Carnet breton:la gare maritime

J’écris   ce matin-dans un premier temps-  du côté de la gare maritime de Saint-Malo. Etendue d’eau argentée avec quelques frissons de vaguelettes glissées jusqu’aux traces de rouille d’un curieux varech étroit . Ce rythme berceur mouillé ,floc-floc,  évacue par petites touche les  subliminales palpitations des pensées intimes  mal réveillées et, alors, se  laisse apercevoir une baie  vide, le néant mental absolu et efficace. . Léger scintillement, dernières  images du rêve  de la nuit  qu’on évacue, comme on déplace une toile de  Chirico…  Etre puis devenir, longtemps, sans mémoire, simple flaque   anonyme, méduse  miroitante d’oubli  qui dilue les illusions, noie  les remords, tout le  bordel  du marché social, les aversions superflues, les baratins télévisés. La mer sort de la nuit et  ressemble à un immense  paquebot de luxe  désaffecté  en dérive de tout .    Sentiers d’écume, échanges d’eaux noires sous les pontons,  ruissellements, grondement sourd, claquements de drisses comme dans un atelier de mécanique en plein boulot  ,plainte  haletante de deux humains en train de s’emboiter  par petits baisers léchouilleurs sur la digue.

 La matinée dans  sa brume  à l’horizon découvre   des empreintes  de pattes d’oiseau entre  sable et vase. Pendant quelques minutes, changement,  la  mer est balayées par  rideau fermé de pluie qui nous sépare du monde. Un pan de toit brille noir et nu. La matinée errante se condamne à midi dans ses rumeurs et bavardages. Les saisons d’eau courent  plus vertes  avec des laques grises vers Dinard.  Immense oubli calme et beau vers le large et Cézembre, là où vient de mourir, ou plutôt succomber, l’ ultime  patron de restaurant , cardiaque et bougon , il coassait  tout bas des insultes  à  des clients qu’il n’aimait pas. Oui, Cézembre avait son Misanthrope sur fond de dunes… . Enfin, l’harmonie lente des vagues et son ressac si régulier   réduit la mémoire humaine à  un crachat dans le cosmos… douceur étrange du sommeil, torpeur de quelques nuages    qui se noient  dans les remous d’eau. La Mer ? L’océan ?La Manche grise et nacrée ?   qu’importe, à son contact, on perd  identité,  mémoire, parents, amis, voisins, connaissances vaseuses, tout se mouille et racornit et disparait, grande lessive d’écume.. Lenteur de la matinée, ne plus tendre à rien, enfin   .

 Je m’aperçois en levant la tête,  que vers le large, cette profusion  maritime devient un bocage bleuté , aucun nuage.  Cela vous rend  déjà posthume  ou anthume, que du repos. C’est très agréable cette petite distance, ce monde éclairé à l’envers dans les reflets de ciel qui prend vers midi, une singulière altitude….Alors que l’orage monte  donc  j’écris  dans un petit  café avec  une vieille table en Formica,  au-delà des vitres qui donnent des formes molles au quai et aux pontons ,   des  goélands   secouent  mécaniquement du bec pour  briser   des moules sur le parking, là,  entre les flaques de la dernière averse.

 « Le Pont-Aven »,gros ferry  blanc,  avec ses coulures  de rouille embarque des semi- remorques anglais ou espagnols  dans un bref et régulier fracas métallique ; on voit  à quai un homme   combinaison orange qui détache une aussière   et  deux membres de l’équipage vêtus de combinaisons   bleues, sur le pont,   la  récupèrent .Un couple d’âge moyen, elle en robe blanche toute chiffonnée et un sac en tricot rose avec des anses dorées,  vapote et lâche, dans un nuage bleu cette phrase qui résonne: »L’égoïsme est la plaie de ce pays.. »  tandis que son compagnon en marinière mal boutonnée à l’épaule , et short long d’un orange délavé qui révèle des jambes avec beaucoup trop d’os,  verse un peu de café dans la soucoupe comme s’il voulait  se débarrasser  d’un moucheron en pleine noyade. Il n’a pas l’air du tout de prêter attention à cette  compagne  rousse dont l’ample, la fabuleuse chevelure cascadante ressemble à ces  perruques dégoulinantes en rouleaux  que portaient les courtisans de Louis XIV en écoutant la musique de Lulli.

