Tendresse, bouffonnerie et imprécations pour un « Cortège dans la ville »

En 1978, aux éditions du Seuil, parait  le premier roman d’un journaliste de 40 ans. »Le cortège dans la ville » d’André Rollin. C’est un véritable OVNI dans le milieu littéraire. On y raconte  un cortège funèbre qui traverse une ville. Dans le cercueil, un certain François Fydal. Tandis que, inlassablement, ce cortège s’étire dans la ville, que des notables attendent  en rangs serrés, avec plus ou moins de patience l’arrivée du cortège dans la cathédrale,  le narrateur du roman  nous explique que « demain sera mardi » et qu’il commencera à écrire.   Dès la  seconde page ,  ce narrateur qui dit  »je »s’adresse à nous entre les planches du cercueil :

»Car moi en ce mardi de juin, je suis impotent et livide, je suis planches étroites sur un dallage en losanges. Mon mardi à moi. Ensoleillé, lent et décisif. Un mardi comme les autres pour la plupart. Tous les autres mardis, de cette année, de l’autre, des futures, des passées. Ceux que j’ai connus, ceux que je ne connaitrai pas. Et pour cause. Pour cause de décès. Pour cause de deuil somptueux, remboursé ».

Tout le roman  se construit à travers  la prosopopée, cette figure de style qui consiste à faire parler un mort, de ce Francois Fydal dont  on saura qu’il vit et écrit entre une maison du Sud et un appartement parisien. . Ce livre ne raconte pas une histoire mais  des fragments de souvenirs, des réflexions ironiques, voire des imprécations.. L’histoire, en effet, peut être résumée en peu de mots. Un corbillard d’un homme connu traverse une grande ville. Or, les mots, les images, le mort, le passé et le présent  se mêlent et se chevauchent et c’est ce qui donne, au récit, dans ses hésitations et retours  tout son intérêt.

Des images reviennent, notamment  les visages d’ancêtres que le temps n’a pas altéré, toute une généalogie est suggérée,  avec des figures évoquées avec tendresse, en particulier  ce visage mortuaire   d’une mère tendrement aimée, le souvenir chéri d’une grand-mère toulousaine qui écrivait sur un carnet noir et or des poèmes nés de ses insomnies. Dans ce tourbillon funèbre, dans ce flux d’images et  surgissent  un femme qui écrit les aventures d’un certain Duc d’Alencon,  la ville rose de Toulouse, un magnolia dans un jardin de curé, des reliures dans une demeure ancienne ayant appartenu à un grand magistrat sous la Monarchie de juillet. Surviennent également la figure dominatrice et superbe  d’une « Putain Noire » qui  hante Fydal,  et aussi un certain collège religieux (des jésuites ?) qui a humilié le jeune Fydal  , ce qui permet à ce dernier   de  joyeusement blasphémer,  ricaner,se délivrer de cette vie par une bouffonnerie grandiose.

 Dans cette coulée verbale sans chapitre, le mouvement de l’écriture semble perpetuellement amorcé, repris, continué, jamais achevé, mais avec des sarcasmes plus fréqujents, une ironie plus forte qui vise  les notables qui attendent le  cercueil dans la cathédrale. ressemble à une mosaïque sérieusement ébranlée. La bouffonnerie et le grotesque s’accentuent   dans une  dérision martelée, répétitive    qui  annonce, en 1978,  celle de Thomas Bernhard .

 Le  narrateur  qui forme les mots, les phrases, rassemble les morceaux  éclatés du passé,mais t de toute évidence  il  pose cet acte décrire comme le seul élément légitime et stable dans un monde truqué, artificiel, dominé par des escrocs.. Ce qui devient au fil des pages  preque une litanie détruit l’ordre rassurant et les apparences familières du monde. Qu’il écrive  à Paris, dans son appartement, ou sur une table de jardin, dans un village du  Sud de la France, le narrateur égrène, hésite, ressuscite, oublie, revient en arrière ;  le film  mental se casse, se rembobine, mêle passé et présent. Ce cortège dans la ville avance, se déglingue,se bloque, on n’est pas sûr  qu’il ’arrive  à cette  cathédrale bondée dans laquelle tout le gratin politique, journalistique et littéraire s’est entassé.

Car   la  satire sociale se durcit. Après les souvenirs humiliants  du pensionnat religieux où Fydal a perdu une partie de sa jeunesse,  les politiques,  intellectuels parisien  .,les corps constitués deviennent la cible.

 Il yb a du jeu de massacre  dans ces  phrases qui claquent et  mitraillent les  politiques vaniteux , les  journalistes vantards, les  courriéristes hâbleurs,  et les chroniqueurs escrocs. Tout un gratin est en déroute en ce mardi d’enterrement.. On découvre en  Fydal  un accusateur public, goguenard et révolté, qui  met à jour  la fausse échelle des valeurs. Il  dénonce déjà ce qu’on appelle aujourd’hui l’entre-soi culturel, la boboïsation germano-pratine, les medias déconnectés du reste du pays, mais l’enserrant dans ses clichés. etc.

André Rollin

  Ce que Fydal enterre c’est  une comédie humaine parisienne  funèbre, désastreuse  dirigée  et hiérarchisée par des imposteurs. Le réconfort d’une grand-mère, les bibliothèques  d’une belle demeure  familiale avec  ses buis , son magnolia,  ses vieilles reliures, sa table de jardin, n’apaisent qu’en partie  ce  Fydal en colère. C’est le plus émouvant du texte :ce mouvement   qui va des regrets des parents morts en une montée de   colère  noire, colère contre le train du monde, ses paillettes,que le flux des réflexions, impressions, souvenirs, réoéttitions et accumulations renforce en verve  et dynamise.. La naissance suit la mort, les photos sépia ramassent  mal des miettes du passé dans  ce tourbillon de vide qui aspire le narrateur. Le vent D’autan souffle dans le Tarn, croise une neige fondue grise bien parisienne,  bouffonneries et le grotesque  sur le sexe, la religion,  trouent le papier  et transforment  la grandiose  cérémonie funèbre  en carnaval, en  la mascarade,  sarabande,  courante. Quel bouillon, la vie, nous murmure Rollin, l’enfer n’est pas après la vie, mais dedans, au cœur de la ville moderne qui nous expulse et isole  du passé.

 Le plus original du récit  est dans le  mouvement de l’écriture et des images qui trace une courbe :donc on repasse successivement, sur les mêmes endroits, les mêmes fantasmes, et ça déglingue l’horloge de ce mardi qui ne finira jamais.

 Notre  société humaine piétine, avance à vide, devenant un monde arrêté, figé, fantomatique, On attend Godot et Fydal   pour une  messe qui n’a plus de sens. Un monde  s’effrite et s’enterre lui-même  avec   ses rites catholiques, ses valeurs laïques, ses grands mots creux, ses   ambitions artistiques ou  littéraires devenues en toc.  Dans cette liquidation générale, cette fin de partie, Rollin le journaliste règle ses comptes( il  fut depuis 1980 critique littéraire au « Canard enchainé »)mais surtout essaie de retrouver un sens plus pur aux mots de la tribu .Dans la débâcle générale d’une société , reste le scribe et son stylo.. Cheminement d’une écriture blanche écriture hypnotique,  verbe enragé  ironie inoxydable, adieux tendres à des figures maternelles :  tout scintille  au temps présent . Selon Rollin-Fydal  rien ne pré-existe à l’écriture, c’est la Genèse à la pointe du stylo.   Avec  un cahier quadrillé ,  nait le  monde, le vrai.  Poésie et vérité, diraient les allemands.

