Stendhal intime

Avant de se lancer à lire « la vie d’Henry Brulard » de Stendhal, je recommande de lire « Souvenirs d’égotisme » en folio dans l’édition de Béatrice Didier. C’est un premier canevas autobiographique spontané et brillant d’humour. Stendhal écrit à son ami Domenico Fiore : » je m’amuse à écrire de jolis moments de ma vie ; ensuite, je ferai probablement comme avec un plat de cerises, j’écrirai aussi les mauvais moments, les torts que j’ai eus et ce malheur que j’ai eu de déplaire toujours aux personnes auxquelles je voulais trop plaire. » il ajoute : » je ne m’épargne nullement ! « 
Revenons à la chronologie. Apres la publication de « Le  rouge et le noir » -qui a l’estime des connaisseurs de l’époque sauf Hugo- fin 1830, Stendhal n’a aucun projet littéraire précis. Il est nommé à « Civita- Vecchia »,port connu pour son bagne, et surtout consulat de troisième zone surveillé par la police du Vatican – mais heureusement à cinq heures de diligence de Rome. Stendhal, -on dirait placardisé aujourd’hui- a dans la tête un projet autobiographique :  tout dire dans son « journal intime », de ce qu’il est, de ce qu’il pense des autres. Sans prudence, dans ce texte, il nous renseigne sur la société réactionnaire de l’époque qu’il méprise lui qui adule Napoléon et qui déteste la monarchie de Bourbon de retour. Il revient aussi et surtout sur son chagrin d’avoir été quitté par sa maitresse Clémentine Curial. Il songe qu’il y a 11 ans écoulés après son départ de Milan après le désastre de sa relation avec Métilde Dembowski en 1819. Et aussi là il jette sur le papier son insolence et son franc parler dans les salons parisiens ( il rédige parfois plus de vingt pages en une journée…), lui soupçonné de carbonarisme par les autrichiens et tenu en laisse par le Paris monarchiste qui n’oublie pas son bonapartisme.

Pourquoi je recommande de lire les « Souvenirs d’égotisme » ? Parce qu’il n’a pas l’intention de publier et qu’il se « lâche » .Complètement. Sans prudence. On possède là le Stendhal, incisif, râpeux, vrai, agaçant, égoïste-égotiste, mais fait des portraits si vrais de ses proches, amis ou simples rencontres.il est d’une telle drôlerie intelligente, navré, méprisant,, ironique, tendre, si fantasque…désarmé, audacieux .et toujours conscient que le « Moi » est insaisissable.. d’autant qu’il n’en a rien à faire de la vanité ».. qui est le moteur de son ennemi intime, Chateaubriand.. C‘est ainsi qu’il découvre qu’il est dans les salons un « exagéré sentimental », un dépressif qui craint tellement à chaque minute que l‘ennui lui tombe sur le dos qu’il en rajoute dans la bouffonnerie. Ces notes jetées le montrent à la fois lucide, don juan raté, mais d’une subtile distance avec ses défauts..» dés qu’il a bu du punch il choque, devient un« esprit infernal » , affirmant des vérités politiques dérangeantes pour cette Restauration.. si lourde.
«  Je me jetterais par la fenêtre plutôt que de me laisser mener dans un salon ennuyeux ».
Il revient sur le sujet des femmes allemandes et leur « adorable simplicité » (voir « Mina de Vanghel.. ») mais ce qui est le plus étonnant c’est qu’il avoue d’ une femme qu’il convoite : » je le regardai comme une chose ».Et il en a honte.


Ou bien il déclare :» les Bourbons, c’était pour moi une boue fétide ». On sent que le chagrin l’envahit le matin au réveil. Dans les fins de soirée ,quand les salons se vident, il a le mal de mer et ps envie de revenir dans sa chambre….. Métilde est toujours là.. fantôme et tourment. Métilde, Métilde soupire-t-il, car il en est inguérissable, mais pour notre bonheur, la conversion du chagrin en confidence littéraire vraie, en digression, en vitesse d écriture, en liberant des pulsions et surtout en n’essayant jamais de » remplir les blancs » par une stricte rigueur intellectuelle.

Il s’acharne à se donner une discipline d’écriture pour tenir le coup pendant jours et mois et soirées mornes ;.on le sent ballotté par des bouffées de tristesse, et se rassurant sur des dates, des chiffres, des amitiés anciennes, tellement il se sent seul dans son port et sa douane  et son secrétaire dont il se méfie à raison.. Lisez le : entrain, insolence, aveux, fou rires, déprime, tout est fouetté, vif, laconique, rude, net, clair, il est d’une susceptibilité maladive, prêt à tirer au pistolet sur qui le regarde avec froideur ou de travers. ; mais son esprit, sa distance, son ironie font merveille
toutes ces facettes se trouvent dans ce texte qui permet de mieux comprendre les grands héros, de Julien à Fabrice… pas publié de son vivant ; sans cesse il veut se corriger, s’améliorer, sortir du chagrin amoureux lancinant et infranchissable… et s’améliorer moralement. Quel écrivain digne d’attention et de respect dans son auto analyse comme si le mécanisme de l’intelligence devait surpasser et équilibrer les abimes et désordres du cœur et les pentes fatales du chagrin.

