Miroirs noirs» d’Arno Schmidt, volcan expressionniste

Publié en 1951, à 37 ans, par un  écrivain autodidacte, iconoclaste, anarchiste, qui deviendra célèbre en 1953 en Allemagne de l’Ouest  avec le scandale de « Scènes de la vie d’un faune », le roman    « Miroirs noirs » relève  d d’un genre étonnant,  la science-fiction post-apocalyptique.

 Schmidt ,né en 1914 à Hambourg  imagine que l’Allemagne, entre 1960 et 1962, a subi une catastrophe nucléaire. La Troisième Guerre mondiale, nucléaire est terminée depuis des années (le roman fut rédigé en 1951, en pleine guerre de Corée) et elle a dévasté la presque totalité du monde habité.

Le lecteur  partage l‘errance d’un survivant.  Monologue de solitude donc.

Arno Schmidt

Ce survivant-narrateur  sillonne donc  à vélo une  partie de l’Allemagne du Nord sans –dans un premier temps-  rencontrer âme qui vive.  La lande du Lunebourg -si chère à l’auteur- constitue le décor principal. La structure du récit  en fragments et mosaïque d’instants,  déconcertera  ceux qui  attendent  une prose fluide classique. Dans ce livre – errance Schmidt procède par   messages brefs, descriptions-minute,  objurgations,  apartés, cassures de rythme , rafales d’images incongrues,  goguenardises,  familiarités, usage  de néologismes, ruptures de ton .On peut dire  qu’il triture  et met dans l  ‘essoreuse  la   langue allemande rigidifiée et déformée par 18 ans de nazisme.  Notes  elliptiques, parenthèses, renvois, langue populaire accolée à l’érudition, exclamations et ricanements soudés aux descriptions-fusées, tout un art des mélanges explosifs et d’images dispersées comme des éclats rageurs sur la page. C’est volontairement expérimental et déflagrant. Travail de haut vol  et splendide pour le  traducteur  Claude Riehl, qui est aussi un commentateur hors pair de cette œuvre.

Pour un lecteur français, on remarque  un  mélange de colère, de gouaille, d’imprécation, de rigolade, de solitude  ricanante et anarchisante,  et surtout une fascination pour un monde qui s’écroule et  rappelle parfois  le    Céline ricanant morbide   de « Nord » .  

 Exemples de ce style :

«  Dehors :dans le temps ça devait être assez coquet ; là maintenant le jardin pendait en loques autour de la maison creuse. De beaux et vigoureux sapins cependant. Des murs gris d’où dodelinaient des herbes grises, des lupins aussi et du plantain(..)

Du bruit dans la chambre voisine : un renard ! l’intendant aux cheveux roux se faufile  sans gêne entre tous les meubles dehors, dans la nuit borgne. Dérouler les couvertures, chercher de l’eau dans le ruisseau, la bougie sur la table filait pendant que j’examinais la carte(Même le  poêle tirait encore bien(..) »

George Grosz

Un jour,  le narrateur  prend un vélo muni d’une remorque  et  monte vers Hambourg.  Il roule  parmi des  débris du bombardement nucléaires et par  des routes défoncées  envahies d’herbe. On remarquera au passage que  ce cycliste est aussi particulièrement cultivé, car il  déclare : «il faudrait un récit où Ulysse et le Hollandais volant seraient un seul et même personnage. Le vent se leva et les grands sapins parlèrent d’une voix grave et mugissante. Que l’humanité ait dû recourir à 3 géométries pour se faire une représentation du monde est un sujet qui mérite encore  réflexion :l’euclidienne du temps d’Homère (l’oikoumenê en tant que surface plane) ; puis Cosmas, dont le terrarium représente en faut un morceau de pseudo sphère avec la <montagne du nord> pour pôle, et qui  prévalu pendant des siècles ;et enfin la surface du géoïde ;interessant.je n’avais plus vu d’être humain depuis cinq ans. Et n’en étais pas fâché . » Cette  dernière réflexion est  caractéristique de Schmidt lui-même : misanthrope grand teint, pacifiste virulent , parti en croisade contre Adenauer »et sa clique » .

