Marcel Aymé,toujours savoureux

On ne sait trop pourquoi, mais Marcel Aymé est devenu un auteur  à la frontière de l’oubli. Pourtant  il enchante  dès qu’on ouvre  un recueil. Prenez « le chemin des écoliers, » (l’Occupation), ,» Uranus, » (la délicate après-guerre entre « bons » français) , « La jument verte »(la vie des campagnes) ou les nouvelles superbes du « Vin de paris » qui devraient enchanter le piéton Jazzi, chaque page  mélange lucidité et rêverie. Le  ton amusé-désabusé-tendre fait merveille..

Marcel  écoute ce qui se dit   dans les cages d’escalier des immeubles de la rue Junot, dans les bus verts, à la sortie des lycées, mais aussi dans les cabarets de Pigalle, les chambres de bonne, les cours de collège, et même dans les sacristies. Il a tendance cependant à portyer son attention sur le petit commerce . Il adore Lucienne et son boucher musclé, il traine volontiers  dans les   poissonneries, merceries, les vieux zinc  » Bois et Charbons « à l’heure de l’apéro,  ou les caves où l’on tue le cochon en jouant de l’accordéon pour  couvrir les cris de l’ animal égorgé.. Il suit dans un mélange  un étonnement amusé et de sourde colère,   ceux qui traversent Paris avec des valises de cochonnaille.

Il  nourrit son œuvre des bavardages et rumeurs qui circulent dans les escaliers,sur le faux  marbre de comptoir du bougnat. Rarement on a entendu des dialogues plus parfaits qui fleurissent dans les   bistrots entre Pigalle, la rue Lepic  et  l’avenue Junot… C’est la fine oreille de cette France  râleuse ou gouailleuse    petite bourgeoise et  populaire. Il offre un tableau sans fioritures des épreuves  que subissent les français  pendant l’Occupation : les  familles sur qui pèse  les soucis de l’éducation,de la fin de mois,du charbon qui manque, la maison sans feu, le dîner de légumes cuits à l‘eau, le mari  prisonnier en  stalag, les alertes de nuit, les patrouilles couvre-feu. Et ceux qui profitent de cette guerre pour s’enrichir.

Qu’est-ce qui gêne ou déplait chez Marcel Aymé ?   Peut-être  son pessimisme ironique qui  éclate à toutes les pages. Sans doute aussi le fait qu’il décrive stupéfait, ses contemporains de l’Occupation et de la Libération sans manichéisme, sans entonner un chant Gaulliste ou Communiste, sans  manifester avec éclat une quelconque  charité catholique façon  Mauriac  .Il ne donne pas de leçon. Ni élan lyrique, ni  pathétique, il se méfie aussi de la dérision. Un œil sec ? Pas vraiment.  Sa tendresse  s’attache à des  gens simples et bons, des trotte- menu de la vie ordinaire, des profs qui vieillissent, isolés dans leur amour de Cicéron , de Racine ou de l’imparfait du subjonctif, des ménagères obéissant   à l’époux tyrannique, des fiancés soumis aux caprices de leurs parents. Cet adversaire de l’engagement sartrien et des lendemains qui chantent, ne se désintéresse cependant  pas de la vie politique puisqu’il écrit une pièce contre la peine de mort (« La tête des autres ») et dénonce  la justice expéditive   des résistants  du dernier quart d’heure.

Marcel Aymé, après guerre

Impertinent, souriant, lucide, à l’écart,  fuyant les journalistes, il déconcerte. Ajoutez aussi le dédain des honneurs en tous genres, et surtout   il ne se joint pas aux grandes consciences morales catholiques ou communistes,  qui   multiplient les postures des années 5O  . Il pousse, lui,  le petit charriot de sa comédie  humaine de quartier   avec un  fin sourire. On remarque  aussi qu’il  y a des acidités à la Anouilh dans son théâtre, voire « Clérambard » «  La tête des autres » et cette « Lucienne et le boucher » où il est au sommet de la moquerie indulgente. Quelque chose à la fois rigolo, tendre et désolé dans ses observations et ses dialogues croqués sur le vif..

Ni désespéré froid comme Drieu la Rochelle, ni grand vociférant comme son ami Céline, il regarde tout d’un œil méfiant et utilise un vocabulaire circonspect qui tranche  dans cette époque de donneurs de leçons. Il fut intéressé par la  Gauche socialiste  dans les années 3O mais le Front populaire l’a laissé perplexe par ses enthousiasmes surjoués et un certain aveuglement devant la montée des périls.il  s’éloigne  alors  des unanimités lyriques de cette Gauche-là et reste un solitaire.La Gauche ne lui pardonne pas d’avoir moqué ses aveuglements ou ses indulgences face au communisme.La Droite se scandalise qu’il mette en cause la magistrature dans « la tête des autres ».

