Les deux marcheurs

Ils ont obtenu tous deux le prix Nobel de Littérature , ils sont de la même génération et des affinités rapprochent ces deux solitaires. JMG  Le Clézio (né 1940) obtint le Nobel en 2008 et   Peter  Handke (né 1942)  l’obtint en 2019.Tous deux  enfants  de  la guerre et tous deux  ont peu connu leur père.

  Ils font partie de cette    génération de rupture avec les grands ainés, ceux qui furent engagés politiquement de Bernanos à Sartre à en passant par Camus ou Gide.

 Au sortir de la guerre  qui a été la toile de fond de leur enfance, ils   ont arpenté la planète comme pour la redécouvrir, neuve, lente à sortir des  ruines européennes et   du désastre humain des camps. Ils sont réfractaires au déferlement de la société de consommation et explorent les villes  modernes, bétonnées,  rugissantes, motorisées, indifférentes à l’individu seul.

Le Clézio  a quitté Nice pour les Indiens d’Amérique centrale, et Handke*,plus lapidaire  entré dans un va-et-vient (« faux mouvement »)  entre sa province natale de Carinthie et des voyages perdu au fin fond de l’Alaska(« Lent retour »1979)/Handke  associe  les voyages et  le roman d’apprentissage traditionnel. Comme Le Clézio, la ville est à la fois sa hantise et sa stupeur :il y retourne sans cesse pour en observer les métamorphoses, puis reprend la route, effrayé, vers des paysages sauvages et réparateurs. Handke cherche un lieu d’origine. Avec  aucun lyrisme façon Le Clézio  mais  une précision sèche du regard, il recueille ses impressions dans ses carnets. Comme Le Clézio, l’angoisse traverse et fait vibrer   certaines pages de ses récits, comme si  la guerre et l’après-guerre avec  ses discours  humanistes et moralistes avaient miné le langage et qu’il  faille désormais  s’en consoler par un maniaque repli sur soi et par une contemplation des beautés de la Nature. Pour ces  deux-là,  notre  société de consommation n’a rien à voir avec les « trente glorieuses », elle est par nature suspecte.

Gerhard Richter

Le Clézio, c’est  la mer, la marche,  Nice puis les autres  continents. double mouvement 1)de fuite de la France et de son urbanisation en bruit et fureur et 2) de recherche d’une douce ivresse dans l’air, le vent, comme si la marche et le voyage lavaient  d’on ne sait quel péché des sociétés modernes. Il faut retrouver les sources sauvages du  monde et précisément  les civilisations amérindiennes.

Il part  loin des « cris, des gestes, des regards qui scrutent, épient, soupèsent, loin des langues qui parlent mal, qui parlent trop » écrit-il dans «  « L’inconnu sur la terre ». Mais aussi,  il reste loin  de Mai 68.Il pourrait dire comme Paul Valery  L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude.

Pour Le Clézio  il faut :« écrire pour lier ensemble, pour rassembler les morceaux de la beauté, et ensuite recomposer reconstruire cette beauté » Il écoute aussi beaucoup : la lumière, les dunes, les vols d’oiseaux, les vagues régulières, les animaux rapides comme le lézard ou l’araignée. En vieillissant Il parcourt les vallées, marche  le long des digues, puis poursuit  en Afrique, en Corée au Mexique, réside dans le désert à Albuquerque. Il  observe-comme Handke- ce qui est a ras du sol : le monde minéral, les taches de craie,les barrières rocheuses, les gypses, la rouille des cargos éteints dans les ports,  le ciment et les  fleuves secs,  l’eau des lacs, ou   la lointaine ligne  blanche des villes nouvelles en construction.

 Dans « L’inconnu sur la terre « il  proclame  : » sans cesse dévorer des yeux, reconnaitre le monde. Savoir ce qui n’est pas secret, ce qui n’est pas lointain, le savoir non avec son intelligence, mais avec ses sens, avec sa vie. » .  Tout se passe comme s’il  voulait   s’éloigner  des autres  écrivains de sa génération ou des militants politiques.  Regarder le monde au lieu de vouloir le transformer. On pourrait dire qu’une génération solitaire et  géographique a remplacé une génération solidaire  et historique.