 Cette randonnée post-apocalyptique est menée à coup de pédales sur le  vélo brinquebalant : « Frein-pédale : (qui couine quand je m’arrête ; je m’en vais te huiler demain). Par précaution je braquai le canon de ma carabine sur l’épave crasseuse : épaisse couche de poussière sur les vitres ; je dus taper dessus avec la crosse pour que la portière s’ouvre un peu. Vide à l’arrière ; une madame squelette au volant (donc comme toujours depuis ces cinq ans !) ; well : vous souhaite bien des félicités ! Mais il commençait déjà à faire sombre, et je ne faisais toujours pas confiance au crématorium : fougères-traquenards, railleries d’oiseaux : j’étais paré avec dix coups dans l’automatique : donc tricotez gambettes ! »  L’errance  réserve bien de surprises dans un paysage que la bombe à neutrons a rendu particulièrement expressionniste : (« la lune laconique le long de la route en miettes(herbe et chiendent ont défoncé la chape de goudron sur les bords, si bien qu’il ne reste qu’une piste de deux mètres au milieu :suffit largement pour moi ! »)

Schmidt dans sa lande

Plus loin :« Comme toujours :les coquilles vides des maisons. Bombes atomiques et bactéries avaient fait du bon boulot. Mes doigts machinalement ne cessaient d’actionner ma lampe de poche à dynamo. Une chambre, un mort : qui puait plus fort que douze hommes réunis :le voici Siegfried au moins dans la mort(rare, soit dit en passant, que ça sente encore ; tout cela était trop ancien, trop loin).Au premier étage presque ne douzaine de squelettes,(on les reconnait aux os du bassin) ».

Notre cycliste remonte vers Hambourg, s’offre un petit tour de voile sur l‘Alster  puis pénètre  dans la bibliothèque universitaire sépulcrale et déserte. Là il dresse la   liste des livres qu’il doit faucher : »romans baroques ; un grand ouvrage sur les costumes ; le ETA Hoffmann d’Ellinger (j’avais déjà 300 volumes à la maison ; m‘en fallait encore 200 environ) ».

Dans le  musée des Beaux-arts il cherche aussi des atlas géographiques  (« puisque les frontières politiques se modifient tous les dix ans ! »)  et tombe en arrêt, admiratif pour le peintre, lithographe, caricaturiste, souvent d’inspiration fantastique, Andreas Paul Weber (« et hop dans le sac à dos »).  Ce dernier  fut comme Schmidt pacifiste et anti-nazi. Il s’empare aussi de gravures de Piranèse et de Jacques Callot. Pas mauvais choix entre nous..

Au deux tiers du roman,  alors qu’un matin il   se promène  prudemment avec deux fusils dans ces espaces  à la Tchenorbyl,  il cale ses jumelles sur une branche morte et  sent une présence. Une balle ricoche près de lui. Cette silhouette se révélera être une femme, Lisa, qui a traversé une partie de l’Europe depuis l’Ukraine en passant par Berlin. « Le vent soufflait dans la voilure de ses boucles, écrit-il,  des épaules blanches baguenaudaient de l’avant sous une robe ; ses yeux parurent à droite, à gauche, tantôt concentrés et moqueurs, tantôt dilatés et horizons, et avec ça la chasseresse sifflait, that it would have done your heart good to behold. »

Avec un humour très propre à Schmidt, l’auteur  expédie l’idylle entre Lisa et le narrateur. Chamailleries, taquineries, malentendus  caprices se multiplient. La sauvageonne qui fume des paquets de Camel se livre assez vite  à des nettoyages autoritaire. Elle devient une ménagère maniaque « aimable comme une matrone ». la vision pessimiste-certains diront aujourd’hui « machiste »  de Schmidt éclate entre ces deux survivants !Lisa la « putzfrau »   impose son ordre, change de place les tasses sur la table du petit déjeuner. Le meilleur est à venir : pour   l’anniversaire de Lisa,  le narrateur lui confie  dix pages d’un cahier dans lequel  il noté des souvenirs d’enfance. Ils sont surprenants  car vus par un petit garçon  qui décrit tout à hauteur  des canapés et de  pots de  plantes vertes. De son  balcon,avec vue sur des immeubles maussades,  l’enfant Gulliver, (annonce-t-il le nain Oscar Matzerath du « Tambour » de Günter Grass ? oui. ) surplombe des lignes de chemin de fer pour  dénoncer la tristesse ciment gris d’avant-guerre..