27 commentaires sur “Carnet breton:la gare maritime

  1. Faut-il lire « Serge Doubrovski lisant Corneille »???
    Charles Dobsinki m’échappe totalement, et ce n’est pas faute d’avoir été cornélien!

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  2. Ai retrouvé quelques réflexions de Mauvaise Langue à propos de critique littéraire,propos tenus sur la RDL de Pierre Assouline.
    « Beaucoup de verbiage pour une réflexion somme toute assez mince. Confusion entre critique qui juge et critique qui analyse. Le critique, si intelligent soit-il, ne sera jamais l’équivalent d’un écrivain, l’alchimiste qui transforme la boue en or. Barthes se ment à lui-même, il n’est jamais parvenu à écrire un roman !
    Toutes formes de critique sont nécessaires et utiles, des commentaires de blog en passant par des articles de la grande presse, plus ou moins pertinent, plus ou moins haineux ou louangeurs, jusqu’aux revues plus ou moins savantes et aux ouvrages universitaires. Même si des journalistes se trompent lors de la sortie d’un ouvrage, leur erreur forme du sens, elles disent des normes conscientes ou inconscientes de l’institution littéraire et il peut être intéressant de les remarquer après coup pour mieux comprendre l’œuvre, son originalité, les changements de normes, de sensibilité, de vision qu’elle instaure peut-être.
    Toute lecture est bonne à partir du moment où elle s’efforce sincèrement de lire avec intelligence et la compétence qui est la sienne. Les grands esprits ne sont pas forcément faits pour se comprendre les uns les autres. Voltaire par exemple ne comprend rien à Pascal, rien à Rousseau. On pourrait citer tant d’exemples. Malgré ses louanges, Balzac ne comprend pas grand-chose à Stendhal, ce que Stendhal découvre immédiatement à la lecture de l’article célèbre qui fait l’éloge dithyrambique de »la chartreuse de parme »
    Il est bon que le critique ne soit rien, ou qu’il sache du moins s’effacer devant l’œuvre pour pouvoir porter sur elle un regard qui soit lavé de ses obsessions qui en déformeront le sens. Beckett lisant Proust en dit plus sur Beckett que sur Proust, Charles Dobsinski lisant Corneille en dit plus sur Charles Dobsinski que sur Corneille, etc. Les lire n’est pas inintéressant mais il faut savoir ce qu’on lit.
    Un critique peut-il juger une œuvre ? On ne voit pas pourquoi il ne le pourrait pas, à ses risques et périls, je dirais. Il le peut mais il engage alors autant sa sensibilité que l’objectivité de l’œuvre. On peut trouver Montherlant insupportable tout en lui reconnaissant une certaine grandeur ; on peut trouver la foi chrétienne de Mauriac bien bourgeoise et lui préférer les tourments dostoïevskien à la Bernanos, on peut juger le premier inférieur au second pour cette raison. Mais tout est en définitive une question tellement subjective ! Néanmoins, il est clair que chaque lecteur a son panthéon intérieur qu’il est prêt à défendre bec et ongle à la première occasion. » »

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  3. Boof, une rentrée sans Lesbos ne serait pas une rentrée, et Madame Slimani a su éveiller des vocations dan la banlieue profonde. C’est le genre de roman qui me fait plutôt fuir…