Drôle de livre. Vraiment.

Tension entre ordre et désordre. La chronologie devient immobile, Le Temps devient   cercle. On croit avancer, on recule. Un cortège funèbre traverse une ville,  avec un homme, mais c’est une mère morte qui hante le livre, on  pense que  Fydal est un homme célèbre, mais c’est le narrateur anonyme qui s efface ; des religieux tiennent un pensionnat, mais c’est le blasphème qui l’emporte. Les saintes se transforment en putains, les cierges en phallus,   un cortège, au lieu d’avancer, bloque une ville et bloque la vie d  ‘un mort en sursis. Avec Rollin, c’est sur fond de ténèbres et de cérémonie qu’apparait le grotesque absolu et le jeu de marionnettes .Ecriture brisée, elliptique, répétitive, efficace. Livre puissant et si décalé en 1978.

Basilique de Saint-Sernin à Toulouse

Quelques années plus tard, André Rollin a bien résumé son  travail littéraire à une journaliste du « Monde » :

« Oui, c’est une récusation de l’écriture officielle des raconteurs d’histoire. A mon âge, il fallait y aller, il fallait que je le dise. Ils (la plupart des romanciers) racontent des histoires pour éviter l’écriture. Je voudrais que les mots soient pris au sérieux. Eux ne les prennent pas au sérieux, ils les accumulent. Il était temps que j’en finisse avec les compromis. Je n’avais plus rien à perdre. » Pourtant, parfois, au milieu d’une page, revient « la peur »  note la journaliste: « Vite, reprendre l’autre cahier, avec son intrigue, son histoire. Pour brouiller les pistes. Eviter les confrontations. Raconter, raconter pour fuir. Se cacher. Ne rien dire. »

 Extrait de Wikipedia :

Arrivé à Paris en 1965, André Rolllin collabore à la revue jésuite Etvdes puis chez France-Soir de l’époque de Pierre Lazareff (au desk étranger) avant de rejoindre le monde littéraire chez Albin Michel. Il entre au Canard enchaîné en juin 1980.

Bibliographie

  • Cortège Dans La Ville, Seuil, 1978.
  • L’Anglaise assassin, Galilee, 1979.
  • Entretiens avec. Ils écrivent où ? quand ? Comment ?, Mazarine, 1986.
  • Le héros transpercé, Mazarine, 1987.
  • La reine de pierre, Barrault, 1992.
  • Ce vent d’autan, Grasset, 1996.
  • Le calao, Fasquelle, 1997.
  • Quelle soirée, Gallimard, 2002.
  • La mémoire de l’iceberg, éditions Sabine Wespieser, 2007.
  • L’assassinat d’Elsa, Le Cherche Midi, Collection Styles, 2014.
  • Je ne sais pas, Editions Phébus, 3 Mai 2018.

89 commentaires sur “Tendresse, bouffonnerie et imprécations pour un « Cortège dans la ville »

  1. mais là, c’est une nouvelle pièce à l’ancien dossier, si on comprend bin… On est comme tout mêlés,n criss de câliste !

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  2. L’ironie de l’histoire, à propos des relations entre Max Frisch et Ingeborg Bachmann c’est que, dès 1971, Bachmann publie son roman « Malina » dans lequel elle expose ses relations avec son mari et son amant. Elle analyse doutes, appréhensions, attentes déçues, douleurs. L’un des personnages est Max Frisch.
    Entre les deux hommes, la narratrice est déchirée entre une utopie de l’amour et ce qui reste dans la vraie vie : débris l’amour et de tourments violents de la passion et malentendus au pied du téléphone .Le gouffre entre une femme et deux hommes. l’un console plus ou moins habilement de l’autre jusqu’à épuisement psychique. Un livre de fractures, de cendres, (d’auto-flagellation ?) Il m’a paru assez difficile dans certaines pages de suivre cette confession dans ses blancs, ses silences, ce qui est tu et caché.. La narratrice se révèle une femme visiblement fragile, en quête de cohésion entre les deux figures masculines. Et surtout elle-même en pleine déchirure.

    L’ironie de l’histoire c’est que plusieurs fois-et Max Frisch le dit avec sincerité dans « Montauk » ,-Bachmann lui a déclaré « je n’ai pas vécu avec toi pour te servir de matériaux l:ittéraires.Je t’interdis d’écrire sur moi », alors que Malina n’est de toute évidence qu’une confession difficile ,âpre, tremblée, d’une dévastation intérieure. la part de fiction y semble mince.
    Ce qui est à mettre au crédit de ces deux grands écrivains de langue allemande, c’est que leur imbroglio sentimental, leur amour si instable et leurs ruptures à répétitions s’achèvent par deux incompréhensions, aussi douloureuses pour l’une que pour l’autre. Des deux côtés le travail littéraire est impressionnant. Concision et dignité .Très travaillé au niveau de chaque phrase et dans le tempo même de chaque récit.. Exigence de vérité intime, aucune tricherie aussi bien du côté masculin et féminin..
    Cela mérite un immense respect.
    Nous sommes bien loin de banales exhibitionnisme. Ou de mauvais journalisme voyeur. Rien d’un déballage. L’exigence littéraire est commune aux deux. simplement en relisant « Montauk »- grand livre-journal faussement simple publié en 1975- Frisch ne caché jamais son vice(le mot est de lui) le « machisme » et chauvinisme mâle.. et il s’en repent et ne fait pas un autoportrait en sa faveur . les femmes qui ont traversé sa vie sont traitées avec respect, pudeur, bcp de tendresse, de remords, et de mélancolie .C’est visiblement une approche rétrospective réfléchie, mûrie et décantée par les années, sans voyeurisme aucun, mais avec un sens de ce temps-ou ces temps- qui passe si différemment entre un homme et une femme, comme si les instants vécus ensemble ne coïncidaient jamais…Aucun règlement de compte de la part de Frisch.. Une belle élucidation d’un passé remémoré avec des phrases d’une grande richesse, miroitantes. J’y reviendrai dans mon prochain texte.

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  3. De Gisele Sapiro je n’ai lu que sa Guerre des Ecrivains, maitre ouvrage ou dans mon souvenir elle ne jargonnait pas trop. Aurait-elle changé? Pour le reste, nous nous comprenons. Ce que vous dites del’impressionisme critique pourrait s’appliquer à certaines contributions bmloguesques. Bien à vous.
    MC

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  4. Une partie du « jargon » n’est d’ailleurs pas imputable à M.M. mais à G. Sapiro (ds Peut-on dissocier l’œuvre de l’auteur) ; qt à la notion de « implied author » elle est due à Wayne C. Booth : même remarque que plus haut, ils n’ont pas demandé à être traînés sur un blogue (fût-il littéraire) & encore moins à être mélangés (approches différentes).

    À propos de « lois » & d’ « enferme[ment] » : que la tâche de la critique, empirique, soit différente de celle de la théorie (l’une et l’autre littéraires) n’empêche pas leur articulation ni une communication fructueuse, vs le savez bien.

