Pieyre de Mandiargues,stupéfiant

Il y a une jubilation à lire Pieyre de Mandiargues (1909-1991).

Ce petit fils de Paul Bérard, ami des Impressionnistes,  se révèle   lui aussi  un étonnant paysagiste mais un paysagiste  à pièges et à dévergondage érotique et surréaliste, avec une bonne dose de cruauté à la Poe. Mais quel fin styliste, quelle euphorie à le découvrir,  quelle élégance vraiment seigneuriale !!.On le constate dans tous ses récits et romans (Prix Goncour1967 pour son roman La Marge ,qui sera adapté  -mal- au cinéma par Walerian Borowczyk )  Un conseil : lire en priorité « Le lis de Mer » qui se passe en Sardaigne, une Sardaigne de grand étés superbe de rêve éveillé.. avec  de l’eau, du sable, des plantes dunaires  et de  filles nervaliennes nées avec les vagues    et des puissances cosmiques. Les qualités brillantissimes de Mandiargues  on les retrouve intactes,  avec   « Sous la lame »,  recueil de  6 récits publiés  en 1976, chez Gallimard.

Là  nous baignons  encore dans la clarté azuréenne et méditerranéenne entre Italie, Espagne. Ferrare ou les Pyrénées côté Catalogne. On respire un cinglant air de vacances d’où nait quelque chose d’irraisonnable et d’inquiétant. Parmi les odeurs sèches de pin, de soirées ombreuses dans des ruelles d’un village escarpé, vibre quelque chose de charnel mais aussi de sanglant. Cette ambiance  farniente  s’accommode parfaitement de la lumière crue  réverbérant des piazzas ferraraises  à des ténèbres de vieux cloitre déserté  qui enflamment l’imagination et font de l’inquiétude une denrée savoureuse. Le schéma est souvent le même : un passant anonyme mais perturbé par ses pulsions  va nous entrainer dans une situation limite que d’infimes détails annoncent pour créer  quelque chose comme une submersion vers une sauvagerie absolue .c’est  particulièrement réussi   dans « Mil neuf cent trente-trois »,avec ses 76 pages qui nous entrainent dans l’errance  si dépaysante  d’un homme dans des villes  ombreuses  du temps de Mussolini. Pour échapper à une pulsion de meurtre, Abel Foligno quitte l’hôtel Astoria  et sa Maud endormie au milieu de la nuit. Le récit nous entraine dans le labyrinthe  d’une vieille cité citadelle, avec forteresse, caserne, tout un théâtre urbain de piazzale à fontaines et Duomo,  magique nocturne  qui mélange des lignes austères classiques à des détails baroques . Quel incroyable amoureux et arpenteur  des villes, ce Mandiargues !

 Foligno croise des carabiniers à bicorne et pantalons noirs rayés de rouge, il  longe la Muraille d’Auguste, prend une allée plantée de cyprès, laisse courir sa mémoire sur son aire, avec souvenirs de gourmandises( tripes sauce tomate et romarin) évoque Maud, la belle assoupie  qu’il avait envie de massacrer. Mandiargues agit comme le petit Poucet, il  sème ses cailloux, diamants dans les ténèbres. Il prend un train à l’aube,  qui le  mène jusqu’à  Ferrare(devenue célèbre par deux de ses enfants  : Bassani l’écrivain et Antonioni le cinéaste)  A chaque instant, dans cette marche solitaire apparemment calme, avec le vide du paysage, la narration  effleure  des suggestions  folles, intègre  des signes imprévisibles et vrais : le lecteur  est en train de décrocher des apparences ordinaires , c’est redoutable d’efficacité. Tout peut basculer à chaque page, dans le crime, l’acte innommable, le sordide, le  sadique, ou  atteindre  l’extase orgasmique. Les dieux infernaux apparaissent dans une chambre un peu clandestine, vénéneux sinistre  d’une chambre de bordel .Il y a toujours un étonnant jeu du chat et de la souris entre Mandiargues et son lecteur. Mais les deux y gagnent. L’auteur  l’entraine à voir dans une simple chauve-souris(« elles se pendent pour dormir en prenant des formes de fruits desséchés, de sachets de velours sale, de mains coupées et racornies ou de gants de rebut, de vieilles bourses, de testicules flétris de pachydermes »)  ou une sauterelle énorme vue de prés,  un signe  de la folie de la Nature. Une apparente distraction du flâneur  dans ce  dédale de ruelles  mène  vers une révélation, un  abime, une brutalité paroxystique.  On hésite entre le surnaturel, le démoniaque, ou un éblouissement charnel mélangeant souvent  l’appétit sexuel à la rage de tuer.

