« Journal d’un curé de campagne » de Bernanos,une incandescence

           En octobre 1934, Bernanos quitte Hyères avec sa famille  pour s’installer aux iles Baléares .Il y séjournera jusqu’en 1937.c’est l’époque où l’écrivain   est dans une situation matérielle difficile.  C’est alors que les éditions Plon lui proposent de le payer « à la page ». Bernanos écrit donc  dans les cafés de Palma de Majorque. Commencé en décembre 1934 le texte  est interrompu en mars 1935 car Bernanos doit, dans l’urgence, recomposer la deuxième partie  du roman « Un crime » refusé par Plon.

De  mars à mai, il réécrit donc  une partie  d’ « Un crime ».Il  revient en septembre à son curé de campagne   pour le  terminer en janvier 1936. L’examen des cahiers et brouillons  sur lesquels il a écrit ce « Journal »  prouve, selon Max Milner,  que le texte est « manifestement improvisé au fur et à mesure de sa rédaction, sans plan ni ébauches préparatoires. », ce qui laisse rêveur…

 L’action se situe à Ambricourt, village de l’Artois, le pays de son enfance. Ecrit en deux temps : novembre 1934 et février 1935 à Palma de Majorque.

Le journal est divisé en trois parties : Dans la première, le jeune prêtre note sur un  cahier d’écolier  son arrivée dans sa paroisse du nord de la France et ses premiers contacts avec la population pauvre.

Dans la seconde, il s’agit de la vie quotidienne dans la paroisse. Le curé décrit ses rencontres avec différentes personnes et les résultats de son travail. Il échoue à remplir son devoir, et c’est seulement pendant une crise dans le château du village qu’il réussit à convaincre la comtesse de l’existence de Dieu. Cette conversation avec la comtesse est le point culminant du roman. Elle se trouve dans une situation fatale et elle meurt un jour plus tard. La dernière partie traite du séjour et de la mort du curé à Lille après un examen médical.

Bernanos :« J’ai résolu  de faire, le journal d’un jeune prêtre à son entrée dans une paroisse. Il va chercher midi à quatorze heures, se démener comme quatre, faire des projets mirifiques qui échoueront naturellement, se laisser plus ou moins duper par des imbéciles, des vicieuses ou des salauds, et alors il croira tout perdu, il aura servi le bon Dieu dans la mesure même où il croira l’avoir desservi. Sa naïveté aura eu raison de tout, et il mourra tranquillement d’un cancer . » 6 janvier 1935, lettre à Robert Vallery-Radot.

La source du roman ? Son enfance dans le pays d’arrtois.

 « Dès que je prends la plume, ce qui se lève tout de suite en moi c’est l’enfance, mon enfance si ordinaire et dont pourtant je tire tout ce que j’écris  comme d’une source inépuisable de rêves. Les visages et les paysages de mon enfance, tous mêlés , confondus, brassés par cette espèce de mémoire inconsciente  qui me fait ce que je suis, un romancier »

Extrait du film de Robert Bresson

c’est particulièrement vrai pour ce roman écrit sous le soleil espagnol mais avec des bouffées de nostalgie pout une partie de sa petite enfance passée dans la demeure de Fressin (Pas de Calais).Le roman   ne parle que de pluie, de boue, de nuits orageuses. .« Je ne me console pas d’avoir perdu l’image que je m’étais formé, dans l’enfance, de mon pays. Si je savais où on l’a mise, j’irais crever sur sa tombe, comme un chien sur celle de son maître. »

                                            

« Ma paroisse est dévorée par l’ennui, voilà le mot. Comme tant d’autres paroisses ! L’ennui les dévore sous nos yeux et nous n’y pouvons rien. Quelque jour peut-être la contagion nous gagnera, nous découvrirons en nous ce cancer. On peut vivre très longtemps avec ça. »Voilà ce que l’auteur affirme au tout début  de son roman.

Mais que Bernanos a-t-il voulu raconter ?

L’auteur :« J’ai résolu  de faire, le journal d’un jeune prêtre à son entrée dans une paroisse. Il va chercher midi à quatorze heures, se démener comme quatre, faire des projets mirifiques qui échoueront naturellement, se laisser plus ou moins duper par des imbéciles, des vicieuses ou des salauds, et alors il croira tout perdu, il aura servi le bon Dieu dans la mesure même où il croira l’avoir desservi. Sa naïveté aura eu raison de tout, et il mourra tranquillement d’un cancer. «  Lettre à Robert Vallery-Radot.

Les pages alignent d’une écriture sage  l’itinéraire  d’un  individu souffrant , dévoué à son prochain, conscient d’être l’intercesseur entre Dieu et les paroissiens. Il nous touche   par sa bonté sans artifices .On découvre aussi que sa confiance, son enthousiasme   vont s’éroder  face aux villageois   qui montrent  chaque jour indifférence,  bassesses,  hostilité. C’est donc  à une épreuve que nous assistons notée parfois heure par heure.