    Étrange impression de front renversé/talking at cross-purposes ds la mesure où il me semblait que je prônais plutôt la pratique d’une critique immanente, qui part du texte & y revient.
    Sans esprit de polémique, de mon côté ce sont plutôt les enquêtes aspirant à reconstituer le processus ayant abouti à l’œuvre (exclusivement soucieuses de biographie, de circonstances, de milieu, de filiations, de sources) plutôt qu’à rendre compte de son fonctionnement interne qui me paraissent souvent « positivistes ».
    Cela dit, je respecte & admire le sérieux philologique nécessaire à l’établissement des textes, ou leur analyse génétique.
    Ce qui me révulse, ce n’est pas ce positivisme-là mais plutôt la désinvolture, la revendication (au prétexte de l’intuition, du goût) d’un « impressionnisme » ennemi de tte méthode, & qui en revanche fait fort bon ménage avec l’assouvissement de ses propres pulsions &/ou la confirmation de ses propres préférences idéologiques (quelles qu’elles soient, les unes & les autres) : c’est alors que le texte devient simple prétexte, instrument — objet de consommation ou accessoire d’une panoplie sociale.
    Lire Frisch & Bachmann ou d’autres pour les potins, les cancans, comme on lirait Gala ou Closer, ou demander à la critique de se réduire à des campagnes du type « balance ton porc/(éventuellement) ta truie » serait mieux « aimer [ses] textes » que s’astreindre à une certaine rigueur méthodologique, explorer la matérialité des œuvres, leur facture, leur être formel (Starobinski) ?*
    (* : J’ai bien compris, MC, que ce n’est pas exactement ce que vs dites…)

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  5. MC, je crois préférable qu’on ne reproche pas à M. Murat ce qui relève plus probablement d’un manque de discernement ds le choix des extraits cités &/ou d’un emploi mal à propos dont la responsabilité m’incombe. 

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  6. drôlement chouette, ce poème de Brètche… Exactement comme les miens, de plaisirs… Suis content de cette exhumation, pour une fois j’ai tout compris, ça va me changer de ses sermons obscurs, un brin datés. Hein ! Bonnes journées zitou, Paul, Nescio et Jmb !

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  7. Pour passer un week end de plaisirs simples, ce poème de Brecht:
    « Mes plaisirs

    « Le premier regard par la fenêtre, le matin
    Le vieux livre retrouvé
    Des visages ardents
    La neige enfin, les saisons qui changent
    Le journal
    Le chien
    La dialectique
    Se doucher, nager
    La musique ancienne
    Des chaussures confortables
    Comprendre
    De la musique nouvelle
    Écrire, planter
    Chanter
    Etre amical »

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  8. Voyons si je reprends l’exemple canonique Elle et Lui, Lui et Elle, etc, je sais qu’il y a là dedans un Musset et parfois un Sand de Carnaval!
    Je me demande si la tentative de Michel Murat n’est pas surtout une prouesse langagière pour dire des choses simples dans le pire Jargon Universitaire. Bien qu’ayant reçu l’onction du Maitre, sa thèse sur Gracq m’ avait parue inutilement compliquée et propre à faire fuir les étudiants découvrant les Syrtes.. Maintenant, c’est peut etre mon coté Lansonien qui l’emporte, mais j’ai connu et connais encore des gens de l’Université qui aiment leurs textes, et ne se sentent pas obligés de jargonner pour l’eferemer dans des lois soit-disant générales, ou de tout réduire à une mauvaise socio-critique literaire façon l’inénarrable « Naissance de l’Ecrivain ».(Pardon, JJJ!). Cet espèce de positivisme littéraire me révulse.
    Bien à vous.
    MC

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  9. moi je gâche le matériau… suis pour les potlatch, en général ,la dépense gratuite et ostentatoire… pas dans la rétention pour le roman. – suis comme une vieille Fougue, sans talants littéraires, le sais déjà, j’allais pas attendre la regarder faire. hein ! je te laisse avekelle pour apprend’ à mieux gomoriser…- Aplusse.

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  10. II)
    • « j’ai parlé d’une pièce pas de son œuvre », c’est vrai ; c’était plus évident pour Klabund d’abord louangé.
    Le jugement subjectif & expéditif (peut-être fondé mais pas argumenté) a le gd mérite d’être bref mais pas tjs tr clair qt à ses implications.
    • Enfonçage de portes ouvertes : elles semblent s’être refermées pour bcp. Je n’ai pas l’impression que chacun fasse scrupuleusement la différence entre l’auteur implicite/impliqué ds & par le texte, & l’idée que l’on se fait de sa personne & au nom de laquelle on condamne l’œuvre sans l’avoir lue (souvenir du festival MS ici à propos de Morselli) ou tr peu.

    (pas vraiment sûre que glisser la réponse sous la porte des vestiaires après le match soit le meilleur moment, mais bon…)

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  11. Je me souviens d’un côté vieille institutrice venant apporter une œuvre , un roman, d’une photographe qui eut son heure de gloire quoique sans le moindre talent littéraire, et qui ressemblait à une vieille sorcière gothique. Quand on la voyait dans la Galerie, on cherchait machinalement le balai qui avait du l’ y porter’…

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  12. Elle m’avati fait comprendre que je ne l’attirais pas…

    tu aurais pu dire que tu ne ferais que regarder..faut pas gâcher du gros matériau à roman si facilment

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  13. sodome m’a honorée grande doctoresse..mais gomore..n’entravant rien du mal qu’il s’y fait jy reste parfaite analphabête qu’elle dirait bonne clopine

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  14. celui qui prend mon cul pour une piste c’est le morpionibus qu’elle dirait bonne clopine

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  15. Colette utilisait les deux pistes d’aterrissage dans ses folles années, passant de Missy de Morny au jeune de Jouvenel. Mi Music-Hall, mi Phèdre de Rosven, JJJ! Elle en a d’ailleurs parfois très bien parlé.

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  16. Vieux jeu ? Pas vraiment… C’est que pour le sexe, vous n’aimez pas les handicapées, et cela peut fort bien se comprendre. Moi je l’ai bien connue, Toinon, j’ai même publié un petit truc chez elle, naguère. Elle m’avati fait comprendre que je ne l’attirais pas… Elle avait le droit et j’en pris mon parti… Pourtant, savait pas ce qu’elle perdait. Hein ! Elle préférait les vrilles de la vigne de Colette à celles d’Alfred, le charentais.
    Nul n’est tenu au + que parfait, comme dirait jmb !

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  17. JJJ . Avez-vous rencontré Antoinette Fouque? Ce fut mon cas. Les Éditions dites des Femmes , par leur titre façon quartier réservé m’ évoquent irrésistiblement Vigny.  » Bientôt, se retirant dans un hideux royaume, / la Femme aura Gomorrhe et l’ Homme aura Sodome/ Et, honteux d’en venir à cette extrémité / Les deux sexes mourront chacun de leur côté « mais je suis sans doute très vieux jeu…

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  18. c’est un peu comme chez Virginia Woolf. Les gens se méprennent en général sur les intentions de Mrs Dalloway. Bàv !