 Sur un ton confidentiel et charmeur la marche  du promeneur de nuit, à travers les  espaces muets façon  Chirico, bascule soudain avec le plein midi.   Dans ce récit « Mil neuf cent trente-trois »   cette écriture ciselé nous amène à une somptueuse et inéluctable cruauté fasciste. Sur le quai de la gare de  Fano, le héros à la pulsion criminelle croise un autre homme, lui aussi inquiétant , un employé de la milice ferroviaire « en bottes, culotte verte, chemise noire, chapeau alpin, mousqueton à l’épaule ».

Le  train Pour Ferrare arrive (« joli bordel à roulettes » avec ses velours rouges de premières classe). A Ferrare  l’auteur déploie également son art baroque des ruelles du quartier médiéval, sa géométrie  piranésienne, pour mieux nous introduire dans un paysage  mental qu’aucune  préciosité n’effraie. Mandiargues, alors, nous fait deviner quelque chose de l’ordre du sacré, du rite,  ou plus simplement, un monde, qui comme dans les contes de Perrault, nous mène droit vers un cabinet noir et ses  femmes pendues.

Il y a ainsi une pente inéluctable, une déclivité  tragique de chaque récit vers une révélation sordide, ou au contraire,  d’un fétichisme troublant. Ne dévoilons pas la fin, ses couloirs, sa chambre obscure,  cette grande fille  féline qui s’appelle Julika ». Elle fait Artie de cette collection de solides méditerranéennes qui possèdent un sortilège érotique, introductrices d’une révélation, parfois  avec  des silhouettes hermaphrodites .

  Le voyeurisme chez Mandiargues, envoute. Il le  manifeste   avec une méticulosité souriante, gentille, presque désinvolte,  ajoute  des détails burlesques quand,dans le récit, l’homme sans mouchoir  découvre la liberté clandestine d’éternuer et  de se servir de ses mains sans  avoir pour témoin sa femme.

Dans le récit »La spirale », on plonge dans   les couches d’air chaud des  altitudes pyrénéennes, parmi les odeurs sèches et entêtantes  d’une arène sauvage qui domine la Catalogne. Mandiargues  place un douanier, brute  frustrée face à une marcheuse sauvage.  Le dérapage est magnifiquement déployé.

Mais c’est dans  « Peau et couteau »  que l’alliance  entre une solennité  cérémonielle, le génie des lieux (cloitres délabrés, demeures XVIIIeme siècle, salons délabrés  a armoiries) installe le beau crime surréaliste  dans sa pure chimère « explosante -fixe ».  Nous pénétrons dans le silence semi magique d’un vieux film muet.  

Les jeunes sauvageonnes de Mandiargues ou les opulentes matrones aux cheveux étalés font dévier la gravitation du récit rigoureux  au profit d’une image décalée. Edgar Poe, Breton, Gracq, comme si  une stupéfiante Foret de Brocéliande imposant sa luxuriance passionnelle et ses mythes.. On comprend que l’auteur fréquentât André Breton, Joan Miro, d’autres surréalistes,  car il transforme un trouble passager  fugitif, une possibilité latente de chacun de nous, face au désir,  en une  illumination mystique, une promenade en zone interdite.

48 commentaires sur “Pieyre de Mandiargues,stupéfiant

  1. Pour ce qui est du premier texte de Sous La Lame décrit ici, il peut être intéressant de noter que Bona est Ferraraise… cf Le Désordre de La Mémoire, entretiens avec Francine Mallet.
    Je ne sais pas si ces Mandiargueries n’ont pas poussé vers moi l’e.o du Deuil des Roses, sortie d’une boite de Chatelet. Les livres trouvent qui les aime, c’est connu. Bien à vous.
    MC

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  2. En cause, la remarque sur Vera « la plus belle nouvelle fantastique de la langue française » qui ne peut que lui parler avec ses personnages d’un autre monde.Il y a là quelque chose à creuser, comme il y en a aussi dans le japonisme du Deuil des Roses, à la fois parodique, avec kes quatre auxiliaires assez semblables aux Pinng Pabg etv Pong de Turandot, et d’un extreme raffinement: le cri de la tragédienne,beaucoup plus proche de certains moments du No que de Racine. Mais un cri qui ramasse et rejette toute une vie…

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  3. Remarqué hier que dans Le Troisième Belvédère, il parle en fait de lui en parlant de Villiers. Et qu’il s’en remet peut-être au jugement des lettrés, le seul qu’il reconnaisse. Il faudrait creuser un peu, mais il y a de ça.. Certaines figures du Belvédère, probablement des préfaces peuvent se comprendre avec Mandiargues comme référent, et il est indéniable qu’il ait de l’admiration pour Villiers….c’est un Pair en quelque sorte…

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  4. @ Paul Edel. Mon mail répondait à celui de marc court,qui traitait des publications au 19° siècle. Si vous n’y avez rien compris, effacez-le, cela évitera des tergiversations. Je vais disparaître pendant un certain temps, non par mauvaise humeur mais pour des raisons personnelles. A beaucoup plus tard,en été. Olga

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  5. OLGA désolé mais rien compris à votre dernier commentaire..Court vous parlez de Catherine Pegard mon amie du journal Le Point?