Schmidt nous régale alors  d’ un morceau de  virtuosité  dans son style   zébré, déformé,  à base  de collages  , de couleurs saturées,  de perspectives brisées, ce qui nous rappelle  que son inspiration est clairement  dans le sillage et la continuité  des lois de cet art expressionniste né après 14-18.

dessin d’Otto Dix

 Donc, on saute d’une  après -guerre à l’autre.  En peinture, au cinéma (avec Caligari)  ,en poésie(Trakl) , cet art « expressionniste »    démasque la brutalité, la folie du temps de guerre, et la forme de démence qui s’empare non seulement de la réalité quotidienne, cassant les paysages, mais alternant et déformant  aussi les esprits. Schmidt est un admirable expressionniste. Etats de transe, somnambulisme, terreurs , pulsions animales, naturalisme  inscrit dans  une vision apocalyptique, oui, la prose concassée de  de Schmidt rejoint les  peintures  de  Max Beckmann, de Klee, les dessins rageurs  de Grosz, les, portraits brutaux de proxénètes et de prostituées d’Otto Dix,  l’œuvre graphique au noir de Kathe Kollwitz,  les  grandes barbouillures océaniques   saturées de Nolde. Il faut ajouter  que les nombreux jeux d’optique, déformations visuelles, brusques zooms, plans cubistes ,plans photographiques inclicnés, nous rappellent que Schmidt se  munissait  en  bon expressionniste, dans ses promenades,  de jumelles, d’appareils photos, de longue vues, de loupes.

Ce roman si anachronique, si « détonant », si désespérant, fut  attaqué à sa sortie, par  la presse catholique en pleine renaissance sous l’ère Adenauer. Ère  qui -n’oublions  pas- est dominée par la peur nucléaire de pleine guerre froide dont Berlin est le centre de gravité. L’anxiété historique  allemande est logée au centre du roman.

Schmidt, à l’inverse d’un Heinrich Böll, son contemporain fêté , se  moque des « faridondaines »  du  christianisme. Dans son texte »Scènes de la vie d’un faune », qui le rendit célèbre en 1953, Schmidt  claironna : »Pas moyen d’échapper à toutes les laiteries de la piété bien-pensante  ».

44 commentaires sur “Miroirs noirs» d’Arno Schmidt, volcan expressionniste

  1. l’édition
    Et la Case en question serait toujours conservée. Ah, ce gout des les fausses reliques!

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  2. Merci de votre confiance, Margotte. On pourra en reparler, que le livre vous plaise ou pas.
    Petite erreur pour l’eition de 1852: Lire « La Cabine du Père Tom » l’oncle viendra plus tard. Le temps , qui égalise tout, fait que les deux oncles d’Amérique,, Tom et Sam, se retrouvent parfois dans la meme grille de Cruciverbistes peu inventifs…O tempora!

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  3. @ la cuisine romaine,excellente littérature. Je suis une passionnée d’artichauts, d’asperges, de petits pois sucrés, j’ai vécu dans des jardins qui étaient paradisiaques, je me nourrissais de légumes crus,de fruits . Je ne sais,hélas pas faire la cuisine … jamais eu le temps d’apprendre. J’aime la cuisine Romaine, et j’aime quand on en parle avec finesse et simplicité. Peut-être serait-il encore temps que je m’y mette, la vraie vie commence, j’ai déjè des rapes, de larges couteaux, un fusil,et tout un rayon d’épices; en fait mes yeux ne servent pas à grand chose, vive le nez , et aussi les oreilles pour entendre le chant des casseroles.
    Excellent café à tous, café en grains choisi avec soin ,moulu maison et préparé dans une cafetière italienne , cela va de soi…ou une cafetière Cona, afin d’embaumer la cuisine. Ouf, je l’ai échappé belle !

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  4. @monsieur Court
    Trilogie du subtil changement (« small change » en anglais) inclut effectivement :
    Le Cercle de Farthing
    Hamlet au Paradis
    Une demie Couronne

    J’ai emprunté le Cercle, pour l’instant

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  5. Voilà qui met en appétit.
    Heureux hasard, j’avais prévu de cuisiner ce soir des artichauts à la barigoule.
    J’opte pour votre simple recette à la romaine, en y ajoutant peut-être un peu de persil ou un brin de sarriette.

