Mouchette la révoltée

« Mais déjà  le grand vent noir qui vient de l’ouest-le vent des mers, comme dit Antoine-éparpille les voix de la nuit. ». C’est non pas le début d’un roman de Mauriac, mais celui de Bernanos, .

Mouchette est tapie dans sa haie,  elle   épie les fillettes de sa classe  qui sortent de l’école. Dans le crépitement  de la pluie, elle les guette avec la férocité dérisoire, désordonnée, du jeune animal  traqué. Un soir, elle a lancé de la boue vers cette petite assemblée  des gamines de son âge

Ce récit a été composé au cours du second semestre 1936.   Bernanos à fini de le  rédiger en décembre 1936.  Ce texte   est né sous le choc de ce que Bernanos  a vu des horreurs de la guerre d’Espagne à Palma de Majorque   .Octobre 1936, l’échec du débarquement républicain sur l’ile de Palma. Des  camions  passent dans les rues chargés    de Républicains pour y  être fusillés, véritable image à la Goya.

 L’attitude des Franquistes et de la hiérarchie catholique  révulse Bernanos. »J’ai commencé à écrire la nouvelle histoire  de Mouchette en voyant passer dans des camions, entre des hommes armés, de pauvres êtres, les mains sur les genoux, le visage couvert de poussière, mais droits, bien droits, la tête levée , avec cette dignité qu’on les espagnols dans la misère la plus atroce. « 

 Donc ce récit est issu de cette colère. la colère devant  l’humanité humiliée,   bafouée,  ces « enfants humiliés » qui ne cesseront désormais de hanter Bernanos. A noter que ce texte si concis de 120 pages , qui  file comme une flèche vers sa conclusion tragique, est  l’adieu à la fiction de Bernanos. Et c’est aussi un des rares récits qui ne met pas en scène un prêtre.  Désormais, Bernanos sera pamphlétaire et essayiste. Il gardera le brouillon de « Monsieur Ouine «  longtemps dans ses papiers. 

Le récit porte  le rythme d’une traque, d’un animal aux abois, au milieu de sautes de vent.Elle porte des vêtements déchirés, souvent trempés, dont elle a honte (très forte la honte chez elle, cette honte qui soudain lui donne hauteur et dignité), le  thème de course à travers champs, haies, bois ,pour finir dans la  cabane du braconnier violeur.  Tout le récit est une ligne droite . Tragique fuite saccadée, à bout de souffle,  de  Mouchette dans et autour du  hameau de Saint-Venant avec  ses maisons de torchis, ses ivrognes, ses  avares, ses cœurs endurcis, quasiment tous.  

Bernanos nous avertit : «La Mouchette de « la Nouvelle histoire » n’a de commun avec celle du « Soleil de Satan » que la même tragique solitude où je les ai toutes deux vivre et mourir. »

L’histoire de cette fille rebelle, en galoches, égarée un soir, surprise par l’orage,  d’abord fascinée par le beau braconnier Arsène, rassemble à priori tout ce qui fait le mélo le plus éculé :une mère  qui meurt avant que sa fille lui confie le secret de son viol, une fille de 14 ans qui s’occupe en urgence du bébé de sa mère, une orpheline qui soigne son violeur, et à qui on donne la robe d’une jeune morte, enfin  un père « qui vendrait pour une tournée de vieux rhum, sa fille.. »  Et des frères eux aussi  ivrognes. 

Vraiment, tout était  réuni pour  un naufrage littéraire ; et paradoxe,  toutes les aventures et sursauts et émotions de Mouchette, qu’on suit dans une unité de temps  brève,-moins de 24 heures-  prend les marques d’une insurrection. la  flèche  aiguë d’une solitude,  une trace de douleur et  de révolte contre l’avilissement d’un hameau. Mouchette se débat dans une paroisse morte. Aucun curé en vue.

 La fin  du récit  avec le glissement de Mouchette  dans l’étang a été mal compris à la sortie du récit en 1937 .C’est un malentendu avec  la  critique de l’époque  et aussi de nombreux  lecteurs.   Bernanos s’en explique André Rousseaux : » Pauvre ! Que ne va-t-on pas dire de son histoire, si on voit en elle une désespérée !Mais c’est tout le contraire pour moi. C’est un petit héros Mouchette !(..)Cette résistance de Mouchette, c’est à quoi je tiens le plus précisément  parce qu’elle témoigne de l’honneur de l’homme. »

 Irritante, rauque, acharnée, rusée, tenace, parfois naïve (elle croit avoir trouvé une consolation auprès du beau braconnier qui l’abrite et panse sa blessure à la main) ) , elle est enfoncée charnellement dans la terre. Mouchette   porte cependant  une lumière, une flamme espérance .C’est le chant pur qu’elle se fredonne soudain au fond de la nuit, seule, sur sa paillasse. Ce chant raté du début du récit, ce chant qui fut objet de raillerie d’une classe entière, institutrice comprise. Lorsque, fugace parenthèse dans le  texte , les paroles de son chant s’élèvent, extériorisation aussi soudaine qu’inattendue d’un monde intérieur riche et soyeux, comme seuls savent en entretenir des êtres d’une sensibilité exacerbée, lorsque s’élève son « chant de l’innocence », tous les rêves sont encore permis à cette fillette

 Dans  sa misère, sa rage, son énergie, sa vaillance,  ses naïvetés aussi,  dans son chemin de souffrance, de déceptions, et d’humiliations il subsiste  des instants fugaces  de grâce : non seulement  ce chant pur, mais des instants de compassion, de folle espérance, et pour finir   la   délivrance dans cet étang clair.                              

Quand tout un village   mijote    dans ses bassesses, Mouchette court se délivrer dans  la campagne.  C’est l’espérance et la promesse  de liberté des sentiers ,chemins creux, talus ,niches d’herbe,ruisseaux, rassurent Mouchette.   Le bois joue un rôle capital et ce  « n’est d’ailleurs qu’un taillis de quelques hectares, au sol pauvre et sableux, grouillant de lapins mal nourris, à peine plus gros que des rats ».

La proximité de la mer joue aussi son chant d’ espérance.  Face à la misère sordide  de la maison», Mouchette choisit la course ,l’escapade . C’est après la mort de sa mère que l’idée même d’escapade, se métamorphose en délivrance métaphysique :quitter le monde terrestre, ouvrir la grande brèche,  courir jusqu’à  l’au-delà.   Entre temps, avec un lyrisme étonnant de sensualité et de concision, Bernanos nous restitue  toutes les images de son enfance en Artois .