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  6. D’accord pour les plumes estampillées Rue d’Ulm, bien qu’elles puissent donner de belles carrières. Le log règne de Catherine P à Versailles par exemple.
    Etant très sollicités, les Directeurs de Théatre, comediens, etc, croulaient naguère sous le poids des pièces envoyées et -euphémisme- pas nécessairement bonnes. Je me souviens de la Bibliothèque de Jean Marchat qui réapparut dan les années 2000 parce que léguée à son dernier amour, un légionnaire dont la famille découvrit à son décès les livres et la double vie. La chose tomba chez un libraire de ma connaissance, mais on vit rapidement qu’en dehors du Recueil Viollet Le Duc du theatre français, il n’y avait proportionellement au nombre pas grand chose de valable. Et on mit prè de dix ans à écluser ce fonds. Depuis je garde une méfiance justifiée pour ce type de bibliothèque.
    Pour ce qui est de l’image du lieu, nous sommes passés en un temps très court du Cabinet de Lecure façon Restauration via le lieu des Classiques, une sorte de Bibliothèque de l’Honnete homme ou on achetait ce qu’il fallait avoir lu pour ses etudes , à un concept branché émané de la télévision. Je suis mal placé pour savoir si on le paie, étant réfractaire à toute prescription. C’est possible, mais certaines librairies jouent au point de ne paraitre fonctionner qu’avec ce concept là. Sont-elles pour autant anti-généralistes? Je ne le crois pas pour les plus intelligentes.On trouve de tout chez Colette meme le fonds poésie Gallimard, et c’est très bien ainsi. On est pas non plus mis en demeure d’acheter le dernier Minuit, et c’est très bien.
    Les bibliothèques parentales sont riches de ce qu’elles ont prete.D’ou des manques, des beances, et parfois, des separations denuees de regrets. Mais aussi des forces dans ce qui demeure, le Molière de Michaut, le Racine de Mélèse, le Hugo populaire de l’époque, Hemingway et Pasternak, le Malraux des AntiMémoires. Pour cause du mal du siècle, j’ai du me poser la question du devenir de mes propres ouvrages accumulés. Ce n’est pas facile à trancher, et on comprend Mazarin: « Et dire qu’il faudra quitter tout cela! »
    Tres bon apres midi qui sera, pour moi, ferroviaire.
    Bien à vous.
    MC

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  7. @ marc court, le sujet que vous soulevez est très intéressant et différent de celui que j’effleurais. Que The First « acte » à chaque discours est bien normal, il est dans son registre; imaginons-le parler en « Mandiargues » du déconfinement …sursaut garanti des téléspectateurs ou endormissement prématuré ;va savoir ; perso comme l’on dit sur un blog, je m’assoupis au bout de 100secondes. Je m’étonne toujours que les hommes politiques engagent une « Plume » estampillée Rue d’Ulm …Et je suis prête à en débattre.
    Je reviens au sujet que vous soulevez : était-ce mieux « avant »? Vous donnez des exemples probants; j’ai eu ,dans ma vie, à déménager, à vider, des maisons de famille ou d’amis, et à ouvrir et découvrir d’innombrables livres qui étaient les must de l’époque, 19° surtout; loin de les jeter, je me suis mise à les lire (juchée sur les branches d’un cognassier, ça va de soi). Un vieil ami achetait à la salle des ventes des caisses entières de vieux romans, lectures faites,il en gardait un ou deux. J’ai moi-même acheté une pile de romans provenant de la bibliothèque d’un directeur de théâtre, connu; j’ai obtenu un rabais, , j’en achetais une dizaine, alors ! lectures dans un cercle intimiste d’amis : cruelle s déceptions ! l’érotisme- pornographique du théâtreux et des romanciers était plus que pâlichon, le vocabulaire , fadasse, les scènes peu inventives. Nous lectrices de V D et ….nous jugions ces croûtes puériles mais divertissantes . En fait, tout dépend de ce qu’attend le lecteur. Les rayons bourrés de « fantasy » américaine, sont fréquentés par des lecteurs de toutes sortes. Or, les librairies ont encore une sale réputation, repaires d’intellos,réservés à une société qui se croit au-dessus du lot. Découvrir ? la TV est là qui veille, tel truc, c’st extra, les éditeurs publient ce qui se vend,et les acheteurs se trouvent dans les allées des grandes surfaces ; ce que je déplore c’est que les villes sont devenues des coquilles vides; tout a filé dans des ailleurs qui abritent lycées, collèges,tribunaux, cinés, fringues, restos et toute la suite, sauf les vraies librairies,et vrais libraires qui savent.Les librairies et les bistrots doivent s’associer, absolument.
    P Edel sort des lieux communs,trop fréquentés et usés. Donc « sortir Mandiargues , excellent, La maîtrise de la langue , cela ne signifie pas langue compassée,et puis essayer d’entrer dans le tombeau hindou aux multiple secrets,quelle aventure
    ( un peu longuet mon « ours » , tant pis, c’est fait…