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  6. Olga, dans la cuisine romaine, ce qui m’a le plus enchanté ce sont les artichauts cuits doucement dans l’huile d’olive , les » carciofi alla romana »,ces tout petits artichauts avec certaines pointes de feuilles violettes; savamment coupés au couteau pour ne garder que le coeur et une partie de la tige,.. et le citron et, le poivre font le reste. d’ailleurs,il y a un restaurant spécialisé dns le quartier juif, prés de la grande synagogue; un détail a retenu mon attention:l’utilisation d un poivre noir romain, notamment dans les « moules aux deux poivres » du restaurant « due Ladroni »(dans un superbe quartier près des quais du Tibre ) car ce poivre noir possède un gout que je n ai retrouvé nulle part ailleurs,comme la torréfaction romaine du café dans certains endroits,notamment prés du Panthéon et de la chambre des députés …

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  7. @  » noir.. » La remarque de M.Court devait s’adresser à moi, je pense. « roman noir » dans le même sens que « film noir », bien sûr.
    J’ai un travail fou, c’est le mot juste, j’ai pris la peine d’écouter Alain Fischer, Monsieur Vaccin, et j’ai éteint rapidement ma TV : un discours lénifiant, totalement à côté de la plaque, discours sur le sexe des anges. Les innombrables comités Théodule me font froid dans le dos et c’est peu dire. Toutes mes excuses à Paul Edel d’avoir transporter mes colères sur son blog, qui est consacré à la littérature, rien qu’à la littérature.
    Je vais déverser ma rage dans un lieu idoine. Besoin d’action.
    Qui a lu « noirs miroirs »? c’est là le sujet.
    A beaucoup plus tard, je vais être privée de mes yeux, pendant qq temps.

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  8. Le roman « noir »…
    Jevcrains qu’Harriet Beecher-Stowe n’ait quelques problèmes ces temps-ci
    La Case de L’Oncle Tom est dans l seconde titrée La Cabane de l Oncle Tom, ou les Nègres en Amérique!
    De quoi déclencher un autodafé, meme posthume!

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  9. Pour les amoureux de Rome, ce matin 14/2 sur France Inter, à 11h04, une heure exquise consacrée à la cuisine romaine, intitulée, je ce crois, « on va déguster ». Entrelacs de voix italiennes et de la vois française qui traduit , à mi-voix, un charme indicible; pas question de Grands Chefs Etoilés, mais une promenade dans tous les quartiers où la plus simple taverne est une merveille de fumets, d’épices, de couleurs, de saveurs, de ravissements en tous genres; au passage, la recette de la S altimbocca alla Romana,et tout cela,uniquement au son, à la radio. A rendre atrocement mélancolique, le Trastevere, les places, les fontaines, les églises,des visions colorées, chantantes,un univers raffiné , qui m’a laissée sous la couette à regarder au plafond les jeux du soleil matinal à travers les volets à claire voie. Je n’étais pas chargée du déjeuner; les huitres, les oursins ..difficile d’en trouver au marché; fuir dans les vignes, les ceps ont des formes torturées, et l’on entend les voix résonner à travers l’espace; consolations…

    ps: « doctolib » est une sinistre arnaque en tout temps en tout lieu; la charmante dame que j’avais réussi à inscrire n’a jamais reçu de confirmation et le local improbable ,dans un stade à l’air libre de 3 ou 4 hectares, situé en dehors de la ville,n’a jamais été ouvert. Il faut écrire à la HAS ,ce que j’ai fait; et demain lundi, Monsieur Vaccin est sur BFM TV; il faut envoyer un post sur le blog de la chaîne; il y a là une imposture scandaleuse. Je n’ai pas l’habitude de me manifester, mais, ds ce cas, je ne laisse pas passer »patienter » ça suffit.

    ps2 je n’ai aucune compétence ,quant à la littérature « noire, fantasy ou uchronie ».je vais découvrir.

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  10. Eh bien, merci Margotte pour cette information, car cette Trilogie du Subtil Changement, d’un titre à l’humour si british, n’apparait pas, vérification faite? dans la première edition française! Pour le second, c’est Katherin Burdekin et Svatiska Night, que le traducteur français n’a pas jugé bon de traduire. Peut-etre qu’il lui trouvait un coté Mystères de L’Ouest?
    Dites, Paul Edel, si vous lisez Ouest Torchon, je vous conseille la rubrique histoire, titrée histoires d’Ouest. Elle est tenue entre autres par uje dame qui porte un nom illustre dans la cité corsaire, et qui croit sans doute que son prestigieux ancetre, grand corsaire devant l’éternel, la dispense de citer ses sources. Et cela fait au moinsquatre fois que ces articles sortent conjointement avec des livres qu’il ne se donnent pas la peine de citer. Du travail sérieux, quoi! quant à vouloir concurrencer le télégramme pour les pages d’Histoire, très bien, mais il faut ajouter que le Télégramme, lui, cite ses sources, auteurs et éditeurs.
    Bien à vous