:»C’était là le chemin qu’elle avait pris tant de fois, les dimanches d’automne, le long des haies pleines de mûres…les larmes lui vinrent aux yeux. »  le curé d’Ambricourt, dans « le journal d’un curé de campagne »  avait lui aussi confié ses rêves et ses désarrois à ces mêmes paysages. Mais la lumière était différente, plus large ,sur  la plaine, ici Mouchette cherche les lieux clos pour y panser ses plaies au sens propre et au sens métaphorique.. Le prêtre  s’était tourné vers les routes : »Quel enfant pauvre élevé dans leur poussière, ne leur a confié ses rêves ? elles le portent lentement, majestueusement, vers on ne sait quelles mers inconnues, ô grands fleuves de lumières et d’ombres qui portez le rêve des pauvres ». Mais là, ni majesté, ni lenteur, mais oppression, halètement, abois. Elle préfère le vent noir au grand jour.  Elle cherche l’ombre ,la nuit,car la  nuit, c’est  le moment où elle peut s’échapper  par les rêves, alors que le Curé d’Ambricourt, à l’inverse, craint la nuit,   c’est le moment où il est assailli  par  ses angoisses.

 Le style de Bernanos, dans ce récit ultime,  est incroyablement riche en notations olfactives, on sent l’herbe, le sable fin,  le vin aigre, les  tissus rêches et sales ,l’argile, le café chaud,  les craquements du bois, et aussi odeur du sang,  chair battue . On subit  les ruissèlements d’eau, les branches fouettées par les averses,  et aussi les colonnes de feuilles mortes qui montent vers le ciel.Bernanos répète « les gens parlent trop »( Bresson ne l’oubliera pas dans sa belle« Mouchette » quasi muette) .La prose serrée,presque convulsive, de Bernanos « la ville et la mer fumaient ensemble ») jette Mouchette vers une zone obscure orageuse ,ballottée par les évènements, prise entre ciel et terre ,luttant à l’aveuglette. Mouchette est souvent prise entre rêve et cauchemar.

La honte et l’humiliation deviennent une arme.« Que de fois elle a fait exprès de marcher dans les ornières afin d’arriver toute crottée sur la place, à l’heure où les gens sortent de la messe. » Ou bien :«  à la limite de la fatigue, il arrive qu’elle se couche exprès à la place la plus boueuse de la route. »

Affinité  de Mouchette avec ce qui  répugne : la boue.  C’’est la psychologie  paradoxale de Mouchette Son inversion des valeurs. Marcel Arland, dans une des premières critiques du récit avait  finement noté cela: »Jamais à ce point les personnages de Bernanos n’avaient semblé naitre des éléments du décor. Ils ne disparaissent pas dans l’atmosphère ; ils en sont la forme humaine. De là vient une part de leur grandeur. »

Après la mort de sa mère, Mouchette a un curieux geste et reçoit un signe :elle ouvre une armoire pleine de linge et « soudain, l’idée de la mort se confond avec l’image de ces piles de draps immaculés ». Elle  court au-devant de ses secrets  dans une curieuse transe, comme si elle  cherchait   des présences et des accords avec la nature que nous ne voyons pas, dans une sorte d’arrachement. Ça  se passe   dans un total mystère, au fond, comme si Bernanos ne savait pas tout  de sa petite révoltée .C’est sans doute ce qui nous  trouble et nous attache le plus dans cette histoire-là :  Mouchette et sa part de mystère, à la fois instinctive et méfiant. Elle  se pose des défis qui parfois nous échappent.  Ainsi, le lecteur, d’une page à l’autre, oscille et  se pose la question majeure : est-elle    une révoltée ou est-elle une martyre ?

On a souvent reproché  au  roman français   son « insuffisance métaphysique ». « Nouvelle histoire de Mouchette » reste  une réussite dans ce domaine.     

89 commentaires sur “Mouchette la révoltée

  1. Je reproduis le passage de l’ Imposture: « car la colline, le feu et l’ eau, ont seuls des voix, parlent un langage. Nous en avons perdu le secret, bien que le souvenir d’un accord auguste, de l’ alliance ineffable de l’ intelligence et des fables, ne puisse être oublié du plus vil. La voix que nous ne comprenons plus est encore amie, fraternelle, faiseuse de paix, sereine. L’ homme lyrique, au dernier rang de l’espèce, que le monde moderne a honoré comme un dieu, croyait risiblement l’ avoir restitué, n’ ayant délivré la nature des sylvains,des dryades, et des nymphes démodées que pour y lâcher le troupeau de ses mornes sensualités. Le plus fort d’eux tous, déjà pris à la gorge par la vieillesse, t’emplissait les rues et les bois de son infatigable lubricité. Derrière lui, la foulée des disciples s’est ruée , comme on mange, à la solitude sacrée, dans le rêve abject de l’ associer à ses ventrées, à sa mélancolie, à sa déception charnelle. La contagion, gagnant de proche en proche, s’est étendue aux antipodes : l’île deserte à reçu leurs confidences, témoigne de leurs amours, retenti de leurs grotesques sanglots devant la vieillesse et la mort.Nulle prairie, ruisselante de lumière et de rosée dans la candeur de l’ Aube où vous ne trouverez leurs traces, comme des papiers sordides, sur les pelouses, au petit matin. »

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  2. Pouvez-vous m’ indiquer les passages, Paul Edel? Je me suis quand même donné la peine de sourcer mes textes et n’ importe qui peut les comparer à ce que j’ avance ici s’ils sont ce qui est très vraisemblable, sur le net. Un cas fait exception : le binôme Légende des Siecles Contemplation, traite d’ après le des progrès de la poésie française. Le goût pour la peinture d’Histoire imprègne tout le volume.De là à invoquer ces deux calamités que sont la Commune et la Trouillefou, il y a de la marge. Mais qui donc a demandé un parallèle Hugo/Gautier pour une «  nouvelle histoire du romantisme? ». Mc

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  3. oui enfin Mouchette (pas Moucheyye)… pas la peine de se sentir morveux pour contre attaquer par un petit rappel, hein. Bàv,

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  4. Ché pas vous,, mais moi j’aurais putôt dit : « On a la Moucheyye qu’on peut »…voyez. C’est plus popu bin sûr, et moinsss élitisse, mais on se sent moins esssclu de l’éméritate…

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  5. et du haut des pyramides, quatre milans le contemplent…
    Ah mercite, Paul, me sens mieux d’un brin… ! La Mouchette se mérite, voui, ça se discute… Qu’est-ce qui ne le mérite pas, au jus’…, not’ MC nazional ? – « Le grand Gautier » ? N’exagérons rien quand même, PE ! Remettons le 19e en perspective avec la Commune pour ponctuer le final du second empire, hein !… ça va êt’ de saison ! Bàv,

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  6. Les Contemplations, VH les appelle sa « grande pyramide ». Acceptons porno chic pour « Vieille Chanson du jeune temps » exclusivement, mais respectons le Pharaon !