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  4. Dans la rentrée littéraire, des surprises.
    Ainsi on apprend dans « le Monde des Livres » qu’un premier roman de Fatima Daas , née dans la banlieue ,au sein d’une famille musulmane, est un « roman d’apprentissage lesbien autant que corps à corps avec Dieu. » Plutôt envie de lire un roman d’autant qu’il aborde ce « corps à corps avec Dieu », sujet passionnant et tenebreux…. Au milieu de l’article, on cite Fatima Daas, je lis ceci : « « Pendant ma dernière année au lycée, j’ai gardé les enfants du proviseur. Il était tendre avec ses filles, ça m’a étonnée, j’ai pensé : « Tiens cela existe ? » Plus tard je me suis dit qu’il avait dû être comme ça parce que j’étais là, et que ça cachait quelque chose. A mes yeux, tous les pères sont pourris. Mais pas que. « Depuis je me demande si je dois acheter ce premier roman qui déclare que « tous les pères sont pourris. Mais pas que. »

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  5. Le duo infernal emporte tout sur son passage, M. Court !
    Après Rimbaud, quoi de neuf ?
    (Ne dites surtout pas René Char…)

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  6. Laforgue, Levet , Corbière, Nouveau, oubliés bien mal à propos au profit du duo infernal Verbaud Rimlaine…Pour ne rien dire des grands Belges de la période, Maeterlinck, qui a peut-être vécu trop longtemps, Rodenbach, et Verhaeren, naguère publiés, aimés et lus en ce pays autrefois. Le Mercure de France en a su quelque chose!
    Bien à vous.
    MC

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  7. Il bruine et pluvine sur Saint-Malo , les flaques d’eau deviennent des étangs dans les creux du périphérique.Le bocage vers Dol devient une suite d’éponges trempées vertes d’ entre les nuages à ras de terre.. C’est le moment de penser à Jules Laforgue, mort à 27 ans, dont l’oeuvre raffinée, si musicale, morose,glacée, crispée, violente, est scandaleusement oubliée.
    Voici un début de ses poèmes les plus connus,
    « L ‘hiver qui vient » :
    Blocus sentimental ! Messageries du Levant !…
    Oh, tombée de la pluie ! Oh ! tombée de la nuit,
    Oh ! le vent !…

    La Toussaint, la Noël et la Nouvelle Année,
    Oh, dans les bruines, toutes mes cheminées !…
    D’usines….

    On ne peut plus s’asseoir, tous les bancs sont mouillés ;
    Crois-moi, c’est bien fini jusqu’à l’année prochaine,
    Tant les bancs sont mouillés, tant les bois sont rouillés,
    Et tant les cors ont fait ton ton, ont fait ton taine !…

    Ah, nuées accourues des côtes de la Manche,
    Vous nous avez gâté notre dernier dimanche.
    Il bruine ;
    Dans la forêt mouillée, les toiles d’araignées
    Ploient sous les gouttes d’eau, et c’est leur ruine.

    Soleils plénipotentiaires des travaux en blonds Pactoles
    Des spectacles agricoles,
    Où êtes-vous ensevelis ?
    Ce soir un soleil fichu gît au haut du coteau
    Git sur le flanc, dans les genêts, sur son manteau,
    Un soleil blanc comme un crachat d’estaminet
    Sur une litière de jaunes genêts
    De jaunes genêts d’automne.
    Et les cors lui sonnent !
    Qu’il revienne….
    Qu’il revienne à lui !
    Taïaut ! Taîaut ! et hallali !
    Ô triste antienne, as-tu fini !…
    Et font les fous !…
    Et il gît là, comme une glande arrachée dans un cou,
    Et il frissonne, sans personne !…

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  8. Puisque Pat V-maître Jacques fréquente les deux blogs, je me permettrai de réagir ici à cette tribune sur la rupture doublement relayée jusqu’à l’antre des trolls, en espérant ne pas polluer la côte bretonne.

    Elle m’a fait penser à une tr jolie variation chez Anouilh, à la fin du Rendez-vous de Senlis — & pas seulement parce que l’épouse délaissée se prénomme aussi Henriette (personnage invisible ds la pièce). La rupture à laquelle on assiste n’est pas celle-là, comme pour des raisons de parasitage (d’ « écorniflage », si le mot existait) l’une ne va pas sans les autres (ruptures familiale, amicale & amoureuse), mais bien la rupture avec la maîtresse, Barbara, évincée par l’une des irrésistibles jeunes filles d’Anouilh, Isabelle (schéma inverse de celui de La Répétition ou l’amour trahi).

