Un été avec les femmes de Bergman

Persona (1966) | Ingmar Bergman | Cinéma, Photos, Film

Chaque été je révise  mon Bergman.  Je  reprends  mes DVD  d’Ingmar Bergman, c’est une récréation, je  retrouve  la troupe de comédiens  suédois qu’il a suivi de sa jeunesse à sa vieillesse,  de Gunnar Björstrand à Max von Sydow, et de Ingrid Thulin à Bibi Anderson, et de  1946, « Crise »  à  « Sarabande », 2003

 Ce qui étonne  chez  Bergman c’est qu’il raconte le plus souvent l’histoire  banale d’un homme et d’une femme.  Le plus souvent  les femmes dominent à l’écran, elles  envahissent l’image et approchent le spectateur avec une force et une puissance    qui est une forme de  subversion acharnée. Ce fils de pasteur privilégie  donc  les femmes, leur liberté, leur franchise, leur érotisme, leurs comportements dans l’enfantement, dans leur mariage, dans leur désespoir, leurs poussées suicidaires, mais il n’oublie jamais –souvent dans les années 50- de privilégier    le  burlesque dans les relations de couples  ,avec la comédienne Eva Dahlbeck notamment . Une ironie  particulière. Le réalisateur n’a jamais caché qu’il avait étudié ces comédiennes non seulement professionnellement mais dans leur vie privée en épousant l’une d’elles, Liv Ullmann, et en ayant des liaisons plus ou moins brèves avec certaines d’entre elles.

 Son œuvre  cinématographique a pour centre de gravité  le théâtre des visages. L’exploration des corps. Corps dans leur érotisme, dans leurs maladies, dans leur liberté dans  les musiques de leurs expressions, dans la danse autant que dans  la douleur, dans le murmure de tendresse ou dans la jubilation charnelle. Il y a chez lui un véritable vertige de la chair, une folie de voir sous l’écorce humaine, sous la peau. Donc  hymne et célébration du corps féminin .corps miroir des tourments et jubilations, vierges folles et vierges sages, femmes mûres confrontées à la grossièreté masculine, , femmes dans la douleur de l’accouchement, dans le désarroi de la vieillesse,  dans les jeux de nuit, dans les jeux de haute  lumière et de pénombre sur l’ile rocailleuse de Farö où Bergman avait choisi de vivre.

Il peut aussi traquer les corps féminins  dans l’agonie, comme dans le plaisir solitaire, voir « cris et chuchotements », ou dans l’hystérie (« à travers le miroir ») .  Visage, peau,  cheveux, dos, coudes, hanches,  les lèvres comme les sourcils deviennent des présences, des signes,  et l’inexprimable prend expression et sens. Il accompagne et habite le corps féminin , sa géographie ,il suit ce paysage entier du corps ; ses plans forment ainsi  une musique qui dépasse les rapports habituels.  Le film  atteint  une forme  de seuil  et d’ouverture sur l’âme ou la conscience. Bergman écrit  dans son journal intime qu’il a tenu en tournant « les communiants » en1963. : « Etre tout contre les gens, les regarder droit dans les yeux, tenter d’arriver à ce que leurs mouvements d’âme se reflètent sur leur visage » .

C’est curieux que ce fils de protestant sonde les âmes, lmeur silence ou leur cri, comme son père, mais avec les moyens d’une caméra et des  éclairages de studio ?On a parfois l’impression de feuilleter indiscrètement  un carnet conjugal ou  des pages autobiographique lorsqu’il filme  l’actrice Liv Ullmann dans la trilogie « L’heure du loup », »La honte », « Une passion » .Il filme aussi les hommes, mais souvent dans une position de dominés ou de marionnettes.  On le voit bien , dans  le  clown de  « La nuit des forains » .