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  7. J’espère que vous arrivez à suivre la richesse du dialogue sur Gautier/Hugo, il en va de la répute de votre blog Edel. Moij, ai pas tout compris. Et je n’aime pas avouer avoir du mal à suivre. Il faut dire que j’ai pas « fait littérature » ce qui n’excuse rien, bin sûr. Personne n’oblige à comprendre jusqu’où pénétrer les Klassiques. Je trouve que l’JMB fait plus d’efforts pédagogiques que Marc Court à nos égards, mais pourquoi ? TSPCS il avait un brin de pitié altruiste, alors que sa santé est bien plus menacée que celle de jude l’obscur, au mépris égoïste. Je dis ça je dis rien. C’est subjectif, de toutes. Je sais que « dame clopine » n’aimait pas trop qu’on la prît de haut. Il l’avait néanmois terrassée tandis que JPA lui avait tendu la perche, après l’avoir bien enfoncée durant des années-mones. (C’est mon ressenti RETEX, ma mouchette)

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  8. Au fond, je pense que c’est le Hugo peintre d’Histoire qui lui parle le plus

    d’histoire je ne sais pas mais cette légende le fait un peu rare..les contemplations c’est un peu du porno chic..gautier ne craint pas de s’essuyer dans les rideaux..hon voit bien que c’est pas lui qui nettoie qu’elle dirait bonne clopine

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  9. le bourgeois au pire sens du terme réparait sous le Mage

    apporter trop d’eau à mon moulin pour le mieux ruiner c’est trop de coups de vices meussieu courte..

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  10. Quand on voit ce qu’ Hugo reçoit au début de l’ Imposture, on se dit que Bernanos n’ avait pas oublie l’ Hugophobie d’un Leon Daudet. ( le malheureux avait payé de sa personne en épousant Jeanne Hugo, la petite-fille névrosée du grand papa) . Mais on comprend aussi très bien ce qui sépare le poète du romancier. Au demeurant, Leon dans « la Tragique existence de Victor Hugo » fera preuve le recul venant de plus de compréhension qu’on veut bien le dire. Bernanos omit l Homme moderne déconnecte des grandes voix de la nature qu’il ne comprend plus, ce pourquoi la génération des  » hommes lyriques » et le plus grand d’entre eux , Hugo, ne saurait reposer que sur une gloire fausse ou mal entendue. Bref une imposture ou le bourgeois au pire sens du terme réparait sous le Mage….{{{\

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  11. Oui il y a un côté médecin de Molière dans ce tératogène. Pour l’ intimité chez Gautier sans doute pourrait-on trouver un terme meilleur mais il est de fait qu’il s’oppose aux cataractes du lyrisme hugolien façon Contemplations, dont il ne dit presque rien, quitte à encenser sans mesure la première légende. Au fond, je pense que c’est le Hugo peintre d’Histoire qui lui parle le plus si on se fonde sur son Évolution de la Poésie Française contemporaine datant de la mort de Baudelaire.

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  12. « rature teratogène » ? Je viens de l’inventer

    ..ça sort à peine du formol sacrénom..j’adore les diy des fake du ‘brain in a vat’..chparle du métaphisicien mais du bodysnatcher à la manque à la dirfilou qui fait son bocal frankenstein à coté de son pc..dirfilou y doit avoir un mac..il est client

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  13. non seulement personne n’est dans la confidence meussieu courte mais l’hérudition ne servirait qu’à espliquer ses gouts pour les faire comprendre..ça srait presque trop..’hintime’ a ici une coloration trés politique..gautier est un vrai serviteur de l’individualisme et son ‘hintimité’ percole mieux que celle d’hugo chez ses collégues..qui ‘force’ le respect par sa massification

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  14. Hugo ne s’inspire pas de Theophile lequel écrit justement à propos de Vacquerie Poete qu’on peut être attiré par un maître sans pour autant lui ressembler. Gautier trouve très tôt ces marques avec un univers pessimiste, anti chrétien, dominé par la mort (Albertus ou la Comédie de la Mort, Arria Marcella) le culte de « l’ art pour l’ art » mène à bien dans Émaux et Camees , quasi parnassien de ton. Il a d’ailleurs sa place dans la livraison du premier Parnasse Contemporain, Autant l ´ Univers d’Hugo est dynamique,théiste, épique, autant celui de Gautier passe Albertus et les œuvres données au mouvement romantique sont intimes ( émaux) tournées vers la mort ( premier dénouement de Fracasse où le jeune couple devait mourir, ou Roman de la Momie) La géographie hugolienne est à partir de la Légende des Siècles ou des Orientales multipolaire, celle de Gautier privilégie l’ Égypte qui a «  l’éternité pour elle » et le monde païen de Pompéi. Elle est aussi plus réduite. Mais des deux, c’est Gautier que choisit Berlioz pour ses Nuits d’ Été. Il ne semble pas d’après les textes conservés qu’on puisse mettre en doute le rôle de Gautier dans Hernani et son amitié matinée d’une admiration sincere envers Hugo. On est conduit ainsi à écarter la vacherie beuvienne selon laquelle Hugo, pour ne pas laisser voir ses défauts a pris soin de mettre de chaque côté de lui deux miroirs déformants, Gautier et Vacquerie» MC