    [Barbara] Si, je t’assure que nous pouvons nous quitter comme cela. […] Tu n’en peux plus de nous ; je le sais depuis plus longtemps que toi ! Allons, dépêche-toi de nous flanquer dehors. J’ai mal, moi.
    Georges, doucement.
    Moi aussi, j’ai mal.
    [B] Je l’espère bien, Georges…
    J’ai mal, mais il faut que je vous quitte, c’est vrai. Que je te quitte, Barbara. Pour toujours. […] Je ne te promets même pas mon amitié. […] (Plus bas. C’est difficile à dire, et il le dit presque avec tendresse.) Je te promets ma haine. Mon dégoût, Barbara. […] Nous avons tous mené une vie ignoble autour d’Henriette, mais surtout nous deux […] Nous avons fait les gestes de l’amour.
    [B] Les gestes, oui.
    [G] Je te demande pardon, Barbara. • Oh ! tu sais… Il ne faut pas. C’est plutôt moi qui t’en remercie de cette sale vie… […] qu’est-ce que tu veux que je te dise encore ? que pour moi c’était tout simple, toutes ces horreurs… aussi simple que son clair bonheur, pour ta jeune fille, parce que je t’aimais ?

    [Philémon est l’acteur engagé (ds l’intrigue de la pièce, puisqu’il y a comme tjs chez Anouilh du théâtre ds le théâtre) pour jouer le rôle d’un père idéal ; Robert est le meilleur ami (intéressé & dépendant & plein de ressentiment) devenu pique-assiette, & aussi le mari complaisant de Barbara ; il se révèle in extremis non totalement dépourvu de sensibilité]
    [Philémon] C’est ridicule !…
    [Robert] Erreur, monsieur, erreur. C’est pathétique ! […]
    Alors vous allez pouvoir me donner un conseil. Nous avons fini notre scène : comment croyez-vous que nous devons sortir ?
    [Ph] Mais, monsieur, une sortie, cela ne s’indique pas comme ça… Cela dépend de la situation, du personnage. […] Ah ! Ah ! Il y a de belles sorties à faire avec le traître… […] Le regretté Silvain […] sortait presque en courant sans regarder personne. […] Sarah Bernhardt, elle, ne sortait pas. Elle restait en scène, carrément, jusqu’à l’acclamation finale ! […]
    [R] Ne cherchez plus maintenant. Nous avons franchi les trois mètres qui nous séparaient de la porte. Ces trois derniers mètres qu’on met quelquefois des années à franchir et pendant lesquels tout peut recommencer dix fois… Personne n’a bougé ?… Personne n’a prononcé un mot, poussé un cri… Une fois, deux fois, trois fois ?
    [Barbara] Personne. […]

    On entend un bruit sourd dehors. [Georges] tressaille.
    Qu’est-ce que c’est ?
    Isabelle, avec la cruauté tranquille des gens heureux.
    Rien. C’est la portière d’une voiture.
    Ils écoutent, un instant, immobiles.
    Voilà. Le moteur ne voulait pas partir. Maintenant il est parti. La voiture démarre, elle a déjà atteint le bout de la rue. Elle a franchi la lueur du dernier lampadaire. Elle est entrée dans la nuit. Elle n’existe plus.
    [G] Vous êtes terrible, Isabelle…
    [I] Je suis le bonheur. Et c’est toujours un peu terrible, le bonheur.

    P.S. Certains passages du texte de Claire Marin me paraissent assez proches des analyses de Claude Romano (ds L’événement et le monde)

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  9. S’il faut croire wikipedia, le napalm fut déjà utilisé en juin 1944 par les Nord-amérqicains sur l’île de Tinian dans le Pacifique.