46 commentaires sur “Stendhal intime

  1. Paul Edel 28 nov. à 11:40 : « Enfin il donnait souvent l’impression de n’être pas un Moi stable, mais plusieurs autres qi se battaient entre eux. »
    On peut aussi penser que ses choix formels ont qqch à voir avec son rapport à lui-même, sa conception de l’identité plus « épisodique » que « diachronique ». Pour ceux qui seraient intéressés, je me permets de signaler à nouveau l’article du philosophe Galen Strawson, « Contre la narrativité », que l’on trouve en traduction française sur le site Fabula (mars 2012).

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  2. Je ne suis jamais allé à Genoble.sur le site de Stendhal grenoble, on peut découvrir le manuscrit de la Vie d’Henry Brulard. avec les croquis..

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  3. Dans « La vie d’Henry Brulard » il évoque plus son grand-père aimé que son père qu’il juge sévèrement et pour lequel il exprime une grande « antipathie ». Il semble que son enfance s’est terminée à la mort de sa mère qui l’a laisser hagard, stupéfait.
    Dans un passage où il évoque l’amour torride qu’il portait à sa mere (« Je voulais couvrir ma mère de baisers et qu’il n’y eût pas de vêtements »), il écrit : « J’abhorrais mon père quand il venait interrompre nos baisers. » et, plus loin « j’avais de l’éloignement pour mon père et de la répugnance à l’embrasser. (…) Mon excellent grand-père fut dans le fait mon véritable père et mon ami intime. »
    C’est pour cette exploration de l’enfance que j’ai plus de bonheur à lire ce livre plutôt que « Souvenirs d’égotisme ». Toutefois dans ces souvenirs on découvre comment Stendhal se comportait au milieu des femmes et des hommes qui aimaient paraître dans les salons parisiens dans les années 1830. Tous en représentation, y compris lui. On l’imagine impertinent, aimant les joutes oratoires, désinvolte, brillant, moqueur, drôle, mais aussi un peu vieux garçon… loin des confidences car il ne les livre que dans l’écriture de ces souvenirs qu’il laisse… interrompus. Écrire pour se désennuyer de ce monde factice.
    Avez-vous vu le précieux manuscrit à Grenoble, Paul ?

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  4. merci milfois de plus, PE (et merci à Ch. pour son rebond)… En effet, vous êtres un avocat très brillant, et surtout vous aimez aimer. C’est tellement rare… Je vous crois très mûr pour écrire une (auto) biographie fraternelle imaginaire de/avec Stendhal… Mais suis quasi sûr qu’elle est déjà là, sur le papier, ou en gésine… Resterait le coup de pouce…Serait trop dommage qu’on dût la découvrir en posthume !… Bien sûr nous en disposerions des traces et pourrions toujours les rassembler… Mais il serait tellement plus juste de les rassembler vous-même et de vous fendre d’une belle intro pour justifier l’entreprise dont vous seriez récompensé par la gratitude de vos lecteurs de votre vivant, non ? J’en forme l’espoir, pmp. Bàv,

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  5. J-J J, j’ai repris la lecturede « Vie de Henry Brulard ». Dans le premier chapitre « Qu’ai-je été », il écrit : « Qu’ai-je donc été ? Je ne le saurais. A quel ami, quelque éclairé qu’il soit, puis-je le demander ? (…) A quel ami ai-je jamais dit un mot de mes chagrins d’amour ?
    Et ce qu’il y a de singulier et de bien malheureux, me disais-je ce matin, c’est que mes victoires (comme je les appelais alors, la tête remplie de choses militaires) ne m’ont pas fait un plaisir qui fût la moitié seulement du profond malheur que me causèrent mes défaites. »

    Se connait-on soi-même ? Certains biographes et critiques littéraires qui approfondissent une vie avec ténacité, lectures, recherches, approchent parfois de la vérité d’un homme. Je crois que c’est le cas ici si on réunit tous les billets et commentaires que Paul Edel consacré à Stendhal depuis tant d’années. Et puis il y a le style qui amplifie, ici, le bonheur de lire cette approche infinie.