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  15. Suspectez, suspectez! Accusez d’érudition gratuite, encore qu’on ne voie pas très bien ce que cela veuille dire . tout rapprochement sortant un peu des clous peut-être aisément et parfois justement descendu. C’est pourquoi je me suis donné la peine ici d’en expliquer l’origine par cette lecture. Je ne crois pas que la sincérité de Gautier soit à mettre en cause dans des textes ou il magnifie sa jeunesse. Et sur Chatterton il se donne la peine d’en expliquer la raison. A l’opposé du jeu professionnel prévu dans les moindres détails de Mademoiselle Mars, un jeu senti comme non calculé, spontané : pas de marques de craie par terre pour indiquer les sorties. Une glissade du corps comme jamais on en a osé . C’est peut etre naïf comme ressenti mais la surimpression avec la scène de l’étang ne peut pas ne pas s’imposer. Ce n’ est pas le même monde, évidemment, mais c’est dans les deux cas la mimesis physique de deux victimes broyées, que cela plaise ou non. MC

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  16. Suspectez, suspectez! Accusez d’érudition gratuite, encore qu’on ne voie pas très bien ce que cela veuille dire . tout rapprochement sortant un peu des clous peut-être aisément et parfois justement descendu. C’est pourquoi je me suis donné la peine ici d’en expliquer l’origine par cette lecture. Je ne crois pas que la sincérité de Gautier soit à mettre en cause dans des textes ou il magnifie sa jeunesse. Et sur Chatterton il se donne la peine d’en expliquer la raison. A l’opposé du jeu professionnel prévu dans les moindres détails de Mademoiselle Mars, un jeu senti comme non calculé, spontané : pas de marques de craie par terre pour indiquer les sorties. Une glissade du corps comme jamais on en a osé . C’est peut etre naïf comme ressenti mais la surimpression avec la scène de l’étang ne peut pas ne pas s’imposer. Ce n’ est pas le même monde, évidemment, mais c’est dans les deux cas la mimesis physique de deux victimes broyées, que cela plaise ou non. MC

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  17. Marie Cardinal, n’était-ce pas cette femme qui avait mis la clé sous la porte après avoir énoncé les mots pour le dire ?… J’ignorais qu’elle avait joué Mouchette dans un film de Bresson. Je me demande si Victor ne s’est jamais inspiré de Théophile et si on peut vraiment mesurer les influences littéraires des uns sur les autres ? Et si TH a vraiment éprouvé quoi que ce soit face à la glissade de Dorval dans Chatterton.
    Des connexions érudites très élaborées au demeurant, dont on suspecte cependant la gratuité… Pour aller plus loin, peut-on citer cette suggestion bloguesque dans une nouvelle étude plus savante sur l’Histoire du Romantisme… Pour servir à capitaliser quelque chose, bien entendu. Merci pour votre aide.
    Littérature : « rature teratogène » ? Je viens de l’inventer, j’espère qu’on n’en trouvera pas une trace chez Gautier ou Hugo. ça me la foutrait mal à ma réputation, un brin, MC !

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  18. Gautier, Dorval :Je relis actuellement Gautier enterrant le romantisme de sa jeunesse dans les articles recueillis après son Histoire du Romantisme. Ce n’ est pas sans parenté avec l’esprit qui règne ici, et quelle plume, même s’il pompe parfois le Totor vénéré. L’article sur la reprise d’ Hernani reprend côté Gautier la rencontre avec le bourg éponyme qu’on trouve dans le VH raconté par un temoin de sa vie. Or le texte d’Hugo , ou d’ Adèle sous Hugo, parait cette année là. Et Gautier, observateur de son voyage en Espagne, ne dit ici rien de plus que ce que dit Hugo….

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  19. Aucun souvenir de Marie Cardinal mais de la glissade vers l’ étang, si! «  Bresson decrasse notre regard. » bien vu. On éprouve un peu sur ce plan de l’ étang ce que devait éprouver Gautier devant la « dégringolade «  de Dorval dans Chatterton, toutes proportions gardées.

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  20. Revu hier soir la Mouchette, le film de Bresson. Beau travail sur le personnage de Mouchette et sa comédienne. Le village,le bistrot, la fête foraine, l’école, la cabane,on y croit.. on y croit.a l’exception de marie Cardinal qui joue la mère mourante-si mal- je reste impressionné par cette fidélité à Bernanos.et les cadrages.! enfin quand Mouchette roule dans la pente vers l’étang, .là encore impressionnant. Bresson décrasse notre regard et l’écran de cinéma.les passages dans les taillis sont eux aussi remarquables de vibration feuillue et de vie des sous bois.. et la tuerie des lapins..quelle leçon de cinéma.Revigorant.

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  21. Il y aurait un petit musée des horreurs involontairement inspirées par l;e grand Georges à constituer

    lui il aurait pu jouer dans la hammer..en guest star..sur sa moto..et son blouzon élsangèle et sa croix..mais voilà..il préférait boire mauvais

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  22. Il me semble que le dernier à s’etre colleté à Ouine

    c’est un genre de mabuse chiant qu’il dirait dirfilou

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  23. Bernanos fils,id est Michel, je n’y arrive pas!

    j’en ai lu qu’un..jusqu’au bout!..espérant quelquechose..secrétment peut être une bascule?..dla nonos’xploitation?..mais les français c’est dvenu des coincés meussieu courte

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  24. mais le cul est à la peine..à la vache de peine

    ton copin giono a dit que le meilleur divertisment en somme était un homme qui saigne..ma parole..djizeus est fait minab

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  25. Bernanos fils,id est Michel, je n’y arrive pas! On a connu aussi un très ancien -années 1950_ et très médiocre Masque signé Bernanose. Il y aurait un petit musée des horreurs involontairement inspirées par l;e grand Georges à constituer.
    Il me semble que le dernier à s’etre colleté à Ouine est François Langellier dans une belle et récente préface. PE voius vous exposez à quelques ennuis avec Sébastien Lapaque qui adore ce texte. Ou certains parties, je ne ais pas trop….
    MC

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  26. les fumetti..c’est un joli mot..surtout en français il parait..c’est un peu les inventeurs..les italiens avaient la bosse de la production ‘d’expoitaton’ en europe..n’oublions pas que serdgio léoné en était un parmi tant d’autres..ripeur de cowboy et de samourai à la marinade chianti..des calçonades qui hont fait huniforme à oliood..mais le cul est à la peine..à la vache de peine

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  27. Ou une »Sophia Paramount Vierge et Martyre »? Ou « Ylang Ylang; essai sur le protofeminisme vernien? »

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  28. « Il y eut cette époque où le roman noir était encore trouvable dans les bureaux de tabac ».oui Bouguereau, j’achetais des P4, des Bob Morane et le buraliste me laissait tripoter et feuilleter les petites BD de cul, dessinées souvent par des italiens..