 Bernanos   détaille les petites victoires du quotidien (monter un club de sport pour la jeunesse) ou les batailles plus importantes ( ramener la femme du châtelain mortifiée par les infidélités de son mari dans le giron de Dieu) .  Ces combats  ne compensent pas les échecs subis pendant son ministère. L’incompréhension grandit entre lui et une partie de ses paroissiens. Insensiblement, inéluctablement   l’auteur radiographie une âme en train d’être   dévastée.  Tout l’intérêt du livre est d’exhiber  une plaie ouverte à toutes les tentations du désespoir.  Qu’on soit croyant ou non, le texte  vibre et touche par son authenticité, son accent de vérité. Souvent, on se prend à relire une page et  on a l’impression d’avoir touché un peu l’indicible, parce qu’il y a une étrangeté de la lumière ou des ténèbres, des ombres et des éclairages latéraux  qui traversent, filtrent,  ou accompagnent les personnages .C’est un art de vitrail. Tout bouge avec des effets diaphanes,  pour cerner, approcher, faire deviner les maladies et les infirmités des hommes, leur exil à eux-mêmes.  Ce que Claudel, admiratif, appelle  « le don des ensembles indéchiffrables et des masses en mouvement ».

 Pour les croyants, il s’agit clairement d’un chemin  de croix, le récit d’une agonie, d’une chute et d’une rédemption. La dernière déclaration du prêtre avant de mourir  résume : « Tout est grâce » 

On note aussi que dans ce roman en particulier ,  Bernanos trouve les métaphores les plus belles pour décrire la maladie d’un village  comparé  à » une bête couchée sous la pluie. » .Il y a  de nombreux   passages qui décrivent la nuit, nuit réelle,  et la nuit spirituelle. « Je respire, j’aspire la nuit, la nuit entre en  moi par je ne sais quelle inconcevable, quelle inimaginable brèche de l’âme. Je suis moi-même nuit. »

Mon cœur tremblait d’angoisse.. »   ou «  Derrière moi, il n’y avait rien. Et devant moi un mur, un mur noir. 

 Constamment  images de la boue, les chemins creux, les taillis, les pluies, la lumière basse,  les journées courtes et la nuit qui étouffe.  Le paysage colle aspire,   enlise le prêtre. Il note :« l’aube d’hiver d’une effrayante tristesse »  Le crachin automnal   fait germer l’ennui.

EXTRAIT DU FILM « LE JOURNAL D’UN CURE DE CAMPAGNE » AVEC CLAUDE LAYDU

   « Il est une heure : la dernière lampe du village vient de s’éteindre. Vent et pluie. »

Plus loin, la lucidité de Bernanos : « Je crois, je suis sûr que beaucoup d’hommes n’engagent jamais leur être, leur sincérité profonde. Ils vivent à la surface d’eux-mêmes, et le sol humain est si riche que cette mince couche superficielle suffit pour une maigre moisson qui donne l’illusion d’une véritable destinée. »

Dessèchement spirituel, faux fuyant, abstraction. Dureté du cœur, dureté  de pierre « que reste-t-il  alors de l‘aveu ? A peine effleure-t-il la surface de la conscience. Je n’ose pas dire qu’elle se décompose par-dessous, elle se pétrifie plutôt. » » Lu aujourd’hui en 2021, ce récit est  précurseur de la désertification des églises, du désarroi des prêtres, du flottement moral de  toute la hiérarchie : du plus humble curé jusqu’au pape François   qui a lui-même  comptabilisé  toutes les maladies de l’Eglise, scandales sexuels compris. 

 Je voudrais aussi ajouter quelque chose. Très frappé par cette   lumière d’aube d’hiver traversant  le livre. Et  l’odeur de terre du vieux pays, aussi,   passe entre les fentes du texte.

Il est aussi frappant de voir à quel point ce curé d’Ambricourt –guidé par le curé de Torcy-  fait de la pauvreté  une  véritable mystique : »Lorsqu’on a connu la misère, ses mystérieuses et incommunicables joies,-les écrivains russe, par exemple, vous font pleurer. »

Plus loin le  brave et solide curé  Torcy déclare « Notre seigneur en épousant la pauvreté a tellement élevé le pauvre en dignité, qu’on ne le fera plus descendre de son piédestal (..) on l’aime encore mieux révolté  que résigné, il semble déjà appartenir au royaume de Dieu, où les premiers seront les derniers (..)

Ceux qui ont bien  connu ou correspondu avec Bernanos disent que c’est le curé de Torcy , impénétrable sous sa rondeur bourrue, mais avec des éclairs de tendresse face au  jeune prêtre anxieux, qui exprime au plus près les positions du  catholique Bernanos toujours dressé contre les « marchands de phrases » et les « bricoleurs de révolution »,et les prêtres mondains qui ont oublié les pauvres pour s’asseoir à la table des riches ou qui parfument leurs discours d’un humanisme mou. Il répète aussi  « ça pleurniche au lieu de commander »pour qualifier les prêtres de la nouvelle génération. 

70 commentaires sur “« Journal d’un curé de campagne » de Bernanos,une incandescence

  1. Je l’ ai aussi cette e.o, Phil . Le cours de ce Bernanos là me semble aussi assez bas. Quant au verre , il est question qq part de L’ « alcool qu’ on a bu pour vous »lors de la visite chez le médecin. Adler s’était lancé dans une prestation pseudo-historique sur Rennes-le-Chateau où il y avait beaucoup d’âneries méticuleusement recopiées…Defiez-vous de vos assistants. MC

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  2. avoir une eo (lienne) —- C’est quoi déjà ? … un grand moulin dans la tête ? des outres à trucider ? Alex a d’l’air ?