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  6. Janssen, je n’arrive pas à faire la comptabilité de ses défauts, à Stendhal. Sans doute désinvolte, vite renfermé blessé, blessant, sommaire dans certains jugements, expéditif et de mauvaise foi devant ceux -des hommes- qu’il nommait « fats », c’est-a-dire- mélange de prétentieux, de hauteur et de superficialité mondaine. ce qui me frappe chez lui c’est le fossé entre le causeur bouffon, négligé, fantasque, que ses amis connaissaient..et l ‘écrivain secret rêveur, romantique, tendre, profond.
    à son époque il passe pour un être vraiment « singulier », qui déconcerte. De Sainte Beuve à Mérimée, à de Fiori Mareste le mot revient: il est « singulier », inclassable, à part, déconcertant, énigmatique par sa passion du trait brillant, son ironie caustique portée comme un masque, son parti de légèreté forcée, son refus du sérieux politique (qui lui coutera cher), son culte du bon mot, ses improvisations soudaines ratées ou réussies. Donc à l’époque il n’est qu’un brillant causeur de salon ayant publié quelques brochures.. et tout le monde à paris est surpris en lisant « le rouge et le noir » ce roman révolté et puissant qui ne passe pas du tout inapercu.il fut surtout jugé comme un brillant esprit à la manière du XVIIIe siècle. Tous les témoins disent qu’il surprenait, tantôt provocateur irritant, tantôt rare, tantôt charmeur, galant, tantôt inquiétant avec son débit haché, bizarre avec ses allusions trop elliptiques, ses moqueries, sa manière de prendre systématiquement le contre pied de ce qui se disait(ca pouvait aller jusqu’à l’humiliation sans problème)…mais tous reconnaissent qu’il était souvent étincelant comme s’il voulait faire oublier sa laideur par un discours plein d’esprit. Il débarquait toujours plein d’anecdotes, gaffeur, disant des gros mots, insolite parmi des gens graves, avec une telle peur de s’ennuyer-sa bête noire- qu’il faisait tout un cirque autour de lui.. certains le trouvaient « truqueur » dans son numéro. ses amis proches soupçonnaient qu ‘il cachait une blessure. Enfin il donnait souvent l’impression de n’être pas un Moi stable, mais plusieurs autres qi se battaient entre eux.. Lui s’amusait par exemple à faire un grand numéro de haine anti religieuse. dissimulant le tendre et le rêveur, J’insiste : les parisiens, ses intimes, furent extrêmement surpris de la force et de la profondeur de son roman le « Rouge et le noir » pour radiographier la Restauration, comme si l’amuseur ou le provocateur salonnard avaient caché un insoupçonnable écrivain sérieux. N’oublions jamais qu’il voulut être acteur, chanteur, et a vécu pendant plus de 15 ans avec l’idée décrire des comédies à la manière de Molière.

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  7. Paul, il y a un trou dans ces évocations des romans de Stendhal et peut-être dans sa vie. Vous n’évoquez jamais l’enfance de ses héros. Que ce soit celle de Julien Sorel, celle de Lucien Leuwen ou de Fabrice del Dongo. Tous ont eu des pères détestables, brutaux, violents qu’ils ont dû fuir parce qu’ils étaient humiliés, en danger.
    Fuir, s’évader quite à risquer leur vie, à mourir.
    Comme s’ils voulaient être les héros d’une vie imaginaire. Et tout change, ils entrent dans un monde parallèle où le rêve et l’imagination les détachent de leurs chagrins d’enfance.
    L’écriture devient alors cette liberté d’exister, d’être heureux.

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  8. Paul, comment vous dire mon trouble à constater votre systématique défense de Stendhal, en dépit de ces innombrables « stendhaliens acharnés à mettre des noms sous ses amantes »..?. etc.
    Je me souviens que Philippe Lejeune, l’inventeur et théoricien du « pacte autobiographique » reconnaissait chez les diaristes invétérés à leur impossibilité de dire toute la vérité d’eux-mêmes, puisque par définition, cette « vérité » leur était en partie inconnue et/ou travestie » (et Aragon en a sans doute été le témoin le plus lucide)… Comment d’autres pourraient-ils prétendre mieux connaître la vérité d’un auteur à partir de vérifications historiques du contenu de son diarisme, sans y projeter un amour suspect de soi-même susceptible de s’y retrouver autant ? A l’instar de Christiane., j’aimerais pouvoir saluer « ce que vous devinez de lui, comme si vous…lisiez en lui », c’est un très beau et juste compliment de sa part…, Mais je résiste à cette fleur, car pour ma part elle est toujours frappée d’une objection mentale immédiate : quelle serait, chez vous, la zone d’ombre et le doute qui vous effleurerait encore chez l’admirable Bayle ?… Qu’est-ce qui vous ferait encore tiquer chez lui, où serait le manque pour aller vers une harmonie ou totale adhésion ? Ne me dites pas qu’il n’en existe pas, Paul !… Car, si vous l’aimez comme un ouf, (cet écrivain à qui vous ressemblez peut-être tel un frère que vous comprendriez intimement depuis longtemps -et nous avons tous ), que seriez-vous néanmoins capable de lui reprocher encore…, que vous n’apprécieriez pas chez lui (donc, peut-être et sans doute, chez vous-même) ?…
    Bref, je crois que toute épreuve de vérité doive en passer par cette question légitime, cher Paul Edel… Et j’ai pftmt conscience d’abuser d’une curiosité que vous pourriez croire malsaine. Ce n’est pas le cas… Il va de soi que vous n’êtes nullement tenu, en tant que personnage public, de fournir de réponse à l’égard d’une mienne fascination pour toute démarche et geste empathiques comme les vôtres…, à l’égard d’un Stendhal extime.
    Bàv, cher PE, -ce que j’apprécie par dessus tout, c’est votre absence de snobisme et la passion littéraire qui vous anime encore, c’est très beau, je trouve !-…