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  29. J’en profite aussi pour dire que je n’ai jamais rien compris à ce « Monsieur Ouine »

    haprés les méfisto romantiques et les gothiques à minijupe c’est un diabe hinvendabe..on peut pas comprende nous polo.. pour nonos le gros biznèce c’est le bon dieu..c’est lui la tête de gondole..tout lreste a a l’gout dplâtre

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  30. Il y eut cette époque où le roman noir était encore trouvable dans les bureaux de tabac

    ça voisinait avec les bouquins de cul tout en haut..et tout en bas la vie catholique..et un billet de loto pour changer ton desssstin..tout est affaire d’écosystème..de pli qu’il aurait dit deleuze en étouffant l’annuaire 3615 sous son teeshirt..de biotope meussieu courte

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  31. Oui MC. Juan Asensio qui est un fin connaisseur de Bernanos a préfacé en 2O pages, l’édition de l’Imposture »(édit.Castor Astral) avec des vues intéressantes,mais aussi il affirme ceci : »Macbeth, Kurtz, Cénabre, Ouine:quatre figures de l’intériorité devenue vide, hermétique, démoniaque »,ce qui me laisse perplexe.
    J’en profite aussi pour dire que je n’ai jamais rien compris à ce « Monsieur Ouine » et que je suis en train de relire avec une jubilation non dissimulée « Les âmes fortes » de Giono, vraiment à son meilleur.. j’en parle bientôt.

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  32. Il faudrait peut-être s’occuper de l’ Imposture, qui n’ est pas un Bernanos rural, lui, non plus qu ´Un Mauvais Rêve. Ceci pour dire que la Paroisse Biotope ne vaut pas dans tous les cas….

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  33. Cette composition Parsifalesque

    c’est idoine meussieu courte..surtout havec le heil en ciment deutscher werkbund ..on peut préfèrer harry hausen et le vrai métal meussieu courte

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  34. Cette composition Parsifalesque fait beaucoup penser à un des artistes exposés naguère par Hervé Seranne. Ce n’ est pas Di Macio, peut-être l’allemand dont le nom m’ échappe. Curieux personnage que Seranne, qui faisait commencer le déclin de la peinture à Cezanne. Et curieuse galerie- temple que Ra, aujourd’hui remplacée par de la fripe…Mais une expérience à n’ en pas douter. Marc Court

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  35. « un don dun myon »

    Je ne suis riche que de mon seul coeur tranquille, tel le pauvre Gaspar !

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  36. baroz va faire un don dun myon aux bistrots du port..il sra porté en triomphe..l’anglais sra fait aux pattes..

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  37. Ken Folett aurait cédé l’ensemble des droits d’auteur de son dernier livre (environ 150 000 euros) pour les travaux de rénovation de la cathédrale de Dol, parce que la plus proche de son domicile français. Ce qui lui a valu de belles pages de pub sur les chaines de télé.

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  38. Ken Folett

    je lis qu’il n’y a même jamais foutu les pieds..à dinkêk on l’aurait ficelé les mains dans l’dos et foutu la tête la première dans l’minck..pour ‘faire’ du homard

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  39. ma mère.. 2 ou 3 pichets d’chouchène et les bretons vendent encore leur filles à l’anglais..

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  40. MC, sur l’article du Mans à Dol.. j’ai ajouté une photo de la cathédrale de Dol vu d’une rue où il y a deux restaurants sympas, avec de grandes cheminées anciennes pour grillades de viandes ou poissons.

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  41. oui c’est une des rares avec St pol et Quimper ou le granit se conjugue avec la monumentalité. Encore à Quimper y -a-t-il la patte un peu lourde de Trophime Bigot notre Viollet le Duc. St Brieuc est une eglise basse et fortifiée, Après le fiasco de Rennes et de Vannes, je ne vois guère que Dol..

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  42. Oui MC ,je vais souvent le samedi, jour de marché, à Dol. Je ne manque jamais de faire un tour dans cette cathédrale.On y verrait bien jouer l’histoire de » Beckett ou l’honneur de Dieu ». cela fait dejja au moins deux ans qu’elle est en réfection et que je vois des échafaudages à son chevet. certains vitraux sont une splendeur! Ouest-France a consacré deux articles hier (dont un entretien) avec Ken Folett.Ce Gallois m’est sympathique.

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  43. Parenthèse, les commentaires étant fermés sur Le Mans Dol: Don important de Ken Folett à l’évéché de Dol pour la restauration de la Cathédrale. (5 lignes dans le Figaro d’aujourd’hui, d’ordinaire si patrimoinophile ) quoi qu’on pense dudit romancier historique, Ce n’est pas choisir la facilité et la publicité que de choisir la plus méconnue et partant la moins touristique des cathédrales bretonnes

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  44. il n’y a pas encore d’acculturation dans nonos. la ‘paroisse’ le village reste cet idéal type politique français..cette maniere d’archipel de petite athénes pour le populo. on pourrait faire beaucoup beaucoup plus long vu que ça nous concerne diablement. l’italie a ses paroisses aussi évidemment..mais je ne crois pas que pasolini soit un don camillo pédé..quant a pavese..ça fleure bon l’exode rurale comme parangone individualiss..l’italien du début du siécle était beaucoup plus ‘politisé’ que le francais..et c’est toujours encore aujourdhui bien sur un plus grand sac a merde

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  45. 0n pourrait faire la même analyse d’un Ramuz hanté par la fin du monde, qui se confond parfois avec celle de la ruralite. Il me semble que l’ Amour du Monde , titre, est aussi une formule johannique. Qui sait ce que pensait Ramuz de Bernanos, ou l’ inverse? Cela dit, il y a une tyrannie de l’ image chez Ramuz qui aliéné parfois le personnage . Le Garçon Savoyard est amoureux d’un leurre. Une affiche qu’il prend pour une réalité . Et le roman, hors cette idolâtrie, échappe à toute récupération religieuse. C’est une différence notable entre les deux’

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  46. ..pas du tout..c’était simplement technique..c’était pour étoffer ‘ta fin d’un monde de la paroisse’..bernanos est un rural et accessoirement c’est la ‘ruralité’ qui finit..le fait est ‘exterieur’ à la paroisse..c’est son biotope qui est ruiné..bernanos en avait fait son décor spirituel

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  47. La révolution,je ne sais pas. Disons la crise de Port-Royal , sec et froid, et la dissolution des Jesuites.?Mais ceci nous éloigne de Bernanos.