 En revanche il annonce  dans les années 70 , le mouvement écologique. Il chante, virgilien, son  amour des arbres, des eaux lustrales, des forets inentamées  par exemple : «  « Les arbres ne parlent pas .Chacun règne au centre de sa vie, plein de force et de beauté, pareil à un dieu immobile. Leur pensée vient en moi, avec l’ombre fraîche : c’est la longueur du temps vivant, de temps magique. » Est-ce la  peur du péril  nucléaire et la révélation des camps d’après-guerre   qui ont a conduit Le Clézio et Handke  à se méfier de l’homme occidental ?

 Le chant du monde  Le Clézien (qui devient aussi chez lui du Tiers monde) célèbre  la beauté de la vie secrète des plantes, du minérale, du ciel, de la mer, des déserts, cela   l’entraine  à la recherche d’un horizon de paix et d’une harmonie entre l’homme solitaire errant  et le monde vrai d’avant la modernité industrielle.  C’est lui, l’homme qui marche, de  Giacometti.

Handke aussi est un grand  marcheur. Plusieurs kilomètres chaque jour. Il privilégie les forêts, les sentiers de sous-bois aussi bien en France qu’en Autriche ou en Espagne.

Lui aussi se révèle  un homme de solitude. Elle est farouche .Au théâtre ça donne  le scandale « outrage au public ». Dès son premier récit il casse la ronron du langage »avec « les Frelons « en 1966, notons-le- année également du premier livre de Le Clézio ,si percutant  « La procès-verbal ».

Handke est  fasciné  par l’épopée du quotidien : Un chantier, des ouvriers, une zone pavillonnaire à l’écart,  un site géologique, une épiphanie sur le chemin solitaire dans un moment de la  journée  pour approcher une  vie autre, secrète, cachée, glissante, obscure, mais qui ouvre sur quelque chose d’intime, d’infini qui a à voir avec l’Origine de l’humanité. Pénombre et  concentration, glissement des sens, et fable induite, voilà ce qui le caractérise.

De plus, il  récuse  des pans entiers   de littérature, vermoulus pour lui, qui  se fondent  encore sur     le psychologisme  classique ou une suite de  clichés sans intérêt. Il côtoie  ainsi, de biais, en filigrane, le constat des écrivains du « Nouveau Roman » français en lutte contre la tradition.

 Au cours de ses promenades forestières Handke  manifeste  une acuité de regard étonnante : accouplements de lézards, batailles à mort d’abeilles sauvages et migrations de crapauds ne lui échappent pas.  » J’ai été harcelé toute ma vie, le plus douloureusement, par le fait que le monde était inapprochable, insaisissable, inaccessible, et qu’il m’excluait. C’était là mon problème essentiel » écrit-il dans « Mon année dans la Baie de Personne ». Il est une sorte de  nouveau naturaliste de l’être humain.    Tous deux, Le Clézio et Handke  ont inventé de très personnels  poèmes  entre extase et révolte, surprise et étonnement devant la vie immédiate. Et c’est dans l’année 1975 que culmine chez ces deux auteurs, un parallélisme étonnant : une balance entre l’extase  et la panique devant les grands  ensembles  urbains, balance entre réconciliation et  exil . C’est cette année-là que Peter Handke publie « L’heure de la sensation vraie », errance de Grégor Keuschnig, attaché de presse à l’ambassade d’Autriche, à Paris .il  traverse les arrondissements    et   oscille  entre nausée devant les foules qui le noient  et émerveillement devant  les feuilles séchées d’un marronnier.il est tiraillé entre  une« sensation de vie inconnue et calme » et  un sentiment de dépossession son identité « il ne croyait plus à ses propres pensées-ce n’étaient pas les siennes propres ».

G. Richter Paysage prés de Coblence

 Pour les deux écrivains leur histoire personnelle   s’écrit et s’inscrit   dans la géologie, or du temps historique. elle s’inscrit  sur le sol ; des histoires de cailloux, de silex, de diorite, de calcaire.  »Des histoires d’herbe, des histoires de ronces. » affirme Le Clézio  dans « Voyages de l’autre côté ».