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  8. Apres tout, je vais me faire l’Avocat du Diable, les choses allaient-elles mieux quand les Presses des maisons Dentu et Barba -un peu les Laffont du Dix Neuvième siècle-inondaient de mélos et de romans de portiere la France? Dans ces mélos et ces feuilletons, por ne pas évoquer les romans, le temps a fait le tri. Il me ^plait depenser, et souvent, que nous n’avons pas plus de discernement face à notre temps qu’un abonné de la Presse Girardin mettant dans le meme sac Sue Dumas et Balzac . Le problème de la langue se trouve alors reltivisé dans la mesure ou le style s’impose après.Ce style ont les contemporains de Balzac jugeait qu’il en manquait. Alors qu’à l’opposé Il fut un temps ou Barbey etait nommé « chef de l’école de l’illisible », et pas que pour les Diaboliques. Ceci devrait amener à plus de modestie et moins de dtrame, je crois. MC

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  9. Bien observé! On dira que l’y de Pieyre est parti en voyage faire un peu de tourisme! La question de l’alphavillisation , j’ y suis sensible. De bonnes pages- non litteraires mais quî font réfléchir au début de
    Transparence de Dugain, texte à priori médiocre façon science fiction française mais renseigne sur un monde qui pourrait être celui de demain ( 2068) .Bien à vous. MC

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  10. @ » le deuil des roses. » J’aime tout Mandiargues, romans, nouvelles, je l’ai découvert il y a longtemps. Le Bof Bof s’adressait au Y ! Ma souris a mal vieilli en mon absence et elle me joue des tours pendables. Quant au Quarto, je supporte mal le format; un livre doit tenir dans la main, seul moyen pour se l’approprier. En fait,Mandiargues a dù être publié chez Gallimard, Grasset, Mercure de France etc…
    Le deuil des livres qui deviennent sur amazon, des « produits sans couleurs et sans joie,le deuil des livres a été programmé depuis longtemps,sans qu’on s’en aperçoive vraiment.je n’ai guère envie de parler du +tout on line+ j’en ai été et en suis encore victime. Je compte sur la révolte du ventre : au centre de ma ville, plus de boucheries, plus de poissonnerie, plus de pâtisserie, plus de charcuterie, ,des rangées de Big Machin près de sachets aux secrets bien gardés. Sortons d’Alphaville. C’est d’une grande banalité .L’autre vrai question que pose l’artcle de PEdel : quelle place pour Mandiargues dans une société où le premier ministre +acte+ à tout bout de champ . Mandiargues est un délice qui agace la langue, il faut ouvrir l’un de ses livres et se laisser prendre au jeu.

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  11. Paul Edel. Il me semble que la spirale de la nouvelle eponyme est souterraine. N’ y aurait-il pas une confusion’ avec Miranda ou apparait, entre autres, le Douanier ? Je crois qu’il s’amuse beaucoup dans Peau et Couteau. Le passage ou le tueur caresse l’idée d’intégrer un ordre, je tairai lequel, particulièrement. Bien à vous. MC

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  12. Paul Edel il l’est bien connu qu’aucun bouquiniste des quais, de Brassens, ou d’ailleurs, ne peut vivier s’il n’a un site internet. Les dernières consignes tendent pareillement’ a de matérialiser des stocks et à les mettre sur le net, s’agit- il d’automobiles. Actuellement les deux sources sont encore visibles , en solide et sur internet,mais pour combien de temps? Les élites ont décrété le tout-internet. Cela risque de leur revenir dans la figure, toute politique mise à part. Bien à vous. MC PS m’en vais relire Le Deuil des Roses, Olga ou pas!