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  19. Avant de « tenir ma langue » & aussi brièvement que possible :
    I) Austen (suite & fin)
    II) réponses sur le « fond » (citer Austen ne m’en dispense pas)

    I)
    • En introduisant « moqueuse », j’ai sur-traduit (tte à mon désir de clarification)
    • L’épisode joue un rôle central ds le roman, mais plutôt par ses conséquences. La tr bavarde Miss Bates est à la fois bonne, pitoyable (changement de fortune) & agaçante. La raillerie d’Emma lui sera reprochée non parce qu’elle serait immotivée mais au nom d’une sorte de « noblesse oblige » & du précédent qu’elle crée (effet d’entraînement sur les mesquins agressifs).
    Par ailleurs, en dépit de sa vive intelligence, Emma se méprend sur les relations de plusieurs personnes de son entourage ; parmi les éléments qui auraient pu la désabuser plus tôt & éclairer en même tps les lecteurs si l’une & les autres leur avaient suffisamment prêté attention, certains sont noyés ds le bavardage de Miss Bates.
    Une moquerie peut être à la fois méritée (on reconnaît que « on l’a bien cherché » en étant aussi prolixe) & injuste.

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  20. (it = Emma’s meaning), though it could pain. Mais impossible de préserver ce balancement tt en glissant l’indice de la rougeur comme le fait la phrase originale

    voilà à quoi se résume l’absolu de la littérature..a des discussions de jésuite sur sa globalisation..et quant à ton welbèque polo..au fait qu’il a pu..en chouravant quelques textes bien tapé de bulles de l’écho des savanes..faire long et fortune..tu as peut être entendu parlé des lawyers de jeff koons qui ont tenté d’interdire aux rares tortilleurs de chien en ballon qui restent de notre jeunesse de reproduire « son oeuvre »..il parait qu’au premier jugement il est apparu lui même pour couper court en disant chamlesseli (sans honte) que c’était une bonne blague..le juge et même ses avocats n’ont pas apprécié parait il..et même la presse n’a pas su trancher ce noeud du ridicule..car il y a une phrase devenu bêtment estrordianire d’alexandre dumas père ‘la seule valeur que personne ne discute jamais c’est l’argent’

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  21. deepl translator n’est pas encore tout à fait au point, mais ça va venir… D’aucuns n’y auraient vu que du fire, elena. Merci de m’avoir rendu aux mages… (avec le logo cookie de notre ip, on reste piégés malgré les changements de pseudo). Bàv

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  22. Excusez-moi, Paul Edel.
    L’allusion n’a probablement d’intérêt que pour les lecteurs du roman (& encore…)

    [Contexte : malgré le beau tps, l ‘excursion tant attendue d’un groupe d’amis & de connaissances ds un site pittoresque tourne à l’aigre ; il règne un esprit de division, le petit groupe est traversé par des tensions qui ne s’expliqueront que plus tard — les torts sont partagés. L’un des participants, sous prétexte de lancer une conversation générale, demande à chacun de dire tt haut à quoi il pense ; devant les protestations, il réclame ensuite seulement des propos divertissants, au choix : une seule chose tr spirituelle (brillante/ingénieuse/ piquante/amusante), deux qui le seraient moyennement ou bien trois tt à fait ennuyeuses (banales/fades/sottes). Miss Bates, dont la famille a connu des jours meilleurs, est terriblement bavarde.]

    Merci à qui a travaillé à ma place !
    Je donne ce à quoi j’arrive, qui n’est pas tr différent si ce n’est pour l’avant-dernier paragraphe, avec « burst » (c’est la signification réelle qui « éclate » ) & la suite : il y a un balancement ds la construction : it could not anger (it = Emma’s meaning), though it could pain. Mais impossible de préserver ce balancement tt en glissant l’indice de la rougeur comme le fait la phrase originale

    — Oh ! très bien, s’écria Miss Bates, cela ne devrait pas me poser de problèmes : « trois banalités », cela me convient parfaitement ; je dirai certainement trois banalités dès que j’ouvrirai la bouche !
    Emma ne put y résister :
    — Ah, mademoiselle, il y aura peut-être tout de même une difficulté. Pardonnez-moi, mais vous serez limitée en nombre : pas plus de trois à la fois !
    Miss Bates, leurrée par son apparente politesse, ne saisit pas immédiatement son intention moqueuse ; mais quand elle en prit brutalement conscience, une légère rougeur révéla non de la colère, mais de la peine.
    — Ah ! bien. Je vois ce qu’elle veut dire […] et j’essaierai de tenir ma langue. Je dois me rendre bien insupportable pour qu’elle ait dit une chose pareille à une vieille amie !

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  23.  » Oh ! très bien, s’exclama Miss Bates, alors je ne dois pas m’inquiéter. Trois choses très ennuyeuses, en effet. Cela me convient parfaitement, vous savez. Je serai sûre de dire trois choses ennuyeuses dès que j’ouvrirai la bouche, n’est-ce pas ? […]
    Emma n’a pas pu résister.
     » Ah ! madame, mais il y a peut-être une difficulté. Pardonnez-moi, mais vous serez limitée en nombre – seulement trois à la fois.  »
    Miss Bates, trompée par la cérémonie simulée de ses manières, ne saisit pas tout de suite ce qu’elle voulait dire ; mais, quand elle éclata, elle ne put se mettre en colère, bien qu’une légère rougeur montrât qu’elle avazit pu vouloir la blesser.
     » Ah!–bien… pour être sûr. Oui, je vois ce qu’elle veut dire, […] et je vais essayer de tenir ma langue. Je dois m’être rendue très désagréable, sinon elle n’aurait pas dit cela à une vieille amie »

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  24. Et bim ! Mon moment Miss Bates :

    « Oh! very well, » exclaimed Miss Bates, « then I need not be uneasy. `Three things very dull indeed.’ That will just do for me, you know. I shall be sure to say three dull things as soon as ever I open my mouth, shan’t I? […]
    Emma could not resist.
    « Ah! ma’am, but there may be a difficulty. Pardon me—but you will be limited as to number—only three at once. »
    Miss Bates, deceived by the mock ceremony of her manner, did not immediately catch her meaning; but, when it burst on her, it could not anger, though a slight blush shewed that it could pain her.
    « Ah!—well-—to be sure. Yes, I see what she means, […] and I will try to hold my tongue. I must make myself very disagreeable, or she would not have said such a thing to an old friend. »

    (Jane Austen, Emma, ch. 43 — l’excursion à Box Hill)

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  25. « fidèle à “l’absolutisation du texte” [Bourdieu] qu’opère toute lecture lettrée » me paraît encore préférable au recours à des éléments extérieurs

    c’est haussi un estrémisme..il suffit que le texte soit du javanais mal traduit par un belge aprés un lendemain de ducasse et ton absolu est à la rue

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  26. “de petites chroniques, transparentes pour ce quo’n appelait les initiés”

    zoller ne se fait pas seulement gardien du temple mais de la liturgie elle même..la littérature comme d’un genre dhermétisme..de « gnose »..le mot n’est pas trop fort

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  27. @ Coucher avec Antoinette Fouque, c’est courageux si c’est possible
    -> c bin vrai qu’elle a un brin raison, bonne CT…

    ..et puis meussieu courte..tu dvrais savoir que le cul c’est comme à la guerre..tant qu’on est pas monté au front on sait pas cqu’on vaut qu’elle dirait bonne clopine

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  28. J’ai parlé d’une pièce, pas de son œuvre, Elena. Pour le reste, et la Muratologie, si cela revient à dire que a) seuls les amateurs ou détracteurs de Sand et Musset y prennent leur plaisir,b) plus quelques curieux, mais C)qu’il s’agit en tous les cas d’une niché si je traduis en bon français, on ne le contestera pas mais on se demandera pourquoi tout ce sabir universitaire pour enfoncer des portes depuis longtemps grandes ouvertes….Ou me trompe-je?