Le personnage principal, la jeune femme  Naja Naja  marche entre des villas, prend  n’importe quel chemin parmi les oliviers et la caillasse, cette nouvelle Ondine  est aspirée par la beauté du monde, attirée, dans  un mouvement perpétuel, par » l’autre coté », n l’autre versant du monde. Comme le héros schizophrène Keuschnig de Handke,  Naja Naja  pulvérise, fragmente  la notion du temps avec des épiphanies ou des anxiétés soudaines. Elle  s’identifie à la vie végétale, à la vie de l’eau, mais en même temps, elle ressent  le piège des villes dont les murs deviennent vite  des prisons. ce double mouvement de fuite éperdue et de menace vague, cet couplage «  émerveillement-panique » se double chez les deux écrivains d’une thématique  pré-apocalyptique. L’imminence  de la catastrophe se hume dans l’air dans leurs œuvres des années 70-80, comme si Tchernobyl était déjà en eux.

 Enfin tous deux  restent   méfiants-pour ne pas dire plus-   devant les gros titres des journaux et les analyses politiques courantes qui quadrillent le monde pour l’expliquer   selon des schémas idéologiques  dont ils se méfient ou qu’ils récusent. On sait que le   couronnement du Nobel pour Handke  a longtemps été retardé par ses prises de position proserbes pendant la guerre en ex-Yougoslavie et sa présence en 2006 aux obsèques de Slobodan Milosevic. Tous deux   en quête de lieux écartés, d’une terre promise, d’un regard calme  des Dieux sur la mer restent des îles dans l’histoire littéraire récente. Hommes de l’écart,  ils  trouvent entre les arbres ou au bord de la mer, un  apaisement, un équilibre, une pause, une durée intérieure enfin vivable, quête d’un un pays qui ne « bavarde pas »(Le Clézio) oui   un lieu où se recueillir,  se retrouver entier. La religiosité n’est jamais loin chez eux.

Ceux qui marchent

 Leur sensibilité a sans doute marqué la génération suivante , celle  d’Olivier et Jean Rolin. Ces deux frères aiment séjourner au bout de la jetée, errer le long des  culs rouillés des cargos scandinaves ou russes, aiment les balises d’un  avant-port et ses piliers noircis ,  ou dans un Soudan rimbaldien, ou  une Patagonie lavée par le vent, ou une Sibérie  où tout devient fantomatique et glacé , ou sous un métro aérien  avec des émigrés à l’abandon sur lequel   la population parisienne ferme les yeux   , génération qui a  délaissé en  partie le combat politique gauchiste  au profit des  odeurs marines qui font rêver d’un ailleurs. Oui, ma génération, avec ces  deux Nobel  rendit à la littérature une longue   rêverie .Triomphe de la géographie contre le cauchemar de l’Histoire.

« Le chemin du silence, un bien long chemin qui va en s’élargissant, qui traverse les vallées obscures, les ravins, qui suit les rues rectilignes dans les grandes villes. J’essaie de marcher sur lui, de faire de lui ma route. Mais c’est bien difficile. Il faut résister tout le temps à tout ce qui parle, à tout ce qui trouble. Il faut résister à ce qui nomme, juge, ordonne.
Parfois il faut revenir en arrière, reprendre le chemin là où on l’avait laissé. (…) Il y a des goulots, des corridors. Mais on va quelque part, n’est-ce pas ? On le sait. On va vers le silence. »

Extrait de « L’inconnu sur la terre »

20 commentaires sur “Les deux marcheurs

  1. Oui JJJ. J en profite pour retirer ici ce que’ j’ai écrit sur Le Clézio et le Chilam, il s’agit bien de deux textes différents.

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  2. Fièvres ?…

    Non… La fièvre (1965) … s’agissait d’un recueil de nouvelles sur de petites folies passagères. Sa matière était puisée dans une expérience familière de l’auteur : la fièvre, la douleur (rage de dents), la fatigue, le sommeil… disait-il… Il promettait à 25 ans !

