Ann Beattie, c’est vraiment bien

Lisez ce volume poche « Nouvelles du New yorker » d’Ann Beattie.

Des week-ends dans le Vermont en automne, de jolies maisons d’été  en bord de mer,  des fêtes de famille régulières à l’autre bout des états unis mais dans une maison d’enfance qui ressuscite des souvenirs,  et  qu’on appréhende , des  anniversaires qui permettent à la narratrice une auscultation de secrets des malaises de familles  mal récomposées voilà les thèmes d’Ann Beattie.

Les personnages  sont profs,  ou dans la pub, ou un emploi de bureau confortable et rasoir, ils   préparent   des diplômes , appartiennent   à  la moyenne haute bourgeoisie aisée qui passe ses week-ends en jardinage, à, jouer avec le chien, à recevoir des voisins militants de quelque chose ou de nouveaux  végétaliens. Presque tous   vivent à  New York. Ils passent pas mal de temps, comme dans les films de Woody Allen, dans des musées, ou jouent du piano, s’endorment avec un casque sur les oreilles en écoutant du Brahms, chassent l’opposum autour de la piscine , pianotent du  Rave ou du  Scriabine (une femme  joue des morceaux à quatre mains, nue dans son salon..) bref ils sont « branchés ».

Ce qu’on note surtout  c’est qu’ sont plutôt charmants, ;  qu’ils frôlent la déprime attendent out d’un coup de fil,ont une peur bleue d’être de mauvais gout, évitent de se prendre pour importants. L’autre  qualité  de ces  16 nouvelles c’est que ces  solitaires dans bungalow climatisés  haussent rarement le ton, ne parlent pas comme dans les livres, ont souvent une cocasserie triste, mais leur tristesse recèle   une parcelle de stoïcisme qui nous change des insupportables  performances  narcissiques d’un Carrère bien-de-chez-nous.     Parfois, un fille paumée avorte seule dans son coin et là, on n’est plus dans l’espièglerie d’enfants gâtés, mais dans une minuscule tragédie. Anne Beattie  nous épargne  des passés simples  et comme les vrais grands écrivains elle semble écrire avec aisance,  en se parlant un peu à elle-même,  avec ce charme fait de concentration et de pudeur. L nostalgie  est un peu le  sentiment  qui enfle d’un coup chez les personnages. Ils   regrettent  a peu près tous leur période étudiante ou leur adolescence, ou leur premier flirt. Ils ont presque tous un premier mariage raté et tous sont frappés par ce  malaise diffus  qui vus prend en  ouvrant vos agendas fendillés  des années évanouies. Les sensations son exacerbées par des riens : c’est un copain qui en fait trop dans une soirée arrosée, un temps mort au milieu de l’après-midi, des parents vaguement oppressants dans leurs  judicieux conseils.   Les constellations familiales sont  compliquées  dans leur fausse familiarité, des  jeunes parents ont presque honte de leurs faiblesses devant des bambins. Les  divorces  ne cicatrisent pas. Aucun n’échappe   à  l’ombre bleue d’  un malaise existentiel  qui vous tombe dessus dans une cuisine, quand les invités sonnent à la porte, devant le volant ivoire   d’une Thunderbird, face  à  un vieux post-it collé sur un frigo.. Toujours quelque chose de latent et d’inquiétant  surgit au moment le plus inattendu. La navette entre présent et passé apporte, comme un chalut,  de curieux débris. Beattie  réussit une espèce de ralenti de la vie intérieure alors que souvent, au cours d’une réunions familiale,  l’enregistrement sismographique des émotions s’emballe pendant quelques minutes  puis retombe  et s’oublie dans un bavardage culturel. Les maladies, ici, sont couvées. Comme on a parlé de concordance des temps en grammaire, ici, on pourrait parler de discordance des temps à l’intérieur de chaque personnage, à l’intérieur de chaque famille, à l’intérieur de chaque couple. On ne s’habitue pas du tout  à  vieillir, par exemple, aucun personnage n’y échappe   et la question est si aigüe  que  je me demande ce que publie  alors cet auteur qui atteint  les 73 ans !.. Ecrit-elle encore ?Mystère.