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  10. Exact!
    Curieux de voir comment l’ histoire du bombardement de St Malo a été tenue sous le boisseau et combien de temps nos amis teutons ont porté dans des revues historiques le chapeau de la destruction de la vieille ville…

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  11. Cezembre portait il y a quelques siècles un Couvent connu pour avoir renfermé le Manuscrit de la Chanson d’Aquin, très étrange histoire de Roi Oriental (Hakim?) arrivé sur la cote bretonne, et, selon la mythistoire, ancêtre du Connétable Du Guesclin qui, en Espagne aurait rêvé de reconquérir « ses terres » marocaines…De singuliers fantômes hantent ce lieu, alors un Alceste restaurateur, c’est dans l norme!
    Dans la galerie des originaux bretons , il faudrait qu’on s’intéresse au Père Hardouin, Jésuite, sorte de Pablo 75 inversé, pour qui les Pères de l’Eglise avaient été créés de toutes pièces . St Augustin et bien d’autres devenaient des fictions littéraires…La preuve de cet étrange complot ne fut jamais trouvée…Je ne sais pas pourquoi, je pense à Peisson en lisant la description des flots.
    Bien à vous.
    MC

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  12. Merci PE de me laisser répondre ici à DHH et rôz de la RDL, puisque le blog à Passoul ne veut pas prendre ce message. allez avoir why. Et puis, c’est un peu un hommage à Saint-Malo, vous conviendrez q’uil peut avoir sa place ici, n’est-ce pas ?
    _____________

    @ DHH, Merci DHH pour cette très aimable mise au point. Et pour ce témoignage vécu sur M-J Dury, j’étais sûr de vous.
    Sur MJ Dury vs Foucault, je vérifierai un jour quand j’aurai ma bibli sous la main.
    Oui, il y a énormément de choses dans les MOT. On passe sans cesse de l’agacement au (sou)rire, de l’ennui à la surprenante accélération des images, de la méditation mièvre à l’orgueilleuse sculpture de soi pour l’éternité. On est sans cesse foudroyé par la grandeur abyssale d’un style à couper le souffre (sic), par d’étonnantes et multiples inventions langagières…

    @ rôz. sur Marie-Caroline, à Ferrare où l’attend FR depuis 15 jours (1833), il raconte son arrivée à la manière d’un vaudeville des plus comiques, dépeignant une vraie foldingue de napolitaine… Elle avait préparé son futur gouvernement (en y incluant FR), après des intrigues romanesques exaltées et totalement surréalistes pour renverser l’usurpateur Philippe-Egalité. – Il raconte sa visite toute affaires cessantes à la tombe du Tasse, un vrai morceau d’anthologie ;… et sous une plume amusée plutôt que mordante, ceci. On venait acclamer l’auteure du Génie du Christianisme, ce qu’elle ne démentait pas, pendant que lui se trouvait « rencogné » (en 1er gentilhomme de la Chambre). Description de l’allure de l’engin : « La princesse était extrêmement drôle : elle portait une robe de toile grisâtre serrée à la taille ; sur sa tête, une espèce de petit bonnet de veuve, ou de béguin d’enfant ou de pensionnaire en pénitence. Elle allait ça et là comme un hanneton ; elle courait à l’étourdie, d’un air assuré, au milieu des curieux, de même qu’elle se dépêchait dans les bois de Vendée. Elle ne regardait et ne reconnaissait personne ; j’étais obligé de l’arrêter irrespectueusement par sa robe ou de lui barrer le chemin en lui disant (…). Elle s’arrêtait, disait quelques mots en italien ou en français, pas trop justes, mais rondement, franchement, gentiment, et qui, dans leur déplaisance ne déplaisaient pas : c’était une espèce d’allure ne ressemblant à rien de connu… »
    … Pour en arriver à (car il perdait jamais le nord, le Françoué)-, cette chute merveilleuse de fair-play bonhomme et d’ironique tendresse, au sujet du mélange de leurs renommées respectives… : « La princesse était charmée d’avoir fait un ouvrage en quatre volumes, et moi j’étais fier d’avoir été pris pour la fille des rois »
    (Sacré René, va !)
    Bàv deux