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  3. Fièvres avait l’honneur de figurer, avec d’autres titres du meme, dans l’ impressionnante Bibliothèque de prêt de la …Préfecture de police avant sa mise à l’encan. J’ai eu l’exemplaire entre les mains mais n’ai pu l’acquérir du fait de la chute brutale de la Maison Mona Lisa(it) D’autres exemplaires échoués à Brassens montraient la richesse de ce fonds qui ne prenait pas ses lecteurs pour des imbéciles…
    Bien à vous.
    MC

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  4. sauf que j’ai découvert très tôt JMGLC et adoré ses premières veines qui parlaient à ma sensibilité de jeune homme errant dans l’enfer des villes… J’ai parfaitement admis qu’il s’installât par la suite dans une autre dimension plus écolo-humaniste, ce qui n »a pas rendu plus médiocre sa production romanesque à mes yeux… D’autant qu’il y eut bien d’autres dimension sous sa plume, C’était sans doute devenu un autre Jean-Marie, mais le prétendu 2e est infiniment plus divesifié que vous le pensez, et notamment dans ses dimensions romanesques autobiographiques… Je ne juge pas sa trajectoire d’écrivain et la production binaire qui s’en suivit avec vos yeux « inversés »… Il n’y a pas de bonne guerre entre nous, MC…
    PE, vous venez à nouveau de faire allusion à une rage de dents que j’avais pour ma part évoquée sur votre chaîne… Une nouvelle qui m’avait marqué… Merci pour ce rappel et votre fidélité à cet auteur…

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  5. Dans les nouvelles de » La Fièvre », et notamment « le jour où Beaumont fit connaissance avec la douleur » Le Clézio décrit une rage de dents .D’une manière clinique(le père de Le Clézio fut médecin.) il analyse le processus de la douleur dentaire et enregistre un déferlement de sensations dont le corps est soudain envahi.
    Le Clézio a le génie (comme dans « le procès- verbal ») de décrire un processus de dépersonnalisation et de perte d’identité . Ce qui est remarquable dans cette nouvelle c’est que Beaumont soumis à une cascade de sensations nous fait basculer du côté de la pure incandescence de la douleur.. Le lecteur découvre que le « moi » rationnel disparaît pour mieux réapparaître, étrange, neuf, enrichi de ce sentiment de vivre désorienté. L’ancien moi rassurant est pulvérisé. Nous sommes entrés dans la dimension ouverte de la douleur physique et de l’être animal.. avec une progressive perte de repères dans le temps et l’espace ; c’est une expérience existentielle capitale . La sensation de « soi », de ses limites, et de l’équilibre du « moi » s’est effondré ; s’ouvre alors un vertige et un infini. Une expérience mystique ?

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  6. Oui Paul Edel, mais c est bien à partir de Desert, livre froid et soporifique, que le problème se pose. Je ne tape pas sur les premiers, reprenant la chronologie de JJJ qui part aussi de Désert. Pour en dire le contraire, mais c’est de bonne guerre!
    Bien à vous MC

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  7. « La tartine de bons sentiments » de Le Clézio ?
    Sûrement pas.
    Dans sa première période qui va de « Le procès-verbal » (Prix renaudot) Le Clézio détaille des errances pleines de terreur envers les villes, les foules . ça se poursuit implacablement avec »Le déluge », »le livre des fuites », « Terra Amata » Le Clézio déploie une fascination pour les animaux, les plantes,les enseignes au neon, mais sa phrase angoissée, mongre l’oppression urbaine, c’est un inventaire métaphysique en guerre, ses personnages , finissent à ‘l’asile, ou se suicident(Besson).
    Il y a du cauchemar dans ce premier Le Clézio . Une sorte de rêverie forcenée, avec une angoisse fondamentale.. impossible de parler alors de « tartine de bons sentiments »..Il y a un vertige de solitude.. Obsédant et ça aboutit à un constat global dans « La Guerre » (1970 » ou « les Géants » où les agressions du monde moderne sont comptabilisées dans un vaste mouvement d’effroi. C’est en 1980, avec « Désert » que notre Le Clézio Change. Le tournant. Il prend fait et cause pour le Tiers Monde, et il devient un « humaniste ».Je crois qu’i l faut vraiment distinguer les deux Le Clézio. J’aime le premier, le second, avec des réussites évidentes, me laisse bien perplexe.

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  8. @ La tartine de bons sentiments dont JMG, selon JJJ est le supposé vecteur ne convainc pas non plus.

    Pourriez vous clarifier cette phrase, Marc, car elle me reste très obscure et ne la trouve point dans votre manière habituelle. Merci d’avance le cas échéant…

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  9. Merci Denis Cosnard pour l’info sur « Chevreuse », le prochain Modia/dia…
    jzmn vous le rendra….