 De toute façon, avec sa sensibilité je la plains et je la comprends. Cette longue  croisière inexorable dans les vaguelettes  de   l’âge adulte, Ann (oui, on a envie de la tutoyer) la cisèle par toutes petites touches. Poésie et vérité  serties  dans  une savoureuse cruauté . des phrases limpides qui font dire aux professionnels de la critique américaine  qu’elle est minimaliste.

L’auteur avec quelque chose de sournois et de pince sans rire  pour analyser obliquement les flirts  ratés. Tres forte, cette Ann,  pour les    conversations bancales, les sous-entendus  douloureux et mal cachés, les peines de cœur qui n’en finissent pas et qui tombent comme les neiges dans le Vermont,  légères et tendres dans leur blancheur… Il y b a  des  montées d’angoisse subliminale que le lecteur pourrait rater s’il lit ça comme du Simenon entre deux TGV …Pas mal de critiques ont parlé des cruautés  cachées des amertumes, des frustrations vagues et dans la lignée de  Harold Pinter. Moi, je trouve surtout  une terrible douceur féminine solitude  cernée avec tendresse  et  qui n’en finit pas de s’exprimer délicatesse,  et qu’on ne trouve pas dans la cruauté menaçante, la hargne noire  des francs salauds, l’éclat métallique  qui caractérise   les pièces de Pinter.

  Autre grand intérêt. Dans ces 16  « nouvelles du New yorker » publiées entre  1974 et 2004 on voit s’approfondir l’art de l’auteur.  Elle déploie une virtuosité  dans les retours vers le passé, qui viennent contaminer le présent et le vider de sens. Pourquoi changer de partenaire ? Pourquoi les enfants deviennent des  sournois étrangers ?  Pourquoi les gens se croient obligés d’être drôle quand vous êtes au fou du trou ?Mais chez elle, sans insister, tou_t est moiré, lissé.l’échec  rode mais elle traite ça avec ironie, ce qu’i l’a visiblement éloigné des lecteurs francais qui n’ont pas acheté ses livres et notamment ce succulent recueil de nouvelle. Oui, il faut avoir l’ouïe fine pour l’apprécier..

Le plus étonnant dans le cas de cet écrivain née en   1947 à Washington DC et passé par Harvard College c’est que tres vite  elle est remarquée. Elle réussit  brillamment son entrée littéraire dans les années 70 en publiant ses nouvelles dans les plus prestigieuses revues, « The Atlantic  Monthly »  et surtout » The New Yorker, où John Updike la remarqua et l’apprécia. Elle exprime  parfaitement  sa génération élevée entre Reagan et   Bush, dans une  espèce de dérive  molle inconfortable. Une génération  flotte à la surface de sa vie sans arriver à la pénétrer et encore moins à l’orienter.  Génération qui   croit modérément aux soins de psychiatres lourdauds.

Ann Beatti

Il n’est pas rare  qu’une épouse en  plein bovarysme  vienne se réfugier  chez une  copine de lycée et qu’on boive du gin en chemise de nuit jusqu’à pas d’heure. On restera sur cette image .

Ma génération,une présence au monde si particulière…

  Ma génération, une présence au monde si particulière…

  Je fouillais samedi  dans mon bric à brac  d’étagères et de valises  et j’ai retrouvé le DVD  du film « Au fil du temps » de Wim Wenders  (né en 1945) . C’est un film  contemplatif sorti en 1975  mais qui  ressemble diablement  au un  manifeste  générationnel.  De quoi  s’agit-il ? De deux jeunes hommes sillonnent la région frontalière entre l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est .  Bruno Winter est un réparateur de projecteurs de cinéma .Il    va de villages en  villages (comme son ami  l’écrivain Peter Handke, qui reste  son scénariste préféré)  dans   son grand camion de déménagement dans lequel il vit. Il fait la rencontre de Robert Lander qui vient de quitter sa femme et vient de jeter sa Volkswagen dans l’Elbe dans un geste  à la fois vaguement  suicidaire et bouffon.