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  29. Paul Edel, c’était bien ce qui me semblait, même si je ne suis pas très au fait de la littérature en langue allemande.

    Il me semble que l’on peut s’en réjouir, & parvenir à être tout à sa lecture de l’une et de l’autre, successivement.
    Les appréciations des œuvres, même enthousiastes, même liées à leur « auteur implicite/impliqué », n’ont pas à être incompatibles, mutuellement exclusives, quels qu’aient été les passions & les différends entre les personnes (« les individus socialisés » comme l’écrit G. Sapiro).
    De deux maux, l’attitude de « gardien[ne] du temple », « fidèle à “l’absolutisation du texte” [Bourdieu] qu’opère toute lecture lettrée » me paraît encore préférable au recours à des éléments extérieurs — recours plus ou moins biaisé (y compris à notre insu) par l’air du tps, & plus ou moins mélangé à nos projections sur la personne supposée de l’auteur.

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  30. Il y a même un culte Bachmann…. comme celui de l’Etre Suprême ?…
    Feriez-vous partie des sectateurs, P. ? Si oui…, ça craint un max (F), hein !…

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  31. Max Frisch ne tombe pas dans l’oubli.Il est étudié comme un classique dans les pays de langue allemande, aussi bien son théâtre que ses autres oeuvres.Pareil pur Ingeborg Bachmann qui est la poetesse autrichenne qui représente l’émancipation des femmes dans l’aprés-guerre.Il y a même un culte Bachmann.

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  32. @ Coucher avec Antoinette Fouque, c’est courageux si c’est possible
    -> c bin vrai qu’elle a un brin raison, bonne CT… avez l’humour misogyne chevillé aux socquettes MC/PR, comme dirait l’Macron… Mais vous avez le droit, comme dirait aussi l’bon jmb…

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  33. Ce à quoi je voulais en venir (ds l’ouvrage de Murat) :
    « Le lecteur propose et dispose. Il peut choisir entre plusieurs approches concurrentes de la fiction, qui font subir au roman une véritable mutation herméneutique. »
    S’il est informé &/ou décide de lire un ouvrage comme un roman à clefs, il mène une sorte d’enquête, « en s’appuyant sur les détails susceptibles de permettre une identification ». S’il « dispose au moins partiellement de la clé […] il confronte la représentation fictionnelle avec les connaissances du monde réel dont il dispose », juge « en termes de fidélité, d’exagération, de déformation », rapporte « ces écarts à la sympathie, à la malveillance, à l’intérêt de l’auteur » & formule une appréciation éthique sur ses intentions.
    « Enfin le lecteur a toujours la ressource, “si bon lui semble”, de lire le texte comme une fiction », & le roman à clefs serait « une forme fragile, vouée à l’obsolescence, ou destinée à redevenir une fiction pure ».

    À plus ou moins long terme, évidemment, & s’agissant de la divulgation de l’intimité, c’est une piètre consolation lorsqu’il y a sensibilités inégales à ce genre de transparence. Le mal est fait (intentionnellement ou non).
    L’ennui, c’est aussi que la dénonciation, le reproche fait à l’auteur indélicat révélant l’intimité des autres en même temps que la sienne, tt comme les procès, confirment & rappellent la clef (voire la révèlent à ceux qui n’étaient pas au courant).

    Le fait que tt soit désormais accessible d’un simple clic change-t-il qqch ?
    Soit le livre & l’auteur indiscrets tombent ds l’oubli (ce que semble augurer MC pour Frisch), & seuls les lecteurs de IB animés d’une certaine forme de curiosité iront les en tirer — curiosité pas nécessairement malsaine, mais dirigée vers le « réel », cherchant le réel « sous » l’œuvre plutôt que s’intéressant à l’œuvre elle-même (celle de IB).
    Soit les œuvres de l’une comme de l’autre sont destinées à durer — & le pbl me semble du même ordre : en comparant leurs versions respectives, ou la réticence de l’une & les versions (fictionnalisées ou non) données par l’autre, on transgresse ttes les clôtures (qui subsistent même pour des œuvres supposées « croisées », mais c’est un autre chapitre).
    (On verra à cette réaction de dinosaure puriste que Murat ne m’a pas convertie.)

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  34. Personnellement je n’éprouve aucune curiosité sur le 1er point (ni sur l’éventuel courage qu’il lui aurait fallu à elle, ne l’oublions pas).
    Cela dit, le petit récit À vous de C. Cusset dispense de s’intéresser aux clefs du gros, en suggérant que tt cela serait un rideau de fumée, à la fois malin & gratifiant, à l’abri duquel on peut vivre tranquille.

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  35. Coucher avec Antoinette Fouque, c’est courageux si c’est possible! Il y longtemps que je n’ ai lu Murat. Je note que « la Clé d’Or « est aussi le titre de l’ Autobiographie de Chesterton. Les craintes vis à vis de d’Annunzio ne sont peut-être pas toutes sans fondements…

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  36. Murat prend ses distances avec le « purisme » de la critique universitaire (thèse du « sophisme de l’intention”/intentional fallacy de Wimsatt & Beardsley), dont il donne pour exemple plus récent Marc Escola ds l’introduction d’un recueil d’essais sur le roman à clefs, éprouvant « le besoin de préciser que ce voume “ne vient pas réhabilitéer un mode de lecture dont la critique s’est à bon droit détournée […]“ et que “le discrédit dont souffrent les protocoles interprétatifs qui visent à “rabattre” le texte sur un référent extralinguistique est sans appel ».

    En revanche la « clé d’or » évoquée par le protagoniste du Beau ténébreux de Gracq, ds la lignée du motif ou de l’image ds le tapis jamesien, est hautement approuvée — sans doute parce que là le décodage « va du livre au livre : il nous ouvre la profondeur du texte, ses sens étagés, sa structure ». Mais Murat fait remarquer que les deux sortes de clefs peuvent coexister ds les mêmes ouvrages, par exemple ds la satire.

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  37. Tjs selon Murat, Proust « ne voulait pas rompre avec les milieux qu’il avait fréquentés; il ne cherchait pas le scandale » — « la séparation du “moi social” et du “moi profond” dans le Contre Sainte-Beuve [serait à considérer] comme un avertissement au lecteur, mais davantage encore, comme la formulation pour le romancier d’une règle de conduite. »
    La Recherche donne des exemples de « l’usage social des clés »: « la vengeance personnelle de Morel, qui diffuse dans la presse “de petites chroniques, transparentes pour ce quo’n appelait les initiés”, où le baron de Charlus est mis en scène sous le nom de “Frau van den Bosch » à cause de ses opinions germanophiles : la réaction du duc de Guermantes quand Gabriele d’Annuzio demande à rencontre la duchesse: il craint que celui-ci la “fasse entrer” vivante dans un livre ».