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  13. Vous pouvez ne pas l’aimer comme on trouve des gens pour ne pas aimer Huysmans première période, ou Villiers, Olga…. Mais qu’en avez vous donc lu? Pour le reste je maintiens que la fin d’humanités dignes de ce nom a entraîné une liquéfaction des stocks. Transformation quî ne trompe pas: la maison Garnier devenue un onéreux fief de theses universitaires. Après, on peut toujours trouver des précèdents – et semble t- il des excuses – a tout. MC

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  14. Enquête récente sur l achat des biens culturels.44% se fait désormais en ligne.les ttois plus anciennes librairies de Saint Malo intra muros et qui avaient du fond ont fermé en trois ans.la dernière la semaine passée.. Il ne reste plus qu une librairie et une maison de la presse avec des nouveautés des polars et de la Bd..

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  15. Pour M.Court et Paul Edel. Votre clavier manque de vitamines, M.Court, Mandyargues, bof bof; il est vrai qu’il n’est pas PRES d’être à la fête. Sans aucune acrimonie. Quant à se plaindre et plaindre le sort des libraires et des librairies, c’est une complainte sans effet; la question : comment éviter qu’elle soit inéluctable ? Dans ma ville qui n’est pas si petite, il n’y a plus qu’une librairie, et un jeune maire fringant et intelligent a fait fermer la rue à la circulation afin que l’espace tout entier soit réservé aux assoiffés de canettes. Le bistrot est bien entré au patrimoine mondial culturel ?? La librairie a de vastes vitrines ,est très bien achalandée et le libraire est compétent. Des lecteurs ? oui encore, pour combien de temps.. Peut-être suggérer: 1Mandiargues payé et vous pourrez siroter , gratis, de bons vieux whiskies sodas,.Pas assez affriolant, c’est évident . Je ne suis pas fan des quartos,pour plusieurs raisons, je préfère les Nouvelles ,chez Grasset (erreur ?) Discours qui court pour rien …

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  16. L’essor des « nouveautés « est inséparable de la disparition des classiques dans les mêmes librairies….Quand on renonce à une formation commune, c’est le prix à payer. ce que Derrida lui-même disait:  » il n’y aura plus de livre, il y aura des livres » Je garantis le sens sinon le libellé.

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  17. Je modifie mes propos. Un memoire soutenu à Turin écrit en français et disponible sur gogole donne quelques apercus dont certains récents de ce qu’il faut bien appeler la fortune critique de Mandyargues à l’Universite. On apprendra sans surprise que la meilleure these – non traduite- est anglaise , qu’il existe dès cahiers Mandyargues, qu’il a eu son Colloque , que des thèses ont bien été soutenues .ici quelques résumés un brin jargonnants mais ce travail donne une bonne idée des travaux existants et se lit en general agréablement.

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  18. vousbn’auriez pas dû laisser trainer votre imèle (par erreur), ça génère en général des cata… sur à la rdl. à moinss que ce soit une usurpation.
    Bien à vous, MC/R

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  19. D’après une breve recherche Gogole, il y a des travaux universitaires d’ailleurs d’aspect intéressants entre 1996 et 2011. Mandyargues: Un Cérémonial, l’Inspiation Italienne, l’Ecriture, etc, plus un Colloque à Cerisy. Mais après 2011, soit que ce ne soit pas comptabilisé, soit que quelque chose m’ait échgappé, on ne voit plus rien. Il faudrait corriger par un examen du Fichier Central des Thèses…Gogole lui_meme ne sait pas tout…

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  20. Les « étiquettes de vendeuses ou vendeurs » pour vanter tel livre…un must, avec les écritures de maternelle.
    « La marge » est déjà flanquée d’un délit d’éthique-tte.

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  21. Je vais être cynique mais il y a deja quelques temps que Philippe a remplacé Paul, sauf si le dernier est à l’ Agreg ,ou joue sur une scène. nationale. Et puis le conte gaulois qui ne pèse ni ne pose, en ces temps de féminisme fascisant, ce n’est pas bien porté. J’ai dernièrement reçu comme projet de Colloque un grotesque Écrire le Harcèlement sexuel a travers les âges qui me fait dire que Mandiargues n’est pas pret d’être a la fête. Bien à vous. MC

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  22. Oui, Court, il serait intéressant de voir combien de thèses universitaires depuis la mort de Mandiargues.Mais il y a un tres beau quarto Mandiargues, or, il y a trois jours, dans deux belles librairies de Bordeaux(je ne suis pas allé chez Mollat), rien sur Mandiargues et surtout tête du vendeur!perplexe quand je lui dis que je cherche plutot les nouvelles que les romans…. du genre: c’est qui ce mandiargues!!.. d’ailleurs,ensuite, j’ai cherché Paul Claudel et je n’ai trouvé que Philippe et rien sur Paul .. il s’agissait pourtant de deux tres belles librairies, grandes et avec du fond..et des étiquettes des vendeurs et vendeuses pour recommander ..un grand nombre les nouveautés..