Parfois le jeu de domination se joue entre femmes, comme dans « Le silence ».  Anna, la  belle plante Gunnel Lindblom,   domine sa sœur malade (Ingrid Thulin) . Anna, affamée sexuellement, et agacée par la maladie de sa sœur se désintéresse même de son fils un garçonnet, laissé à lui-même s dans les couloirs d’un hôtel  à  l’étranger. trouble. A chaque fois que je revois  « le silence », ce film hypnotique   à  chaque fois, le sentiment d’entrer dans les visions de  femmes  en proie à des  fièvres.et d’entrer directement dans non pas le cerveau, mais dans les émotions viscerales  et participer à  une dramaturgie charnelle. On découvre les fièvres différentes des deux sœurs..  , fièvre érotique d’Anna qui se jette dans l’obscurité sur le premier homme  venu, fièvre du corps  malade de la sœur avec sa fièvre masturbatoire. Mais   aussi fièvre politique d’un pays qui prépare une guerre .

A chaque fois on constate que la femme bergmanienne  se montre  plus forte que l’homme. Manda, androgyne,  dans l’étonnant « Le visage » manipule tout le monde avec son visage mystérieux .Souvent les  femmes mariées se moquent de l’embourgeoisement de leur maris. Eva Dahlbeck  se moque de son mari Gunnar Björnstrand dans une scène d’ascenseur irrésistible de drôlerie dans le dernier sketch de « L’attente des femmes.»(1952),ce film trop souvent négligé ,contient des trésors de psychologie féminine. Plusieurs épouses  secouent d’une manière bouffonne   leurs maris engoncés dans leurs complexes, auto satisfaits  dans  leur statut social ,cramponnés  à  une dignité qui est souvent une banale misogynie. Pas mal de comportements  sur-joués et en toc. Au fil du récit, on voit qu’elles ont moins d’inhibitions que leurs partenaires ou s’amusent avec une franche gaieté  des obsessions   masculines.

Dans « sourires d’une nuit d’été, Eva Dalhbeck tourne en ridicule  Gunnar Bjönrstrand et son bonnet de coton et sa chemise de nuit.. C’est la femme, brillante,  avisée, amusée, habile, raffinée qui se  fiche    de son époux buté, maladroit, pataud, égoïste. Il y a un burlesque bergmanien ,un marivaudage assez singulier pour  se moquer des hommes.

Prod DB © Svensk Filmindustri / DR LE SILENCE (TYSTNADEN) de Ingmar Bergman 1963 SUEDE avec Gunnel Lindblom

Bergman magnifie les corps  des femmes. Avec son chef opérateur  Sven Nykvist ,Bergman  à partir de 1963, et cette œuvre charnière « les communiants », resserre les plans, leur glissé oblique, des cadrages géométriques sur des morceaux de visage, il multiplie  des compostions en diagonales, il creuse l’énigme des regards et des visages avec une folle attention. Il suit davantage  plutôt les tricheries, les faux semblants  et les roueries chez les hommes marionnettes, mais  écoute les visages féminins dans leur âpre nudité, leur âpre vérité, et leur rayonnement splendide.  Il le fait  aussi bien à travers des miroirs, des vitres, que frontalement comme si l’exaltation d’un plan qui dure longtemps  permettait de découvrir un secret. Toutes les saisons des femmes sous l’objectif. L’ensemble de son œuvre   forme  un retable. Alors qu’il montre les hommes fardés,  angoissés,  à la limite de la caricature. (Voir « le visage » ou « La nuit des forains) il y a tout un processus de révélation du visage de la femme avec l’exaltation d’un explorateur de la chair. Le paradoxe  c’est qu’il  y a beaucoup de masques et de maquillages  du côté des hommes. Mais Bergman déshabille,  convoite, explore, suit  au ras de la peau, le moindre tressaillement,  fixe les prunelles dans leurs angoisses ou leur plénitude  sensuelle, ayant souvent soin de filmer le visage à l’envers, renversé de plaisir, approchant dans le plein du visage, le long d’un front bombé,   comme si la camera avait le don de s’égarer. le mouvement habite sans cesse  et raconte, magnifie .Blason du corps. le visage devient  théâtre de toutes les émotions humaines.. le visage féminin ,Bergman l’aime dans l’absolue  nudité, alors que chez l’homme il aime  à l’inverse,montrer le masque, le jeu, l’impuissance, la faiblesse, le désarroi, la facticité.