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  9. JJanssen toute sa vie, Stendhal s’est demandé qui il était! Il s’était donné ce devoir de moraliste très tot.et noter ses instants dans leur vérité volatile. question lancinante qui revient. ses héros Sorel ,Leuwen ou Del Dongo sont des projections idéalisées (pas toujours d’ailleurs) de lui même. On retrouve d’un texte à l’autre les mêmes obsessions(il se voit face aux femmes entre ces deux figures contradictoires, Don Juan et Werther).. ll faut bien comprendre qu’il s’est imposé dés sa jeunesse un « pacte autobiographique » de sincérité absolue. Ne jamais mentir-c’est pour ca que le consul vieilissant ,prudent s’évertue ,quand il prend des notes sur ce qu’il ressent -se méfiant de ses secrétaires- à multiplier les phrases codées ou en abrégé.. enfin il y a eu tellement de stendhaliens acharnés qu’on sait aujourd’hui quels noms réels mettre sous les noms de ses personnages de roman. Exemple: Angela Pietragrua a nourri largement sa duchesse Sanseverina.

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  10. François le Lyonnais. Voilà un nom qu’il ne fallait pas prononcer devant Jose Corti, qui lui règle son compte dans ses Souvenirs Désordonnés. Il lui doit la mort de son fils,…Dur a blanchir, même pour la Pléiade. Curieuse absence de ce médecin qui écrivit dans l’immédiat après-guerre une sorte de Nuit et Brouillard. Le premier en tous cas à mettre en rapport le titre nazi et l’expérience des camps… heureux retour de Cayrol, qui mériterait bien sa Pléiade. Bon retour, Christiane.

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  11. Tout ce chagrin mais l’écriture virevoltante, rapide, jamais morbide. Un feu follet dans un corps un peu lourd. Dédoublement de personnalité ? Ce journal est comme ivre d’écriture. Il bataille, met à terre ceux qu’il méprise puis se laisse glisser dans la torpeur douce du vent dans les pins avec son chagrin bien présent, blotti en lui. Prêt à partir, à fuir, à bondir. Un exilé dans son siècle… Un exilé dans ses amours… Je ressens tout cela à lire ce que vous devinez de lui, comme si vous…lisiez en lui.

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  12. @ paul… Je me demande si vous ne parlez pas de vous-même, de votre vie sentimentale plutôt que de celle de Stendhal… Car enfin, sauf identification extrême, comment pouvons-nous être si sûr à 200 plombes d’intervalle, des méandres de la déréliction érotomane de cet écrivain lesbien ?… Quel est votre rapport à votre mère, m’a demandé de vous demander un pote passionné par la vie de JPA, mais qui n’osait pas le faire ouvertement, trouvant cela fort impudique. Je lui ai dit que j’essaierais, qu’on verrait bien votre réponse…, qu’on devait tout essayer sur les réseaux sociaux au risque de la goujateire. Amicalement à vous,

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  13. Christiane, Stendhal a toujours préféré les stratégies de séduction, ,souvent lentes et tenaces (ce qu’il appelle joliment « la cristallisation » et il ne peut vivre que parmi les plaisirs de la conquête qu’il prefère visiblement aux signes bien concrets de la victoire.
    Visiblement le » manque » féminin et maternel n’a jamais cessé chez lui. La femme est ,au fond, toujours l’être absent à retenir, et quand il obtient les faveurs d’une femme, il lui arrive d’être tellement sidéré, déconcerté qu’il a, parfois, ce qu’il appelle joliment « le fiasco » au sens sexuel. .Il a connu des moments de vénérations et il faut bien remarquer que souvent l’être aimé(Madame de Rênal ou Clélia Conti) est comparé physiquement à ces Madones qui sont en peinture dans les églises italiennes. donc vénération très rapide chez lui. D ailleurs les scènes de chapelles et d’églises se multiplient et sont toujours capitales dans ses romans. Elles marquent le moment où la passion atteint un degré suprême de combustion.il y a même climat de violence. Le plus grave échec de sa vie, ce fut bien sûr la milanaise Métilde Dembowski follement aimée. Il a mis plusieurs années à se remettre de cet échec, hanté par le suicide pendant des mois, errant de café en café.
    Dans ses journaux intimes et quelques lettres on comprend qu ‘il a traversé une grave dépression de 2 ans au moins. .Chaque soir, à Paris, ou Rome,ou même dans des villes de province de passage , il court d’un salon à l’ autre à partir de 9 ou 10 heures.. pour séduire une comtesse , voire une duchesse, une maitresse du salon, ou la femme piquante de l’endroit, .Il est toujours en train de se faire remarquer de quelques femmes.et, dans le même mouvement, il aime déplaire aux autres hommes du salon. En être hypersensible, quand sa parole, ses blagues, ses traits d’esprit sa conversation ne retiennent pas, ou ne sont pas appréciés, il se refugie dans le punch, quitte alors à scandaliser par des paradoxes, des maladresses , des vantardises, et des propos qui ne sont pas du meilleur gout. Le lendemain matin, le réveil est amer, il s ‘en veut.