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  3. Bon, je vois que l’boug jmb a fini par contaminer ce blog à nonos. L’est fort, ce tiche !
    Pourtant, un seul résiste encore : et devinez lequel ?
    (NB / Lâchez pas vos révisions sur GB ; la « nouvelle histoire de Mouchette » risque de tomber bientôt, qu’il a dit avant son départ, Mr. Edel. Pas la peine de rev’nir au curton d’campagne, hein !)…

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  4. tout ça dans mon shaker..
    il y a shaker et verre mélangeur, dear JJJ; les nécessités du secouage limité, un art à ne pas laisser qu’aux barmen, disent les esperts

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  5. crois bien avoir une eo, beau papier cotonneux, de cette « Grande peur.. », dear Mr. Court, acquise pour une bouchée de pain, horresco..effectivement, souvenir de répétitions, lecture fastidieuse, mais enfin, quelle macération.
    est-ce bien un verre de vin sur la table du prêtre ? m’en vais chercher un poche du Journal du Curé de campagne

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  6. non dear Baroz, Mr Court says « Adler qui n’est pas un aigle »…tout de même plus de niveau, comme disent nos amis Allemands.

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  7. « cette formule pourrait avoir un effet boomerang… »

    Vous voulez dire qu’Alexandre Adler est un sac à merde, MC ?

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  8. Phil relisez ce texte qui regorge de formules façon le Maître,le bon Maître, etc.Outre que la distance critique est égale à zéro, c’ est vraiment pénible. Adler n’étant pas un aigle, et des plus volumineux, cette formule pourrait avoir un effet boomerang…

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  9. -> ça y est…, est retombé en Italie sur Pasolili… Paul Edel !…
    @ suis pas sûr que ce sera bin efficace, le lavement anal sous ma soutane, M’enfin, j’vas essayer !
    @ On a fait dire beaucoup de choses à AA, Mais faut voir d’où ça partait… Hein ! toujours du même côté…

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  10. je me souviens je me souviens d’alexandre adler sur fance culture..sachant répéter 2 ou 3 fois..’ce sac a vin antisémite’ pour..pour..pur déshonorer nonos

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  11. J’adore compulser des dialogues où je n’y comprends rien du tout, ça me donne l’impression d’être très intelligent, sans le vernis de la surenchère érudite. Je lis les textes à haute voix ,mais comme les étincelles fusent pas, je note : bernanos, drumont, laval, pickpoket, bresson, Vais remuer tout ça dans mon shaker, et laisser reposer un brin, va surement en sortir qqd’ chose à l’endroit… et visse versa le milkshake moussu. Bàv, les potes !…

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  12. encore une affaire de poésie comminatoire dirphilou..sous contrat..le populo c’est dla glaise à grosses pognes..y’a pu qudans les porno ou ça pouéte pouéte mort..un jour..la ptite fillote a polo fra un blog et dira..du temps de granpapi les fillesà poéle..les bites..les boules..c’étaient des vraies..et tout ça a peu prés pour rien

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  13. « La grande peur.. » hagiographie de Drumont…vous n’exagérez pas un peu, dear Mr Court ? certes peu lu, mais assez épais pour diluer l’intention hagiographique qu’y voient les lecteurs dogmatiques. certes le Bernanos de la photographie a le teint bistre et cernes d’un Laval, seul le regard change, moins ..auvergnat.
    le livre aussi (Curé de campagne) plus épais que le film donne à penser. « tout le monde joue mal chez Bresson puisque ce sont des amateurs » disait ne sais plus quel écrivain. Mis à part « les Dames du bois.. », aucun amateur/rice, il me semble que certains Bresson ne vieillissent pas très bien. Le Pickpocket pourrait être le curé de campagne et vice..-versa.

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  14.  » Marchands de phrases » . La phrase est dans Balzac, et Illusions Perdues. Elle intervient lorsque Blondet désillusionné Rubempre: Ah mon petit, tu crois que nous êcrivons ce que nous pensons! Nous sommes des marchands de phrases. je cite de mémoire. il y a là un écho troublant entre l’ être de papier et le Bernanos réel .

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  15. ….et soigner du diabe avec un bouillon pointue et une solide fessée fait juste de toi un cas contact qu’il dirait jung

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  16. La Blaguatsky dont les dates » correspondent » à Bernanos et promue au rang de contemporaine capitale, je vous vois venir! Trop énorme pour etre cru!

    elle est contemporaine pasque j’ai pris une femme meussieu courte..c’est quil a parfait la femme égale spirituelle de l’homme..sinon on me voit venir c’est quon ne peut hévidemment himaginer nosnos ne pas sortir un peu roussi de ces feux toujours mal éteint..ton mot de névrose cache mal ta schwartz foréts

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  17. La Blaguatsky dont les dates » correspondent » à Bernanos et promue au rang de contemporaine capitale, je vous vois venir! Trop énorme pour etre cru! Je maintiens cependant le terme de névrose, ne serait-ce que pour la scene de la rencontre avec le Diable, à mi chemin entre reve éveillé et réel déformé. Car enfin quelqu’un est bien là et la force de la scene vient de ce que Bernanos suggère que ce pourrait etre tout autre chose qu’un maquignon, sans nettement dire: c’est ceci, c’est cela. Pour reprendre Hugo peignant Satan dans sa nuit: « une hydre, Ce serait quelqu’un » Ici, le quelqu’un manque ou peut-etre tout autre qu’il n’y parait.. Cette possibilité d’une lecture plurielle peut renvoyer à d’anciens textes qui ont affaire avec nous. comment se définit le Diable dans le nouveau Testament? Précisément par ces mots, »Mon nom est légion ».