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  23. Bien vu, dear Mr Court. L’homme à femmes, de surcroît aristocrate érotomane, n’a pas la cote aujourd’hui. Les queers studies trustent l’expression du goût, jusqu’à l’absurdité quand il s’agit de documenter les moeurs, actes ou délits passés qui ne figurent dans aucune archive, car sciemment éliminés lors des constats officiels.

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  24. En tous cas, jubilation n’est pas de trop. Curieux comme ce conteur et romancier très édité parait traverser un long purgatoire , soit que ces lires soient jugés anciens quand oils ne sont que récents, dans la confusion sémantique générale, soit que le gout des femmes impossibles ne soit plus si vendeur, ce qui st bien possible, soit que l’éditeur ne veille pas au grain (Pas de consécration Pléiadesque en vue), soit que l’auteur, âr son indépendance souveraine et son audace, echappe, et ce ne serait pas pour me déplaire, à la Récupération par l’IUniversité: pas d’études de Genre, de Queer studies, comme on dit dans le Sabir actuel. Bref irrécupérable! Je ne serais pas étonné qu’il faille chercher par là les raisons de ce relatif oubli…

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  25. Goût dont se fait écho Eva Ionesco, quî , prude avec l’âge, et déclinant sa vie en multiples tomes sur le thème des infortunes de la vertu ,se plaint dans son dernier opus d’avoir été lorgnée plus que de raison par ledit Mandiargues, lequel ne peut se défendre , bien entendu, et pourrait ne pas être à l’abri d’un proces posthume ou d’une Damnatio .Memoriae. Une bonne raison pour conserver ses œuvres chez soi. Et merci à Paul Edel de m’avoir fait lire ce recueil. ( pourquoi celui-la avait-il été laissé de côté est un mystère que je n’approfondirai pas!).

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  26. sorry: Mauclair et pas Brion, (pour la mauvaise réputation de guerre)
    (Léautaud, comme savez,
    débusquait volontiers les fausses identités et la mauvaise littérature, les deux semble-t-il souvent liées.
    A craindre que son appréciation de Mandiargues, qu’il n’a jamais connu bien sûr, fût biaisée par leur goût commun, jamais vulgaire, des seins et cuisses

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  27. Merci dear M Court pour cette remise à l’heure littéraire. Non, Mauclair, qui avait horreur de paraître sous Faust nous dit Léautaud, ne semble pas avoir commis du fantastique. Étonnante propension des auteurs fantastiques à choisir le camp du mal dans la guerre…Brion, comme l’auteur de Malpertuis.
    Dans « La Marge », excellent paragraphe sur l’effet organique de l’apéritif. Mandiargues, buveur voyeur.

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  28. Phil , le père Faust écrivait bien mais a-t-il donné dans le Fantastique? Il me semble que le zombifiant Soleil des Morts est un titre trompeur cachant des Mémoires.Mais peut- etre est- ce. a un autre titre que vous faites allusion. Je leur reconnais un point commun’ la fécondité biographique pour Brion, « artistique  » pour l’autre, allant jusqu’à à un volume chez Arthaud . ( Pays-Bas, je crois! ) Le premier est passé entre les gouttes de la guerre, le second pourrait bien faire l’objet d’un proces pour conduite incorrecte par les temps qui courent. Du Mandiargues, j’ai particulièrement aimé Miranda, dédié à Miro er s’ouvrant sur un ciel bleu. L’écrivain s’amuse en mettant à distance le fantastique dans un faux récit policier qui met en scène avant Elleoy et les autres un tueur en série bien élevé par sa maman , ( Peau et Couteau) s’englue un peu à la fin de la spirale ou paraissent deux villes d’Amazones point insensibles à l’autre sexe , mais aussi une descente aux origines, glisse un facétieux hypnotiseur sur deux pages , le record de concision de tout Mandiargues, utilise l’intersigne du rêve pour annoncer ce qu’un intersigne annonce d’ordinaire dans le décor de Châtelet Les Halles. Le tout avec des noms symboliques ou fantaisistes . Tarquin Tod mais Titus Perle. Le résultat est baroque et souvent surprenant. Un peu comme ces habits que les enfants tirent de vieilles malles sans respect pour ce qu’ils furent, mais avec une grande inventivité pour le present. Bien à vous. MC
    p

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  29. Mister Court, impressionné par votre rayon de ratissage..jusqu’à Malpertuis.
    Toujours pensé que le Marcel Brion ne dépassait pas du Camille Mauclair et inversement. Est’il le père du cinéphile Patrick Brion ?

