le blog de Paul Edel, grâce à vous et d’autres je recouvre mes esprits.
      Il y eut de grands croisements au vingtième siècle, je veux bien le croire.
      Le témoignage de Paul Edel qui concerne ses visites en librairies m’étonne un tout petit peu, chez les jeunes qui lisent, Aragon, et notamment cet Aurélien, semblent une valeur sûre.
      Si ces lieux jadis sacrés sont en passe de devenir des antres où l’on doit se faire vérifier, appareil sur la tempe ou le front, la bonne hauteur de nos fièvres lectrices, leurs justes degrés, alors qu’on ne s’étonne pas du regain de commandes en ligne.
      Bonjour à Jazzi, et heureux de constater le talent de JC, intact, et qui ne lâche rien.

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  6. Salut xlew !
    Qui a dit que Bérénice était moche ?
    Son modèle, sur la photo du haut est mieux que belle. Elle a un visage intéressant. Et très moderne. Ce pourrait être une jeune femme d’aujourd’hui. La bouche volontaire, mais on note une certaine inquiétude dans le regard…
    En revanche, celle de la photo du bas, plus pin-up des années trente, en talons aiguilles, ressemble à… Madona !

    Il est heureux de voir qu’il y ait eu des convergences entre le chrétien et le communiste. Pas seulement sur le plan spirituel ou politique… Claudel a adulé la Vierge Marie, Aragon Elsa. Cette sacralisation excessive de la Femme est souvent le fait d’hommes sensibles aux autres hommes. Claudel comme Aragon ont lutté contre leurs tendances naturelles. Sur ce point, ils ne pouvaient que se comprendre…

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  7. Jazzi, la photo de Denise Kahn est stupéfiante de beauté, d’intensité, de vibration dans le visage.je comprends que,parmi les surréalistes, ils furent plusieurs à tomber sous le charme.. la seconde photo illustre pour moi à révèle les années folles, l’envie des fêtes interminables la nuit entière..ces femmes en robe lamé argent,les chapeaux cloche,le jazz, ,bras déliés et tout le corps libéré par la musique.. celles qui peuvent enfin danser jambes nues,, boire des cocktails , flirter ,attendre l’aube devant la mer..avec des inconnus.. les fêtes fitzgeraldiennes me plaisent.. danser jusqu’à pas d’heure après l’hécatombe de 14-18.. je comprends tellement cette fureur de vivre..et les femmes étaient en train de s’émanciper.. les « années folles » j’aime!

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    1. Nous sommes bien d’accord sur la beauté intense,rayonnante, naturelle, de la jeune Denise même s’il ne s’agit que d’une vue partielle. Montrons-nous prudent…. ! Entre féministes, il est bien normal de se réjouir de la période post WWI qui libéra joyeusement les cœurs et les corps des femmes. Pour un temps seulement, hélas, puisqu’il y eu récidive quelques années plus tard, un certain nombre de peuplades européennes adorant les massacres guerriers qui redistribuent les cartes entre indigènes ambitieux.

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      1. ….quant à l’accoutrement ridicule et orientaliste du diplomate grassouillet …. j’en ris encore. On croirait voir un redoutable dresseur de puces échappé du Barnum Circus !

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  8. Parcourant feu la République des Livres, devenue la République des Ivres après être passée par celle des Libres, on se demande comment la littérature peut n’avoir eu qu’une si médiocre influence sur des personnes dites « normales » ? Étrange imbécillité de poussins trop nourris, trop bavards …

    A moins que ce ne soit bien plus grave ! …Jésus, Marie, Joseph !…..

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  9. Voici un fragment de lettre de Faulkner du 11 septembre 1945 destiné à Richard Wright. C’est un fragment que devraient méditer pas mal de romanciers français tres autofictions de la rentrée littéraire ou même de la sortie. .
    « La bonne littérature, celle qui dure, provient de l’imagination, de la sensibilité, de la compréhension qu’on peut avoir de la souffrance de tout le monde, de n’importe qui -et non du souvenir qu’on a de sa propre douleur. »

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