Au cours de leur périple, ces deux-là  font la rencontre d’un homme dont la femme vient de mourir dans un accident de voiture qui était peut-être un suicide. Robert, lui,  rend visite à son vieux  père imprimeur  et lui  imprime une implacable lettre de reproches  en beaux caractères en plomb .Dans ce geste, une génération  se sépare de la précédente , avec violence ce qui, dans l’Allemagne de 1975renvoie inéluctablement au passé nazi, et à la « faute » des pères.

Au fil du temps de Wim Wenders

Mais dans le film, Bruno fait la  rencontre d’une femme, douce, belle, au regard tendre et mélancolique, interprétée par  Lisa Kreuzer.   Cette idylle fargile, pudique, ébauchée  semble éphémère déjà condamnée dans ses début.  une escapade à moto, une visite dans une maison d’enfance : on retrouve  le thème si germanique du voyage de formation,  du « Wanderer » qui va à la rencontre du monde pour le sonder , mais aussi pour se délivrer d’un passé pesant. Donc, c’est un film d’apprentissage  par étapes  par étapes qui place en son centre  un discret hymne aux fleuves qui rappelle Hölderlin et ses Hymnes   puisque Bruno et Robert passent de l’Elbe au Rhin. Tout ceci  et finit dans un poste de surveillance désaffecté de la frontière entre les deux Allemagne. On note aussi  remarque que Bruno est un vivant volontairement en marge de la société. Il va à son propre rythme, , contemplatif . Robert, lui, ne tient pas en place. Il doit être constamment en mouvement, il cherche  une voiture, un téléphone, un vélo, fugitif , écorché par une rupture amoureuse .Une image résume  le personnage: il est sur un vélo dans une minuscule courette  tente vainement de faire du sur-place.

A revoir ce film de 1975, je me dis qu’il est devenu une « œuvre-manifeste « d’une génération », la mienne, née pendant la guerre et qui découvre le paysage européen après la bataille. Curieuse génération d’écrivains, en fuite du vieux monde  et qui prend le voyage  et la recherche d’un ailleurs, d’autres horizons,  pour emblème . L’errance Rimbaud n’est jamais loin, ni sa soudaine aphasie poétique tant ils se méfient des mots et des grandes attaitudes des maitres à penser et moralistes de la génération précédente. .

Peter Handke

Je pense à Le Clézio né en 1940 , à Handke,autrichien né en 1942, à Botho Strauss, allemand  né en 1944.

1975 est une année clé pour cette génération d’écrivains à carnets et notations exactes  c’est une année où ils publient une de leurs œuvres majeures. Le Clézio,  publie « Voyages de l’autre côté » récit de voyage initiatique auquel nous entraine Naja Naja , être mi –réel mi fantastique ,jeune femme  présente dans la nature : dans les gouttes d’eau, dans les rivières, dans la fumée ou dans les flammes. Elle n’apparaît qu’à ceux qui savent le lien mystérieux entre la Nature et eux. Il faut savoir qu’entre 1970 et 1974 Le Clézio a partagé  les vie des Emberas et des Waunanas,peuples indiens du  Darien panaméen. On ne peut mieux exprimer sa méfiance envers le monde  moderne et matérialiste.