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  30. Mandiargues est plus qu’un simple adorateur des surréalistes. Il va de l’avant avec Dubuffet par exemple, A. Segui, etc. ou bien encore Morandi et De Pisis son beau-père…

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  31. Je considère aussi Brion comme un maître du fantastique , tout particulièrement dans les Escales, prudemment publiées en originale à Marseille malgre la nouvelle Le Maréchal de la Peur, dont le titre devait résonner étrangement alors vers 1942.Dans Bealu , au dela de ces commencements, il y a une nouvelle tres réussie qui s’appelle La Mort à Benidorm. Disons que pour une fois Elle pourrait être de Mandiargues. Le Tome I des Nouvelles d’ Herbert comprend quelques inédits, mais l’essentiel est connu par les recueils Les Prêtres du Psi et Champ Mental. Une préface. de l’auteur datée de 1973 atteste que ce. travail date. Rendez- vous au Tome II ?

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  32. Lointains souvenirs de « Soleil des loups » et de quelques maitres français « Les escales de la haute nuit » de Marcel Brion, « Mémoires de l’ombre » de Marcel Béalu, tout ça dans l’ancienne collection Marabout

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  33. La dédicace « aux Mânes de Mishima » n’est pas neutre. La présence du mythe de l’Androgyne à tout du clin d’œil. De meme peut être la  » garçonne  » de l’avant dernière étape. d’autre part Le récit dans la partie Ferrare joue sur la superposition de deux thèmes dont un politique ce qui est un cas unique chez Mandiargues. Le passé prestigieux de la Ville , évoqué, peut être compris comme corrompu par la parodie d’Empire Mussolinienne.  » ville ambiguë entre toutes, berceau de Savonarole et tombeau dde Lucrèce Borgia, Asile de la folie du Tasse, séjour préféré de Carlo Gesualdo PRince de Venosa, assassin, et musicien sublime » or aucune de ces figures ne sera évoquée dans la nouvelle, toute étant absorbées par celle du tres oublia le Italo Balbo. On passe du calme et de la quiétude du mur d’ Auguste de Fano, ou l’élément de peur nocturne est déjà présent de manière bénigne avec les carabiniers, aux violences violences et orgies de Ferrare, collectives, et centrées autour du succès de la traversée du tres fasciste Italo Balbo. Triomphe obtenu moins par la vaillance que la solidité du matériel « Les hydravions Savoia -Marchetti ». C’est toutefois encore une Italie archetypale qui se soulève, comme le déchiffre le Narrateur avec les figures du Griffon et du Phallus. Mais elles ne sont aperçues que de lui. Le rôle du vin (in Vino veritas !) est central du dans l’ensauvagement et l’expérience, prophétique du narrateur intervient après une ivresse sacrée. C’est à ce moment là que le clairon fasciste paraît « faux et criard, « que le « Triomphe de Bacchus et d’Ariane « de Laurent de Médicis , symbole de l’ Italie la plus civilisée , lui revient en Memoire, et que le héros choisit en toute connaissance de cause son destin. Un puzzle se complète quî lie l’Italie de 1933 à une autre beaucoup plus ancienne ( phallus, orgie, griffon) en révélant la catastrophe à venir :  » Pour ce beau pays sans aucun doute cela finira mal…et pour moî comment cela finira-t-il? Ou plus sérieusement comment vais-je finir? ». On peut voir à la fois une oblation sacrificielle et la mort progressive des grandes figures mythologiquesdans cette probable mort par des Ménades réincarnées dans un bordel. Quelque chose comme un Malpertuis en plus sérieux et plus coquin’. Difficile aussi de ne pas penser à la Modification avec son héros pris entre deux femmes et deux mondes , à cela pres que son héros ne dialogue qu’avec Michel Ange et le Roi du Jugement. Ne le lui reprochons pas!

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  34. ouî Phil , ces monuments sont dans Belvédères et non dans Marbres, et ce n’est pas le meilleur Mandiargues. Un côté Figaro Magazine sans les photos.. Christiane vous devriez pouvoir trouver les grands recueils facilement. Ils ont été beaucoup publiés par Gallimard et meme Marabout pour Soleil des Loups. Bien à vous. MC

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  35. Peu séduit par le style des Belvédères de Mandiargues où croyais découvrir de nouvelles Lettrines.
    Essayons l’approche par les romans. Effectivement souvenir de l’interlope Barcelone dans La marge, comme confirme M. Court. Qui a herité de sa fabuleuse collection d’objets érotiques ?

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  36. Merci, M,Court, c’est que la seule connaissance que j’ai de lui c’est son lien avec les surréalistes (poésie) et artistes dont le milieu art (peinture et photo). Ce billet me donne vraiment envie de découvrir au moins un de ses romans.

