Journal d’un été breton

..tu vois quand je respire j’ai mal exactement là !.. là !..

Charles,… Il est ou Charles ?..

..mais ça va pas..

Comme ça c’est mieux..

Y recherche l’alternance. Moi pas..

..il est là bas.. il est là bas..

.ils ont dit…c’est pas d’la merde..

 ..un genre far breton absolument dégueulasse…

Eh du coup..ben.. il en avait pas..aucun..

T’as encore pris une douche…

Ben c’est assez simple  tous les pays d’Europe..

..moi j’aime..

..avec une tranche de  citron.. vous aussi ?..

Ch’te l’ai dit..je-te-l’ai-dit..

Bien  j’le mets à laver et j’oublie.

Du vent.. trop de vent..

Ils avaient pas de..  zavaient pas de..alors ils ont essayé et ça a marché !..

..le jasmin c’est plus découpé mais l’odeur c’est ça..

Ah..putain..j’ai sommeil..

C’est bien quand il fait chaud.. t’as raison..

C’était pas mal d’argent surtout le dernier mois. …

…15 jours après notre mariage !…

..il y avait un signal toutes les 14 secondes

…Je prenais mon café devant l’estuaire et….

(Tous ces propos ont été entendus et recueillis le vendredi 10 juillet 2020 entre  15 heures et 15 heures 40 sur un  banc sur  le quai Solidor, à Saint-Malo.  La température de l’eau était signalée à 18°  la marée était haute à 11h 20 coefficient 66/61 et le vent était mesuré à 15 km/H)

27 commentaires sur “Journal d’un été breton

  1. Bravo Paul Edel, on annone notre vie! On pourrait faire la même chose avec des photographies, assis sur un banc et photographier. ( J’ai fait cela sur mon compte fb l’année dernière à Arcachon!) Et là, on peut légender.
    Bande dessinée.
    Bonne journée à vous!

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  2. J’hésite entre Paul-Victor Edel, Choses entendues, Paul Stephen-Edel, Between the Tides (Entre les marées), & Pavel Edel-Tcherniak, Nouveaux Tropismes.

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    1. Et peur de prendre un coup de soleil aussi! A la campagne, on ne se vautre pas pour avoir la peau bronzée, comme à la plage elle peut l’ être en travaillant les champs! 😉 Deux fois par semaine ce bol d’air, Jazzi, vous comprendrez la prise de distance avec des coins/blog trop confinés…

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    2. Je constate que ton sens de la répartie, depuis tout ce temps, n’a ni fondu u soleil ni été laissé à roupiller au congélateur ! salut-salut !

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  3. Pour être précis sur ces bribes de phrases humaines recueillies. J’étais assis sur un banc,dans un étroit jardin fleuri qui est placé en contre bas d’une petite route.
    En face l’estuaire , vaste et d’un bleu brumeux , et aussi les lointaines verdures épaisses du grand parc des Corbières.. Un muret de vigne vierge m séparait des passants qui, par petits groupes ,ou par couples se dirigeaient vers la plage de l’anse Solidor. Comme ils marchaient, je n’entendais que des bribes de phrases et je ne voyais pas ceux qui les prononçaient. J’avais ouvert un petit carnet pour dessiner et je finis par noter ce que disaient ces voix si claires qui tombaient du ciel. Comme une légère averse sonore !des voix jeunes, des voix de personnes âgées, avec des tons décidés ou alors plutôt des confidences. Devant moi, l’eau verdâtre, lisse, ombre avec quelques reflets de nuages très dilués Des algues ondulaient vers un promontoire rocheux avec une bande ’d’écume qui ressemble à du foin semé pourrissant , dispersé et flottant à cet endroit.. Alignées sur un quai, quelques annexes,leurs couleurs plastique d’un orange vif ou bleu marine les font ressembler à de gros jouets… Quelques barques couvertes de bâches reposent sur leurs reflets, trois voiliers oscillent, et tirent sur les amarres. Un canard colvert avance doucement, à petits coups de pattes palmées.Il lance parfois un petit coin coin. comme s’il cherchait les autres canards que je vois souvent dans les parages surtout le matin.. Comme il a de jolies nuances de bruns et de roux avec quelques touches blanches j’ai pensé que c’était une femelle. J’ai aussi pensé aux « variations sur le canard » du dramaturge américain David Mamet qui a écrit sur la solitude des canards et leurs glandes sudoripares.Je me souviens d ‘un bout du texte : » Une vie de canard, ce n’est pas rose tous les jours.Le canard a aussi ses problèmes.Il a des puces, et des poux et des maladies corporelles. Des déceptions sentimentales Des complications pour voler.Des difficultés sexuelles.Etc. »
    Je me dis que si je retourne trop souvent sur ce banc face à l’anse Solidor,chaque matin, chaque midi,chaque soir, en symbiose, je vais devenir canard..Quand j’examine mes pieds, j’en ai la confirmation, ils deviennent _ilégèrement palmés.Enfin si je suis un canard bien portant je pourrais avoir de l’amitié et du respect,à distance, avec les équipages des voiliers qui passent.Oui,je sais, je ne suis pas là pour raconter ma vie.