Il aime  filmer chez les femmes  toute la météorologue hypersensible des émotions :femme sûre d’elle  soudain saisie d’angoisse,  jeune fille sage devenant  une aventurier du sexe, petite infirmière banale révélant dans « persona »  une  audace sexuelle..  Femme mûre se jouant  de l’infantilisme des hommes, diaboliquement habile pour   transformer  l’homme en marionnette.

Bergman  filme et ausculte donc  les femmes en médecin, en psy, en amoureux, mais aussi en cinéaste nourri des grands films muets allemands qui magnifiaient le visage féminin, par exemple, d’une Louise Brooks.

 Il  traque   la part onirique la femme, et   cherche ce point focal obsédant pour qui obsédait aussi bien les surréalistes comme si la femme était une île mystérieuse. C’est dans « le silence « 1963) qu’il va loin dans le lien entre deux eux femmes. Ici deux sœurs sont obligées de faire   une halte dans le grand hôtel d’une ville inconnue, sans doute en proie à une guerre. Les habitants parlent un langage incompréhensible. Ester, traductrice, est gravement malade et sexuellement frustrée. et  pour mieux les  filmer  Bergman fait silence  sur les paroles pour mieux entendre  les corps. Là  se joue à plein  l’épaisseur solitaire de  la salle obscure et du caractère lumineux hypnotique de la projection..   Bergman nous oblige à écouter et surprendre  la vie physique du  corps qui dirige le psychisme. Cérémonie physique.

Si on est attentif  on que les meilleurs films de  Bergman  multiplient les scènes où les femmes s’expriment en l’absence des hommes. Car les femmes aiment se passer des hommes. C’est le cas dans « l’attente des femmes ».il y a les mariées sages, les  fiances romantiques, les femmes mures désenchantées, les  érotiques et les  fleurs bleues.  Les unes  aiment  leurs enfants mais d’autres disent clairement qu’elles les  supportent mal (voir « le silence » »). Ce qui est à noter c’est que dans les années 50 , les femmes attendent assez sagement le retour des maris pour le week-end, mais   vingt ans plus tard  , les femmes, dans  ses films , se passent très bien des hommes .La relation de femme à femme, entre sœurs, culmine  dans « le silence » Le  point de fusion totale est atteint  dans« Persona »(1966) quand  les deux visages féminins n’en forment plus  qu’un dans un plan devenu célèbre.  Chez Bergman l’univers clos féminin  se suffit à lui-même  et comme pour souligner le caractère autobiographique et intime il place même les deux  comédiennes, l’infirmière et la malade, dans son ile préférée, Farö ,  et  va jusqu’à tourner dans sa propre maison.

Enfin, si je devais garder un seul film, je crois que je choisirais « les communiants »(1963), comme si l’affrontement entre le pasteur Tomas Ericsson( Gunnar Björstrand) et Marta, l’institutrice ( Ingrid Thulin)  qui l’aime, atteignait  une limpidité pour sonder deux âmes mises à nu et une crise religieuse filmée  dans un dépouillement total. Bergman  dirige  ses deux meilleurs acteurs. C’est dans cette chapelle hivernale, pleine du souvenirs de son père pasteur, que Bergman délivre sa plus grande confidence. Simplicité, classicisme, épure.

28 commentaires sur “Un été avec les femmes de Bergman

  1. « Ce qui étonne chez Bergman c’est qu’il raconte le plus souvent l’histoire banale d’un homme et d’une femme. »

    Comme Claude Lelouch !

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  2. Superbe, Paul !
    Et toujours utile, car il y a régulièrement des rétrospectives Bergman à Paris.
    Et je suis encore loin d’avoir tout vu…

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  3. Tentative de « circonscrire » l’univers des femmes et jamais en faire le tour…!
    Il était tyrannique dans ses rapports avec les femmes dans la vie de tous le jours, parait-il, Paul Edel.