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  48. ..essaie juste un instant de voir les choses de mon point de vu meussieu courte..céline comme le rat des villes et nonos comme le rat des champs..et toudincou tu verras la lumière

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  49. djizeus 0000-0033..ou prend ‘plus prés de nous’ moise et lassouline..et son blog communautariss qui font rien qu’à déshonorer la république qu’y dirait nonos en troussant sa moustache et kickant sa moto..pour aller semer la terreur dans toute la région

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  50. je disais justement meussieu courte..que depuis qui tu sais personne n’était plus fort qu’une fiche de police..que l’église depuis la révolution surment avait perdu cette pôle position dans le renseignement et son savoir faire dans les contremesures et l’agit prop

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  51. Une question légitime & plus embarrassante (pour moi) aurait porté sur la pertinence du rapprochement entre ces deux textes d’auteurs contemporains (RMG n’a que 7 ans de plus que GB) — celle que laissait supposer l’intitulé du commentaire : pourquoi évoquer ce texte de Roger Martin du Gard alors que l’article de Paul Edel portait sur La nouvelle Histoire de Mouchette de Georges Bernanos ?
    Qq vagues ressemblances purement thématiques, ou plus exactement de référence à peu près au même monde extérieur, celui de la France rurale entre les deux guerres (mais pas ds le même terroir), justifient-elles le rapprochement ? A-t-il un intérêt général ? (au-delà des échos plus ou moins significatifs au sein de la « bibliothèque intérieure », des associations personnelles d’une lectrice, du « ça me fait penser à … » qui peuvent faire dériver tr loin.)

    Ma réponse : pas vraiment — si ce n’est comme épreuve contradictoire, vérification que le contexte général, les questions de l’époque, ne définissent pas, ne conditionnent pas les œuvres ds lesquelles ils se reflètent différemment ; qqch comme une situation vue (filtrée, analysée, organisée, placée ds une certaine perspective) par des tempéraments & des esprits dissemblables.

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  52. Ne mésestimez pas les informateurs des préfets, souvent surprenants de clairvoyance dans des affaires embrouillées à plaisir. J’ai bien coùmpris qu’il s’agissait d’une enquete interne. Je dis simplement que les archives de Police ne sont pas pour autant méprisables, n’étant dénuées au Dix-Neuvième ni de finesse, ni d’exactitude.

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  53. Blavatsky: 1831-1891. Bernanos 1888-1948. je n’ appelle pas ça précisément être contemporain…. MC

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  54. Je n’ai de légère incertitude que sur l’identité du questionneur — qt au texte, aucun doute puisque je l’ai sous les yeux.

    Pour la peine, un autre passage concernant l’abbé Verne (celui ds lequel il est présenté au lecteur, au ch. IX)

    « Les premières années, pour lutter contre la frigidité religieuse de ce vieux pays sclérosé, où chacun ne pense qu’à soi, à son petit commerce, à sa petite épargne, à sa petite sécurité, il a tout mis en œuvre pour créer entre ses ouailles un esprit d’entraide chrétienne. Peine perdue. Tous, même les pratiquants, se sont dérobés à ses initiatives. Le patronage, l’ouvroir, le comité charitable, qu’il a théoriquement fondés, n’ont jamais fonctionné, faute de recrutement. Impossible de réchauffer l’âme de ces travailleurs à petit profit. Depuis trop de générations, l’exercice quotidien d’une économie vitale a étouffé tous leurs instincts généreux. C’est maintenant une race méfiante, envieuse, calculatrice, que la cupidité ravage comme un chancre. En a-t-il toujours été ainsi? C’est une question que le prêtre se pose souvent, avec angoisse. Pendant des siècles, ce petit peuple de France est pourtant venu s’agenouiller dans cette église qu’il déserte aujourd’hui. Qu’est-ce qui l’y amenait ? L’amour ? La foi ? Des besoins spirituels, maintenant atrophiés ?… N’était-ce pas plutôt la crainte ? La crainte de Dieu, la crainte du clergé ? Le respect routinier de l’ordre établi ?… L’abbé Verne sait bien que ces leviers-là sont cassés. D’ailleurs, il répugnerait à s’en servir.
    Peu à peu, l’indifférence générale a eu raison de son courage, de sa patience — de sa santé. Alors il s’est replié sur soi, s’est fabriqué à son usage une règle de trappiste. Son refuge, c’est ce potager, […] Dix heures par jour il retourne la terre. Et, comme le casuel est insignifiant, il fait des primeurs que Loutre lui achète à bas prix: ça permet de vivre — et même de distribuer quelques aumônes.
    Il a livré sans combat le presbytère, l’église, et enfin la paroisse, au despotisme criard de sa sœur [redoutable punaise de sacristie] »

    La réflexion sur le spirituel n’ira pas plus loin (en revanche un // est suggéré avec l’autre personnage honorable, ds l’autre camp : l’instituteur). RMG parle d’un simple « album de croquis » , & il est vrai que le format restreint ne permet pas l’approfondissement, mais ce traitement « en surface » laisse apparaître qq monstruosités, les unes énoncées en passant, les autres seulement suggérées.

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  55. Justement, je voulais vous interroger à ce sujet, elena. Vous êtes bien sûre que ce n’était pas plutôt extrait « d’Un taciturne » ? J’ai un léger doute sur votre source, il ne faudrait pas enfumer cette chaîne non plus avec des fakes !