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  18. JJJ Ce n’ est pas l’ âme du curé d’Ars qui est tiède, c’ est lui qui attaque bille en tête son public en lui reprochant d’ avoir une âme tiède. Il n’ est absolument pas dupe du phénomène de curiosité dont il est l’ objet, et ceci est très bernanosien. C’ est peut-être ce qui mène l’ auteur à écrire cette fin inversée ou s’ opposent Antoine de St Marin, le littérateur mondain qui reste à la surface des choses, à qui toute cette profondeur échappe, au corps du Saint de Lumbres » comme il est dit dans le Roman. «  Sur l’ essentiel il ne s’est pas trompé «  Il y a tout de même les pages de ce livre dévoré par son titre : La Grande Peur des Bien-pensants, qu’on cite plus qu’on ne le lit, et qui est une vibrante hagiographie d’ Edouard Drumont, aujourd’hui insupportable . Ceci dit sans faire de procès posthume. MC

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  19. @ c’est dans ses négatifs que nonos soudain est moderne..sur le plus dangeureux il ne s’est jamais trompé.

    Bel hommage, jmb..!. « Les gds cimetières sous la lune »…, le poltronisme clérical devant franquo,… c’est plutôt ça qui vous branchouille chez berber-nana-nonos, pas vrai ? (surtout, répondez pas -> on est pas là pour diabloguer sous les soleils sataniques, hein !)

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  20. la possibilité que la mystique puisse avoir partie liée avec la névrose,Bernanos l’ assume

    je préfère ton premier qualificatif de ‘faux’..nonos est contemporains des blavatski..laquelle est un contemporain intramondain plus capital..haussi c’est dans ses négatifs que nonos soudain est moderne..sur le plus dangeureux il ne s’est jamais trompé..qu’aurait il dit à ce citoyen du monde oussama cet islamogochiss de nonos

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  21. le gout du curé d’ars..en voilà du sujet grandiose pour baroz..des patates cuites pour le mois..pas de calbut..ça fait riche..baroz faisant sa confession publique..’oui satan met le feu à mon lit tous les soirs’..je te dis baroz..edouard louis fait aux pattes..les 4!..t’es hinvité à rome..donald dira que t’es mélkisédèque..poutine te donne la moitié de la sibérie..dirfilou t’apelra meussieu

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  22. ci-joint un lien éclairant différemment la présence des curés chez Bernanos…
    http://www.charriere-bournazel.com/les-pretres-dans-l%E2%80%99oeuvre-de-georges-bernanos/
    Ce gars-là ne parlait pas « d’incandescence », mais invitait néanmoins à visiter, lire ou relire Bernanos, comme le fait présentement PE, ici-bas, dans une perspective apparemment plus agnostique…
    S’agissant du comparatif avec le curé d’Ars…, je ne sais pas en quoi son âme était tiède. N’aurait-il pas laissé une empreinte plus réelle dans la société des chrétiens incomparable à l’empreinte fictionnelle qu’aurait laissée l’âme du curé d’Ambricourt dans des pages un peu jaunies ?
    Éclaircir le ‘profane’ sur la pertinence d’une telle comparaison serait sans doute bien utile, mais nul n’est obligé à rien… et le jeu n’en vaudrait-il peut-être pas d’en moucher la chandelle. Merci, Bàv,

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  23. Oui, le père Peguy l’ a dit: » » la République est notre royaume de France « . Du moins je pense qu’il fait allusion à ça. Le reste , » des chrétiens si médiocres »reprend le sermon sur l’ âme tiède du Curé d’ Ars, beaucoup fréquenté par Bernanos dans Sous le soleil.

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  24. Et enfin, tjs ds cet article de mars 41 :

    « L’exercice de la médecine est sévèrement contrôlé, pourquoi ne mettrait-on pas les dévots et les dévotes en garde contre l’exercice indiscret de l’apostolat ? Rien n’est plus sensible qu’une âme humaine, et particulièrement celles que l’ignorance de Dieu rend si tragiquement ouvertes à tous les malentendus. […] Le jour où les personnes pieuses feront autant d’efforts pour édifier les impies qu’elles perdent du temps à les sermonner, la force déchaînée du mal sera bien près d’être vaincue. À édifier les impies on ne risque rien, on ne dépassera jamais la dose… »

    Et ds le contexte de la campagne de culpabilisation menée par Vichy :
    « La pire faute qu’un chrétien français puisse aujourd’hui commettre serait de se retourner vers ses frères incroyants avec un visage dur, comme s’ils avaient seuls attiré sur nous la foudre. Il est vrai que le monde doit être racheté. Mais c’est aux croyants et non aux incroyants qu’a été confiée cette tâche. La grande infortune, la grande pitié de ce temps n’est pas qu’il y ait des impies, mais que nous soyons des chrétiens si médiocres. »