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  14. Paul vous présentez dans ce billet Stendhal envahi du chagrin d’avoir perdu Métilde mais n’a-t-il pas provoqué dans sa vie comme dans ses romans le départ de ces femmes, comme si l’amour avait besoin de la femme aimée absente. La mort de sa mère n’a t’elle pas fait de ses héros des adolescents – plus que des hommes, cherchant dans leurs amours des images maternelles ?

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  15. Oui, JiCé, c’est exactement cela. Un observateur très fin de notre monde offrant par ses chroniques littéraires, comme à travers une fissure son regard sur les choses et les êtres.

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  16. je reciommande de lire ; je recommande la lecture… etc;
    Reconnaissez, Paul que la fromule a plus d’élégance que « Il faut lire »…
    Merci pour ce progrès remarquable sous votre plume… Perso, j’y suis très sensible…
    Et à l’hommage mérité à Jean Cayrol et aux textes mémoratifs… Déjà très largement connus… D’autres, plus obscurs auraient mérité d’y figurer… bien sûr… et notamment ces millions de textes qui n’ont pas été écrits mais furent néanmoins pensés… Bàv,

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  17. Dans le numero de Liberation daté du 27 novembre,cette semaine, je recommande la lecture d’une double page consacrée au nouveau volume Pleiade « L’espèce humaine » qui regroupe huit écrivains de langue francaise ayant traversé l’épreuve des camps d’extermination nazis:
    David Rousset, Robert Antelme, François Le Lionnais, Jean Cayrol, Elie Wiesel, Piotr Rawicz, Charlotte Delbo, Jorge Semprun. ce qui est passionnant ce sont les réflexions des deux universitaires, Dominique Moncond’huy et Henri Scepi, qui ont établi les textes et donné de nombreuses notes de contextualisation. Ils insistent sur l’importance de l’écrivain Jean Cayrol, le seul qui était écrivain avant d ‘etre envoyé en camp et qui a fondé aprés guerre une « littérature lazaréenne » parce qu’il était chrétien. Précisons qu’il fut longtemps dans les années 55-70, un directeur littéraire capital aux éditions du Seuil, fin découvreur d’une génération de jeunes écrivains, et auteur du scénario « Muriel » tourné par Alain Resnais.
    Ces deux universitaires remarquent que des écrivains comme Claude Simon, Beckett, Perec, ou l’essayiste Roland Barthes ont été influencés par cette écriture témoignage. Il insistent aussi sur le fait que c’est Cayrol (on se souvient de son film « Nuit et brouillard ») a été un « ouvreur » pour le Nouveau Roman. enfin ils répondent à la question:
    « Pourquoi selon vous faut-il lire ces textes »?
    « Ce ne sont pas de textes commémoratifs, ce sont des textes mémoratifs, ils travaillent la memoire sur la longue durée, alors que la commémoration est faite pour libérer les gens du souci de se souvenir. »
    Pas mal vu.

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  18. Christiane,
    Bienvenue sur le balcon de la montagne magique de Saint Paul !
    Tous malades, allongés par l’usure certes, mais si bien soignés qu’on se prend à rêver de guérison ….

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  19. Margotte,
    vous écrivez : « j’ai un peu de temps, alors je commente à nouveau ici. (pas forcément de manière très inspirée mais je m’en moque). »
    C’est justement ce décalage qui fait le charme de vos commentaires. Jamais de surenchère de culture mais beaucoup d’humour. Et cela depuis des années.
    Les billets de Paul Edel se suffisent et portent plus à la réflexion, au bonheur de le lire qu’à des longs compléments d’information aussi passionnants soient-ils.
    Je le lis comme un journal littéraire infini.

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  20. Oui Elena Max Frisch a tenu des journaux passionnants pour ses portraits d autres écrivains de G.Grass à Brecht et ses voyages.