Lui observe.  Il aime  ces braves gens modestes qui trainent un cabas de poireaux entre l’épicerie et le bistrot, jouent à la belote ou la pétanque ; il  concentre   son attention  sur les fatigués de la vie,les humbles , les oubliés, les vieillards sur un banc, les philosophes de comptoir, les petits garçons à culottes courtes qui oublient de faire leurs devoirs,  et comme le dessinateur Dubout  il s’amuse des  femmes à forte poitrine et aux désirs inassouvis.

Il moque d’un trait sûr  les nantis. Il ne rate  ni  les lâches, ni  les profiteurs de guerre et les escrocs de la paix revenue, déteste  la bourgeoisie conservatrice et sûre de ses privilèges.  Il nous   parle  de manière drôle, libre, intelligente, vraie, concise, du voisin de palier. Question style : il écrit lentement mais avec un soin de perfectionniste et parfois de dentellière.  Sa prose est suave, drôle, souple, malicieuse, avec des pointes d’allégresse très XVIII° siècle. Voltaire n’est pas loin, mais sans   épate.  Il dessine d’un trait sec, net, et sa  précision engendre une grâce.   Ce moraliste moqueur n’ignore rien des petites humiliations  que les gens ordinaires subissent dans la vie courante.  Et puis il y a chez lui « l’atmosphère », le charme des héros cocasses qui soudain, traversent les murs, avec des bougnats qui lisent Racine, des Juments vertes qui en racontent de salées du haut de leur peinture ,  des  belles fille à corsages ouverts  qui   affolent  jeunes et barbons .Aymé s’enchante d’ un prof  austère et un peu rat de bibliothèque que bouleverse la beauté brulante d’ une  jeune femme .

Jean Gabin et Bourvil dans « La traversée de Paris »

.En outre  il  sait  marquer   les frontières entre les classes sociales avec finesse. En douce, par petits paragraphes bien modestes, d’une écriture serrée genre plume sergent major, il récompense les innocents, et se montre presque maternel avec ceux qui rêvent leur vie dans leur deux- pièces, parmi  la vaisselle pas finie et les mots croisés de France Soir.

  Il ne transmet aucun message-pancarte. Il ne cherche pas à déplacer des montagnes idéologiques, ni à faire la leçon à heure fixe. Il  saisit à la perfection ce qui se passe  dans un immeuble de quartier à l’heure de l’apéro, ou bien quand  un concierge rêvasse derrière les bégonias , sa Gauloise éteinte,  à ce que fut cette France  d’avant-guerre, médite la dureté  grandissante des rapports humains dans une France humiliée, mais s’intéresse à   la violence de rêves   mal enfouis, ceux qui perdent leurs illusions dans leur maturité. On  savoure dans le film « la traversée de paris »(1956) de Claude Autant-Lara  , ce ton Aymé,  cette quintessence  de bouffonnerie désolée, cette gravité cachée derrière la moquerie,  cette drôlerie bizarre  d’homme blessé,  car  ce  film est  fidèle à l’esprit de toute  l’œuvre Aymé .S’est-il jamais remis de ce Paris occupé , ce Paris froid, ce Paris de honte, de faim, d’humiliation totale,  avec  ses trafics minables ? Pas sûr.  C’est avec  la figure du   peintre Grandgil (joué par Gabin) , rigolard, insolent, à la fausse bonhomie, mais à la vraie révolte,  interpellant de manière grandiose les flics français, l’armée allemande,  les Thénardier du couvre-feu et du marché noir , et finalement ouvrant sa valise de cochon pour la livrer aux chiens.. . En insultant une partie de la population planquée derrière ses volets, il sans doute réussi  son plus bel autoportrait en insolent magnifique. Dans notre époque de littérature bavarde, victimaire, manichéenne   son silence  mélancolique, et ses nuances grises sur l’humaine condition, m’enchantent.

Extrait

« Est-ce que toute cette vie, cette opulence, n’ont pas été façonnés par l’homme, par ses mains, par son esprit? Ah! Les hommes sont quand même épatants, Archambaud! Dire que tout ce que vous voyez là et plus loin sur des milliers de kilomètres, les blés, les avoines, les arbres, les alignements, les perspectives et jusqu’aux touffes d’herbe, c’est l’homme, ses pensées, son cœur, ses bonnes mains! On vient nous parler de la poésie de la nature. Quelle blague! Il n’y a que la poésie de l’homme et il est lui-même toute la poésie. » (« Uranus »)