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  4. Allen aussi avait son île de Farrow.
    Plus que dans Interiors, pour moi un beau film, son Crime and Misdemeanours revisitait Bergman d’émouvante façon, avec âme et style.
    Son Judah rappelait l’Isak des Fraises Sauvages, le réal américain confrontait tradition juive et luthérienne du souvenir, de l’amour, peut-être aussi tout simplement de l’amour du souvenir.
    Le Sjöström of consciousness d’Allen est très fort, tout de son cinéma appelait le grain de peau des actrices du grand suédois du Septième Sceau, on sentait qu’elles étaient-là entre les portes des plans séquences de Gordon Willis, avant même l’arrivée de Nykvist, leur grain de voix aussi, le New Yorkais n’étant pas avare de commentaires, souvent faussement blagueurs, sur le sujet.
    Il y a sans doute des tonnes de blogs qui le traitent, ce sujet.
    Ma, ta, sa, blague sur Bergman, tout le monde n’a pas le talent de Villeret pour l’exprimer.
    Sarabande renverrait peut-être plus vers le film de 1957 que vers les célèbres scènes de celui de 73, Liv Ullman, au jeu toujours grandiose, l’âpreté devenue finesse, traits du visage remplis enfin de la douceur des sons de sa voix, est littéralement (c’est à dire poétiquement pour Bergman) le double du vieux professeur Borg qui vit un jour dans un rêve que sa femme le trompait.
    En plus de bien vieillir, les actrices suédoises ont dans les yeux, dans la voix, les allumettes qui font rougir, dans le passé, les souvenirs du présent.

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  5. La relation d’Ingmar Bergman avec la religion est assez compliquée puisque d’un entretien à un autre, le cinéaste a beaucoup varié sur ce point.. Ce qui est évident c’est que depuis « les communiants »1963 jusqu’à « Fanny et Alexandre »1982 les figures de pasteur, et le catéchisme de Luther sont présents. Le pasteur Erik Bergman, père d’Ingmar, régnait par la, violence sur la famille,dit Ingmar dans ses souvenirs :« Une odeur de sainteté flottait dans la maisonnée. le dimanche, on allumait des cierges avant le petit déjeuner. Les punitions étaient infligées de façon rituelle. On avait toujours tort. » Quelles paroles terribles. On le voit bien dans « Fanny et Alexandre » avec les tortures infligées aux enfants. Baguettes de joncs, privation de repas, etc.. Donc, la religion pour Bergman est davantage du côté de la punition et de la crainte que de l’amour .Sens de la faute, culpabilité sont présents dans le luthérianisme du début du XX° siècle et dans la génération du père d’Ingmar… Le cinéaste lui, obsédé par ce père fouettard fait donc le portrait dans « les communiants » d’un pasteur égoïste..qui, à l’inverse du curé de campagne catholique de Georges Bernanos, ne supporte pas le silence de Dieu, alors qu’il est dans la nature même du chrétien d’affronter et d’interroger ce silence de Dieu.
    Avec « Les communiants » Bergman montre par les visages ravinés, les regards inquiets,(voire affolés) le doute, l’impuissance une forme de désespoir que la critique cinéma a souvent rapproché des angoisses existentialistes sartriennes des années 5O, ou de l’Absurde à la Camus…. Mais ce lien religion-punition prend des formes affolées dans « A travers le miroir »(1961), quand Harriet Andersson-Karin la névrosée- voit flamber le papier peint dans une pièce vide de la maison, et un dieu araignée qui terrorise.
    C’est dans « Cris et chuchotements »(1973) et ses tentures rouges, sa symphonie de tapisseries sanglantes et d’allées automnales , qu’on voit aussi n cette scène saisissante : un prêtre marmonne une prière des morts sans aucune conviction après le mort d’Agnès. Et puis il se tait soudain, comme s’il avait honte de son escroquerie spirituelle. Dans « le septième sceau »(1957), nous sommes au bord de l’Apocalypse. Le chevalier erre désabusé au bord de la mer, épuisé par sa croisade, puis découvre avec son écuyer que son pays natal est ravagé par la peste.. Il cherche un signe divin. Mais rien ! En jouant aux échecs avec la Mort, l’attente de Dieu, la certitude ne viendra pas Le signe divin reste caché derrière les nuages filmés par le romantique et très inspiré chef opérateur Gunnar Fischer, disent bien l’obsession d’Ingmar, fils de pasteur, qui oscille entre recherche, rejet de Dieu et révolte.