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  21. Je garde un bon souvenir des Journaux de Galtier-Boissière qui plus que d’autres m’avaient donné l’impression de me retrouver de « plain-pied » ds l’époque (question de « ton » ?)
    Même si mon préféré pour cette période reste Léon Werth (je me répète) : réactions à chaud non retouchées après coup, portraits et analyses du microcosme provincial (puisqu’il s’était réfugié, mais pas caché, en Franche-Comté) et au fil des saisons et des modifications du paysage de très belles descriptions (il avait l’œil d’un très bon connaisseur de peinture).
    J’ai suffisamment dit ici à quel point la fréquentation de Max Frisch m’enchantait — ses Journaux sont très composés, autour de quelques thématiques centrales (variables selon l’époque) et mêlent notations au jour le jour (sélectionnées), ébauches de romans ou de pièces & réflexions (quasiment des essais). En revanche je ne saurais trop redire ma gratitude à Paul Edel pour m’avoir permis de découvrir Perros. Plus éloigné encore de la forme « journal », malgré son titre, Le livre de mon bord de Pierre Reverdy donne tt de même le sentiment d’un compagnonnage avec un homme remarquable (que l’on peut prolonger avec En vrac).

    Parmi les non mentionnés : je ne suis sans doute pas la seule ici à lire avec plaisir les Carnets d’André Blanchard, mais y a-t-il d’autres amateurs de l’uruguayen Mario Levrero que je lis en ce moment ? (commencé par Le discours vide, j’en suis au Roman lumineux.)
    On se trouve au ras du quotidien (rêves nocturnes compris, quand même, & des comptes-rendus de ses lectures), de la procrastination, des rapports compliqués de qqn qu’on ne connaissait pas, pas même indirectement à travers ses autres œuvres (mais peut-être sont-elles ttes du même genre ?) avec ses proches, son chien ou des artisans qui ne viennent pas, de ses phobies ou de ses pbl de santé — & pourtant, « ça prend » (au moins sur la lectrice qui vs en parle…). Étonnant.
    Comme il l’écrit à propos de S. Maugham, qu’il s’accuse d’avoir sous-estimé : « Avec le temps, on découvre que le sujet n’a guère d’importance » — contrairement à la manière de raconter. (La « musique » de la langue n’entre pas non plus en jeu, puisque je le lis en traduction — comme lui lisait Maugham).

    (Je ne sais plus si j’avais déjà mentionné La ville de plomb de Jean Meckert. Le mélange des genres pourrait faire penser à celui que pratique Frisch, à une différence près : là c’est le fait d’un des personnages du roman, Marcel, modeste employé et apprenti-écrivain. Cohabitent ds le même livre 1) un récit ds lequel il est loin d’être le personnage principal (éclipsé par un copain moins cérébral, moins timide ; le lecteur a accès aux points de vue de ces deux-là mais aussi à celui de la dactylo qu’ils draguent) & Meckert joue évidemment sur les décalages de l’un à l’autre, 2) les entrées du Journal de Marcel (j. intime & journal d’écriture) & 3) des extraits du texte de SF qu’il écrit. Lecture due cette fois à M. Nadeau & facilitée par la réédition chez J. Losfeld.
    L’ « ouverture » vers l’utilisation (feinte, détournement, appropriation) du format du Journal intime ds la fiction a son intérêt aussi.)

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  22. désolée pour les fautes .. depuis que j’ai été malade, et alors qu’il y avait déjà régression avant en la matière, je contrôle difficilement mon orthographe … (ce fichu virus …).

    @Paul
    Bien que toujours un peu gênée soit par le fait que des écrits si personnels soient publiés (notamment post mortem), soit par le fait que leurs auteurs les tiennent en vue justement d’être lus, j’ai un faible pour les journaux intimes. merci pour ces exemples.

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  23. @Christiane
    Bonjour 🙂
    j’ai un peu de temps, alors je commente à nouveau ici. (pas forcément de manière très inspirée mais je m’en moque).

    @JJ Janssen
    pourquoi tant de manières ? parce que dedans figure Oui Oui, TéléZ et playboy ? sortez votre liste de lecture ou ne la partager pas. mais décidez-vous.

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  24. Oui, J-J J, j’ai toujours beaucoup de plaisir à lire les billets et les livres de Paul Edel et de Pierre Assouline et les poèmes de Raymond Prunier. Et certains commentaires…
    Ici, c’est calme. Donc je laisse quelques mots.
    Et puis Stendhal, bien que seul et blessé ouvre l’espace du rêve et se bat contre les crapules. Beaucoup d’innocence préservée. Beaucoup de bonheur à le lire.

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  25. bonjour christiane…, quel bonheur si vous êtes la même que jadis et naguère !…
    Permettez-moi la familiarité de vous embrasser… Justement je parlais de vous sur l’autre chaine…
    Eh Paul Edel ! itou, pour les journaux intimes que vous jugez ennuyants à la longue (Juliet, Claude Mauriac, Gide et Green j’en sais rien…) et valorisez (Gombro…), et en temps de guerre (Junger, oui) à quoi j’ajouterai, est-ce un paradoxe, l’inégalé et angoissant journal de Viktor Klemperer… Etc. Bàv,

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  26. Lire Stendhal pour marcher d’un pas plus léger dans ces temps sombres. Prendre ses distances avec les opinions courantes.