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  25. Tiré du même article :
    « La France radicale de Georges Clemenceau s’est montrée plus résistante que la nôtre, sans doute parce qu’elle s’accordait sur un petit nombre de principes élémentaires dont nous ne soupçonnions pas la solidité […] L’idéalisme de ce qu’on appelait jadis “les masses républicaines”, leur enthousiasme naïf pour la liberté, la justice, le progrès, la science, fournissaient sans doute aux politiciens démagogues une matière facilement exploitable, mais nous avons commis la faute immense de n’y pas voir ce qu’y voyait si bien Péguy, une tradition chrétienne déformée, à peine reconnaissable, bien que toujours vivante. Nous l’avons laissé tourner en dérision par les intellectuels réalistes qui se faisaient volontiers nos alliés contre certains préjugés imbéciles, mais sapaient sournoisement sous nos yeux les fondements mêmes de la morale évangélique et — reprenant la parole de Gœthe: une injustice vaut mieux qu’un désordre — opposaient l’ordre à la justice, comme si l’injustice n’était pas le plus grand et le plus irréparable des désordres. »

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  26. Si on le permet, extrait de l’article « Examen de conscience » (de mars 1941) :

    « L’anticlérical français des environs de 1900 n’était nullement antichrétien, comme peut l’être aujourd’hui, par exemple, un nazi, […] pour qui la morale évangélique est une morale d’esclave, digne de mépris. Loin de mépriser l’évangile, l’anticlérical aurait plutôt cru l’honorer par sa malveillance envers un clergé, dont une propagande perfide avait fini par lui faire croire qu’il exploitait la vérité au lieu de la défendre. Le chrétien français, même aux époques de foi, a toujours accordé plus de respect au ministère qu’au ministre, à la fonction qu’à la personne, et le prestige du sacerdoce est resté si vif dans le peuple que le moins dévot des paroissiens ne pardonne pas l’inconduite de son curé. On dirait que la faute du pasteur lui est une offense, qu’il s’en juge responsable, alors même qu’il a cessé de croire […] »

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  27. Merci pour les précisions éclairantes, même si je ne cherchais pas spécialement à pointer une contradiction, me contentant d’un de ces lâchers de citations qui me sont coutumiers, au prétexte qu’elles me semblent entrer en résonance avec certains propos échangés ici…
    Cela, faute de pouvoir ajouter qqch à propos du Journal d’un curé de campagne lu il y a trop longtemps, alors que je ne connaissais rien de l’univers de Bernanos & pas relu depuis. Mais aussi parce que je viens de découvrir les textes de ce Chemin de la Croix-des-âmes, & qu’ils m’ont évidemment accrochée, alors que j’étais entrée ds le recueil un peu par hasard, pour rechercher le contexte d’un passage cité ds L’Architecture de Marien Defalvard.

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  28. Elena Cette conception de la noblesse terrienne vient autant du Peguy de la Présentation à la Beauce ( « Et vingt siècles de peuple et vingt siècles de Rois », fusion révélatrice)que des origines lointaines de la Monarchie capétienne où le titre accordé par un être juge mi-homme mi-Dieu tenait lieu de récompense. On est écuyer, puis l’ on progresse ou non dans la hiérarchie nobiliaire. En ce sens elle ne contredit pas celle de Bouguereau. Le chevalier bamboche, mais au service d’un idéal qui le transcende. C’ est un peu, appliquée à la petite noblesse , la théorie des deux corps du Roi, le premier étant subordonné au second, mais la on sort de Bernanos. Ou c’est Bernanos qui en marque peut-être la sortie. Renan est encore très indulgent vis-à-vis de la noblesse bretonne, pauvre et travailleuse: « Rien de plus noble »

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  29. C’est exact Bouguereau. Je crois que cette interrogation l’ a taraudée toute sa vie et que sa force vient de l’ignorance de la réponse, jointe la prescience du tarissement des forces spirituelles. Ambricourt, c’ est l’ échec du pastorat,le Soleil, celui du démiurge, un Crime, celui de l’ innocent, Léon, je crois, broyé au sens propre dans une machination qui est au roman policier ce que La Critique de la Raison pure est à Marivaux. Il ne s’agit pas de soutenir un parti, auquel cas on n’est que La Varenne ou qu’un mauvais Barbey. Il s’agit de prendre acte de la crise de l’ âme d’un pays à travers ses figures christiques, d’oblation, tout en ne faisant pas l’impasse sur les acquis du début du vingtième siècle : la terre de Bernanos est aussi celle de Mystiques faux et névroses: Louise Lateau au Bois d’Haine, en Belgique, Estelle Fargette non loin des possessions des La Rochefoucauld dans le nord. Cet héritage là, et la possibilité que la mystique puisse avoir partie liée avec la névrose,Bernanos l’ assume Très clairement, de même que dans l’ Imposture, il tombe sur Bremond collectionneur de saints mais incapable d’ en tirer une leçon. Prêtre christique, prêtre ensorcelé, prêtre cherchant refuge dans l’ Érudition, figures chrétiennes d’oblation comme Chantal et Léon, toutes vouées à l’ échec, tout cela constitue un joli jeu de massacre du théâtre catholique, pour peu qu’on veuille sortir des clichés tous faits à l’ égard d’une oeuvre plus complexe qu’on veut bien le dire .