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  4. « Oui, je sais, je ne suis pas là pour raconter ma vie. »

    Sur ton propre blog, pourquoi pas, Paul ?
    A défaut, tu pourrais nous raconter celle de ce couple très intrigant de séniors, vus de dos, sur la photo du haut ?

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      1. Il y a aussi ces autoportraits « d’où l’artiste aurait eu l’élégance de se retirer » (selon Cortázar). Comme à l’inverse des exofictions putassières.
        Et si l’on prenait ces phrases cueillies au vol pour en faire des incipit (ou si l’on divisait le stock entre incipit & excipit, certaines s’y prêtent) d’autant de nouvelles, on pourrait en faire aussi bien qqch de « dégoûtant » que des textes délicats, tt est ds la manière, ds ce que l’on fait des « données ».
        Par ailleurs, il me semble que le public des livres & des blogs (même littéraires) n’est pas tt à fait le même (ne serait-ce qu’en fonction de ses attentes, ses dispositions) & l’écriture, le rapport au texte, peut-être aussi ? (mais là P. Edel serait mieux placé pour en parler)

        Au cas où il ne l’aurait pas vu, je signale à Paul Edel un article d’Asensio sur Gilles de Drieu la Rochelle.

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  5. Cher Paul Edel,

    Quelle jolie surprise de me retrouver nez à nez avec une petite page-collage de journal intime breton un peu dingue. Je te laisse imaginer combien cela ma plaît 😉

    J’ai été si occupée. et le temps s’est dézingué.

    La période de confinement s’est relativement bien déroulée pour nous ici en région parisienne, dans l’un des départements les plus touchés par la pandémie et la pauvreté voire la faim, même si nous avons connu comme bien des gens des moments d’angoisse, de déprime, de profonds questionnements. grosse fatigue tout de même au final.

    Lectures diverses de confinement :
    1ere semaine : biographie d’Hélène Bessette- – ô pauvre femme, ô pauvre malmenée, ô pauvre oubliée.
    2eme semaine : Germinal de Zola. dans d’étroites galeries obscures irrespirables avec les damnés de la terre amaigris par des semaines de grève. Enorme à tous points de vue. ce « déluge » vers la fin … De quoi relativiser donc …
    puis à New York avec Jay Mac Innerney après l’effondrement des twin towers (mais le roman est faiblard)
    bref, j’ai avalé mes emprunts bibliothèque.

    puis … place à Virginia Woolf dont les livres fourmillent de déplacements dans Londres, à pied, à cheval, en tramway, en bus, sur les chemins des landes, en bord de mer etc. De menus faits, de petits riens, d’objets, de maisons, de plantes, de jardins, de bribes, de chuchotements, de monologues intérieurs. Prose poétique, délicate. ce qui m’allait comme un gant, une deuxième peau. Un air incroyablement merveilleux pour emplir et dilater ses poumons racornis, pour laisser le manteau lourd de la fatigue.