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  37. Dans la Marge il faut rendre un décor sexué , tout se jouant pour Sigismond entre la Colonne de Colomb et les bas quartiers des putes. Ce n’est pas une Barcelone pour touristes, et il me semble que Franco vit encore quand le roman paraît. Visiblement, Mandyargues se complaît à évoquer une ville pouilleuse, un brin maléfique , aux antipodes du Barcelone touristique. Christiane , hors le livre consacré à Bona, et un Marbres consacré à des monuments alors peu connus,
    mais quî m’ennuie trop un peu fut-ce Bomarzo, la peinture n’est pas un sujet en soi dans l’œuvre de Mandyargues, mais il est peintre par les mots dans ses recueils fantastiques: Soleil des Loups , le Musée Noir , qu’on a pas encore débaptisé . Souvent en revanche l’image du theatre y est présente, avec des silhouettes au premier abord grotesques mais quî peuvent être tragiques. C’est aussi par la qu’il frappe son lecteur: le décor, si bizarre fut- il, n’est jamais ce qu’il paraît, et les personnages en apparence les plus déterminés peuvent accomplir ou etre le contraire de ce à quoi on s’attend. Bref, tout est très bizarre,tout devrait se casser la figure, et pourtant, comme dans les meilleurs contes fantastiques italiens d’ Henri deRegnier, on y croit. Bien à vous. MC

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  38. On entre dans ce billet sur l’œuvre d’Henry Pieyre de Mandiargues par l’Italie et le surréalisme. Entre rêve lascif, et métaphysique. Est-ce aux architectures verticales des artistes toscans du Quattrocento, ( Uccello , Piero della Francesca) qu’il doit sa passion de la géométrie, d’une scénographie si bien représentée par votre choix de l’artiste contemporain Giorgio de Chirico (l’irréalité du réel dont je parlais avec Closer) ? Des toiles au-delà de la logique où imaginaire et réel liés donnent ces vues étranges, où colonnades antiques et hauts murs cernent des places vides et silencieuses violemment partagées entre soleil et ombre. Cette toile me fait penser à L’Île aux morts de Böcklin.
    A cela vous ajoutez ces récits pleins de rêve et d’érotisme,( influencés par la poésie d’André Breton ?). Et là la beauté semble devenir convulsive.
    Vous l’évoquez dans son écriture « A Ferrare l’auteur déploie également son art baroque des ruelles du quartier médiéval, sa géométrie piranésienne, pour mieux nous introduire dans un paysage mental qu’aucune préciosité n’effraie. » .
    Sa femme Bona peignait aussi des huiles sur toile d’inspiration surréaliste
    Jubilation à lire ce billet. Je n’ai jamais rien lu de Mandiargues. Dans quel roman la peinture est-elle le plus présente ?

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  39. « La marge » au cinéma n’a rien d’un film..marginal, dear Paul Edel. Les cinéphiles, pas les netflixeux, lui attribuent volontiers les vertus d’un nectar de série bis, un giallo sans Italiens aux commandes. Dans leurs rôles subliminaux: Joe D’Allessandro, égerie de Warhol, Sylvia Kristel polyglotte batave pas encore mariée à Hugo Claus et une SM pré-crise pétrolière, moteur maserati.

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  40. Walerian machin adapta aussi la première nouvelle, médiocre, de « Mascarets »… On peut insister aussi sur le « Musée Noir » et son cote Freaks, de meme « Soleil des Loups », et dans une moindre mesure, quoique ce soit parfois drole, » Marbre », et surtout « Porte Devergondée; » Dans les romans, le très joli et trés coquin « L’anglais décrit dans le Chateau fermé », paru le jour du couronnement d’Elisabeth II -qui oserait faire ça aujourd’hui?- et qui prouve qu’on a pas attendu Annie Lebrun pour évoquer des Chateaux de la Subversion! Dans le genre Roman d’ambiance onirique, l’ultime « Tout Disparaitra » est une belle réussite àplacer à coté de cette « Marge » qui est comme une parenthese qu’un individu croit pouvoir s’octroyer face au Destin. On se demande pourquoi il n’est pas dans le Quarto à la place du peu réussi et posthume Monsieur Mouton, ou Mandyargues n’est pas encore lui-meme.
    Dans le tome d’entretiens qui lui est consacré, il montre qu’on pouvait frequenter Breton en gardant ses distances. Le grand styliste qu’il fut aurait apprécié vos deux imparfaits du subjonctifs, temps qu’il s’obstinait à manier avec de belles réussites. Je me demande si le poéte ne reviendra pas à la surface. C’est bien moins mauvais qu’on ne l’a dit, et un type qui entend dans le mot Astyanax non le fils d’Hector mais le cri des mouettes ne me semble pas tiotalement perdu pour la poésie.
    Je vais relire sous la Lame.
    Mandyarguesquement votre. MC

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