9 commentaires sur “Marcel Aymé,toujours savoureux

  1. Ce matin, j’aimerais me trouver moi aussi en bord de mer en Bretagne….. j’aimerais, j’aimerais …… comme j’aimerais …
    mais la parenthèse de l’été est manifestement refermée (blong !) : ce satané fichu virus rôde toujours, à nouveau en train de nous entraver et de nous bloquer dans nos envies et mouvements. (et dire que j’étais en train de prendre une bière en terrasse hier soir encore dans Paris !!!)
    Enfin, rien de grave cependant. on va sécher les larmes sur le visage de petite fille, on va atténuer ses angoisses, on va faire belle figure – sourire dents blanche, se maquiller au besoin, on va arrêter de s’énerver contre tout et rien et principalement ce pharmacien qui se comporte comme un marchand de vaisselle plutôt que comme un professionnel de santé et de para-santé, on va se montrer patients, on va y arriver …

    J’irais bien voir ceci (mais je doute fort de pouvoir concrétiser ce souhait) :
    https://www.francetvinfo.fr/culture/spectacles/theatre-de-l-odeon/comme-tu-me-veux-un-pirandello-ouvre-magnifiquement-la-saison-au-theatre-de-l-odeon_4774389.html
    La fille de CP (que je ne sais pas du tout où il est passé – – lui et ses filles d’ailleurs) y fait paraît-il des étincelles ! Claude Duparfait joue aussi.

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  2. Carnet breton(suite)

    Ce matin une belle lumière verticale tombe sur la digue. Suis assis sur un banc. Une femme âgée, en tablier blanc, déplie une nappe dans le jardinet d’une villa. Grandes vitres étroites à l’ancienne avec ornements gothiques. Plusieurs joggers en sueur défilent en laissant un sillage d’odeurs fauves, puis l’inertie cosmique de la matinée. Le grand calme monotone des vaguelettes. Sable mouillé brun caramel contre sable clair. Les goélands se laissent bercer par la houle. Sur une balise rouge pompier, un cormoran étend ses ailes et devient un dessin héraldique. La rumeur monotone des vagues endort. L’eau verte devient bleue avec trainées mauves .Au large, deux trois voiles, la colline herbeuse de Cézembre comme un secret de guerre mal enfoui.
    Envie de sortir la boite d’aquarelle, bouteille d’eau, fins pinceaux et carnet à dessin à spirale. Mais rien. Le mauve devient bleu, le vert des vagues devient lait, le sable mouillé sèche : une farine pour les mouches et les algues, les nuages fondent , la lumière tombe plus haute sur l’avant-port et multiplie les détails sans intérêt, sans cesse ça bouge, flotte, pétille, s’éclaire, retrouve l’ombre et ses cassures, se divise, s’évapore, se dilue puis le paysage revient au contact ,en, fine définition, comme cette rampe de béton subitement que la marée montante lave et lessive à grande eau.
    Au Nord, le ciel joue une fin d’été trop claire tandis qu’à l’Ouest, un orage monte et forme un crépuscule bizarre.
    Rentre tes crayons dans l’étui ! Trop instable. Vertige. Le souvenir est comme cette feuille vide , épaisse, granuleuse ,qui fourmille de blanc. Replie tout. Picotement du soleil sur les mains . Allonge-toi sur le sable qui encroute les omoplates.
    Le murmure de la mer vide, creuse,’assouplit, t’endort. Une odeur de café vient du bar proche, un rêve exotique cubain s’insinue .On ne sait jamais en bord de mer si c’est une avant-guerre ou un après-guerre. Sur la plage toute en courbe, une baigneuse musclée, en maillot une pièce noire, bonnet vieux rose, entre dans la mer avec des précautions et une démarche peu assurée, puis elle plonge et sa tête se réduit à un ballon posé sur l’eau.

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  3. Mr Court, je trouve irrésistible de drôlerie tendre « Lucienne et le boucher ».
    Je crois que c’est avec la publication du « Confort intellectuel »,publié en 1949, que Marcel Aymé , lui qui se moquait des sartriens et des staliniens(qui régnaient) et des écrivains hermétiques, fut tenu définitivement par les intellectuels de Gauche, comme un homme de Droite. Une erreur.
    Si on lit sa pièce « la tête des autres », on s’aperçoit qu’il dénonce la lâcheté des nantis, des notables, leur égoïsme et leur suffisance.et si on relit ses romans et nouvelles, il multiplie les portraits empreints de grande tendresse pour les gens simples, les modestes, beaucoup les profs humiliés, les oubliés de l’Histoire dans les quartiers populaires, n’oublions pas non plus ses portraits si réussis de femmes humiliées, ses accents malicieux pour décrire des enfants rigolards et impertinents , débrouillards. Les beaux personnages pittoresques et poétiques ne manquent pas de Brûlebois à Archambault. Donc ni Droite ni Gauche, mais un curieux pessimiste, un conteur d’histoires à la campagne (la Vouivre, la jument verte) ) plein de fantaisie dans la période d’avant-guerre devenu ,choqué par les comportement de certains français, un La Rochefoucauld pour temps d’Occupation et d’Épuration.