    La chambre de Jacob, Mrs Dalloway, La promenade au Phare, Entre les actes. enfin, retrouvés ! enfin, relus !

    puis des confinées :
    Eugénie Grandet
    la Belle du seigneur – – roman mal vu je ne sais pourquoi … c’est pourtant rud’ment drôle, rud’ment méchant, rud’ment sombre, rud’ment virtuose, rud’ment pathétique et bien.

    Lecture en cours : Ingrid Caven de Jean-Jacques Schuhl. un prix Goncourt je crois. un joli livre … d’amour.

    bientôt la Bretagne, la mer.
    Enfin, j’espère …
    Bel été à vous.

    Porte-toi bien.
    Portez-vous bien, TOUS.

    Bien à vous.

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  6. ah ! et j’oubliais :
    Duras aussi (si chère à Monsieur Court) !!! et très marquée par Virginia Woolf, d’ailleurs quand bien même la relation ne relève pas de l’évidence.
    Moderato Cantabile
    Le Vice-consul
    L’amante anglaise

    Bessette => Duras => Virginia Woolf
    joli tiercé.
    galope cheval, galope !

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  7. et … j’espère que mon long post envoyé entre 10h et 10h30 n’est pas perdu …

    Je regrette de ne pas avoir davantage de temps, pour lire avec lenteur et attention les billets précédents.

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  8. En me promenant ce soir, le long du bassin des Sablons, j’ai pensé à Verlaine. à ses Fêtes galantes . que j’aime tant. Tout le monde parle de Rimbaud.. et moi je lis Verlaine.Contretemps… contretemps..
    Le ciel si pâle et les arbres si grêles
    Semblent sourire à nos costumes clairs
    Qui vont flottant légers, avec des airs
    De nonchalance et des mouvements d’ailes.

    Et le vent doux ride l’humble bassin,
    Et la lueur du soleil qu’atténue
    L’ombre des bas tilleuls de l’avenue
    Nous parvient bleue et mourante à dessein.

    Trompeurs exquis et coquettes charmantes,
    Cœurs tendres, mais affranchis du serment,
    Nous devisons délicieusement,
    Et les amants lutinent les amantes,
    De qui la main imperceptible sait
    Parfois donner un soufflet, qu’on échange
    Contre un baiser sur l’extrême phalange
    Du petit doigt, et comme la chose est

    Immensément excessive et farouche,
    On est puni par un regard très sec,
    Lequel contraste, au demeurant, avec
    La moue assez clémente de la bouche.

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  9. Margotte, je crois que vous me faites comprendre pourquoi je ne supporte ni l’une ni l’autre. Elena, Exofictions putassières est une magnifique trouvaille Bloyenne que je me promets avec votre permission de réemployer.

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  10. Durant le confinement qu’avais-je sous les yeux (outre deux êtres chers) : des objets, des objets et seulement des objets. Dont la matérialité, la stricte utilité, la banalité, la quotidienneté, la laideur, la lourdeur, la présence inconfortable ne faisaient que s’accuser jour après jour. Lampes, nappes, jouets, stylos, étagères, livres, câbles, disques, assiettes, radios, tapis, coussins, peluches, vêtements, canapé, chaises, bassines. Des objets qui étaient nous, et donc pour lesquels j’avais un nouveau regard, de l’intérêt, de la curiosité, de l’affection, et au fur et à mesure un peu de pitié, et qui soudain prenaient une place … mais une place…

    Autre point : immobilité au centre d’une petite ville soudain à l’arrêt, silencieuse et assoupie par obligation. Emploi du temps très chargé. clouée à ma chaise. horizon bouché. L’écran de l’ordinateur. Le goudron de la rue vide derrière la vitre. Je ne sortais et ne marchais que très peu. une fois par semaine.

    Virginia Woolf, tout en en parlant très bien, sait délivrer les objets de leur poids et capter avec finesse les respirations, rythmes et mouvements urbains.
    qu’y puis-je ? alors voilà. Virginia Woolf m’a aérée, m’a soulagée.