Handke  publie « Faux mouvement » et « l’heure de la sensation vraie ».Dans ce dernier ouvrage il écrit : » Pour moi ce sera l’eau qui coule dans le caniveau, la surface douce et brillante du cirage dans la boîte neuve, le lit avec les draps frais, la vue d’un homme âgé et pourtant encore curieux des choses. » On retrouve donc chez lui, comme chez Le Clézio, une redécouverte du monde réel « Je ressens le désir de réel. Trouver ce qui existe, ce qui entoure, sans cesse dévorer des yeux, reconnaitre le monde », écrit-il dans « L’inconnu sur la terre » de 1978.C’est  la tentation même de cette génération, mais dans un  double  mouvement que le titre « le livres des fuites » résume bien.  D’un côté fuite   même panique devant les grandes villes bétonnées,  révolte adolescente   et évasion devant un monde Gaullien Adenauerien  qu ’ils n aiment pas et n’est pas le leur..
Chez ces écrivains ,on suit  un apprentissage lent et méthodique  de la sensation vraie dans la marche, la déambulation, le parcours, la quête solitaire dans sa version plus ou moins hippie.. Plus tard, l’âge venant  ces écrivains   reviendront  sur le passé  avec une plongée dans les filiations et le  raccommodage  des   généalogies.

Le Clézio  cherche   évoque ce  père disparu en Afrique, il retourne vers  l’ile Maurice pour retrouver ses oncles et tantes ..Vers  un âge d’or ? « lorsque  je me rends à Maurice ,je me sens physiquement chez moi », répète-t-il dans les entretiens.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               Avec « le malheur indifférent » Handke  reconstruit une image  en mosaïque  et douleurs de sa mère et de sa famille d’une étonnante authenticité.

Avec  « Couples, passants », Strauss affirme : »Nous ne vieillissons qu’en décrivant des cercles toujours plus larges de mémoire autour de notre lieu unique de naissance, le national-socialisme allemand. La distance s’accroît, mais jamais nous n’échapperons à cette détermination concentrique.(..) Jamais on n’a atteint de véritable solution, jamais on n’a pu dissoudre le lien. »

 Ce retour sur le passé au mitan de leur âge  s’accompagne dans cette génération d’une méfiance  évidentes envers les  clichés littéraires et une suspicion toujours aussi grande envers les formes traditionnelles du récit, comme si le Nouveau Roman avait laissé profondément en eux sa trace de modernité. Ils  dédaignent  de leurs textes les  idéologies de l’engagement, façon Sartre , autant  que les narrations balzaciennes avec  auteur tout puissant. On peut trouver dans cette commune  ligne de défiance,  une morale d’écart, de distance, de modestie,  comme si leurs états d’âme subjectifs les reliait avec plus d’authenticité et  plus naturellement à la situation générale dégradée de la planète.

Ils sont plus sensibles aux lames de fond  des bouleversements économiques  et  écologiques qu’aux simples visées politiques qui leur semblent dérisoires .Leur enfance d’après guerre   dans des vilels en reconstruction  les a prédisposés  à s’interroger sur ce nouveau matin du monde après guerres,famines, morts, ruines,Shoah. Même le terreau culturel est mis en question.

Botho  Strauss publie en 1976 « la trilogie du revoir » qui lui vaut la notoriété. Dans lequel  il  met en pièces et à nu  les clichés intellectuels sur l’art !

 L’autrichien Handke, l’allemand Strauss et le français Le Clézio réinventent  en tâtonnant-comme en écrivant sur un cahier d’écolier avec des ratures-   l’authenticité d’une présence humaine  individualiste –même égotiste-   au sein du monde. Ils  refusent la société moderne matérialiste et consumériste en pleine éclosion dans les années 60

Dès 1966  le niçois Le Clézio  pose les jalons de cette génération en fuite,comme les personnages de Wim Wenders. Avec son héros , Adam Pollo, grand solitaire vagabond, personnage  insoumis ,sans doute déserteur au moment de la guerre d’Algérie,   personnage balançant entre extase mystique  sur les toits de la ville et panique devant les nouvelles fourmilières humaines.

 les héros de Wenders, ceux  de Handke, ressemblent à  Adam Pollo, :ce sont des solitaires saisis par un désir d’ensauvagement. Triple  défiance : envers les villes et les contemporains, défiance envers  les lieux communs et les clichés de la littérature, remise en question du  « contrat social ». Ils affirment tous que les relations  humaines  deviennent précaires  et fuyantes entre les personnages. C’est le dramaturge  Botho Strauss   le plus décapant. Ses pièces de théâtre. Dans « grand et petit » les discours altruistes sonnent aussi faux que les attitudes égoïstes des clients de l’hôtel où se passe l’action. impressions morcelées, sentiments fuyants,  discours amoureux troué ,au bord du vide . Chez lui le bavardage humain devient un raffut, un brouillage.