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  13. JJJ, je transcris l’interprétation de l’auteur du texte mis en lien. Je n’ai pas d’avis tranché là-dessus. Le tableau m’intéresse après la nomination de ce peintre par PAUL Edel.
    Pour les images, c’est simple. Vous agrandissez l’image que vous avez choisie en cliquant dessus puis vous cliquez sur copier l’adresse de l’image.
    Ensuite vous venez ici ou sur votre blog favori et vous cliquez sur coller. Apparaît la numérisation du lien et vous mettez votre email ainsi que votre Nom.
    Rien de plus simple!
    Je vous envoie l’étal de mon charcutier vue au travers de la vitrine. Tomates farcies pour tous! ( Désolé Paul Edel pour cette incise technique!)
    https://scontent.fcdg2-1.fna.fbcdn.net/v/t1.0-9/117725238_922163241522727_1671625378243162293_o.jpg?_nc_cat=100&_nc_sid=5b7eaf&_nc_ohc=7C5DhSr2_aoAX-N5WZZ&_nc_ht=scontent.fcdg2-1.fna&oh=367492ad926c6694aa33e1dcdbac4240&oe=5F5BE463

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  14. A force de se perdre dans les méandres du Manuscrit trouvé à Saragosse -et, qui sait, de contempler la Duchesse d’Avila, notre Van Worden, qui n’est pas un Alphonse, se mélange les pinceaux David Caspar? Plutôt Caspar David. Ou Frédéric, comme l’appelait David d’Angers, le seul français à l’avoir vu et compris.

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  15. Comment réussit-on à incruster un tableau et à le commenter sur ce blog, Pat V ? Votre interprétation me parait trop charitable. J’ai toujours plutôt pensé que cet homme se masturbait à l’idée d’aller rejoindre Juliette Récamier, en imaginant leurs orgasmes à venir.

    Aujourd’hui, P.E,, 15 août 2020, à 17 heures, je viens d’achever l’intégralité des Mémoires d’Outre tombe (et ses corrélats) entrepris il y a deux ans avec les commentaires de Jean-Caude Berchet. Et je suis heureux d’avoir suivi votre conseil alors que vous ne saurez jamais à quel point je puis vous en être reconnaissant.
    Cela dit, je ne suis pas encore prêt à le rejoindre, un crucifix à la main. Cet homme eut sa phase d’un « démon de midi » vers 62 ans, comme moi à 65, après avoir décidé de mettre un terme aux 29 années de son édification.
    Quoi de plus humain que de vouloir encore semer à tous les vents bretons sans plus trop se soucier de postérité ?

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  16. En parlant de peinture, bravo au photographe pour la seconde photo : un superbe Gustav Friedrich!

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  17.  » Regardons de près le tableau de De Chirico qui a fait descendre d’autobus, à quelques années d’intervalle, André Breton puis Yves Tanguy. Le père moustachu et barbichu, au torse nu et au bras gauche ballant, ferme les yeux et se tient immobile. Parfaitement concentré, n’est-il pas en train d’uriner sous nos yeux ? Si le rideau à demi tiré dissimule le bras droit de l’adulte ensommeillé, l’étagère, sur laquelle repose un livre à couverture jaune dont le signet rouge avance vers nous, surplombe un pot de chambre. On se croirait dans l’espace confiné d’un urinoir. »
    http://www.philosophieetsurrealisme.fr/breton-reve-de-vache/

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  18. Léger scintillement, dernières images du rêve de la nuit qu’on évacue, comme on déplace une toile de Chirico…
    Bon, pas de lien, mieux vaut que l’on se l’imagine, Paul Edel!
    Mais…

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  19. C ‘est un Dubout, ce n’est déjà pas mal! Le grotesque fait trop rarement irruption ici pour qu’on ne le salue pas.

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  20. Moi je retiens surtout ce très beau mot de Cézembre !
    Et j’imagine déjà le titre d’un roman : « Cézembre en décembre »

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  21. C’est bien beau, paul, ce vent du large…, mais la chute sur Lulli (?) un brin décevante…
    Du dépit amoureux, peut-être, entre Jacques et Christiane ?

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