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  11. De quoi déclencher une guerrre de religion, cette phrase sur les huitres! Je crois, quitte à me faire pendre, qu je vais plaider pour les Bélons…
    Olga, avant le tintouin Covidesque, entendu ceci de mon médecin parisien qui s’était mis sur doctolib et qui n’était pas pour autant plus facile à joindre:
    « Bon écoutez, vous me téléphonez comme vous en avez l’habitude, à mon numéro et ^pas à ce numéro là!

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  12. Aujourd’hui à Saint-Malo , la mer est vert bouteille et quelques traces de coton hydrophile sur les digues, et du verre blanc brisé sur le goudron dans quelques ruelles très froides, couloirs à vent, .mais ça disparait vers midi.Ruée sur les huitres auprès des marchands ambulants devant la porte saint Vincent ou devant la Mairie de Saint-Servan.les huitres de Saint-Jacut,meilleures à mon gout que celles,de Cancale.Bon dimanche.

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  13. @ Paul Edel, avez-vous du soleil aujourd’hui ? Non ? c’est que vous êtes entré dans une uchronie déferlante. Chez moi, depuis 9h du mat’ un soleil éclatant inonde le jardin, c’est que le ciel nous a doté d’un micro-climat ,qui relie directement les pharmaciennes à la HAS . Hier soir, tard,un zig sorti de skype a annoncé que a) les généralistes vaccineraient 10 patients par semaine,dés le 25/2 , patients âgés de 50 à 65 ans //b )que dés le 1° mars,les pharmaciennes, les infirmières,les dames à chignon, les vétérinaires, pourraient vacciner tout le monde, à condition de s’être procuré le vaccin. Quel pays bienheureux que le nôtre ! Les malheureux de plus de 75 ans ? ils pourraient toujours sommeiller dans les archives de Doctolib….
    Moscou est une demi-bonne idée,les geôles sont trop près de l’aéroport. Je vous conseille Séoul, dès le 25/2 , c’est l’armée américaine qui dirige les opérations, c’est assurément un succès. Bien sûr, il faut survoler le désert de Gobi qui , ou la Corée du nord, peu amènes, l’un et l’autre. Mais Why not l’Italie ? vous filez au consulat, vous demandez une protection vaccinaire immédiate et…vous jouez à être O.Véran
    . J’ai été vaccinée, il y a qqs années, contre le choléra, à Naples, ce fut très pompéien …
    Voyez-vous, il n’y a que le choix ; mais surtout, écrivez vos aventures, vos errances dans les églises, les jardins, enfin, tout ce qui peut se raconter, le Vésuve pourquoi pas ! L’avenir vous appartient.

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  14. Schmidt a pourtant fait l’objet d’une très déférente émission sur Arte .Mais qui l’a écoutée?
    Il se peut aussi que l’effet frontière plus gueres mondiales joue. Ne déses pérons pas, on comence à savoir en France qui sont Georges Grosz et Otto Dix, meme s’ils n’occuprent pas la place qui mériterait d’etre la leur. Il n’est pas impossible qu’on se rende compte de la place d’un Michael Triegel…

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  15. Olgaaaa
    Ma pharmacienne lève les bras au ciel-mais avec le sourire, ce qui fait un curieux tableau expressionniste-cubiste avec du jaune et du vert sous un néon à la vibration épuisante.je lui ai confié que je partais à Moscou me faire vacciner,pendant quelques secondes elle y a cru.

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  16. @ Paul Edel, la solution Doctolib est complètement naze. Logiquement les pharmacies pourront vacciner, tout comme elles l’ont fait pour le vaccin contre la grippe,à une vitesse grand V. Renseignez-vous. Mon post n’était qu’à moitié humoristique.
    Quant aux « noirs miroirs »,c’est très tentant, je vais passer chez mon libraire. Pour l’instant, je suis dans …Babar.
    ps : j’ai vraiment été vaccinée par ma pharmacienne, avec ma carte vitale, sans dépenser un penny.