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  56. Si par hasard qqn s’interrogeait sur l’origine des extraits déposés tt à l’h : ils sont tirés de Vieille France de Roger Martin du Gard (1933)

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  57. ceci pour simplement dire que cette ‘compétence’ du curé et cette grande ‘tenue’ intellectuelle des personnages de bernanos ne fait pas de doute dans ses romans..jusqu’au diable qui s’il ne fait ni le malin ni l’intello se garde bien d’être un imbécile..ce que je veux dire c’est qu’hanouna ne l’invitrait pas sur son plateau meussieu courte..il ne lui ferait ni gras ni recette

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  58. l Église apparaît comme subordonnée à la préfecture depuis l’ époque Concordataire

    cet enquête de mémoire était a usage interne : la préfecture était bien incompétente a juger de curés vivant maritalements avec enfants..tenants table de manille ouverte au bistrot du village tous les jours que dieu veut bien faire..de curés gauchiss donnant le gite en leur église aux pauvres expulsés des filatures..le tout dans une région encore aussi croyante dans son général qu’en bretagne.. avec rogation et curé coupeur de feu..peu doté peu vanté..mais avec nouveaux riches nouveaux pauvres..et entre..belles planches d’enfer bien savonnée et bien pourrites

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  59. Le fait d’être un homme de la république n’ empêche pas Le Braz d’être très bien informé et très honnête sur la mentalité des campagnes

    bien sur..fameux protoantropologue de l’interieur..alors que l’honnéteté de bernanos n’est ‘que’ littéraire sous un ciel ‘tout de papier’..même si l’oeuvre est a ce prix ça et se mesure avec son aune..ça ne lui aurait pas plu du tout: encore je m’étonne de 2 choses: que tu étaies les propos assez mortel de malraux sur ses personnages tout de roman..et ma bernanosienne qui ferait de l’espèce blavatsky sa matière noire spirituelle. elle lui est bien contemporaine

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  60. Le fait d’être un homme de la république n’ empêche pas Le Braz d’être très bien informé et très honnête sur la mentalité des campagnes. L’opposition entre l’un et l’ autre est ici forcée. J’apprecie que le passage transcrit par Elena comporte la pseudo-prophétie de la Groach Perrine, dont on trouve des versions plus françaises que bretonne. Mais l’ attribution à une sorcière en dit long. Oublié de préciser que les véhicules sont les mêmes !- Le seul ajout est les femmes voulant vite comme des hommes!- C’est une probable extension de la prophétie dite de Merlin, qui, popularisée par Le très déplorable Auguste Brizeux, ne vise dans les années 1840 que le chemin de fer: « Le dernier de nos jours s’en va sur son déclin/ Voici le dragon rouge annoncé par Merlin! ». Ce texte très médiocre a connu une très grande popularité au point d’être cité dans la presse bretonne jusqu’à 1970 et autour. Il y a des archétypes qui ont la vie dure malgré la médiocrité indigne des transmetteurs.
    Pour ce qui concerne les rapports, auxquels j’ ai parfois jeté un coup d’œil, l Église apparaît comme subordonnée à la préfecture depuis l’ époque Concordataire. Si le châtelain se plaint, le préfet diligente une enquête. Celles que j’ ai consultées s’efforçait de faire la part des choses.?Le châtelain se plaint du curé, un émissaire est envoyé, il trouve un curé proche du bien out parce que les enfants du châtelain ne savent tout simplement pas se tenir, crient à la messe, etc. A l’ inverse, si l’ évêque met tout son poids dans la balance pour contenir un opposant ou des hérétiques, là, la sanction frappe de suspens ou de dispersion, ce qui se produit dans le cas du très contesté pèlerinage de la Salette, trop désiré pour être honnête.
    Il faudrait voir si votre enquête sur le Nord n’ a pas ete publiée dans la Nouvelle Histoire Religieuse de la France Contemporaine. Quoiqu’il en soit,je vous accorde volontiers ayant relu le Dossier Louise Lateau et la Colline Inspirée que le nord nord-est n’ est pas un paradis, et que reste périodiquement rappelée l’interdiction d’être Curé et Thaumaturge, mais nous revoici au Tadic Coz. De le Braz, qui avec son OffrenDrantel, cet office a l’ envers auxquels assistent les morts, n’ est pas sorti de rien. Bien à vous, MC

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  61. Qq années avant Le Journal d’un curé de campagne et Nouvelle histoire de Mouchette :

    « La petite est déjà bien faite pour ses quinze ans ; ça se remarque sous le sarrau en loques, tendu sur la gorge naissante.
    […]
    — « Comment que ça va chez toi, la gosse ? »
    Elle l’a regardé venir, sans bouger. Sa tignasse brune, encollée de sueur, ses yeux brillants sous les longs cils, et son teint sombre, la font ressembler à une jeune bohémienne..
    Elle hausse les épaules :
    — » Cette nuit, il a encore vomi son sang. »
    Le facteur regarde les épagneuls flairer les mollets de la gamine.
    — « C’est-il pour attirer les cabots ou bien pour régaler les moustiques que tu nous montres comme ça tes guibolles ?
    […]
    Que je te trouve un jour seule au bois, ma bichette, et tu seras peut-être moins faraude que non pas sur la grand-route ! »

    « Le curé navigue à travers la chambre, et soudain s’agenouille devant son crucifix:
    — « Mon Dieu, que Vous répondrai-je quand Vous me demanderez compte de ma mission ? Comment pourrez-Vous me pardonner mon ministère inefficace, ma paroisse sans fidèles? À qui la faute, si rien ne germe dans cette terre stérile ? Sans doute, un autre prêtre, moins indigne, aurait su faire lever la bonne semence!… Si ma ferveur avait été plus grande, plus digne de Votre Confiance, de Votre Amour, sans doute elle aurait soulevé ces montagnes d’impiété, elle aurait su faire jaillir de ces âmes éteintes l’étincelle que Vous avez déposée au cœur de Vos créatures… Car, dans chacune de Vos créatures, mon Dieu, n’y a-t-il pas un reflet de Votre Divinité?… »

    De la cour, s’élève la voix sifflante de Mlle Verne :
    — « Les prophètes l’ont annoncé: quand les voitures se mettront à marcher seules, les hommes à voler dans les airs, et les femmes à vouloir vivre comme les hommes, le monde sera condamné. Et sa fin sera proche ! »

    L’abbé se lève, et, doucement, va fermer sa fenêtre sur ce monde condamné. »

    Ce n’est pas de Bernanos, évidemment.
    Ni le ton, ni le climat, ni les principes de composition, ni les procédés de caractérisation des personnages ne sont les mêmes.