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  6. Son cinéma est la remise en jeu d’une ritualisation du sacré qu’avait laissé se fâner Martin Luther, une sorte de prière, la mort d’Ingrid von Rosen lui fait dire que pour lui l’éternité serait croire en la possibilité, l’envie, de la revoir, point.
    Sa religion à lui, non pas un espoir, juste une décision prise sur la Terre, et c’est une femme qui lui rend ce sacrement, au-delà de tout essentialisme, de tout féérique.
    Tchekhov, oui, peut-être aussi de celui de Shakespeare et de Strindberg en ce qui concerne Bergman, en oubliant à dessein celui d’Ibsen, de génies à génie, sans tomber dans l’enflure.
    Beaucoup de cinéastes se nourrirent de lui, à l’égal d’une lecture, d’une oeuvre littéraire, je pense à nos nouvelles vagues, mais aussi à Greenaway, en dépit de son formalisme de la chair pourrissante un peu plastronneur, par exemple.
    Vous me le remettez en tête parce que vous indiquiez Sarabande (magnifique travail de metteur en scène et de dialoguiste avec Julia Dufvenius pour son rôle, pas besoin d’hystériser les choses pour faire pleuvoir le minerai du magnétisme féminin, ;)) et que l’un des plans nocturnes entre Ullman et la jeune fille rappelle peut-être le prélude d’une conversation aux bougies dans Meurtre dans un Jardin, entre autre chose.
    L’influence est-elle jusqu’à un certain point réversible ?
    Bergman pouvait-il laisser son esprit ne pas s’imbiber des images, de plus en plus présentes, tournées par des enfants qu’il avait conçus dans le noir de la salle sans le savoir ?
    Question peu intéressante, en fin de compte, j’espère que quelqu’un pourra laisser une trace aussi profonde dans le futur.
    Il est plaisant de voir que son passage n’est pas oublié, qu’il reste intact dans la mémoire vive, témoin cette série suédoise, Bron, 2014, qui mettait en scène une policière de Malm/ö/, Saga Noren, autiste Asperger, à la surface, peu démonstrative en émotions, mais volcan d’intelligence et d’empathie souterraines à forts échos sensuels, en profondeur, clair clin d’oeil aux héroïnes de Bergman, et donc aux vôtres.
    J’espère un jour connaître aussi bien le cinéma de Bergman et les Monika de l’été, que vous.

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  7. Quand je me suis rendu à Stockhom et que j’ai parlé avec des actrices ou des techniciens qui ont longtemps travaillé avec Bergman, tous m’ont dit que Bergman, souvent entre deux répétions de théâtre ou deux prises au cinéma écoutait du Bach. A la fin de sa vie, il quittait l’ile de Farö quand il y avait un concert Bach dans une grande église de la capitale .Il réservait deux rangs entiers pour n’être pas « cerné » par les gens de la ville qui voulaient voir le cinéaste et écouter souvent l’orgue dans la ferveur et le recueillement.
    si on reprend ses films on découvre que la musique de Bach apparait dans les moments clés .Concerto pour violon au début de « Persona » quand Elisabeth Vogler se réfugie en elle-même.. Suites pour violoncelles dans « A travers le miroir »,puis dans « cris et chuchotements ».dans « le silence », non seulement il y a les variations Goldberg diffusées à la radio, mais le seul mot compréhensible dans le journal étranger que feuillette Anna est BACH. L’évêque de « Fanny et Alexandre » joue du Bach-flûte solo- .Un critique a même remarqué qu’il s’agissait toujours de mouvements lents. C’est dans « En présence d’un clown » qu’il rend hommage à Schubert. est-ce que, à la fin de sa vie, il penchait pour garder Schubert comme son ultime musicien ?