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  10. Oui, Peret, fréquentable à bien des égards. La tartine de bons sentiments dont JMG, selon JJJ est le supposé vecteur ne convainc pas non plus. Si maintenant le genie de l’écrirture est subordonné aux postures agenouillantes, pardonnantes, etc, sans parler des sujets, on fait de l’écrivain le déversoir de bonnes oeuvres, et de sa gloire, une espèce de militance bien-pensante. Et je ne compterais pas trop sur la compétence,mise à mal il y a peu, des jurés de Stockholm…

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  11. Ce pauvre Le Clezio sera toujours poursuivi de la même vindicte haineuse, pour avoir osé écrire Le Désert, avoir rappelé les conséquences du génocide occidental lié à la Conquista, s’être essayé à une commande romanesque sur l’histoire de Diego et Frida, avoir écrit « le rêve mexicain », et surtout n’avoir pas lu la traduction de l’auteur des rouilles encagées, etc… Bref, pour s’être toujours intéressé à ce qui ne le regardait pas… C’est comme ça !… On pardonne difficilement aux médiocres nobélisés de la littérature française, injustement célébrés par des jurys parfaitement incompétents.
    Inutile d’en rajouter une couche… par une maxime de Chamfort, on risquerait de nous dire qu’elle est de La Rochefoucauld ou de Joubert… Gémir, mon beau souci. Bàv,

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  12. Benjamin Péret a traduit « le livre de Chilam Balam de Chumayel chez Denoël en 1955. On peut revoir dans les archives de l’INA l’émission Lectures pour tous du 26 juillet 1955 ,une
    chronique de Max Pol Fouchet sur cette traduction

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  13. Moi, je veux bien, je ne commenterai pas Handke, mais pour ce qui est de l’écologisme le Clezien, vous passez sur le fait que Désert est un désastre auquel on ne croit pas une :minute, avec son lpersonnage froid et son narrateur omniscient, et que les malheureux indiens -les Mexicains, surtout- ne doivent pas, sous peine de n’y rien comprendre être lus dans les traductions de Mr Le Clezio, dont les Prophéties du Chilaam Balaam sont tput spécialement un désastre abscons et confus par rapport à la traduction sure, aérée et documentée de Benjamin Périet. Le temps me manque pour voir ce que LC y rajoute et ce qu’il en retire. Une chose est sure, s’il y a une traduction à acheter, ce n’est pas celle de JMG, confuse et anaérobie. Et pourtant, elle a été écrite à Albuquerque, et n’est pas la seule de son espèce, hélas.

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  14. Un intéressant parallèle, Paul, entre le Clézio et Handke… Ont-il fondé quelque chose de nouveau à votre époque… ? Je ne sais s’ils ont inspiré les Rolin… Mais vous dites qq chose de juste : « une génération solitaire et géographique a remplacé une génération solidaire et historique ». Peut-être bien qu’ils furent plus prophètes en leur pays que bien d’autres… J’apprécie que vous ayez évoqué l’inconnu sur la terre qui m’avait marqué ainsi que le personnage de Naja-Naja, qui épousait aussi une volute de fumée de cigarette… Et que vous soyez revenus sur ces grands géants il est de bon ton de se moquer aujourd’hui ! Une rencontre avec Handke dans les bois de Chaville constitue toujours une bonne surprise… Vous faites bien d’opposer un homme des bois à un homme des plaines… Ils marchent de tous temps… Voilà ce qui importe, et les endorphines de leurs lignes parlent aussi aux nôtres, à nous autres, les marcheurs de la bonne littérature qui éprouvons la nostalgie de la nature que nous avons mutilée, comme une défense et une illustration.
    Petit bémol à votre texte : le Procès-Verbal de JMG, qui avait retenu l’attention du grand Charles, date de 1963 et non de 1966… mais ce n’est guère qu’une broutille.
    Merci Paul pour cet émouvant papier, sous l’apparence de l’érudition, vous savez nous parler des amis de votre âge avec votre coeur…Vraiment, merci et Bàv,

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  15. « Le gardien de but vit le ballon qui franchissait la ligne. »

    Préambule de Peter Handke à L’angoisse du gardien de but au moment du penalty Gallimard éditeur éditio de 1979.( Traductionde Anne gaudu.)

    Aimé par 1 personne

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