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  30. À propos de chevalerie, dans le recueil Le chemin de la Croix-des-Âmes :

    « Ni M. Hitler, ni son peuple ne deviendront jamais gentilshommes, car on naît gentilhomme, on ne le devient pas. Comme toutes les choses précieuses de ce monde, la chevalerie a longtemps mûri sous la terre avant de s’en élancer comme une fleur radieuse, elle a ses racines au plus profond de notre sol, elles s’y enfoncent plus avant que les fondements de nos cathédrales. Lorsqu’ils auront exterminé le dernier chevalier, M. Hitler et le peuple allemand n’en auront pas fini avec la chevalerie, ils n’en posséderont pas le secret. Il est vain de prétendre se rendre maître de ce qu’on n’a pas le pouvoir de comprendre, ni d’aimer. »

    (cet article, « M. Hitler a tout conquis mais il ne possède rien », date de juillet 1940)

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  31. La question est nouvelle chevalerie ou chant du cygne?

    les chevaliers c’étaient les culots de famille qu’on envoyait conquérir la terre gaste et les filles de ferme meussieu courte..que des bitnic qui fument de la boeuf et qui prennent le désacenceur social qu’il dirait dirfilou

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  32. Mister Court, votre référence Taineuse barrèsienne me décoiffe ! assurément il y a de la nouvelle chevalerie dans ce Bernanos, suffit de lire les extraits de lettres produits ici.
    n’ai jamais lu Gaëtan Picon mais ses mots apparaissent souvent en couverture des anciens poches, en résumé du livre, toujours pertinent, comme un bon critique de cinéma ramasse le film en deux lignes. Le film de Bresson s’y prête aussi.

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  33. Le plus curieux, c’ est qu’on pourrait voir dans ce fatras de châtelaines, de missionnaires perdus quelque chose comme l’agonie du monde de Barbey. Or il n’en est rien. La modernité a ici sa place, comme si les vieilles valeurs renaissaient sous d’ autres apparences. Olivier est le paladin motard que n’est pas le curé d’Ambricourt. La question est nouvelle chevalerie ou chant du cygne? Je ne crois pas que le texte permette de trancher. Et il y a l’ opposition vitrail en grisaille, vitrail flamboyant et boschien du Soleil. A y bien regarder , le monde bernanosien est bien peu dogmatique. La différence avec Barrés, c’ est que le Secret de Tolède est encore très tributaire de Taine. Bernanos ne l’ est de personne.

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  34. C’est l excellent critique Gaetan Picon qui avait écrit à propos de Bernanos :
    »Le surnaturel »est pour cette œuvre ce que le destin, ou l’ histoire, ou la liberté sont pour d’autre :son lieu. C’est la lumière du surnaturel que nous pressentons derrière les ombres fuligineuses du drame terrestre, et qui leur donne une surprenante grandeur. »

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  35. Chateaubriand

    L’inspiration du livre passe sans doute par Barrès, exilé lui aussi en terre hispanique à Tolède, pour finir chez Chateaubriand, son « Génie du christianisme ». ancun profit d’analyse avec l’actualité. tout à rebours, le prêtre est le frère d’un des Esseintes.

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  36. Eh non! Commentaire de Bernanos sur sa rencontre avec de Gaulle en 1945-1946: « Que voulez-vous, je ne pouvais pas être Bayard! » Source: Geneviève Picot dans un des deux colloques du centenaire.

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  37. concerve..ça fait petit patée 100%
    chateaubriand baroz..jeanne d’arc c’est pas un ‘pain de fesse’ qu’il dirait frederic dard

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  38. Malraux parlant de Bernanos, sans jalousie et avec admiration…

    tu penses..degaulle parlant de nonos ‘j’ai jamais réussi a le mettre en attelage celui là’

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  39. l’acteur qui joua le prêtre fut la voix de l’émission « Bonne nuit les petits », d’un temps qui ne reviendra jamais pour ceux qui l’ont connu

    c’était un temps qui me faisait malocu qu’il jicé qui n’a eu du beaume au coeur qu’avec les voix vaginales de fip..longtemps aprés

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  40.  » Il révèle aux hommes le Christ qu’ils portent en eux, dirait-il : parce qu’il y est.

    Reste qu’il y est aussi pour un agnostique. »

    Malraux parlant de Bernanos, sans jalousie et avec admiration…

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  41. encore une stimulante notule à imprimer pour les voyages aujourd’hui impossibles, dear PaulEdel.
    Sauf la conclusion uchronique, relis volontiers.
    Dans une autre vie, l’acteur qui joua le prêtre fut la voix de l’émission « Bonne nuit les petits », d’un temps qui ne reviendra jamais pour ceux qui l’ont connu.

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  42. Malraux, pas si jaloux, est le seul homme de lettres a avoir assisté aux funérailles de Bernanos. Venant d’un agnostique, cet hommage la confirme ce qui se dit ici, et ne manque pas de poids .

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  43. Thérèse Desqueyroux dans la sinuosités de l’œuvre de Georges Bataille

    malraux superjaloux voulait a toute fin enfermer ses personnages dans une romance provinciale..il était pas possb que par un ‘chmimin pourissant’ il soit rvnu a pied dla chinet vers les 5 heures en voyant par dessus le marché linfini se refleter dans l’eau dune ornière

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  44. j’abondais dans ton sens polo..pour dire simplement qu’il est en effet étonnant de voir nonos toujours accrocheur auprés de certains lecteurs d’aujourdhui..c’est un beat à valoche sous les noeil et à gros rouge

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  45. Et quelle oeuvre de vous, pièce d’oeuvre, vaudrait-il mieux lire pour se faire une idée de Paul Edel lecteur de Bernanos ?