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  8. Bergman a ce côté fascinant des fadas protestants….Pas méchants, les mecs qui en rajoutent, mais bizarres comme types. Des vrais fadas !…

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  9. Il y aurait une thèse à faire sur certains pères pasteurs, qui devaient etre de véritables terreurs pour leur entourage. Le Pasteur Nietzsche, le père de Bergmann, et leurs rejetons, Elisabeth, Frederic, et Ingmar.
    Nécessité d’un Dogme, fut-il racial (Elisabeth,) Attrait-rejet du monde opératique (Frederic et Richard W. Ingmar dans Cris et Chuchotements qui peut se voir comme un opéra sans chant) nécessité d’une mise à distance de tout ce qui subvertit la volonté: Bizet, machine de guerre contre Wagner (mais aussi Audran!) chez l’un, Le Mozart de la Flute, chez l’autre. Guerre au Leitmotiv, et recours aux Livre d’images. Une mise à distance dans les deux cas de tout ce qui peut écraser. Et cela semble se refléter dans ce que Bergman choisit de Bach d’après ce qui est dit ici: de l »instrumental, pas les grandes cathédrales façon Messe en SI.
    Tres belle anecdote que ce passage d’une ile à l’autre, de Faro à la salle de Concert. La vraie musique requiert l’isolement, et surtout celle-là.
    A bientôt.
    MC

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  10. Le mouvement Mee too à souligné que les méthodes tyranniques de Bergman et sa vision obsessionnelle des femmes et trop masculine devaient être condamnées.ce qui me surprend c est que trois actrices parmi les plus connues m ont toujours dit leur plaisir d avoir tourné avec lui et l immense avantage d avoir donné un tournant international à leur carrière….

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  11. la grande mode outre-Atlantique est aussi de débiner Perrault au profit des Conteuses: LHéritier, d’Aulnoy, Ville dieu, meme Madame de Lubert, coupables d’être des femmes et d’avoir publié un peu après. De là discours sur la perfide domination masculine.
    Je ne donnerais pas cher de la peau de Sénèque, dont on s’est rendu compte naguère « qu’il avait des esclaves » susceptibles d’écrire à sa place, ce temps-là ne disait pas des nègres.
    Il est vrai que cette dernier accusation a de l’âge. Elle se trouve dans La Bibliothèque Françoise de Charles Sorel, 1659, et n’a guère eu de succès. mais je n’exclus pas qu’elle soit reprise et modulée par les temps qui courent avec forces larmes sur les pauvres africains…
    Quelqu’un veut fonder avec moi un comité des Amis de Colbert?
    Bien à vous.
    MC

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      1. Les visites sur l’ile de Farö,,où Bergman a demeuré, se sont multipliées depuis 1999.visites des jeunes de toutes générations et toutes nationalités avec un gros contingent de nord américains.. ces nouveaux pèlerins viennent pour le musée Bergman, et voir l’ile où tant de tournages ont eu lieu(Persona, La honte ‘L’heure du loup..)..information receuillie dans le journal Svenska Dagbladett

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    1. Je crois que vous avez tort. Les êtres ne cesseront jamais de mourir et de s’inventer donc un grigri quelconque qui les culpabilisera.

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  12. Mais non, Jicé…
    Beaucoup de jeunes cinéphiles dans les salles d’art et d’essai du Quartier Latin lors des rétrospectives Bergman ou autres !

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  13. Voici un bref extrait d’un texte célèbre dans lequel Ingmar Bergman livre sa vérité de cinéaste.
    « Selon moi, la seule contribution que l’artiste puisse apporter à un débat, c’st son œuvre. Il me parait indécent de me mêler à la discussion et des introduire des indications, des mises au point ou des excuses.
    Vraiment l’incognito où jadis on laissait l’artiste lui était profitable. Son anonymat relatif le protégeait contre les influences indues de l’extérieur, contre les préoccupations matérielles et la tentation de prostituer son art. Dans la société actuelle, l’artiste est devenu un être bizarre et mal défini, une sorte d’athlète contraint d’améliorer sans cesse ses performances. Son isolement, son individualisme sacro-saint et sa subjectivité artistique sont à l’origine de blessures facilement infectées, de névroses, et d’anxiétés. »

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  14. « Ah frappe-toi le cœur,! C’est là qu’est le génie! »
    Maintenant que l’on se le frappe en direct comme un tam-tam devant les caméras pour augmenter les ventes, que dirait Musset?

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    1. Je me dis la même chose chaque fois que je vois un Kubrick un Bergman un Fellini, un Godard. Y’a des générations comme ça qui ont de la chance.

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