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  17. Ores Doncques:*
    Le Cercle de Farthing
    Hamlet au Paradis
    Une demie Couronne
    Oui , c’est joli comme titre. Le plus beau c’est que Je necroIs pas qu’il figure sur l’édition française!
    Bonne lecture.
    MC

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  18. Ores Doncques:*
    Le Cercle de Farthing
    Hamlet au Paradis
    Une demie Couronne
    Oui , c’est joli comme titre. Le plus beau c’est que Je necroIs pas qu’il figure sur l’édition française!
    Bonne lecture.
    MC

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  19. Olga, merci de vos informations,mais ma pharmacienne n’a rien pour vacciner.. on attend toujours des doses>.. et celles qui arrivent filent en priorité vers les EPHAD (nombreuses dans la région..) .et les soignants.Normal.

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  20. Un Ballard m’avait laissé sans voix après lecture, « La Foire aux atrocités », traduction François Rivière chez Tristram, 2003, préface de William Burroughs. Drôle de roman, et drôle de type…

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  21. Dans le genre fin du monde végétale, il y a Les Tryffides; On a rarement fait mieux. Wyndham avait la stature du meilleur Ballard…

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  22. Complot contr l’Amérique reste une uchronie brillante, meme si tapant un peu trop sur Lindbergh, personnage plus complexe qu’on ne le dit. Mais bon;

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  23. Je sais que le premier tome s’appelle Le Cercle de Farthing. Il est suivi de deux autres que je retrouverai au besoin, le second imagine un hitlerisme à l’Anglaise, et ce n’est pas mal vu, le troisième, titré d’une petite somme d’argent, ce qu’il ne faut jamais faire car on ne retient jamais les chiffres comme titre, désille les yeux de l’auguste souveraine Elisabeth II alors à la veille de son couronnement.
    On peut aussi citer, meme si ce n’est pas très bon, oscillant sans choisir entre roman politique et uchronie SF , SS-GB, de Len Deighton, ou Churchill se fait bien sur fusiller.
    Enfin, datant d’avant guerre, un curieux roman, un objet littéraire non identifié, ou un Junker séduit par l’angleterre ou il s’est installé, forme un jeune anglais à une future résistance. Quelque chose entre un Chesterton chantant l’Angleterre éternelle et un bréviaire d’insoumission. Le roman finit sur un dénouement ouvert et plein d’espoir.Le nom de la Dame m’échappe, la préface française est tout de meme de François Langellier, et tous sont en poche!
    A bientot.
    MC

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  24. en 5 min. faut peut-être pas exagérer … On m’a dit que le vaccin anti-covid &9 est comme celui de la grippe, il faut un délai de 15j à 3 semaines pour être immunisé.
    mais bon, je ne suis ni pharmacienne, ni médecin.

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  25. @ paul edel, le AstraZeneca arrive en pharmacie…foncez pour vous inscrire ,en 5 mn vous serez hors d’atteinte du virus, et 2h plus tard vous serez piazza di Spagna, hurry up ! Une précaution, prévoyez des crêpes dans votre sac à dos : pas sûr que Super Mario ait eu le temps de rouvrir les terrasses….N’oubliez pas d’envoyer des Nouvelles.

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  26. Margotte (qui voudrait ne plus passer une grande partie de son temps à télétravailler sur sa chaise pourrie de salooooon) dit :

    @monsieur Court
    « La Galloise Jo Walton, dont la trilogie sur une Anglettre sans Churchill et nazifiée est intéressante »
    quel en est le titre exact svp ?
    Je sors du « Complot conte l’Amérique » de Philip Roth (un peu laborieux à lire mais bon …) alors pourquoi ne pas rester dans le ton ?

    @Paul
    Merci pour ce conseil de lecture.
    A part cela, mais oui, un aller simple pour Rome. si tu le peux, bonne idée. Je pense qu’effectivement tu as besoin de changement.
    (humble avis : la Bretagne en hiver avec peu de chats dans les rues et des cafés, crêperies et restaurants plus que fermés pour cause de pandémie = méga blues).

    PS aux Bretons : j’adore la Bretagne. En temps normal, je peux y séjourner jusqu’à 3 fois par an !!