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  27. Je n’ai rien à priori contre les journaux littéraires intimes bien que de André Gide à Charles Juliet,ceux qui le tiennent avec une régularité métronomique deviennent monotones avec un souci de parler de soi qui vire à une forme de narcissisme.
    En revanche certains journaux tenus très irrégulièrement, avec un esprit buissonnier (ceux de Gombrowicz en Argentine ou à Paris et Berlin),polémiques, frémissants, ou les « papiers collés » de Georges Perros sont souvent des morceaux composés à chaud, sous le coup de l’émotion. Ils proposent des pages passionnantes. souvent rédigés sous le coup de l’émotion ou pour éclaircir un sentiment, une réaction, une impression bien précise, forte, après un spectacle,une journée, une soirée peu ordinaire, une scène de rue, ou des moreaux qui relatent des rencontres qui sortent de l’ordinaire, ou le journal-atelier de l’artiste qui fait part des soucis de l’écrivain face à par eemple à l’écriture, au sexe, à l’Italie, à l’engagement politique « (le métier de vivre » de Pavese) avec des portraits ou des réflexions sur la culture, l’argent, l’exil,
    Intéressants aussi les journaux qui sont tenus pendant une guerre. Genre le journal pendant l’Occupation d’un Montherlant, de Galtier Boissière, de Jünger, de Claudel, ou » les carnets de la drôle de guerre » de Sartre. Je ne peux oublier les fascinants carnets de Camus de Mai 1935 à février 1942 qui dessinent un changement du paysage francais, de sa population, en profondeur avec une vibration de compassion sèche et un grand sens de la concision .là, du grand art dans l’honnêteté

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  28. @ margotte-marmotte (ou recherche fantazy désespérément), si je pouvais vous convaincre de l’éclectisme de mes lectures pillées n’importe (entre 12 et 18 ans), et sans l’aide de quiconque, vu l’état du désert culturel au sein duquel je naquis, pas sûr que vous me croiriez… (***je veux bien retirer le terme de haute bourgeoisie, dont je n’ai pas douté qu’il allât vous faire tiquer, vu son caractère gratuitement polémique)… Essayons, si vous insistez, de vous faire entrevoir la nature de cet éclectisme… il faudrait que Paul Edel le permette… ça risque d’être pas marrant marrant, hein…

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  29. et donc on déploie un imaginaire … où vient puiser et s’épanouir la fantaisie justement.

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  30. « pour le rest ma vie inréieure ressemble à un apparteent ide. rb »
    ah je retrouve ici la frappe de mots Edel si singulière ! …

    J’ai du mal à te croire.
    Si tu pouvais t’astreindre à noter minute après minute tout ce qui te vient à l’esprit, toutes les pensées, réflexions, les souvenirs qui affluent : tu te rendrais compte que ton appartement est très plein.

    @JJ Janssen
    Vous le savez bien, quand adolescent, on limite fermement et soigneusement vos sorties (mise en pension, internat, parents, Raiponce ou Barbe enfermée dans la tour) : une des échappées belles (si livres à portée de vos mains il y a) est … la lecture de tout, de rien (romans, journaux, fanzines, magazines, BD).
    enfin, je parle peut-être d’un temps révolu … (?)

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  31. Margotte. j’ai lu Buck Danny en classe de 6° et 5°. et Bob Morane!
    Stendhal fut plus tard..je ne tiens pas de journal intime .En revanche, j’ai des carnets entiers de notes sur des paysages, des villes (Rome,Berlin, ou Strasbourg, saint-malo, qyuvedes cotes vers paimpol ou le cap ferretn des bords de garonne vers Langon ou Marmande..et Munich, et Soreze et la Montagne noire dans le Tarn. j’ai davantage aimé les villes que des gens, souvent petits dessins ou des quarelles rapidesdeux exceptions rés.. pour le rest ma vie inréieure ressemble à un apparteent ide. rb

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  32. et en parallèle, je lisais des tonnes de BD dont … dont des Buck Danny rachetés par mon père en souvenir de sa jeunesse ! 😉

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  33. Vous êtes bien nerveux, vous.

    C’est dommage que mon commentaire avec lien pour vous vers un article consacré à Stendhal et l’espagnolisme n’ait pas été publié sur le blog. Cherchez si cela vous chante sur internet via les mots-clés Stendhal, espagnolisme et génie comique. ceci vous conduira à un article de Pierre Louis Rey qui répond à certaines de vos questions. (Stendhal / Cervantès / Don Quichotte). sinon taper Stendhal et l’Espagne, vous ouvrirez un opuscule sur le sujet, mis en ligne.
    Quand on cherche, on trouve …

    Pas étudié Stendhal, ni Balzac, ni Flaubert, en classe. Pourquoi ? je ne sais pas. Collège au milieu de cités et lycée de centre ville mais pas spécialement huppé (donc rien à voir avec vos préjugés concernant ceux qui aiment depuis leur adolescence les « classiques de la littérature française », comme certains disent, et qui seraient en lien avec la haute bourgeoisie).