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  46. bon, le jmb vient de recevoir les trois oscars, icite, faut dire qu’il méritait bien trois étoiles différentes…
    Et ce billet risque de faire un carton, comparé al dente…, Passoul, une fois de plus, s’est montré ferplé dans un touite. Me demande si les jurys d’agrég vont pas mett’ ce curé à leur programme de campagne, tant c’est post moderne, comme problématique? Deux thèses diamétralement opposées vont bientôt sortir à Lisieux et Avila, dédiées aux influences souterraines et subliminales de Thérèse Desqueyroux dans la sinuosités de l’œuvre de Georges Bataille.
    Je ris, mais je rigole, allons, allons 🙂 …. Ne le prenez pas à mal paul et jean-marcel… Je m’esscuse.auprès.

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  47. bien d’accord sur ce que tu relèves Bouguereau à propos du « contenu dogmatique » mais on peut faire de simples rapprochements, d’autant qu’ils sont clairement exprimés et répétés par Bernanos dans ses lettres.notamment celles adressées à Annie Jamet à propos de therese de Lisieux.ca permet de mieux suivre le fil de la pensée de Bernanos.

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  48. c’était la nuit profonde de l’âme..comme jésus au jardin de l’agonie,je me sentais SEULE, ne pouvant trouver consolation ni sur la terre ni du côté des Cieux,le bon dieu paraissait m’avoir délaissée » c’est exactement ce que ressent le curé de Bernanos

    transposé tout ça ne préjuge absolument rien d’un contenu dogmatique polo..certains se contentent d’une’ fiche de poste’..d’autre vu leur ambition social par rexemple se sentent trés occupé à étudier les moyens de les atteindre..etc. bref il ne sont jamais seul

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  49. Ces univers religieux, spirituels, intellectuels, me paraissent tellement dépassés, tellement vieux, tellement inutiles. Aucune envie de plonger dans cette flaque d’eau grisâtre, inerte, sentant bon la naphtaline catholique…

    pasque t’as l’eau et le gaz a tous les étages tu fais le fier comme si t’avais un bartabac..

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  50. ça fait pas double emploi baroz..j’y ai vu un film de bresson..tu sais de ces sortes d’âmes téléchargé dans des corps et qui doivent assurer un service..bresson c’est un peu le scientologue.ça vient de pluton ou quelquechose..nonosse c’est les 2 pieds les 2 mains dedans..le personnage doit écrire le cahier des charges..sfaire une fusée dans son cabanon

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  51. CANTIQUES DE L’ÂME

    Par une nuit profonde,
    Étant pleine d’angoisse et enflammée d’amour,
    Oh! l’heureux sort!
    Je sortis sans être vue,
    Tandis que ma demeure était déjà en paix.

    J’étais dans les ténèbres et en sûreté
    Quand je sortis déguisé par l’escalier secret,
    Oh! l’heureux sort!
    J’étais dans les ténèbres et en cachette,
    Tandis que ma demeure était déjà en paix.

    Dans cette heureuse nuit,
    Je me tenais dans le secret, personne ne me voyait,
    Et je n’apercevais rien
    Pour me guider que la lumière
    Qui brûlait dans mon coeur.

    Elle me guidait
    Plus sûrement que la lumière du midi
    Au but où m’attendait
    Celui qui m’aimais,
    Là où nul autre ne se voyait.

    O nuit qui m’avez guidée!
    O nuit plus aimable que l’aurore!
    O nuit qui avez uni
    L’aimé avec sa bien-aimée
    Qui a été transformée en lui!

    Sur mon sein orné de fleurs,
    Que je gardais tout entier pour lui seul,
    Il resta endormi,
    Et moi je le caressais
    Et avec un éventail de cèdre je le rafraîchissais.

    Quand le souffle provenant du fort
    Soulevait déjà sa chevelure,
    De sa douce main
    Posée sur mon cou il me blessait,
    Et tous mes sens furent suspendus.

    Je restai là et m’oubliai,
    Le visage penché sur le Bien-Aimé.
    Tout cessa pour moi, et je m’abandonnai à lui.
    Je lui confiai tous mes soucis
    Et m’oubliai au milieu des lis.

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  52. @ Improbable? Bernanos n’a pas besoin de moi
    Vous prenez prétexte d’un adjectif maladroit qui ne constituait pas l’essentiel de mon propos pour défendre le JCC de Bernanos. Mais en êtes vous si sûr ? Et cela me laisse un peu médusé. Ne sais plus quoi vous dire, sinon de botter en touche, et de vous remercier pour autre chose : votre hommage au Stalker, le pire ennemi de Passou…En effet, il est toujours bon de le consulter, mais reconnaissez que ses goûts sont assez bizarres et extravagants dans l’ensemble, quand on juge de tout cela avec un oeil distancié non littéraire et purement amateuriste. J’espère que personne n’irait sur le pré aujourd’hui pour défendre un curé en soutane crottée qui bascule dans la prescience de l’abandon de dieu.
    Bàv,

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  53. « ’J’admire vos efforts de réhabilitations les plus improbables… » dites vous Janssen.