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  62. Bernanos voit s’écrouler un monde, celui de la paroisse et de l’ame

    c’est éternelment recommencé chez bernanos..hors le machinisme qu’il n’a malheureusement qu’entraperçu d’ou ma critique du décor de bresson.
    concernant la fin du monde de la paroisse et de l’âme..il existe une enquête dépéchée par un archevéque ou rome au xix eme..ému de la ‘déroute’ du clergé dans le nord de la france..elle est ici mais je ne la trouve pas..tableau assez noir d’alcoolisme de prévarication de simonie et de petit luxure qui s’abat sur des curetons pauvres..mal formés..ou quelquefois un peu loti..mais exploiteurs et facilement hérétique..cette enquête était une première (vers 1850)..il faut voir aussique le centralisme politique avec ses préfets et ses remontées d’infos..s’il a été copié du catholicisme..celui ci c’en est retrouvé à la ramasse politique et a tenté de rattraper le retard..dailleurs meussieu courte comment ne pas comprendre cette affaire de pédophilie mal traité par le clergé autrement?..c’est surtout hune preuve de ce retard administratif..je n’sais pas si jme fais comprende

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  63. je ne vois rien qui puisse mettre en attelage lebraz et bernanos et je crois haussi qu’il y a contresens concernant un terroir. l’artois de nonos est une ruralité ‘universelle’ de france. si elle a ses caractéristique ‘mystiques’ mais il n’y a pas de géni du lieu. lebraz est un homme de la république..c’est quun quart de gueuze pour bernanos

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  64. Bernanos est sensiblement contemporain de Le Braz. Les deux, l’un en Artois, l’autre en Bretagne, voient une civilisation s’éffondrer. je ne garantis pas que leur orientation soit la meme: Le Braz a perdu près de dix personnes sur les récifs de l’Enfer de Plougrescant, les villageois ayant pensé entendre des cris de damnés. eT pour lui la disparition du légendaire est salubre . Bernanos voit s’écrouler un monde, celui de la paroisse et de l’ame. Problématique absente pour la paroisse de Le Braz; iL n’empeche, tous deux connaissent les rites de passage, et qu’on le veuille ou non, le drap y joue un role, qu’il soit suaire pour l’autre monde ou embléme d’une force maléfique et morbide. Je ne dis pas que Bernanos va jusque là dans Mouchette, je dis que le détail des draps et la réaction pretée à l’heroine ne sont peut-etre pas si gratuits qu’on le pense. Et que l’un et l’autre contribuent au moins à l’enfoncer;

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  65. Le remonte si haut le niveau du barrage que même PE n’y comprend goute… Question blancheurs, dans une pile il y a généralement plusieurs draps. Qu’elle disait, la Mouchette, La grande peur bleue de la montagne…. Bresson n’allait pas faire de quartiers !

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  66. « faignant et pédé comme baroz »

    ça fait un peu tache dans cet hommage au grand Bernanos, le boug !
    Heureusement que monsieur courte est là pour relever le niveau…

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  67. Il faudrait aussi épiloguer sur la blancheur

    c’est bien pasque c’est nonos..l’odeur meussieu courte!..la fragrance qui marmone chqu’a la phin des temps cte raclure de ramsés dans ses bandlettes..ou ce merdeux de dali pensant à la mort ‘comme à un fromage’..tout n’est pas himage rétinienne..calcule camembert! le rligieux hintensifié ne rédécouvre que les vieilles odeurs..le sentiment..il suffit dle ressentir juste un peu lentement et toudincou c’est note seules connaissance meussieu courte..mais faut faire gaffe à pas trop fumer dpéte et dcramer d’encens qui puent msieu courte..sinon on dvient faignant et pédé comme baroz

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  68. Celui de Bernanos meurt de sa propre mort

    pas dprope..c’est la mort lgrand t’autre..ou halors cause bien dans le poste meussieu courte..je comprends pas tout..mais mouchette c’est havant la deuxième..bresson dans ses décors nous fait un peu l’inspecteur maigret dans une ds a suspension hydraulique des séries à pas cher des années 60..sur le siège arrière ça couine pas qu’elle dirait bonne clopine

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  69. La Beauté sur Terre parce que l’arrivée d’une personne d’un autre pays provoque un précipité de tout ce que le village a de trouble, de désir rentré, et de non-dit, L’Amour du Monde, parce qu’il y a collision entre Monde Suisse, Holywoudianeries, et films du western. Le village se dézingue sous un ou des imaginaires autres. Celui de Bernanos meurt de sa propre mort. Dans les deux cas, le spirituel a déjà disparu, ou sonne faux: cf les Prédictions messianniques des Signes parmi nous qui ne seront pas suivies d’effet, tout comme dans Et Si le Soleil ne revenait pas. A la defiance des signes prophétiques chez Ramuz correspond celle de la modernité. Ainsi le miracle manqué de Donissan est-il succès ou échec du Saint de Lumbres? (de l’Ombre?) On ne le sait pas et on ne peut répondre. Le colporteur Caille attendra que d’autres signes reviennent, qui, peut-etre lui donneront raison, sans qu’il y ait condamnation du personnage qui se révèle à sa manière un Veilleur. Il n’y a guère que le Regne de l4esprit Malin qui se verra contrer par une petite fille, mais nous sommes avant le premier conflit mondial.
    MC

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  70. L’armoire, le linge, la mort. Vu ce triptyque chez Le Braz. C’est d’abord ce qui s’escamote au moment du décès. C’est aussi à contrario la preuve d’une certaine réussite. L’ «armoiree » brandie comme gage au moment où l’on franchit la porte des vivants avec le drap-suaire. En ce sens le dialogue de Mouchette avec la pile de drap ne dit pas autre chose. Il faudrait aussi épiloguer sur la blancheur qui surgit au moment et à l’ endroit où on l’ attend le moins. Une couleur rédemptrice dans un noir absolu…Peut-être un catholicisme résiduel et manichéen opposant le blanc au noir , ou la détention du blanc n’ a plus qu’une valeur talismanique, affirmant quelque chose,mais n’ empêchant rien.Et là on retrouve le theme de la paroisse morte,chère à Bernanos comme à Ramuz. Relire de ce point de vue la Beauté sur Terre , ou l’ Amour du Monde. Bien à vous. MC

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  71. Cher PE, vous avez réussi à écrire un papier olfactif, odoriférant même. L’est magnifique…. Mes félicitations toutes.
    (NB / Aurait mérité d’être relu un brin, m’enfin on sait à quoi prédispose l’enthousiasme à publier au plus vite quand on sent l’impatience à l’entour). Un beau dimanche apaisé, je vous souhaite… Donc.

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