    Font partie de ces auteurs que j’ai lus seule (avec appareil critique et notes de bas de page mais pas toujours). entre 13 et 25 ans. parfois en une nuit blanche. avec enthousiasme, jubilation et grand plaisir.

    (et tout comme Paul Edel, jamais pu lire le Don Quichotte de Cervantès. « Le manuscrit trouvé à Saragosse », oui, par contre.)

    Quand on a 16 ans (et même bien plus tard), suivre Fabrice Del Dongo, Julien Sorel, ou Frédéric Moreau et Félix de Vandenesse dans leurs formations, leurs déboires, leurs amours, leurs réussites et leurs ratages, leurs réflexions, leurs aventures et leurs pérégrinations relève de la fantaisie, bien sûr, et a bien du charme.

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  34. Janssen la pension dans une Normandie pluvieuse et des dimanches entiers à trois dans le dortoir prédisposé à la lecture mais j ai préféré Stendhal à Buck Danny ..nul n’est parfait

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  35. ben voui, qoui, c’était au programme scolaire de la seconde !… Quels pensums et quels barbes, ces mathilde de la mole et julien sorel , sans compter les salambo et autres bovary, et le père goriot et l’eugénie grandet… Oufl !… Des lectures fulgurantes, (ou fantaisistes).., ça ?…. à 15-17 balais ???! Non mais je rêve ! Mais où donc avez-vous été scolarisés, bondious ? … Dans la haute bourgeoisie, ou quoi ?

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  36. @Paul
    ça-re-mar-che ! hiiihaaa (comme font les cow-boys)

    Comme je n’ai lu que le Stendhal « scolaire » (mais JJ Janssen, késaco le Stendhal scolaire ? j’ai toujours trouvé que les romans de Stendhal étaient aux antipodes du « scolaire ») et que je ne lis actuellement que des romans très tristes et que la vie manque franchement de fantaisie (mais c’est fou : la fantaisie reviendra-t-elle, un jour, nous visiter ?), je vais me laisser tenter par ton programme.

    Toi aussi tu écris un journal où tu te lâches ?
    Moi non – pas en ce moment, du moins.

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  37. Il se trouve que sur vos conseils de l’an passé, moi qui connaissais peu Stendhal jusqu’alors (hormis le rouge et noir scolaire), j’ai lu les deux, dans l’ordre où vous dites les avoir relus ci, et je vous ai été bien reconnaissant de m’initier un brin, avec un appui de Philippe Berthier, je crois, qui s’est assez peu émancipe de la lecture critique de B Didier, m’a-t-il semblé…… Cela dit, je dois quand même avouer avoir été gêné par cette chrono…, j’aurais, je crois, mille fois mieux profité de mon plaisir de ces 2 lectures dans la foulée, si j’avais lu d’abord la vie de Brulard; PUIS les souvenirs d’égotisme. En effet, ceux-ci ne se comprennent beaucoup mieux pour le novice, qu’à la digestion préalable de la rationalisation ultérieure du journal de Brulard… Même si je sais parfaitement bien que ce ne fut pas la démarche du projet de Bayle.. assez peu prémédité, au demeurant.-
    Dites-nous si ce n’est pas abuser d’une indiscrétion, quelle fut votre manière de faire… lors de votre première découverte de Stendhal, (si vous en avez souvenance)… Merci de ce retour éventuel sur la découverte de votre auteur de prédilection… Car décidément vous avez la reconnaissance du ventre littérataire solidement arrimé… Ne vous vengez pas trop cependant sur Stendhal de n’avoir jamais trop supporté le pauvre Cervantès ! En avait’il pensé qq chose du Quijote, votre ami Henry ? Quid ???
    Bien à vous, cher Paul Edel,.

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  38. Dans « le Fil et Les Traces », Ginzburg laisse un commentaire passionnant de cette image de l’ Ennui assimilée à la Restauration ,opposée à la France gaie et libertine du Dix-Huitième siècle. Mais il remarque aussi que c’est par le personnage que Stendhal ambitionne d écrire l’Histoire. En ce sens, le Rouge est « âpre et vrai », trop même à la relecture au gré de l’ auteur, qui réagit par la Chartreuse.On peut dés lors se demander si ces « Souvenirs » ne correspondent pas à une option laissée à l’écrivain, celle des Mémoires ou l’on peut tout dire, même et surtout ce que l’on ne doit pas. On se souviendra qu’à l exception de Chateaubriand l’intouchable, la plupart des Mémoires de l’Epoque sont parus entre vingt et cinquante ans après 1830, et qu’ils sont fertiles en mauvaises langues. Ceci pour replacer cette démarche dans ce qui peut-être son contexte.
    Bien à vous.
    MC

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