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  4. Répondu sur Bernanos.
    Il y aurait profit à remonter les Oiseaux de Lune, ou l’adaptation de Tête d’Horloge. Le Théatre d’Aymé, on a pu s’en rendre compte avec un récent Clérambard, se porte plutôt bien. Certaines choses se sonr éloignées de nous, telles La Jument Verte, d’autres sont restées, et majoritaires…

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  5. Tom tom la tomate. j’ai déjà écrit sur Marcel Aymé,sur ce blog, et notamment sur le roman « Le chemin des écoliers », le plus emblématique de Marcel Aymé,à mon gout,parce qu’il nous permet de comprendre ce qui a choqué le romancier par ce qu’il a vu quotidiennement du comportement des parisiens sous l’Occupation.

    Dans » Le chemin des écoliers «, écrit en 1946, Marcel Aymé propose une vision sans concession et très nette de la vie des Parisiens sous l’Occupation , avec le marché noir, les lieux interlopes, les compromissions petites ou grandes, de toutes sortes, des habitants avec la morale par temps de guerre. Dans cette comédie humaine portative, Aymé propose aussi quelques portraits magnifiques de justesse. Un des plus émouvants est celui de Lina, une juive polonaise, jeune veuve du peintre, Lebon ; elle se cache depuis des mois dans un grand appartement parisien sans chauffage, lieu laissé généreusement à sa disposition par un parent éloigné polonais, antiquaire ayant fui en Algérie.
    Michaud gestionnaire de l’immeuble, frappe un soir chez Lina pour lui rappeler qu’elle a oublié de régler le loyer depuis longtemps. Il le fait d’ailleurs avec délicatesse, et sans rien exiger. Elle lui révèle dans un mauvais français ce qui se passe en Pologne. C’est un des moments saisissants,un moment clé du texte, avec l’incrédulité de Michaud devant l’existence des camps d’extermination, et la peur quotidienne, constante, de Lina d’être arrêtée. –N’oublions pas que le roman fut écrit à chaud, en 1946, et que la scène se passe en 1943.Lina, donc, parle à Michaud :
    »Juifs assassinés par milliers à la fois, pendus, torturés, brûlés vifs ou condamnés à mourir de faim, il s’agissait d’une entreprise d’extermination n’épargnant ni les femmes ni les enfants !
    -Calmez-vous Lina, répond Michaud, vous vous torturez vous-même sans raison. Ces histoires d’extermination systématique sont absurdes. Pendant la guerre 14, on a raconté pas mal du même genre. On disait que les Allemands coupaient les poignets des enfants et il a bien fallu convenir que c’était entièrement faux »
    L’incrédulité de Michaud devant la réalité des camps déclenche cette réplique chez Lina :
    « -Il faut croire, ragea Lina en tapant du pied. Il faut croire. Mais vous, Français vous comprenez pas. Vous êtes dans vos petites existences de poupées et toutes choses vous voyez petites. Quand vous avez haine, c’est dans la tête avec des raisons pour expliquer. Mais chez nous, loin l’Est, aux pays durs, la haine elle est dans la chair, elle s’occupe pas des raisons, elle veut sang et mort et faire mal. Et les Allemands, ils veulent mort des Juifs et entendre crier, voir souffrir pour avoir plaisir dans la chair. » Elle ajoute :
    « Dans la rue, je pense à des rafles, j’ai accent étranger, peut-être visage aussi. Vous trouvez que j’ai le type juif ? Ici, dans appartement trop grand, au milieu des choses qui coutent cher, je me sens loin perdue et je suis pas brave .Quand le soir tombe, j’ai le cœur serré comme le poing, j’entends Gestapo et pendant des jours il y a un trou noir dans les pensées. »

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  6. Aymé ? peut-être un jour.

    En ce moment, je découvre Naipaul. « A la courbe du fleuve ». un magnifique roman.

    et ça me fait toujours un drôle d’effet de tomber sur un écrivain très intelligent. c’est pas si courant …

    tout cela … grâce à la Symphonie du hasard de Douglas Kennedy, trilogie familiale, que j’ai trouvée mauvaise. bah oui, quand on a lu Philip Roth, Updike, Bellow, certains Auster, Colum Mac Cann, Joyce Carol Oates ou Brett Easton Ellis – – n’en jetez plus !!! – ces 3 Kennedy sont faibles voire mauvais.
    mais c’est là que j’y ai trouvé le nom de Naipaul …
    Par conséquent, je ne peux pas faire que tirer sur l’ambulance, quoi.

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