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  38. Murat évoque ensuite le Portrait de Dorian Gray, qui malgré « la forme hautement fictionnelle du conte fantastique et de l’allégorie », a été produit comme pièce à charge lors du procès de Wilde & s’est donc en qq sorte « retourné contre son auteur, mettant en évidence la prépondérance des usages sociaux [de la lecture] sur les déclarations d’intention, et la puissance incontrôlable, anarchique de ces usages. »

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  39. « Il y a bien quelque chose de romanesque à penser que les clés du monde — ou le dessous des cartes — sont données dans un livre. Mais le soupçon naît aussitôt que cette curiosité aille en fait du monde au monde et se serve de la littérature comme d’un détour qui s’annule de lui-même dès que le voile est levé. À l’exhibitionnisme de celui qui montre ces objets “sous un voile transparent” répond le voyeurisme de celui qui les regarde “par le trou de la serrure”. […] Femmes, là encore, est un bon exemple. Ce livre de coucheries met en scène quelques femmes dont nous avons entendu parler : lorsqu’il s’agit — entre autres — d’Antoinette Fouque (“Bernadette” dans le roman), […] elle existe d’une autre manière que “Cyd”, peut-être aussi réelle, mais que seuls des proches de l’auteur sauraient reconnaître ; pour le lecteur ordinaire, celle-ci reste une créature de papier. »

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  40. Pour en revenir à mon argumentation en cherchant à la rendre plus claire & la débarrasser de son aspect qq peu complaisant (Je, Moi & Moi-même…), qq extraits du chapitre « Romans à clés » du livre de Michel Murat, Le Romanesque des lettres :

    Fernand Drujon (1888) : « tout livre contenant des faits réels ou des allusions à des faits réels dissimulés sous des voiles énigmatiques plus ou moins transparents. »

    « Par exemple dans Femmes de Philippe Sollers, Fals “est” Jacques Lacan, Werth “est” Roland Barthes, Lutz “est” Althusser (la liste n’est pas close). Les noms, bien sûr, ne font pas que voiler ; ils peuvent orienter une interprétation (qui ne se méfierait de “Fals” ?) Mais l’essentiel est que le texte, à la manière d’une porte ou d’une fenêtre qui s’ouvre, donne sur un référent qui n’est pas, comme dans la pure fiction, de l’ordre du virtuel ou du vraisemblable, mais un référent attesté, sur lequel il est possible de s’informer par d’autres moyens, archives, coupures de presse, correspondances […] Rien n’impose que ce référent soit déterminant pour le sens du livre ; il peut être secondaire ou négligeable. Il n’en établit pas moins entre la littérature et son dehors un rapport qui offre des possibilités particulières à la lecture. »

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  41. En attendant, en commençant la lecture de ce roman, je viens de m’apercevoir que le merveilleux titre (en français déjà ds le texte original) J’adore ce qui me brûle (1942), n’était que le second élément d’un titre double dont le 1er, en allemand, a été effacé & non pas traduit.
    Il s’agissait de Die Schwierigen — faut-il y voir un écho, une allusion de Max Frisch à Der Schwierige (L’Homme difficile) de Hofmannsthal ? (wiki en allemand m’apprend qu’au moins un compte-rendu, celui de Emil Staigers, avait fait le lien, repris par Julian Schütt, auteur d’une biographie de Frisch — mais comme je n’ai évidemment lu ni l’un ni l’autre…)

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  42. Je pensais commencer par Roman d’un jeune homme & Fantôme, est-ce une bonne idée ou mieux vaut-il commencer par une autre œuvre ?

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  43. Klabund dont la pièce sur Moreau ( le general) resta hélas un trou et un four noir malgré l’ enthousiasme du maître d’œuvre. ,

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  44. La première pièce de Yasmina Reza ne se passait pas dans le cortège avant ou pendant l’enterrement,comme dans André Rollin , mais après.Le mort ne parle pas. On parle de lui.C’était dans une propriété du Loiret. Simon Weinberg vient d’être enterré à l’ombres d’arbres de la propriété. C’était là son vœu, reposer dans sa propriété. La famille ; oncle, tante, frère, sœur profitent des derniers rayons de novembre pour partager quelques instants d’un repas.C’est loin s cruel et tranchant que le roman de Rollin et va plutôt dans la direction douce amère et nostalgique de Woody Allen, intéressant .Ce soir Yasmina Reza est l’invitée de Busnel sur la 5.

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  45. Bouguereau semble bien documenté sur le séant de Bonne Clopine. ( Madame de Beauseant ?!)

    jalousie tu viens ramper autour de moi comme un serpent perfide et froid..

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  46. plus près de nous Zeimmert

    j’ai un souvenir de topor au premier salon du livre qui riait debout..abstrusément..mais vraiment vraiment tout le temps..si javais eu mon rouawaï je le mettrais ici..inexposable?..je ne crois pas..les français osent moins..ils sont vraiment brimés..comme s’ils avaient quelquechose à perdre

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  47. Ah , clovis Trouille, et plus près de nous Zeimmert et sa « Bombe Genocide. «  Inexposables aujourd’hui ! Un doute: le mort de Dreyer, ce n’ est pas l’ enterré vivant de ce cauchemar qui s’appelle Ordet? Bouguereau semble bien documenté sur le séant de Bonne Clopine. ( Madame de Beauseant ?!)

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  48. @ Supporte pas Lydie S. ni sur Bernanos ni sur Ingeborg.

    M’étonne point de vous !… Vous parlez bien de Georges et de Bachmann, n’est-ce pas ?… Voilà qui est fort argumenté…
    (Pas de solidarités chez les goncourables, en somme, des foik… hein ?…)

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  49. j’ai une bonne mémoire visuelle..je me souviens d’un film ou l’on entend une voix off à la première personne lors de funérailles..on met un certain temps a comprendre que c’est le macababé..et qui ne dit pas qu’il s’emmerde..au contraire..si mes souvenirs sont bons il salue même sa maitresse..comme dans une toile de clovis trouille

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  50. faire de leur liaison un matériau littéraire

    ..un peu comme si mon cul c’était laminoire et tréfilerie du havre qu’elle dirait bonne clopine

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  51. brulée dans son lit.. suicide ou accident? on ne sait pas…dernières années dans l’alcool..

    je crois de mon devoir de dénoncer baroz qui a marmoné fort maltapropos « l’obus explose »

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  52. pas de psychorigidisme meussieu courte..même sans vazline ça ne fait pas mal qu’elle dirait bonne clopine

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  53. Je ne pense pas autrement que vs s’agissant des contemporains au sens strict.