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  27. Et on n’a pas cité Christopher Priest, ses Insulaires et l’Inclinaison, ou , sur un archipel immense et mythique, les memes personnages sont perçus différemmenbt selon l’ile ou il ont été, et ce qu’ils y int faiit.Une sorte e point de vue de Sirius démultiplié. On ne cite pas on plus Le Monde à ‘eNvers, traduction plus judicieuse que le Monde inverti, si ce n’est pour dire que ce qui parait à certains révolutionnaire chez un Le Tellier est bien connu depuis des dizaines d’années dans la iction anglaise: jeu avec les dimensions;, dédoublement dans d’autres romans, etc.
    bien à vous.
    MC

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  28. Il y a Liu Ci Xin, en pleine plendeur avec ne trilogie réussie, certains Robert Charles Wilson (Julian et sa vision uchronique des Etats Unis, d’autres aussi du meme mais pas Spn, inégal, ou Darwinia, pour la meme raison.) La Galloise Jo Walton, dont la trilogie sur une Anglettre sans Churchill et nazifiée est intéressante, de meme que son incursion en Fantasy (Le Cercle de Farthing pour l’un, Maiwenna pour l’autre). A l’inverse on fuira les Fils de, come Brian Herbert tentant de succéder à papa dans Dune. On se fiera aussi à son flair et on évitera les Tolkieneries laborieuses faites par des suiveurs qui tombent par dizaines ces temps-ci. Je ne me fais pas de soucis pour la SF, genre en pleine éclosion, s’il en fut. Je trouve que Wells est un peu trop plombé par le souci de démontrer quelque chose. Maintenant, c’est parfaitement personnel.
    MC

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  29. en Allemagne JC Arno Schmidt reste un immense écrivain étudié et lu..Ici,en France, on a Emmanuel Schmitt…………… je retourne à Rome au printemps. je prends un billet aller simple.ici, à Saint-Malo les vieux comme moi attendent un vaccin qui ne vient pas, même pour les soignants..

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  30. Assigné à résidence à Saint Malo, victime de lois injustes, vous pouvez Paul fuir à Roma, ville autrement riche de sensibilité….Faites le !
    (A moins que vous ayez promis mariage à belle romaine enceinte de triplés.?)

    Post scriptum : pourquoi Schmidt est il un inconnu pour beaucoup de Bac + 10 ? Ce monde est mal fait !

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  31. Ce matin, nettoyage à sec sur Saint-Malo.
    Ciel bleu profond. Longues plages blanche en arrondi comme des pages vierges bordées d’eau sur lesquels se dessinent les indécis cryptogrammes des passants. Larges taches neigeuses et miroirs gelés sur les esplanades. Sillons noirs sur blanc dans les rues en pente, ça fait très portée musicale dans ce silence ouaté du matin… Fourrures d’une blancheur zibeline le long des branches d’arbre. Une rafale de vent forme un nuage de paillettes brillantes qui s’essaime, s’élève, puis retombe et scintille en se dispersant devant balcons , fenêtres, haies, porches, poubelles.
    Bordures de trottoir qui jaunissent déjà –urine des chiens ? Tout un monde familial rigolard se photographie avec fébrilité dans les escaliers, appuyés sur les rampes blanches, ou une boule de neige à la main.. Des 4X4 roulent vite et projettent des gerbes de neige fondue .Des enfants multicolores et dansants construisent un bonhomme de neige dans l’ étonnante pente ensoleillée d’un petit jardin public face au port…L’horizon marin s’assombrit et annonce un temps orageux derrière les remparts de Saint-Malo .La ville ressemble à une illustration de conte de noël avec clochetons, damier des toits bien rangés , flèche de cathédrale soulignée trop nette dans sa pointe . Des couples de petits vieux en grosses parkas, capuches matelassées, écharpes avancent des silhouettes balourdes devant les longues vitres étincelantes de la piscine du Naye..Le buste de l’amiral Bouvet, devant la mairie, a des pattes de lapin blanc à la place de ses habituels favoris de bronze. Tout dans cette promenade matinale est doux, lustré, pâle, avec des nuances argentées. C’est curieux ce monde à moitié déconstruit, avec des formes molles face à la ligne blanche austère de la digue et ses villas miniatures aux tons pastels.
    Et puis , pour être honnête, dans cette journée subitement blanche, en une nuit, impossible que j’évite mon problème: ce drôle de type qui passe à toute vitesse devant les vitrines pour échapper à son reflet , qui change de trottoir pour éviter ce type avec des cheveux blancs qui le suit comme son ombre, quel individu louche et collant, impossible à croire que c’est toi, tout changé , impossible qu’il eût un rapport avec ce jeune homme étroit en veste grise cintrée, prêt à cartonner ses parents dans le premier bouquin venu, ce lunetteux , avec des cheveux châtain en épi qui se rebroussaient au vent, ce provincial à l’égo épais qui croyait dur comme fer que l’Art, la Littérature devaient forcement et radicalement, changer le monde. Impossible que ce soit encore un bout de toi, une partie de ton patrimoine génétique. Il faudrait la signature d’un médecin ou d’un biologiste pour que tu y crois.