Chez eux mêles distances, même à l’égard des medias dont ils se méfient comme de la peste.  Dans les années 70 ,époque impossible d’avoir un entretien ou une image de Le Clézio,ce n’était pas la Statue du commandeur nobélisé ,mais l’homme aux semelles de vent.. Même difficulté avec  le pmremier Handke. Aujourd’hui il reçoit dans son pavillon de Chaville avec une exquise courtoisie.  Strauss refuse poliment  les rencontres, même avec ses metteurs en scènes..  

Botho Strauss

Tous trois   passent  en pertes et profits  les grandes utopies lyriques  de la Gauche d’après-guerre  Ils accumulent  des journaux fragmentaires, des instantanés émotifs, avec  une célébration de la Nature néo-romantique. Oceans ou champs vides avec pylônes. Clézio  chante   les déserts,  les bords de mer, rejoint  des iles. Handke  cherche une  piété , son eau lustrale,  dans    les  sous-bois, traverse les villages .Dans un de ses plus beaux textes « Mon année dans la baie de personne »  il met en scène son double Georg Keuschnig, écrivain autrichien habitant près de Paris. »La baie de Personne »  est un refuge écologique  mais  cet humble endroit de banlieue tranquille  est ouvert sur le monde entier par le jeu du souvenir, de l’attente, des clartés du ciel, des soirs d’hiver   et des amitiés.
C’est à la fois solitaire et unanimiste. Der Wanderer, au sens romantique, c’est lui.

Et le thème du  couple ? Là encore  éloignement   du couple traditionnel . Recomposition délicate,  rapprochement difficile  avec les femmes de leur génération. Dans les textes de  Handke, Le Clézio et Strauss , se multiplient  les liaisons  éphémères. Aucune jubilation lyrique. S’il y a rencontre, c’est sous le signe de   point de lendemain. Pas de grande passion  mais de brèves rencontres avec  des malentendus qui naissent dans  le silence. Ce point de vue masculin, cette  visible déchirure , cet  embarras entre hommes et femmes , ces  couples de passage, suggérés plutôt que clairement  analysés,  tout ceci contraste violemment  avec les déclarations  tonitruantes   et les revendications  si précises des mouvements féministes  de l’époque.

Handke : « La littérature a été longtemps pour moi le moyen, sinon de voir clair en moi-même, du moins d’y voir un peu plus clair. […] Certes, j’étais déjà parvenu à la conscience avant de m’occuper de littérature, mais c’est seulement la littérature qui m’a montré que cette conscience de soi n’était pas un cas isolé, un „cas“, une maladie. » .On voit avec quelle prudence Handke s’exprime …Dans   La Leçon de la Sainte-Victoire (1980) Handke   trouve son lieu dans la « maison des couleurs » et suscite son espoir en une forme d’écriture qui permette de voir les choses selon un rapport  vrai  et non plus  dans un tas de clichés  médiatiques.

 Je me retrouve dans génération   et j’aime  cette réflexion de Botho Strauss dans « Les erreurs du copiste » : 

»Je m’étonne. Je m’étonne simplement. Cet étonnement qui ne connait ni acquiescement  ni négation s’étend à de plus en plus de chose. Il se mêle à la pensée, à l’action, à l’amour. C’est une disposition qui manifestement apprend plus que je ne suis capable d’apprendre en pensant, en agissant ou aimant. »