    La seule différence est peut-être que j’aborde Frisch & Bachmann de façon posthume, après la mort des personnes & en tte ignorance des « clefs » (j’ai reçu mais pas encore commencé le Journal de Berlin ; je préfère lire d’abord davantage de romans) — on pourrait même dire « en tte ignorance » tt court.
    En savoir très peu au départ, c’est la situation ou l’état de lectrice que je préfère (même si elle présente parfois qq inconvénients), celle que j’estime la plus profitable à une lecture « désintéressée » ou honnête des textes, à une interaction (avec l’œuvre) désencombrée, non plombée, non parasitée par des considérations étrangères à la littérature. (Ce qui n’élimine pas pour autant la part des affects ds la lecture, il ne s’agit pas de rechercher une quelconque « pureté » ou austérité tte cérébrale.)
    C’est pour moi une question de disponibilité d’esprit, d’ouverture & de réceptivité initiales — une situation ds laquelle je me place non par principe mais après avoir constaté empiriquement sa nécessité à travers d’heureuses surprises & inversement les biais, les empêchements à la lecture lorsque mon esprit était d’une façon ou d’une autre prévenu contre un ouvrage ou un auteur.
    (« Pour moi » & « mon » sont importants ici, je m’en rends compte : après tt, je suis peut-être la seule à être aussi influençable, la seule à se surprendre parfois en lectrice de mauvaise foi, la seule incapable de cloisonner son esprit & de suspendre délibérément ses connaissances, ses informations si elles gênent la coopération avec la narration.)
    Cela ne signifie pas non plus, du moins je le crois, que je sois automatiquement « bon public », prête à tt accepter ni même parfois à lire jusqu’au bout (il arrive aussi que mes réactions de lectrice naïve soient moins généreuses ou bienveillantes que celles des lecteurs mieux informés & des spécialistes d’un auteur — je ne prétends pas la méthode infaillible, même pour moi seule.) Il n’est peut-être pas logique de considérer comme je le fais que ce biais-là est plus « rattrapable » que l’autre (qui me semble plus & plus durablement contaminant).
    Autre malentendu possible : je ne crois pas promouvoir « l’intuition », mais l’attention (même si, comme tt le monde, je fais mien le livre, j’y ajoute des ch de mon cru).
    L’œuvre tient ou ne tient pas du pt de vue littéraire — & j’ai beau me placer du côté de la postérité, je peux tjs me tromper. Mais quitte à me tromper, je préfère que ce soit sur le plan littéraire, en considérant l’œuvre sous cet aspect, pour l’enrichissement qu’elle apporte ou non au grand terreau où tt se mêle, une fois détachée de son origine (même & peut-être surtout si elle est autobiographique ?)

    Il me semble que Homo Faber n’épargne pas complètement le protagoniste (il ne me paraît pas spécialement complaisant, entre autres, de confronter à l’inceste l’homme mûr sortant avec une tte jeune femme).
    Il y a aussi Barbe Bleue (& il n’est pas besoin de connaître la biographie de l’auteur pour noter les similitudes des personnages d’un roman à l’autre) ; bien sûr le roman est rédigé du pt de vue du personnage que tt accuse, & oriente (manipule ?) notre sympathie. Mais le roman est-il pour autant réductible à un plaidoyer pro domo ? Le procédé (littéraire) de l’intégration (assimilation, incorporation) du discours accusateur, les phrases du procureur qui résonnent jusqu’à créer un état de fausse conscience donne tt de même une autre consistance au suspense (jusques & y compris au double retournement final). La variation sur un genre dépasse la simple efficacité (côté femmes, le premier roman de Julia Deck, Viviane Elisabeth Fauville, accomplit autrement qqch un peu du même ordre).

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  54. Tous les deux une fin tragique:elle, à Rome, brulée dans son lit.. suicide ou accident? on ne sait pas…dernières années dans l’alcool..

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  55. Ajoutons que si un roman comme « Malina » de Bachmann navigue entre l’autobiographie et ,l’autofiction, Bachmann avait plusieurs fois mis en garde et même supplié Max Frisch de ne pas faire de leur liaison un matériau littéraire.Leur correspondance est claire là dessus.

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  56. elena Nescio/
    Votre remarque : » Par ailleurs, pourquoi la modération incitant à dissocier l’œuvre de la vie & des faiblesses de son auteur
    (que je croyais sinon de règle du moins d’usage sur ce blogue) devrait-elle soudainement être abandonnée ? » je la comprends parfaitement !
    .C’est vrai j’aime séparer l’œuvre de l’auteur ,de ses opinions politiques et de ses comportements. Je ne suis pas pour fouiller dans le linge, propre ou sale d’une vie privée. Je ne suis pas un professeur de morale, mais un lecteur d’œuvres .La pédophilie de Gide ne m’empêche nullement e lire « les caves du Vatican » ou « la porte étroite »Le stalinisme d’Aragon ne m’empêche pas d’apprécier « Blanche ou l’oubli ». ..La division proustienne me convient .. je ne suis pas là pour juger d’une vie ,mais quand c’est l’auteur lui-même qui étale sa vie privée, ET CELLE DES AUTRES, comme le fait Frisch dans ses journaux intimes et plusieurs récits , là, vrai problème.
    Quand Frisch a étalé et mis en librairie la vie privée des femmes avec lesquelles il a eu une liaison- alors je me crois en droit de juger cet homme sur sa propre vie privée ainsi livrée en pâture et destinée à etre critiquée dans les journaux… C’est Frisch qui a mis sur la place publique sa liaison avec Bachmann dans « Mein Name sei Gantenbein » curieusement traduit en francais par « le désert des miroirs ». Les révélations sur sa liaison avec a jeté Ingeborg Bachmann dans un désarroi si grand et une crise si grande qu’elle fut internée plusieurs semaines, anéantie par les révélations de Frisch sur leur couple. De plus, Frisch recommence dans « Montauk »- assez beau récit avuons le- de sa liaisons de Frisch avec la journaliste new yorkaise Lynn, là encore la vie privée devient directement matière littéraire .
    Pour Bachamnn, grand ecrivain –j’ai du mal à écrire « écrivaine » (relire « la trentième année » recueil de nouvelles sublime d’un bout à l’autre) , fragile, traumatisée par son père pendant son enfance, le comportement de Frisch ,oui, me met mal à l’aise .Pourquoi le cacher ? Même si j’admire l’auteur de « Homo Faber ».

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  57. andré rollin photographié par un drone ou un pigeon?..pour rapler qu’on est tous sous la menace chirurgical de yavé ou d’un guano..

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  58. Je ne concevais pas la discussion littéraire comme un jeu à somme nulle, quelle naïveté !

    rassure..à la fin on part tous avec la caisse quil veut dire polo..un trézure que personne ne veut..c’est vexant

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  59. Stroheim via William Holden

    faudrait un lien pour hillustrer comme baroz qui va piquer les couronnes des voisins pour fleurir ses morts a pas cher

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  60. @ e/N… non n’ai point vu le lien avec la terre de Sienne, faute d’avoir lu Max Frisch, mais voudrais vous dire merci pour cette vigoureuse mise aux poings. Moi-même avais été perplexiifié par la sentence suivante : « je lui reproche une chose : il a vécu avec Ingeborg Bachmann et l’a rendue malheureuse.Impardonnable »… Fallait-il la mettre sur le seul compte de l’humour contrarié ? .. Et pourquoi avoir associé Sarah B. « dormant » en son cercueil avec Edith Piaf ? (sûrement un lien, mais saurez-vous retrouver lequel ?).

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  61. — La présence de SB ? à relier à l’une des pratiques de la secte inventée par Russell Banks pour le roman évoqué par JJJ : dormir ds son cercueil.
    Il va de soi que seule l’indigence de ma culture en la matière (funèbre) explique cette association d’idées à la pertinence contestable & la regrettable initiative d’avoir voulu partager l’image qui me venait à l’esprit.
    Pan sur le suaire.