    Improbable? Bernanos n’a pas besoin de moi, il se vend très bien en poche et aussi en Pléiade(je signale que c’est la deuxième édition refondue avec une nouvelle équipe, ce qui est particulièrement rare dans cette collection..) .et il ne cesse d’être étudié commenté par les jeunes genérations et d’enflammer certains sites comme celui du passionné et intéressant Juan Assensio..
    quand je m’adresse aux athées, je souligne existentialisme de l’oeuvre,qui nous parle encore, mais il parle davantage aux cathos, je ne néglige nullement la part du religieux, et notamment l »expérience de la « nuit affreuse » du curé d’Ambricourt,ce qui le rapproche et de Jean de la Croix et surtout de la « nuit » de sainte thérese de Lisieux(que Bernanos méditait souvent), qui déclare: » c’était la nuit profonde de l’âme..comme jésus au jardin de l’agonie,je me sentais SEULE, ne pouvant trouver consolation ni sur la terre ni du côté des Cieux,le bon dieu paraissait m’avoir délaissée » c’est exactement ce que ressent le curé de Bernanos.
    D’autre part le curé d’Ambricourt,dans la séquence du Bois d’Auchy connait, une passion à la manière du Christ., avec chutes dans la boue,, vertiges,tentation du désespoir et appel à la vierge marie. j’ai aussi passé sous silence le thème de la pauvreté qui traverse tout le roman, vu côté matériel et vu du côté spirituel..Ça demanderait alors une critique de 18 pages!!.e Louise,l’abbé Dufrety, le docteur Delbende, le curé de Torcy proposent tous des réflexions sur la pauvreté, sur les deux plans… on n’en finirait pas avec ce putain de grand livre.

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  54. ce récit est précurseur de la désertification des églises, du désarroi des prêtres, du flottement moral de toute la hiérarchie

    Voilà ce que je retiendrai de ce papier un brin fastidieux, Paul, encore que je ne sois pas sûr que ce roman ait été le « précurseur » de ce que vous dites. Comment étayer une telle affirmation ?…
    Ce curé courait après la Grâce… comme Bernanos désespéré de ne pouvoir rattraper la perte d’influence sur les âmes d’un catholicisme asséché, ce Bernanos était plein d’amertumes de constater son monde s’engloutir.
    Le « horsain » de Bernard Alexandre, était bien plus sociologiquement en phase avec la description journalière de cette décomposition, vous en souvenez-vous ?
    https://www.babelio.com/livres/Alexandre-Le-Horsain–Vivre-et-survivre-en-pays-de-Caux/9580
    BA la vivait tous les jours dans sa chair. Bernanos, quant à lui, fantasmait une rédemption, comme tout grand écrivain pétri de morale occidentale, européen russe ou américains.
    Donc, son roman n’était certainement réductible à votre interprétation sociologique que vous faites advenir avec maladresse pour nous convaincre de son actualité l
    Il vaut mieux en rester à l’humble témoignage ethnologique vécu et situé dans le temps et l’espace,ou à leur accumulation par des spécialistes de la déchristianisation comme les Hervieux-Léger,… ils seront toujours plus crédibles qu’un roman fondé sur un pur fantasme d »engagement » de son auteur…
    Je ne serais pas loin de rejoindre la remarque de Jissé, quoiqu’elle soit plus Venimeuse que Gracieuse.

    Voilà ce qui nous oppose, Paul. Et pourtant, j’admire vos efforts de réhabilitations les plus improbables…
    Et j’admets que nous ne sommes pas sur un blog d’ethnologie… Prime la littérature…
    In fine, merci pour ce papier… bien souvent objet de gamberge, bien plus que sur l’autre chaine.
    Quand j’avais 16 ans on m’avait conseillé la lecture de ce roman, et je l’ai jeté au feu après en avoir lu une dizaine de pages, et m’être convaincu de devenir définitivement athée… Aujourd’hui, je n’irai pas le relire malgré vos conseils, et certainement pas non plus pour y retrouver des traces de prodromes de la pédophilie ecclésiale généralisée, qui fut un phénomène consubstantiel à l’expansion du christianisme tant que ses suppôts durent faire firent vœu de chasteté…
    Bàv, PE, en ce dimanche matin.

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  55. Jicé
    le roman peut intéresser un athée .Ce « journal » peut être lu comme la description d’une réalité existentielle avec deux thèmes :
    1)l’ennui s’empare et ronge un village.
    2) l’angoisse du néant et du vide s’empare d’un prêtre, ce qui est sans cesse rappelé. là on est plus proche de Kierkegaard ou du Sartre de « la nausée » que d’une bien-pensance catho..le texte repose sur la trinité : solitude, angoisse, néant.
    Enfin, le problème de la pédophilie est clairement abordé avec l’entreprise de séduction de la petite Séraphita qui joue de sa séduction de manière si provocante pendant le catéchisme

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  56. Ces univers religieux, spirituels, intellectuels, me paraissent tellement dépassés, tellement vieux, tellement inutiles. Aucune envie de plonger dans cette flaque d’eau grisâtre, inerte, sentant bon la naphtaline catholique…

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  57. Enfin Bernanos à l’heure où j’explore l’œuvre du fils Michel.
    Qu’est ce que j’ai aimé le livre et le film.

    La pétrification de la conscience …. je retiens

    Le thème de l’ennui, porte d’entrée du mal

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