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  11. je reviens au Beau Ténébreux et à Gracq. Elena Le texte attribué à Verne se situe p 84 de la Corti lors de la visite du Château. Il réfracte un lieu mythique et improbable vu par le héros. Une exégèse Bachelardienne pourrauit être faite de ces deux montagnes, l’une comme suspendue sur l’eau, l’autre venant d’un astre et laissée à la Terre. La symétrie que forment ces lieux mythiques doit plus à Gracq qu’à Verne, qui fonctionne comme une référence alibi.mais on peut se demander si l’ idée de lieu sacré développée par certains verniens dont Butor dans sa première étude, Serres beaucoup plus tard ne joue pas ici, et, pour la première montagne du Diptyque, s’il ne passe pas ici un souvenir de Lovecraft dont Démons et Merveilles est oubliée après-guerre dans la Belle Infidèle Bergier Cocteau!
    Bien à vous.
    MC

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  12. PS
    Je donne toute l’oeuvre de Virginia Woolf pour le moment ou elle s’enfonce, lestée de petits cailloux, définitivement, dans le ruisseau…L Ouse, ca ne s’invente pas.

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  13. Enfin, non, je la sauve. vous vous croyez spirituel mais Virginia Woll ne mérite pas tel eau-t-eau-dé-fé.

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  14. A propos de Virginia Woolf. Rappelons que le manuscrit de « Entre les actes » fut écrit par intermittences et en partie en janvier 194O.Gardons en mémoire cette date. C’est donc dans une ambiance d’ anxiété après la défaite de la France et la possibilité d’une invasion de l’Angleterre par les troupes nazies que ce texte a été en partie rédigé.. Cet échantillon à canotiers et vestes de cricket, de la petite tribu humaine, si éphémère, si instable, en sa demeure aristocratique est un monde condamné par l’émergence des états totalitaires. Dans cette demeure patricienne à lierre et fauteuils en rotin, on goute une dernière fois une haute bourgeoisie qui s’approprie le monde dans un moment de bascule : sentiment d’une fin d’ innocence paradisiaque pour des bourgeois privilégiés.
    On joue à se maquiller, à se déguiser en rois et reines avec des torchons et des gros draps, on se donne la réplique dans la grange, on papote dans les coulisses, on écoute un fox- trot sur un appareil à manivelle, avant que les bombes ne tombent sur ces demeures à escaliers en chêne centenaire. Virginia Woolf nous incite à penser que ce songe d’une journée d’été sera brulé et racorni comme une lettre jetée dans la cheminée . « Entre les actes « est un tissage de sensations éphémères, fragiles, d’une génération condamnée, qui « nous entraine dans le crépuscule d’un monde curieusement sans rivage. »
    Avec cette prose , s’élève une supplication muette .Une voix nue. Woolf parlait dans son journal de « Nous tous, spectres en errance ». Nous y sommes. Davantage peut-être que dans ses autres romans, on reconnait cet art que l’auteur définissait comme un « vaisseau poreux dans la sensation, une plaque sensible exposée à des rayons invisibles. » Ici, ce vaisseau nous penche et s’incline sous la ligne de flottaison.

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  15. Que voulez-vous, je ne l’aime PAS! Je ne peux me soumettre au diktat d’un quelconque lobby femino bloomsburyen , et oui, je donne tout Woolfe contre Chesterton. Meme celui d’Orthodoxie! Là, il y a une Angleterre qui a de la chair, et qui n’est pas celle, plutôt cachet d’aspirine et anti métaphysique, de Madame Woolfe. Maintenant, on peut toujours préférer les esthètes…Mais pour aboutir à quoi, fors la difficulté vaincue?

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  16. Vous n’aimez pas Chesterton, Paul Edel?! J’avoue de beaucoup préférer cet univers là. Il me semble d’ailleurs que Borges a su en tirer quelque chose…evidemment, ce ne sont que Borges et Chesterton!

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