    — Ni vu ni lu Triptyque pour l’instant — mais je reconnais que l’évoquer permet de faire le lien avec le thème qui ns occupe (Proll assistant, invisible, à ses propres funérailles).
    Si ratage ou faiblesse il y a, cela retire-t-il automatiquement toute valeur aux autres œuvres ? On me permettra de trouver le procédé expéditif.

    — Par ailleurs, pourquoi la modération incitant à dissocier l’œuvre de la vie & des faiblesses de son auteur
    (que je croyais sinon de règle du moins d’usage sur ce blogue) devrait-elle soudainement être abandonnée ?
    Ce qui vaudrait sur un plan pour Céline, Morand, etc. , & sur d’autres pour tant d’artistes dont le procès en canonisation n’est pas près de débuter (mauvais fils, mauvais pères, mauvais maris, mauvais amants, mauvais paroissiens ou athées chancelants, amis lamentables ou tyranniques, bourreaux des rats ou des cœurs, photographes de fillettes victoriennes, voleurs, buveurs, lâches en ts genres, cyclothymiques, courtisans ou carriéristes) serait refusé au seul Max Frisch ? Diable !

    — Enfin je dois avouer qu’il n’y a rien à répondre au reproche fait à un homme et/ou à un auteur de ne pas être un autre, & pour l’auteur, de ne pas avoir traité un sujet comme l’aurait fait le rival qu’on lui suscite dans un concours virtuel rétrospectif & posthume.
    C’est effectivement imparable.
    Je ne concevais pas la discussion littéraire comme un jeu à somme nulle, quelle naïveté !

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  62. Si je comprends bien, c’est le topo légendaire du  » mort joyeux ». On s’étonne un peu, des lors, de la présence de la voix d’ or, à laquelle ne manque que Damala, qui fut quelque chose comme son Theo Sarapo scénique ! Max Frisch n’ a pas seulement rendue malheureuse Bachmann, il a aussi commis un très ennuyeux Tryptique . Peut être que Klabund , injustement oublie, s’y serait mieux pris dramaturgiquement et amoureusement… MC

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  63. y’a un vieux film qui débute

    Sunset Blvd, dear Bougreau. Gloria..à Stroheim via William Holden.

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  64. elena/Nescio Très intelligent auteur ce Max Frisch mais encore plus intéressant en témoin d’époque pour son « Journal »..Celui de 1946-1949 (Gallimard) offre le meilleur portrait de Brecht que je connaisse. et sur l’ambiance de des années là .et aussi ne pas oublier son « Journal berlinois » éditions ZOe -1973-1974 si fascinant car il rencontre beaucoup d’écrivains de premier plan à l’apogée de leur célebrité ,; Grass, Uwe Johnson.. etc. ses soirées alcoolisées, les dimanches à Berlin,(Berlin est et Berlin ouest..) tout ceci magnifiquement décrit.. il est au meilleur! je lui reproche une chose:il a vécu avec Ingeborg Bachmann et l’a rendue malheureuse.Impardonnable.

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  65. Et, par association d’idées, j’ai tt de même été déçue par le roman d’un « moriturus » (à la 2ème personne ; incipit « tu vas mourir, aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore), Les Identités remarquables de Sébastien Lapaque.
    Composition ingénieuse et efficace, certes, mais par ailleurs il cède à ttes les facilités qui plombent la réputation des « mauvais genres » — pour un admirateur de Bernanos, n’est-ce pas un crime ?

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  66. Pour le pt de vue du mort, il y a bien Mon Nom est Rouge d’Orhan Pamuk, mais le procédé ne s’étend pas à tt le roman (polyphonique).

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  67. Qqn a-t-il lu ça ?
    Pas moi, cela fait partie d’une zone blanche sur la carte de mes lectures — je ne sais même pas pourquoi j’ai tellement manqué de curiosité et/ou d’appétit pour une bonne partie de la littérature américaine contemporaine.

    Le pbl c’est qu’on ne peut pas rattraper sur ts les fronts à la fois : j’explore pour l’instant l’univers de Max Frisch, & comme à chaque fois que « j’accroche » vraiment à un auteur j’essaye d’en lire le plus possible à la suite ou du moins dans un laps de temps pas trop étiré.
    Cela ne me gêne même presque pas de le lire traduction, c’est dire !
    (En revanche en découvrant Personne d’autre de Botho Strauß il m’est arrivé de buter sur des phrases énigmatiques sans savoir si l’obscurité venait de mon ignorance de la vision & de la voix de l’auteur ou de l’univers de référence, ou encore d’un « grumeau » ds la traduction, pourtant due à un grd pro & qui me paraît tt à fait limpide la plupart du tps. Qqn ici aurait le texte en v.o. ou bien pousserait le dévouement jusqu’à fournir l’équivalent des notes de bas de page qui me manquent cruellement ?)

    Elle aussi, elle lisait les saintes écritures de Walter, Craig and Dirk ?
    https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/in/imageReader.xhtml?id=p::usmarcdef_0001143854&updateUrl=updateUrl1187&ark=/ark:/73873/pf0001143854/components/player/playerProductInstall/v0001

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  68. Tout cela fait penser au roman de Russell Banks, cet ovni littéraire américain : « La relation de mon emprisonnement ». Les fabricants de cercueils faisaient alors partie d’une communauté pratiquant le culte des morts en méditant dans le cercueil qui allait devenir leur dernière demeure. Cette pratique ayant été interdite, ces artisans qui en poursuivaient le métier devinrent des hérétiques. Refusant d’abjurer sa foi, le héros de ce récit fut alors emprisonné. Dans un style révolu sur des objets de prédilection de la littérature carcérale (relations avec les geôliers et entre détenus, perte de la notion du temps et de la réalité de la vie, attente de la délivrance dans une foi chevillée aux clous), c’est du grand art et d’une curieuse singularité résolument à contre-courant de la littérature US de l’époque… Je trouve. Hormis Rollin, qu’un a-t-il lu ça ? Bàv

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  69. Ils (la plupart des romanciers) racontent des histoires pour éviter l’écriture

    le style cécécélomêêêême qu’il dirait meussieu courte

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  70. Les surréalistes et le Nouveau Roman le disaient déjà bien avant lui, Paul !

    ‘des histoires y’en a plein les commissariats’ elle est pas de maigret celle là baroz

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  71. y’a un vieux film qui débute avec une caméra dessus dessous survolant un cerceuil dans son corbillard..en y fsant parler son macabé..bien havant ces rataputin de drone au cinoche..baroz dirphilou au parloir!

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  72. Oui Jazzi, mais il l’écrit d’une manière tres personnelle,peut aussi remonter à Jarry ou au Zutisme etc etc.. le problème des filiations est complexe et fascinant Ce qui est évident c’est que ..loriginalité du roman de Rollin est évidente.Tu devrais le lire..

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  73. Je n’ai rien lu de lui en-dehors de ses courts billets critiques, mais Paul Edel me donne envie d’essayer.
    D’autant qu’a priori, je devrais avoir qq affinités avec un homme qui intitule l’un de ses romans Je ne sais pas.
    Signé Nescio.

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  74. « Oui, c’est une récusation de l’écriture officielle des raconteurs d’histoire. »

    Les surréalistes et le Nouveau Roman le disaient déjà bien avant lui, Paul !

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