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  32. Quitte à heurter l’âme Netflix, sensibilité garantie, d’une assemblée juvénile de lecteurs actuels d’ouvrages de science fiction, je poserai la question qui pue : que valent les écrivains d’aujourd’hui, s’il y en a, au regard de ceux du passé, dans ce domaine ?

    « C’était mieux avant ?! »
    (dernière parole de Louis XVI passant le col dans le sécateur terroriste)

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  33. « Le réalisateur a eu l’idée d’In My Room en lisant Le Mur de Marlen Haushofer, Miroirs Noirs d’Arno Schmidt et Wittgenstein’s Mistress de David Markson : « Dans ces textes, l’absence des autres permet de voir des humains isolés et libérés des contraintes sociales ». »

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  34. Je conserve précieusement un exemplaire d’époque de « H sur Milan », vieilli à l’ancienne, coincé entre Bradbury, Asimov, Lem et Matheson. Quant à comparer Rossignoli à Wells, à Moreau, ou pire Bayrou à Churchill, laissons ça aux pervers. Il y en a un bon paquet ayant l’imagination aiguisée à l’ennui…

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  35. Cette edition n’existant plus, il est recommandé de fouiller par tous les moyens possibles.Cela dit j’espère que c’est mieux que Moreau.
    MC

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  36. Puisqu’il s’agit de savourer une société post-apocalyptique, je signale un récit de grande qualité publié chez Denoël Présence du futur, en 1967, « H sur Milan », écrit par Emilio de Rossignoli, traduction Jean Claude Mangematin. La quatrième de couverture de l’ouvrage de 222 pages compare le récit au Wells de l’Ile du Docteur Moreau. Rien que ça !

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  37. Sur recommandation du taulier local il y a de nombreux mois – un homme de bon conseil -, j’ai découvert Arno Schmidt dans « Histoires », traduction Claude Riehl et « Scènes de la vie d’un faune », traduction Nicole Taubes, les deux ouvrages peu épais édités chez Tristram.

    Voyage surprise garanti…j’ai beaucoup aimé cette écriture folle ! ça change des récits contemporains.

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  38. Un auteur sulfureux que j’ai pratiqué un temps, vu la réputation qu’on lui fit chez Bourgois. Je me souviens d’avoir été déconcerté par les traductions et du fait que pour moi, en Allemagne, sa littérature ne correspondait à rien que je pus toucher du doigt… Comme chez, Burroughs découvert à la même époque j’avais le sentiment d’entrer dans deux univers zébulonés à l’aube de mes 40 ans. Le « faune »… et le « festin nu »…, des inqualifiables et des pulvérulents séducteurs/destructeurs… En creusant dans la mémoire de mes notes d’Arno Schmidt, je me souviens surtout de l’image finale de scène de la vie d’un faune qui décrivait le cauchemar d’un bombardement où les « tracts de pierre » voltigeaient dans les airs. Et de la scène de fuite, plus réaliste, dans le train de la nouvelle « Leviathan », où on croisait soldat, pasteur avec famille, des jeunes des Jeunesses Hitlériennes, une femme Hanne Wulf et un vieux postier qui philosophait… Pour échapper au bombardement de Dresde…
    J’avoue n’avoir plus poursuivi avec Arno (sans H), les aléas d’une vie à l’affût de nouvelles lectures… Je découvris Christa Wolf (une autre Hanne Wulf) qui m’agaça lourdement, dans la foulée…
    J’apprécie les piqures de rappel insolites de ce blog,… elles compensent une mémoire parcellaire et sélective, en réactivant la fraicheur de mes dévorations de jeunesse un brin oubliées… Arno Schmidt, voilà bien un auteur supersonique, une comète poudroyant mon ciel durant quelques semaines, mais retourné hélas comme bien d’autres dans son obscurité interstellaire native…. Merci de l’avoir ainsi réexhumé de mes limbes.
    Ce nouveau papier plein de ferveur m’a fait rudement plaisir. J’ignore s’il donnera envie de redécouvrir Schmidt, ni quelle audience il aurait encore en Allemagne réunifiée… Bàv,

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